GLDRR : Sceau de la Grande Loge des Régimes Rectifiés

Grande Loge des Régimes Rectifiés

GLDRR : Le baron Charles de Hund
Hinc Nascitur Ordo


Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Qu'est-ce qu'un Ordre ?

L’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem n’est ni une obédience maçonnique ni une grande loge régissant divers rites, mais un ordre au sens plénier ; ce qui inclut deux caractéristiques essentielles : il s’agit d’une association de personnes vivant en communion de pensée après avoir fait des vœux solennels, soumises à des règles morales inspirées de la Règle de l’Ordre du Temple mais adaptées à leur état laïc, et d’un ensemble fortement hiérarchisé exigeant de ses membres une obédience absolue aux supérieurs visibles et invisibles de l’Ordre. C’est seulement dans ce dernier sens qu’il est possible d’utiliser le terme d’ « obédience » ; celui de Grande Loge des Régimes Rectifiés s’applique à l’organisme qui régit les quatre premiers grades allégoriques pour répondre à la règle maçonnique commune qui veut que les grades d’Apprenti, de Compagnon de Maître et de Maître Ecossais soient placés sous la juridiction d’une grande loge, à l’exclusion de tout autre grade.

Dans le système de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem, la Grande Loge des Regimes Rectfiés n’est qu’une émanation du Grand Chapitre Général duquel elle tire sa légitimité, le Maître de loge (ou Vénérable Maître) ayant reçu de ce dernier, en tant que Commandeur de Maison, mandat pour diriger sa loge. Selon les usages de la maçonnerie rectifiée, l’installation d’une nouvelle loge se fait en deux temps : le Maître de loge désigné par le Grand Maître National, après avis consultatif des chevaliers capitulaires, reçoit un « diplôme de concession » l’habilitant à prendre le vénéralat ad vitam de la loge allégorique ; le serment prêté entre les mains du Grand Maître National ou de son Vicaire précise qu’il doit « [s’]acquitter fidèlement et avec soumission des fonctions de Commandeur de Maison et du gouvernement qui [lui] a été accordé en cette qualité de la loge régulière, sous le titre distinctif N.N., établie et confirmée par le Chapitre Général, à la direction de laquelle Dieu et le Grand Supérieur de l’Ordre [l’]ont établi ; […] d’exécuter consciencieusement et scrupuleusement en tout et partout les lois qui [lui] ont été prescrites par le Saint Ordre […] » ; puis a lieu l’installation de la loge proprement dite, selon la Forme d’Installation des loges réunies et rectifiées, qui voit tous les Officiers Dignitaires et les frères fondateurs promettre, par la voix des Surveillants , « de remplir avec la fidélité la plus entière et la plus scrupuleuse exactitude les engagements [qu’ils ont] contractés envers [leurs] Supérieurs légitimes […] et envers le Vénérable constitué Maître inamovible de [la] loge », jurant, « de [se] conformer à tous les statuts et règlements reçus ou à recevoir d’eux. […] ».

Ainsi l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem inclut l’ensemble des grades, qu’ils soient allégoriques, chevaleresques ou cléricaux, de l’Apprenti maçon au Grand Prêtre des Templiers et Supérieur Inconnu de l’Ordre Templier.

Les appellations d’ « Ordre Intérieur ou Saint Ordre » pour les grades chevaleresques et additionnels régis par le Grand Chapitre General, et de « Très Saint Ordre » pour les degrés du Cléricat Templier régis par le Grand Chapitre Clérical ne doivent pas être entendues comme autant d’ordres distincts mais comme une hiérarchie comprenant quatre branches constituant une structure pyramidale : la Franc-maçonnerie allégorique, la branche chevaleresque, la branche cléricale, le tout étant couronné par le Haut Chapitre Clérical au sein duquel sont reçus les Supérieurs Inconnus ou Magni Sacerdotes Templariorum de la branche secrète de l’Ordre du Temple, Grands Pontifes de la Jérusalem céleste.

Au vu de tout ce qui précède, l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem doit être considérée comme un ordre maçonnico-chevaleresque, dans la tradition des grands ordres de chevalerie médiévaux, comme l’ont voulu ses inventeurs du dix-huitième siècle ; la « Formule de profession des chevaliers templiers réformés de l’Ordre » obligeant ses membres à « observer toute [leur] vie la règle qui a été donnée aux frères chevaliers du temple par saint Bernard, abbé de Clairvaux, confirmée par notre saint père le pape Honorius second, dans tous ses points et articles applicables à l’état présent de l’Ordre et qui ne sont pas dispensés ; de vivre dans l’obéissance, sans rien de propre dans l’Ordre, et dans la chasteté spirituelle, c’est-à-dire dans la candeur de l’esprit et dans l’horreur de la séduction ».

Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Pourquoi Ecossais ?

