GLDRR : Sceau de la Grande Loge des Régimes Rectifiés

Grande Loge des Régimes Rectifiés

GLDRR : Le baron Charles de Hund
Hinc Nascitur Ordo


Sommaires des 14 cahiers Pierre d'Aumont de 2003 à 2017

GLDRR : Loge Pierre d'Aumont cahier de recherche numéro 1
Cahier n°1 page 39

2003 : Cahier Pierre d'Aumont numéro 1

  • Le mot du Maître de loge.
  • Qui était Pierre d’Aumont ?
  • L’épée dans la symbolique chevaleresque.
  • La loge « Sincérité », de Stricte Observance (Bohème, 1745-1785).
  • L’Ordre de De Molay aux U.S.A.
  • La fête de Saint-Hilaire à cause de l’acceptation des règles.
  • Les Templiers, d’après Jacques de Vitry.
  • La vie des loges : Foulques de Matas n°1.
GLDRR : Loge Pierre d'Aumont cahier de recherche numéro 2
Cahier n°2 page 8

2004 : Cahier Pierre d'Aumont numéro 2

  • Le mot du Maître de loge.
  • Spécificité spirituelle de la Stricte Observance.
  • Cérémonie d’installation dans le degré maçonnique de Chevalier Templier de Jérusalem et de chevalier Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Palestine, de Rhodes et de Malte.
  • Graal et Tradition primordiale.
  • L’assiduité en Franc-maçonnerie.
  • Hugues de Payns et la Stricte Observance.
  • Prières de Templiers réformés.
  • La vie des loges : Jacques de Molay n°2.
  • Les derniers moments de Jacques de Molay, d’après l’Histoire des Templiers (1805).
  • Introduction à l’héraldique et à sa réalité symbolique.
  • L’héraldique des Dames Chevalières de l’Ordre ou Equitissae.
GLDRR : Loge Pierre d'Aumont cahier de recherche numéro 3
Cahier n°3 quatrième de couverture

2005 : Cahier Pierre d'Aumont numéro 3

  • Le message du Grand Prieur et du Maître de loge.
  • La Stricte Observance d’hier et d’aujourd’hui.
  • Franc-maçonnerie et ésotérisme chrétien.
  • Le rite de Mélésino et le grade de Grand Prêtre des Templiers ou Magnus Sacerdos Templarium.
  • Un grade méconnu : Sublime Ecossais ou Grand Pontife de la Jérusalem céleste, ou la Jérusalem céleste dans l’économie de la Stricte Observance.
  • De quelques préjugés et abus de langage en Franc-maçonnerie (Anderson, bouddhisme, cathares, écossais, égrégore, exotérisme et religion).
  • Un « Catéchisme pour tous les maçons » (1774).
  • Légende des Quatre Saints Couronnées.
  • Le Liber Ensorum ou Livre des Epées, par le Grand Ensifer de l’Ordre et le Grand Maître Provincial.
GLDRR : Loge Pierre d'Aumont cahier de recherche numéro 4
Cahier n°4 page 27

2006 : Cahier Pierre d'Aumont numéro 4

  • Le mot du Grand Maître.
  • Le message du Grand Prieur.
  • Le tracé du tableau de loge d’Apprenti et de Compagnon.
  • Les origines des tableaux des grades de Maître et de Maître Ecossais (ou Ecossais Vert) de la maçonnerie rectifie de Dresde.
  • Un rituel de la « Voie substituée » : Chevalier de l’Asie.
  • La Trinité Divine.
  • Alphabets secrets et hiéroglyphes du Régime Ecossais de Stricte Observance.
  • L’acte d’obédience du baron de Hund (n°6 des manuscrits du prince de Hesse).
  • Justification de l’Ordre des Templiers, par Jacques de Molay, dernier Grand Maître dudit Ordre ; adressée au Pape Clément V qui avait formé le dessein de réunir les deux Ordres Militaires, des Templiers et des Hospitaliers : environ l’an 1306. Ledit Grand Maître expose à Sa Sainteté les inconvénients qui en pourraient résulter.
  • Pour les sept fêtes de l’Ordre
  • La vie des loges : Saint-Martial N°4, à l’Orient de Limoges.
GLDRR : Loge Pierre d'Aumont cahier de recherche numéro 5
Cahier n°5 page 43