Le terme d’ « Ecossais » est appliqué, au système de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem. S’agit-il, d’une référence à l’origine écossaise d’un système qui prit, en fait, naissance en Allemagne ?

Deux explications peuvent être avancées. L’une se réfère à la légende néo-templière qui rapporte qu’après la dissolution de l’Ordre du Temple et le supplice de son grand maître, Jacques de Molay, Pierre d’Aumont, grand maître provincial de l’Auvergne, deux commandeurs et cinq chevaliers, déguisés en maçons, débarquèrent dans l’île écossaise de Mull et y trouvèrent le grand commandeur d’Hampton-Court, George Harris et plusieurs autres frères avec lesquels ils résolurent de continuer l’Ordre. C’est le jour de la Saint-Jean d’Eté 1312 que, dans un chapitre solennel, Aumont, premier du nom, fut nommé grand maître. Pour se soustraire aux persécutions, les frères adoptèrent des symboles empruntés à l’architecture et se qualifièrent maçons libres ou francs-maçons.

Cette légende est le « mythe fondateur » de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem qui a toujours prétendu être l’Ordre du Temple « rétabli et renouvelé », perpétué secrètement « sous le voile et les allégories de la Franc-maçonnerie ».

Le Maître Ecossais qui se présente au Noviciat séculier déclare venir « des Iles de l’Ecosse » où « il y a travaillé en tant que franc-maçon ». L’Extrait de l’histoire la plus récente de l’Ordre de 1312 à 1744, lue au grade de Chevalier, reprend les éléments de la légende ci-dessus : il précise, notamment, que pour « se soustraire à la poursuite et pour que l’Ordre ne fût pas découvert, Aumont proposa d’inventer et d’adopter, à la manière des maçons de métier, des signes et des mots secrets qui permissent [aux frères] de communiquer et de se reconnaître ; et comme ils s’étaient, contre la volonté de leurs ennemi, proclamé libres et avaient adopté des coutumes étrangères, ils se déclarèrent francs-maçons et au début ils exercèrent vraiment ce métier ». C’est le successeur d’Aumont, Harris qui, en 1320, « ajouta au grade de Maître celui d’Ecossais pour que les descendants gardassent la mémoire de la renaissance de l’Ordre dans les îles écossaises. Le vrai Ordre commença avec le Noviciat [..] » Par « vrai Ordre », il faut entendre les grades chevaleresques proprement dits, celui de Maître Ecossais pouvant être considéré, par son contenu symbolique, comme relevant encore de la maçonnerie allégorique, bien que rattaché à l’Ordre Intérieur.

L’influence du templarisme jacobite est la seconde explication de l’origine écossaise de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem. Il est tout à fait plausible que le baron de Hund ait tenu sa légitimité d’un Chapitre « templier » au sein duquel il aurait été reçu à Paris, en 1743, en présence d’un chevalier au plumet rouge, dont l’identité reste incertaine, et du Prétendant Charles-Edouard Stuart en personne. Il semble bien qu’il ait subsisté une branche « écossaise » de l’Ordre du Temple dont le Prétendant fut le grand maître. Par une lettre du 30 septembre 1745 (dont l’original n’a malheureusement pas été retrouvé) adressée d’Edimbourg par le duc de Perth à David lord Ogilvy, nous apprenons que « John, Comte de Mar, succéda à la Grande Maîtrise [du Temple] ; que, suite à sa démission, le Duc d’Athole assuma l’administration des affaires de l’Ordre comme Régent ; et, finalement, qu’en 1745, [le 24 septembre], le Prince Charles-Edouard Stuart fut élu à la haute charge de Grand Maître, au cours d’un Chapitre solennel tenu dans le Palais d’Holyrood ».

La lettre en question affirme qu’il a bien existé une survivance écossaise de l’Ordre du Temple, ne revêtant aucun caractère maçonnique ; c’est au sein de cet Ordre du Temple jacobite que fut reçu le baron de Hund, en 1743, par le comte William de Kilmarnock, grand maître des maçons d’Ecosse (1742-1743), de l’entourage du Prétendant, et c’est de lui qu’il reçut une patente pour implanter et développer l’Ordre en Allemagne ; si le Prétendant lui-même assistait à cette cérémonie, ce ne pouvait être en 1743 comme grand maître de l’Ordre, mais tout laisse à penser qu’il ait joué à sa tête, avant son élection, un rôle purement honorifique, les souverains écossais ayant toujours accordé leur protection aux ordres chevaleresques et religieux.

Après la défaite de Culloden (1746), qui mit fin aux espoirs de restauration des Stuarts sur le trône d’Ecosse, l’Ordre du Temple « jacobite » put se perpétuer au sein des loges maçonniques stuartistes ; il devint alors un grade maçonnique et réapparaîtra « sous le voile et les allégories » de la Franc-maçonnerie à la fin du dix-huitième siècle, pour devenir The Order of the Temple, plus connu sous le nom de Knights Templar (Chevaliers Templiers), qui bien que de nature purement chevaleresque n’est accessible qu’aux frères de la Grande Loge d’Ecosse (et autres obédiences maçonniques qu’elle reconnaît).