2007 : Cahier Pierre d'Aumont numéro 5

  • Le mot du Grand Maître.
  • Le message du Grand Prieur.
  • Réception d’Apprenti (1775), fonds maçonnique Willermoz de Lyon.
  • Des spécificités du rituel de Lyon.
  • Les femmes et la Franc-maçonnerie, ou l’initiation maçonnique féminine. Réflexions sur la maçonnerie d’adoption et les Obédiences féminines ou mixtes.
  • Ordre et sociétés mixtes androgynes.
  • Héroïne de Jéricho, un grade androgyne de la maçonnerie anglo-saxonne
  • Sic Transit gloria mundi.
  • Ecclésiaste (11, 7, 9 ; 12, 1-8).
  • La vie des loges : Charles de Hund aux Trois Colonnes n°5.
GLDRR : Loge Pierre d'Aumont cahier de recherche numéro 6
Cahier n°6 première page

2008 : Cahier Pierre d'Aumont numéro 6

  • Le mot du Grand Maître.
  • Le message du Grand Prieur.
  • Deux anciens rituels des maçons opératifs anglais.
  • L’égrégore.
  • Le pavé mosaïque.
  • Le système de la Stricte Observance d’après J. H. E. Comte Le Couteulx de Canteleu.
  • La patente Von Hund.
  • L’héraldique des armoiries de la patente de Hund.
  • La vie des loges : Spica aurea n°6.
GLDRR : Loge Pierre d'Aumont cahier de recherche numéro 7
Cahier n°7 page 31

2008 : Cahier Pierre d'Aumont numéro 7

  • Le mot du Grand Maître.
  • Le message du Grand Prieur.
  • Réception d’Apprentive de la loge égyptienne d’adoption (maçonnerie égyptienne de Cagliostro).
  • Les rites d’Adoption aux Etats-Unis d’Amérique.
  • Un opéra maçonnique méconnu « La Reine de Saba », de Claude Gounod.
  • Le voyage de l’apprenti à la Stricte Observance.
  • Les Dames du Temple, mythe ou réalité ?
  • Installation ésotérique du Maître de loge.
  • Une gravure cryptée de la Stricte Observance du dix-huitième siècle.
  • La vie des loges : La Rose du Temple n°7.
GLDRR : Loge Pierre d'Aumont cahier de recherche numéro 8
Cahier n°8 première page

2010 : Cahier Pierre d'Aumont numéro 8

  • Le mot du Grand Maître.
  • Le message du Grand Maître Provincial.
  • Grade du Chevalier du Phénix.
  • Rituel de Vrai maçon ou Académicien (1774).
  • Les rituels de la Stricte Observance sont-il alchimiques ?
  • Les outils de la loge au grade d’Apprenti vus par un maçon opératif.
  • Symbolisme de la croix templière.
  • La planche inachevée.
  • La vie des loges : Saint Jacques aux Trois Coquilles n°8.
GLDRR : Loge Pierre d'Aumont cahier de recherche numéro 9
Cahier n°9 page 18

2011 : Cahier Pierre d'Aumont numéro 9

  • Le message du Grand Maître.
  • Le mot du Grand Maître Provincial.
  • Double Grade : Général des Argonautes et Chevalier de la Toison d’Or.
  • Grade des chevaliers de la Lune (dix-huitième siècle).
  • Histoire du Rite primitif et originel de Swedenborg (Discours de l’Orateur).
  • Le sens du sacré.
  • A propos de la Jérusalem céleste.
  • La vie des loges : La Rose de Jéricho n°9.
GLDRR : Loge Pierre d'Aumont cahier de recherche numéro 10
Cahier n°10 couverture extrait

2012 : Cahier Pierre d'Aumont numéro 10

  • Le message du Grand Maître.
  • Le mot du Grand Maître Provincial.
  • Grade du Compagnon Fendeur adopté par la maçonnerie (dix-huitième siècle)
  • Rituel des Fendeurs du Devoir.
  • Ni athée stupide, ni libertin irréligieux.
  • De l’Abraxas Panthée à l’Abraxas templier.
  • La croix et la bannière de Templiers.
  • La vie des loges : Guillaume de Liège n° 10.
GLDRR : Loge Pierre d'Aumont cahier de recherche numéro 11
Cahier n°11 page 7

2013 : Cahier Pierre d'Aumont numéro 11

  • Le message du Grand Maître.
  • Le mot du Grand Maître Provincial.
  • Le mot du Maître de loge.
  • Ordre ancien des Forestiers.
  • L’engagement.
  • L’immortalité de l’âme.
  • Emmanuel Swedenborg, chercheur et mystique.
  • La vie de loges : Saint Martin de Tours n°11.
GLDRR : Loge Pierre d'Aumont cahier de recherche numéro 12
Cahier n°12 page 29

2015 : Cahier Pierre d'Aumont numéro 12

  • Le message du Grand Maître.
  • Le mot du Grand Maître Provincial.
  • L’exhortation du Grand Prieur et Régent ad honorem de l’Ordre.
  • La chevalerie des Dame.
  • Chevalière de la colombe (maçonnerie d’Adoption du dix-huitième siècle.
  • De la Fraternité.
  • Les tracés régulateurs du tapis de loge.
  • Le tracé au sol du Tapis de loge.
  • L’ordre de Saint Thomas d’Acre.
  • Emmanuel Swedenborg, franc-maçon.
  • La Militia Christi ou une « revivification » de l’Ordre du Temple.
  • Bref historique de la R. L. Foulques de Matas n°1 (1995-2015).
  • La vie des loges : André de Montbard n°12.
GLDRR : Loge Pierre d'Aumont cahier de recherche numéro 13
Cahier n°13 dernière page

2016 : Cahier Pierre d'Aumont numéro 13

  • Le mot du Maître de la loge de Recherches.
  • Le mot du Grand Prieur.
  • Le mot du Grand Maître Provincial.
  • Le mot du Grand Maître Général.
  • L’acte de renonciation du 21 août 1782.
  • La réalisation spirituelle de l’apprenti au rire de Stricte Observance.
  • Le traité entre les Directoires Ecossais de Stricte Observance de Lyon, Bordeaux et Strasbourg avec le Grand Orient de France de 1776.
  • La spiritualité de la Stricte Observance lors du Convent des Gaules de Lyon en 1778.
  • La sainte religion chrétienne.
  • La fraternité au vue du rituel d’Apprenti du Rite Ecossais Rectifié.
  • Propos pour la fête de Saint André.
  • Le cérémonial pour les banquets maçonniques au Rite Ecossais de Stricte Observance.
  • La maçonnerie des Dames.
  • Les tables de travail à la Stricte Observance.
  • Réfectoire des frères Chevaliers.
  • La maçonnerie des Dames à Lyon en 1778.
  • Savoir et Connaissance ou la dualité du vocabulaire en maçonnerie.
  • Instruction pour les habits et croix de la Strictes Observance.
  • A l’aube de la Franc-maçonnerie allemande, l’empreinte française
  • Le pavé mosaïque.
  • Statuts des du Temple concernant les mœurs et la conduite.
  • Délibération définitive du Directoire Ecossais du 25 avril 1777.
  • Matricule de la Grande Maîtrise entre l’Elbe et l’Oder
  • La croix du grade de Chevalier du Temple en 1754
  • La croix du grade de Chevalier du Temple en 1774
  • Brèves de plateau de Maître de Chaire
  • Bibliographie
  • La vie des loges : Spice Unica n°13
GLDRR : Loge Pierre d'Aumont cahier de recherche numéro 14
Cahier n°14 quatrième de couverture