Cette influence stuartiste, donc écossaise, se retrouve dans l’Ordre Sublime des Chevaliers Elus, dont on suit les premières traces en France à partir de 1750 et qui, dans sa version templière dite de Quimper, se réfère explicitement à l’Ordre du Temple. Même s’il s’agit d’un grade d’élu ou de vengeance, puisque le thème essentiel de la réception du candidat est la recherche de l’assassin de Maître Hiram (bien que la vulgate maçonnique parle toujours, en conformité avec le déroulement du rituel du grade de Maître, de trois assassins), l’Histoire de l’Ordre Sublime et neuf des questions du catéchisme – qui en comporte soixante-quatre – se réfèrent à la légende néo-templière et à la fondation de l’Ordre en 1118 : « [Des Templiers] pour éviter la persécution, se réfugièrent dans l’Ecosse où ils avaient des frères. Là, ils prirent le nom d’élus pour ne pas subir le même sort et pour éviter les calomnies [qui] avaient en France indisposé le vulgaire contre leur Ordre et servi de prétexte à leur destruction. » De plus les statuts mentionnent deux membres de l’Ordre Sublime qui paraissent être les mêmes que ceux donnés par l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : le comte René-François de La Tour du Pin et le baron de Weigensac.

Cet Ordre Sublime des Chevaliers Elus était dans la mouvance des écossais stuartistes en exil et les sympathies jacobites de ses membres peuvent être largement prouvées. Si rien n’indique que le baron de Hund y ait été reçu, les références templières de l’histoire et du catéchisme de la version de Quimper ont pu être une source d’inspiration pour l’élaboration du « corpus » de la branche chevaleresque de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem et du Cléricat Templier.

Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Des Chevaliers ?

La branche chevaleresque de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem ou Ordre Intérieur (encore appelé Saint Ordre) comportait, outre le Noviciat séculier ou militaire, cinq dignités donnant lieu chacune à une obligation différente : Chevalier du Temple ou Eques, Ecuyer (Armiger) ou Compagnon d’armes, Servant d’armes, Valet d’armes, Confrère Socius (Associé) ou Amicus (Ami) du Temple, et la qualité de Chevalier Profès, qui n’était pas un grade supplémentaire ou un grade secret, contrairement aux deux classes secrètes de Profès et de Grand Profès du Régime Ecossais Rectifié. On appelait Profès celui qui avait fait sa dernière Profession appelée majeure ; cette Profession était un acte libre et uniquement à la volonté de celui qui le faisait, par lequel il s’engageait irrévocablement envers l'Ordre, à en observer toutes les lois, règles et statuts, et à une obéissance entière envers ses supérieurs.

L’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem, se voulant l’Ordre du Temple rétabli et renouvelé, se devait de reprendre les notions de noviciat et de profession, à l’imitation de tous les grands ordres de chevalerie médiévaux. Le rituel de réception au Noviciat militaire n’est pas encore de nature chevaleresque puisque le candidat, qui vient « des Iles de l’Ecosse », se présente avec son tablier de Maître Ecossais dont le Supérieur, en fin de réception, relèvera la partie droite pour la mettre dans la ceinture du côté gauche. Seul le rituel de Chevalier présente toutes les caractéristiques de réception dans un ordre de chevalerie. Le Novice quittera ses habits de maçon pour revêtir une armure, « l’habit le plus digne d’un chevalier ». Le serment prêté par le récipiendaire exige l’observance stricte de trois vœux : l’obéissance envers les Supérieurs de l’Ordre, le silence et l’observation des statuts incluant, notamment, « la charité chrétienne envers les pauvres et au premier chef envers les frères du Temple et envers l’Ordre ». Après cette prestation de serment, le Célébrant lui remettra le casque, la cotte d’armes, l’épée, la croix et lui touchera trois fois les épaules avec le glaive de l’Ordre ; la cérémonie se termine par la remise du cordon rouge « avec le signe de la sainte croix formée par […] neuf nœuds en mémoire des neuf fondateurs de l’Ordre » et par l’anneau d’or passé au petit doigt de la main droite. Le nouveau chevalier, avant la remise de l’anneau, aura reçu son nom d’Ordre (en latin) : Eques a (ou ab)…, son blason et sa devise.

Ce rituel chevaleresque n’est en rien comparable au mode de réception des chevaliers du Temple connu sous le titre : « C’est ainsi que l’on doit faire frère et recevoir au Temple » et qui fait partie de la Règle (articles 657 à 686 inclus). Il s’agissait d’un mode de réception dans un ordre monastique de chevaliers ayant précédemment reçu l’ « ordre de chevalerie » dans le siècle, exigeant de ses membres les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance.