2017 : Cahier Pierre d'Aumont numéro 14

  • Le mot de Maître de la loge de recherche.
  • Le mot du Grand Prieur.
  • Le mot du Grand Maître Général.
  • Aspects alchimiques des rituels dans l'Ordre de la Stricte Observance.
  • Petite histoire de la remise des rituels de Stricte Observance à Jean-Baptiste Willermoz en 1774 par le Baron Von Weiller à Lyon.
  • Templiers et francs-maçons : tentative d'explication des cérémonies maçonniques templières au regard des aspects de la Rose-Croix et du Jésuitisme.
  • Forme d'installation pour les loges réunies, Stricte Observance de Lyon 1774.
  • Contributions et arguties pour une étude de la Stricte Obervance : début et fin de la Stricte Observance.
  • Graal et tradition primordiale.
  • Le trivium au sein des arts libéraux.
  • La bienfaisance : réponse de Jean-Baptiste Willermoz à A Fascia.
  • La vraie maçonnerie d'adoption en 1787 vue par le frère Louis Guillemain de Saint-Victor.
  • La société de Jean-Pierre Beyerle ou "une société maçonnique idéale."
  • Grade de Chevalier de la vraie maçonnerie ou Hiram ressussité.
  • Propos sur l'hexagramme flamboyant.
  • Vies et Vicissitudes de la loge de Saint Jean "Amalia zur drei rosen." Texte tiré des notes du frère Michael Hansenbeck.
  • L'ange dans la tradition chrétienne.
  • Maçonnerie des dames Turques de l'Asie.
  • Bénédicité des maçons.
  • Bibliographie.
  • La vies des loges : "Amalia aux Trois Roses" par le Maître de loge.

2008 cahier n°6 : La patente von Hund

Le texte ci-dessous, trouvé sur Google et traduit du danois, soulève de nombreuses questions auxquelles nous tenterons de répondre avec les éléments actuellement en notre possession. Ce texte a le mérite de donner, en clair, le cryptage utilisé, à défaut de son décryptage et de sa traduction ; car nous pensons qu’elle fut rédigée en latin, comme la plupart des textes historiques de la Stricte Observance.

La bien nommée patente Von Hund est l'un des documents les plus énigmatiques de la Franc-maçonnerie. Lorsque Carl Gotthelf Reichsfreiherr Von Hund und Altengrotkau (1722 - 1776) parcourut toute l'Europe et qu'il persuada les loges maçonniques existantes d'adhérer au système de la Stricte Observance qu'il avait créé, il présentait cet impressionnant document comme pièce d'identité. L'original est conservé dans les archives de l'ordre danois des francs-maçons. Personne ne pouvait lire la teneur de ce document, car l'écriture en était codée. Von Hund affirmait que son contenu était si secret que seul lui-même devait être en mesure de le comprendre. Deux types différents de systèmes de codes y sont employés, un code alphabétique et un code numérique. Le code numérique est un type connu et employé par la Franc-maçonnerie au dix-huitième siècle, surtout par la Stricte Observance, et la connaissance de ce code permettait de lire les noms insérés. Par contre, il n'a jamais été possible de déchiffrer le code alphabétique utilisé dans la plus grande partie du document. De nos jours, on se demande toujours s'il s'agit ici d'un vrai texte, ou alors si le document est un faux (uniquement destiné de manière préméditée à impressionner.) Les codes numériques peuvent être déchiffrés. Ils contiennent le propre nom de Von Hund et son titre de chevalier de même que le nom et le titre de chevalier de la personne mystérieuse de qui Von Hund prétendait avoir obtenu le pouvoir. Personne n'a jamais réussi à mettre un nom sur ce « Grand Maître invisible. » Vous trouverez ce document ci-dessous, partiellement en fac-simile, partiellement en transcription. Certains endroits marqués en rouge indiquent la traduction de quelques lignes qu'il a été possible de déchiffrer à l'aide d'une clé complexe se trouvant dans l'ouvrage Allgemeines Handbuch der Freimaurerei, édition 1863, volume 1, page 176. Les mots « von Hund und » y étant transcrits comme « de Hund et », ceci pourrait indiquer que la langue serait le français ou le latin.