La Profession majeure, qui donnait le titre de Chevalier Profès, voulait que le candidat observât « toute [sa] vie la règle qui a été donnée aux frères chevaliers du Temple par saint Bernard, abbé de Clairvaux, […] dans tous ses points et articles applicables à l’état présent de l’Ordre et qui ne sont pas dispensés ». Le Chevalier Profès portera dorénavant son anneau de chevalerie au petit doigt de la main gauche.

De tout ce qui précède, il s’avère que ces rituels chevaleresques sont propres aux « Chevaliers Templiers réformés de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem », mais proches de ceux qui étaient alors pratiqués par les autres ordres de chevalerie religieux ou séculiers. Leurs rédacteurs ne pouvaient s’inspirer que d’un ordre qui était à leur portée et cet ordre ne pouvait être que l’Ordre Teutonique qui, de plus, était contemporain de l’Ordre du Temple. D’ailleurs, il y a de grandes similitudes entre les deux rituels, bien que chez les Teutoniques la réception d’un chevalier-profès se déroulât toujours au cours d’une messe solennelle. Après une année de noviciat avait lieu la profession : le candidat se présentait en cuirasses et en bottes sans éperons, le casque à visière à demi-fermée ; le grand maître frappait de son épée le récipiendaire de trois coups, deux sur les épaules et un sur la tête ; on lui attachait les éperons et on levait la visière de son casque. Après avoir quitté son armure et repris son habit noir, le prêtre officiant lui remettait le manteau et la croix de l’Ordre.

L’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem contemporain ne pratique que la réception au Noviciat séculier et au grade de Chevalier du Temple, complété par la Profession majeure, mais a conservé la mémoire des autres dignités puisque, le Novice est d’abord investi comme « Valet d’armes, Servant d’armes et Ecuyer ou Compagnon d’armes » avant d’être armé Chevalier ou Eques ; le mot de passe d’Ecuyer lui est communiqué avant qu’il n’aille « revêtir l’habit du chevalier ».

Le titre de Socius et Amicus, ou Associé, Ami et Protecteur de l’Ordre, est conféré à ceux qui désirent être admis aux connaissances qu’il renferme et coopérer à son but, sans cependant être lié à ses règles comme les chevaliers ; ils s’engagent, comme eux, à lui être utiles, à le protéger, autant qu’il dépendra d’eux, et au secret, mais sans s’assujettir à son régime. L’entrée dans cette classe n’est accordée qu’aux princes, aux personnes de haute naissance ou à ceux qui par leur état très distingué et par leur position personnelle sont à la portée de rendre des services importants à l’Ordre en général. L’admission d’un confrère socius est réglée par un rituel qui est propre à cette classe.

Ainsi, le Célébrant, au cours d’une cérémonie dont le rituel est celui pratiqué par les Templiers allemands du dix-huitième siècle, recevra le Novice dans la chevalerie du Temple suivant l’antique formule : « En l’honneur de Dieu, de Sainte Marie et de Saint Bernard, je te reçois Chevalier du Christ et du Temple de Salomon et t’admets à tous les bienfaits de l’Ordre, qui lui ont été faits dès le commencement et qui lui seront faits jusques à la fin ».

Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Le Saint Temple

David souhaite construire une maison à JHVH, le Dieu d’Israël : un temple pour abriter l’arche d’alliance qui est elle-même appelée « la Demeure de JHVH » et où Dieu réside. Il fait venir l’arche depuis Qiryat Yearim où elle est gardée depuis 70 ans par les Gabaonites, dans le « Grand haut lieu », sur la montagne de Gabaon (1), et la place sous une tente à Jérusalem. Mais JHVH n’accepte pas que ce soit David qui fasse construire le temple, car il a fait couler trop de sang.

Salomon, son fils, réalise son souhait : il commence la construction du Temple en 959 av. J.-C. (2) dans la quatrième année de son règne. La construction dure sept ans. Hiram, roi de Tyr, en Phénicie, lui envoie du bois, des charpentiers et des tailleurs de pierre recrutés à Guébal-Byblos ; ses habitants, les Giblites, sont en relation commerciale fort ancienne avec l’Egypte et fournissent également des travailleurs expérimentés aux Egyptiens. De plus Salomon fait appel à Hiram-Abiff, maître bronzier.

Le Temple est décoré de deux colonnes placées à l’entrée: Booz au Nord, Jakin au Sud.

Il est construit selon un plan en trois parties : d’abord le porche (ulâm), situé derrière une double porte, puis la grande salle (hékâl) et enfin le Saint des Saints (debir), fermé par une porte et plongé dans l’obscurité, dans lequel repose l’arche d’alliance, qui est le lieu de manifestation de la Shekinah, présence réelle de Dieu sur terre.