GLDRR : Loge Chapitrale de Recherches Pierre d'Aumont : La patente Von Hund
La patente Von Hund

+

+ Brmvifgo +

Vilb:ty: ma Rot:ty: Halono Halono frgblgnit colm: Forc: Glba: Olgrictric Lotrsuml: Rsltuiam Tiug: Bruf:ty: Frin: Obylad cittulgud fertusg guld: Demalbt jutstul altrius finist holburtzgu grulblrit altribl grultisgue Fruly: etc: oltyory G:2+16:03:3+09:02 C+11+05:10:3+06:05 2d+1 1M+12:07:9 1n+14 P+10+08:14+8 C+10:03+05:09:9+19 (Carolus Gothelf de Hund et Altengrotkau) frasculm galzrifzaob medgfgr almiud G:2+16:03:3+09:02 1N+11+04:15+13 P+1 1N+8+05:13 (Carolus eques ab ense) rsiculo atgl erraty malbalz frulgulbl: amtustilfi at bis tulgol amn Hmaud gofr: guustl: fatgrimi af aldfrob galbdisfusta altist: aly at misry rity monl handostulbis fralgussm rod aftal de hosy martuscol ulguvril misbal cedrab aut/: gnommiff ust ma mistol dustub malcor am Frogmil nit augustulvirt aut mossuy any Res: Hutz halzbis gofma morba gusmir al tusguger Pardola frop u Ford: xxiv. Most: dada vm cccc x x vii.

1S:2+9+03:10+2+11:02 5A:12+02:03:3+6+1+08:02

1N+11+9+4/ p 2N:04:03:6 1P+19:03/

2n+02:05+2/ T:14+7+3/ H:7+06:02+9+01:14+12

(Georgius Vilhelmus
eques a sole aur.
supr. temp. magister)

Le texte danois soulève évidemment la question de l’identité de celui qui délivra ladite patente. C’est en 1755 que Hund exhiba cette patente codée signée « Georges Guillaume, chevalier du Soleil d’or, grand maître des templiers » qui le nommait grand maître ^provincial de la septième province de la maçonnerie templière (réunissant les treisième et quatorzième provinces de l’ancien ordre du Temple.) Mais qui était ce Georges Guillaume ? S’agit-il de Marschall von Bieberstein dont Hund, après la mort, se considéra comme le successeur et le grand maître provincial de la septième province templière à laquelle il avait travaillé, avec la plus grande prudence, à la réorganisation ? Wilhelm Marschall von Bieberstein, maréchal héréditaire de Thuringe, avait été reçu dans la Franc-maçonnerie à Londres en 173 et le comte Darnley, grand maître de la grande loge anglaise, lui avait délivré une patente de grand maître provincial anglais pour le cercle de la Haute-Saxe. S’étant ensuite rendu en France, il avait fait la connaissance, à Saint-Germain, de lord Balmerin et du comte Kilmarnock qui ont réuni de grandes connaissances au sujet de la maçonnerie. Peut-être le temps viendra-t-il bientôt où on les rendra ostensibles et j’attends ce moment pour décider si je dois préférer cette maçonnerie à la maçonnerie anglaise. Sachant que lord Kilmarnock, grand maître des maçons d’Ecosse de 1742 à 1743, mourut sur l’échafaud en 1746 comme partisan des Stuarts, la date de 1741 de la « patente » pourrait correspondre à cette période. Mais le nom d’ordre de Marschall von Bieberstein était Eques a Tabula designatoria (Chevalier de la planche à tracer) et non Eques a Sole aureo qui a toujours été attribué à Charles-Edouard Stuart (1720 - 1788,) dit le prétendant. Si le signataire de la patente était bien Marschall von Bieberstein, cela signifierait que la Stricte Observance tiendrait de lui son origine, à la fois pour ses grades maçonniques et pour ses grades templiers.

Certains auteurs ont prétendu que la patente Von Hund était un faux ; ou encore qu’elle avait été délivrée à Hund lors de la venue de Charles-Edouard en Allemagne pour chercher son épouse, la princesse de Stolberg : et que reçu secrètement templier par Hund et nommé grand maître de l’ordre, il lui aurait donné, en récompense, une patente comme grand maître pour l’Allemagne et l’aurait antidatée. Nous savons qu’il faut réfuter cet argument, Charles-Edouard ayant épousé à Paris, par procuration, le 22 mars 1772, la princesse Louise de Stolberg-Gedern (1753 -1824) et que le 1er mai, Charles et Louise renouvelèrent leurs vœux en personne dans la chapelle du palais Marefoschi, à Macerata (Italie.) Rien ne prouve donc que Charles-Edouard soit allé chercher sa future épouse en Allemagne et qu’il ait alors pris contact avec le baron de Hund.