Les trois premiers grades du Rite Ecossais de Stricte Observance, se rapportent à cette édification. Le Temple, placé dans l’enceinte du palais royal, est l’image du ciel fixé sur terre. C’est une image du Saint Palais ou Palais intérieur point d’origine des six directions (3). Ces six directions permettent de définir n’importe quel point d’un espace en trois dimensions. Le tapis de loge sous le symbole du Temple de Salomon est, à la manière d’un mandala, une représentation du monde.

Salomon réunissant en une seule personne l’autorité spirituelle et le pouvoir temporel y officie comme Roi et Prêtre Suprême ; vingt siècles plus tard, sur le même lieu, prend naissance l’Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon qui, en tant que chevaliers et moines, seront les derniers représentants occidentaux de l’union des deux pouvoirs royal et sacerdotal. Le maître de la loge maçonnique est installé dans la chaire du Roi Salomon (4).

En 586 av. J.-C. Nabuchodonosor détruit le Temple et déporte à Babylone le peuple de Jérusalem. Mais, dès avant 586 av. J.-C., on perd la trace de l’arche. Elle est probablement cachée pour éviter qu’elle ne tombe entre les mains des envahisseurs babyloniens. On évoque le nom de Jérémie et la possibilité d’une cache dans le mont Nébo (5). Le prophète Ezéchiel a une vision du Temple réédifié selon un plan idéal. En 538 av. J.-C., Cyrus l’Achéménide autorise les déportés à rentrer en Palestine. Sous la conduite de Josué et Zorobabel, et avec l’accord des prophètes Aggée et Zacharie, les Juifs reconstruisent le Temple ; mais, faute de moyens, il ne retrouvera jamais sa splendeur passée. Les grades de Maître Ecossais (ou Ecossais Vert) et de Chevalier de l’Epée (ou de l’Orient) se rapportent à cet épisode de l’histoire du Temple. L’arche d’alliance n’est plus présente dans le Saint des Saints, seule une dalle de pierre rappelle son emplacement. C’est la pierre shethiyah ou pierre fondamentale qui marque le « Centre du monde », point de chute de la pierre noire qui n’est pas sans rapport avec la lapsit exillis ou pierre issue des cieux de Wolfram von Eschenbach. En 168 av. J.-C., le Séleucide Antiochus Epiphane pille le Temple et y installe une idole. Il est de nouveau purifié en 164. C’est l’origine de la fête de la Dédicace. En 63 av. J.-C., les Romains prennent Jérusalem. Hérode devient roi et entreprend en 20 av. J.-C. des travaux considérables afin de lui redonner tout son faste. Ceux-ci durent jusqu’en 64 ap. J.-C. En 66 ap. J.-C., une insurrection des Juifs est écrasée par les Romains; en 70, Titus assiège les derniers défenseurs réfugiés dans le Temple. Au cours des combats un incendie éclate et le détruit totalement. Seuls furent sauvés et ramenés à Rome le chandelier à sept branches, la table des pains de proposition et les trompettes sacrées. Le Temple physique est détruit mais, selon la parole évangélique, il aura suffi de trois jours pour que le Christ, par sa résurrection, le reconstruise. Le grade de Chevalier de l’Aigle Souverain de Rose-Croix en développe le symbolisme.

En 638, le calife Omar occupe Jérusalem. En 687, Abd-el-Mélik fait édifier sur l’emplacement du Rocher la « mosquée d’Omar » ou coupole du Rocher. En 780 est achevée la mosquée el-Aqsa au sud de l’esplanade.

En 1099, les croisés s’emparent de Jérusalem ; ils transforment les mosquées en églises. La mosquée el-Aqsa devient le Templum Domini et figure sur les sceaux templiers et sur l’emblème de la troisième province de l’Ordre. Les Templiers se voient attribuer la partie sud de la colline du temple (6) qui comporte en particulier les fameuses « Ecuries de Salomon » (7) Les grades de Novice, de Chevalier du Temple et de Chevalier Profès reprennent les rituels initiatiques chevaleresques de la branche « militaire ».

En 1187, après le désastre de Hattin, Saladin reprend la ville.

Le tableau de loge aux trois premiers grades se rapporte clairement à la vision idéale du Temple de Salomon qui, comme celui d’Ezéchiel (8) comporte trois portes : l’une fermée située à l’Est, les deux autres ouvertes situées au Nord et au Sud. Cette image idéale du Temple renvoie à la notion de Jérusalem céleste qui doit descendre des cieux à la fin des temps et où Dieu réside (9). Le Cléricat Templier avec les grades de Postulant, de Novice et de Chanoine se placent ici.

La Shekinah repose au cœur du Temple et elle est assimilée à une lumière (10) « La ville peut se passer de l’éclat du soleil et de celui de la lune, car la gloire de Dieu l’a illuminée, et l’Agneau lui tient lieu de flambeau » (11) La Shekinah est présence divine et selon la parole : « Lorsque deux ou trois seront rassemblés en mon nom Je serai au milieu d’eux » (12).

Le Temple de Salomon est « Centre du Monde », représentation symbolique du cœur de la tradition juive et par là même de la tradition chrétienne, image du ciel sur la terre. Il est la représentation du centre spirituel de la chrétienté. Les « Gardiens de la Terre Sainte », ainsi que se nommaient les pauvres chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, en assurent la garde. De même que « le peuple juif est le corps et le sang du Christ » (13) le Temple de Jérusalem est le Christ lui-même, selon la parole : « Détruisez ce Temple et en trois jours je le reconstruirai ». Si le Temple n’a jamais été reconstruit, c’est que le Christ lui-même est le Temple et que par sa résurrection il l’a réédifié pour l’éternité. C’est le cœur de l’homme qui doit l’accueillir. Le pire blasphème résiderait dans une volonté humaine de reconstruire un édifice de pierres sur l’emplacement du Temple. Il serait une négation de la divinité du Christ, la concrétisation du rejet de son message, un enfoncement dans la matérialité et, stricto sensu, un renversement anti-christique des valeurs. Le véritable travail consiste à tailler les pierres que nous sommes, pour leur permettre de prendre place dans l’édifice sacré qu’est le corps du Christ

Un « Centre Suprême » ou « Terre Sainte » est toujours protégé par une triple enceinte. Les Templiers furent appelés « gardiens de la Terre sainte » (14) ce qui n’est pas sans rapport avec la « chevalerie du Saint -Graal ». L’édifice du Temple avait été conçu pour contenir l’arche d’alliance. L’arche elle-même était destinée à recevoir un certain nombre d’objets sacrés dont l’un était une coupe. Cette coupe contenait un objet d’origine non humaine (15). La structure trinitaire de protection se dégage ici très nettement : d’abord le temple, puis l’arche, enfin la coupe.

Il est intéressant de noter que la construction est en rapport avec les métiers artisanaux, que l’arche, étant utilisée par l’armée d’Israël pour obtenir la victoire au combat (16) peut se rapporter à la chevalerie (17) et que la coupe, présente sur l’autel au cours du sacrifice de la sainte messe, est à mettre en relation avec le sacerdoce.

  1. 1 Chroniques 21, 29.
  2. Une ancienne tradition maçonnique des constructeurs écossais situe le début de la construction le 2 avril.
  3. Sepher Ietsirah. On retrouve ce symbole sur certains sceaux templiers sous la forme de l’escarboucle ou étoile à six rayons. Ces six directions sont le septentrion, le ponant, le midi, le couchant, le zénith et le nadir.
  4. Selon les Eglises chrétiennes orthodoxes tout baptisé dans le Christ est Prêtre, Prophète et Roi.
  5. On trouve aussi le symbole de l’arche d’alliance dans la maçonnerie du Grand Chapitre de Clermont.
  6. Le Temple de Salomon était le lieu de manifestation des influences spirituelles et l’Arche y jouait un rôle de « condensateur » (cf. René Guénon , L’erreur spirite , p. 58, Ed. Traditionnelles, 1984.) C’était un véritable centre de forces et sa situation géographique ne devait rien au hasard. En sachant cela, on mesure pleinement l’extrême importance du choix de ce lieu par les Templiers, aussi bien pour s’y établir que pour en incorporer le nom dans l’appellation de leur Ordre.
  7. Cf. l’article « Les Templiers à Jérusalem », de Jehan de Ais in la revue Templarium n°1 avril-mai-juin 2002.
  8. Cf. André Parrot, « Le Temple de Jérusalem » in Cahiers d’Archéologie Biblique n° 5, p.47, Ed. Delachaux & Niestlé.
  9. Apocalypse de Jean 22, 3-5.
  10. Cf. René Guénon, Le Roi du Monde, chap. III, p.23, Ed. Gallimard, 1985.
  11. Apocalypse de Jean 21, 23.
  12. Il remarquable de noter qu’une loge ne peut être ouverte que si trois Maîtres maçons sont présents.
  13. Paroles de Saint Bernard condamnant les massacres de Juifs en Europe.
  14. Cf. René Guénon, Aperçus sur l’ésotérisme chrétien, p.50, Ed. Traditionnelles, 1988.
  15. Cf. Visions d’Anne-Catherine Emmerich sur la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, t.1, p. 9 , Ed. Tequi, s.d.
  16. 1 Samuel 4, 3.
  17. La Shekinah dont le lieu de manifestation est l’Arche est l’équivalent à certains égards de la Shakti hindoue aspect féminin de la Divinité ; et l’on sait l’importance de l’élément féminin dans toute initiation chevaleresque.

Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Jérusalem

Pour la chrétienté médiévale, Jérusalem fut le centre du monde, c’est-à-dire le centre de la tradition chrétienne, voire judéo-chrétienne, et le voyage à Jérusalem, vécu comme un pèlerinage, l’image du retour au centre. Si Jérusalem, la sainte Sion, est la ville sainte du judaïsme, elle est également celle du christianisme, par la continuité de l’un à l’autre, malgré les ruptures apparentes. La Terre sainte est aussi assimilée au Paradis terrestre des occidentaux, point de départ de la tradition judéo-chrétienne, d’où partent les quatre fleuves coulant vers les quatre points cardinaux, qui est également le « séjour d’immortalité » comme le rapporte la Genèse.

Celui qui est réintégré dans le Paradis a désormais sa demeure dans le « Centre du Monde ». Le retour au centre est symbolisé par le pèlerinage qui est bien une pérégrination devant mener, après beaucoup d’épreuves, au Centre. Et le pèlerinage à Jérusalem est à la fois ce retour au centre, c’est-à-dire au centre de la tradition chrétienne, sur un plan horizontal, et, sur un plan vertical, dans une perspective eschatologique, le désir de voir la Jérusalem céleste descendre du ciel et se confondre, en quelque sorte, avec cette Jérusalem terrestre dont elle sera l’accomplissement.

A l’aube du onzième siècle, le pèlerinage individuel à Jérusalem, accompli et vécu comme un rite de pénitence, prendra une dimension de plus en plus collective. Mais, dans l’un et l’autre cas, le pèlerinage sera considéré comme marquant la crise définitive où le vieil homme se dépouille, créant ainsi une vie neuve. Le pèlerin se retrouve « comme né à nouveau et refait tout entier…, tous ses désirs comblés de cette vie terrestre ». Rite de pénitence par excellence, il sera vécu comme tel, après un dépouillement de tous les biens terrestres, le dernier bien étant la vie à laquelle le pèlerin devra même s’engager à renoncer sur le chemin qui mène au Centre, c’est-à-dire Dieu, « Principe et Fin » (Apocalypse 22, 13) de toutes choses. Le départ pour les Lieux saints ne se fera donc pas sans dépouillement préalable, l’exigence de pauvreté exigeant l’allégement du fardeau de la tentation à retrouver un jour ses richesses ou bien contraignant à ne plus revenir. La vie religieuse de l’occident verra dans l’acte de pèlerinage l’œuvre suprême de religion, individuelle au départ, puis de plus en plus collective.

Il s’agit, dans cet « esprit de croisade », d’une rencontre physique avec les lieux où s’est accompli le mystère de la Rédemption. Les troupes qui vont à Jérusalem reprennent la vieille marche des Hébreux pénétrant en Terre sainte. C’est un nouvel Exode vers cette Jérusalem terrestre, image imparfaite de la Jérusalem céleste, sur laquelle doit régner pour l’éternité le Roi des derniers jours issu de la semence de David. La route de Jérusalem devient la voie de l’accomplissement des Temps, œuvre collective de salut commun individuel, obligeant de se battre pour arriver à son terme. Dans l’extraordinaire attente de l’accomplissement du temps des nations selon Luc 21, 24, qui précède la première croisade prêchée par le pape Urbain II le 27 novembre 1095, espace et histoire se confondent, dont le mot « plénitude » est la réalisation même. Après quoi il n’est rien d’autre sinon la certitude de la parousie en cette sainte Cité où aura lieu l’avènement du Christ glorieux et où l’humanité, de l’orient comme de l’occident, doit se rejoindre pour l’exaltation suprême de son salut.

Dans cette perspective de la croisade, le symbolisme du voyage est à rapprocher de celui de la guerre et l’on se rend compte combien le but de ce pèlerinage, identifié symboliquement à la « Terre Sainte » ou « Terre des Vivants », peut prendre une dimension collective, accompagnée de signes et de prodiges se manifestant à ceux-là seuls qui ont vécu le dépouillement intégral ; ce qui explique qu’ils n’accompagneront que la croisade des pauvres et non celle des barons.

Si Jérusalem est bien le nombril, le centre de la terre, le lieu où s’est accompli le plus haut, le plus total mystère qui concerne l’univers chrétien et son salut, ce centre du monde est aussi le chœur de la tradition chrétienne, lui-même figuré par un vase qui n’est autre que celui que les légendes du Moyen Age occidental devaient désigner comme le Saint-Graal. Et tout centre suprême doit être gardé à partir de sa circonférence afin que puissent se déplacer, de la périphérie vers le centre, les individus et les foules qui participent de cette migration de l’occident vers l’orient. Telle sera la mission des grands ordres de chevalerie médiévaux nés des croisades, dont l’attribution est bien celle de « Gardiens de la Terre Sainte », et plus particulièrement des Templiers. « Chevalerie du Saint-Graal », « Gardiens de la Terre Sainte » sont des dénominations attachées à ceux dont la mission première est de protéger le Centre Suprême où sont détenus les secrets de la Tradition primordiale, adaptée aux conditions de temps et de lieu. Et lorsqu’une tradition particulière perd son rattachement au Centre, entendu sur un plan géographique et symbolique, ceux qui avaient pour mission de la défendre perdront, par le fait même, leur raison d’être. Tel fut le destin tragique des Templiers puisque vingt et un ans seulement séparent la perte définitive de la Terre sainte de l’abolition de l’Ordre en tant qu’organisation constituée.

Le Centre, la Terre Sainte, le pèlerinage et la croisade ne sont que les différentes facettes d’une même réalité ; le retour, individuel ou collectif, à l’Unité primordiale passant par une rencontre physique avec les lieux mêmes où la Tradition s’est manifestée et où s’opère la réintégration dans le Principe suprême, là où s’unifient tous les contraires, où se résolvent toutes les oppositions. Tout pèlerinage en Terre Sainte, vécu en mode héroïque, est l’ « alpha et l’oméga » du pèlerinage terrestre vers la Cité céleste.

Les croix des Chevaliers

Voici les deux seules croix de Chevalier dont nous avons connaissance. Elles correspondent bien au grade de Chevalier du Temple du Rite Ecossais de Stricte Observance.

GLDRR : La croix du grade de Chevalier du Temple du Rite Ecossais de Stricte Observance 1754

1754 : La Croix du grade de Chevalier du Temple

Croix de chevalier en cuivre doré (dix-huitième siècle) portant gravés à l’avers et au revers les lettres et dates I.B.M.B.A.D.N.I.C. signifiant : Iacobus (Jacobus) Burgundus Molay Bustus Anno Domini Nostra Iesu (jésus) Christi. Une croix templière clos ces initiales. Il s’agit bien de Jacques de Molay – nommé aussi le Bourguignon – brûlé l’année du Seigneur Jésus-Christ 1314 (Chiffres disposés à gauche, en haut, à droite et en bas du sceau de Salomon.

La croix templière est sise en chef de cette croix.

(Dimensions réelles : 50 mm de largeur et 60 mm de hauteur)

GLDRR : La croix du grade de Chevalier du Temple adoptée au convent de Kohlo de 1772

1772 : La Croix du grade de Chevalier du Temple

Adoptée au convent de Kohlo de 1772

Elle provient d’un Chevalier du Temple qui résidait à Meiningen. En la comparant avec la croix de Chevalier du Temple de 1754 nous notons la disparition de la lettre N et de la coix templière en bout de phrase. Cette coix va se retrouver au centre de l'étoile à six branches.

(Dimensions réelles : 50 mm de largeur et 60 mm de hauteur)

L'esprit des membres de la Grande Loge des Régimes Rectifiés

Les sœurs et les frères de la Grande Loge des Régimes Rectifiés peuvent avancer avec leur propre intelligence et avec leur propre spiritualité. Ils peuvent mettre leur liberté à leur service et rentrer dans la structure de leur âme.

Par leur vie maçonnique ils apprennent que le franc-maçon doit se distinguer des autres hommes par sa droiture et son amitié envers ses sœurs et frères, sa manière de penser libre et volontaire, par l’évolution de sa manière de vivre et de respecter tous les êtres de l’univers, que le mal a autant son bon côté que le bien peut avoir son mauvais côté et que tout ce qui est soumis au hasard et aux changements extérieurs ne peut rien apporter à leur vrai bonheur.

Ils prennent conscience du sens qu’ils portent à leur vie, à l’obéissance, au silence, à la constance, à la fraternité, aux sens des responsabilités, à la grandeur d’âme et à la sérénité face à la mort.

Leur vie est sereine grâce à leur façon de vivre qui se fait jour et est plus facile grâce à la méfiance, comme mère de sûreté, à la vigilance, en l’attention en l’art de paraître céder en se soumettant en s’accompagnant des effets du temps, en la maîtrise à supporter les revers, en l’aptitude à entreprendre et surtout ils doivent gagner la considération des profanes par leur comportement juste et courtois. Et grâce à leur courage digne d’un lion, à leur adresse, à leur façon de vivre dans le monde ils arrivent aux portes de la chevalerie spirituelle, point ultime de la quête spirituelle.

Et la grande finalité de leur travail leur permet d’approfondir les mystères de l'Ordre, sans toutefois en rechercher, acquérir ou retirer vanité.

Vaste programme avait dit un grand personnage du vingtième siècle, certes je ne peux le nier, mais il apporte à tout maçon digne de ce nom une grande sérénité laissant apercevoir parfois une réelle félicitée.