Une lettre datée du 5 février 1784 du docteur Giraud, adressée au directoire de la cinquième province à Strasbourg donne une curieuse indication : Avant la mort du prétendant [1788] le roy de Suède est allé le voir, a eu plusieurs conferences avec luy, & enfin luy a demandé pour la somme de mille louis d’or la resignation de sa place de grand maître de l’O.[ordre] des T.[empliers] [...] que celuy cy luy a résigné de très grand cœur comme vous immaginéz ; & en consequence il luy a donné une patente, dont la Suède va se prevaloir.

2015 cahier n°12 : La chevalerie des Dames

Ce travail, qui se propose de présenter un certain nombre d’ordres de chevalerie propres aux femmes, veut également aborder le problème de la chevalerie des dames. Par cette dernière appellation nous entendrons des ordres monastiques dévolus aux religieuses relevant des ordres chevaleresques issus des croisades (Saint-Jean de Jérusalem, Saint-Sépulcre, Teutonique…), des ordres de décoration à caractère religieux (Ordre de la Croix de l’Etoile, Milice de Jésus-Christ…) et des ordres honorifiques créés pour les “ Dames ” ; ces distinctions, nous le verrons, pourront apparaître arbitraires tellement il est difficile parfois de classer un ordre dans une catégorie ou une autre et la classification adoptée pour le corps de l’ouvrage en différera quelque peu. Il faudra que le lecteur ait à l’esprit les trois grandes distinctions que nous proposons : les ordres religieux, avec des vœux, les ordres honoraires à caractère religieux et les ordres purement honorifiques ou de distinction.

Mais intituler un tel travail “ Chevalerie des Dames ” sous-entend qu’il a bel et bien existé des ordres de chevalerie pour les femmes. Le terme de “ chevalières ” peut-il leur être appliqué ? Nous essaierons de répondre à cette question en rappelant brièvement l’origine et l’essence de la chevalerie et, à partir de là, nous rechercherons si aux époques fastes de la chevalerie des femmes ont été armées ou adoubées. Et nous n'oublierons pas les ordres maçonniques spécifiques aux femmes, comme il a existé – et existe encore – des ordres maçonniques qui ont repris les titres des ordres civils en les « plagiant » en quelque sorte.

La chevalerie tire son origine de la remise de la framée ou du bouclier au jeune germain par le chef de la tribu ou le protecteur de l’adolescent, après un rude apprentissage des armes. Il n’est plus guère discuté, aujourd’hui, que la chevalerie se greffa sur ce très vieux rite germanique. Même si un tel rite de “ passage ” se retrouve chez les romains, avec l’abandon, par l’adolescent, de la robe prétexte pour la robe virile, et que l’ordre équestre des Latins peut sembler annoncer l’“ordre de chevalerie ”, la chevalerie naquit de la christianisation de cette classe de soldats sortie des anciens initiés des tribus germaniques. Elle se dégagea lentement du rite de la remise des armes vers la fin du treizième siècle, c’est-à dire au cours du règne de Charlemagne. L’adoubement se résuma longtemps à la seule remise des armes, l’imprégnation religieuse étant alors celle, tout intérieure, des futurs chevaliers avec quelques recommandations de la part de l’officiant qui pouvaient accompagner cet armement : sois loyal et sans peur, défends l’Eglise et les faibles, etc. Plus tard (IXe-Xe siècle), cette remise des armes, toute proche encore du rite germanique, s’accompagna d’un geste dont le sens profond reste toujours discuté, la colée. L’officiant appliquait, à la naissance du coup de l’écuyer agenouillé, un coup de poing ou de paume (d’où le nom de paumée donné aussi à la colée), porté à toutes forces, devenu celui du coup du plat de l’épée sur l’épaule. Deux gestes s’imposent alors simultanément : la bénédiction de l’épée et l’exposition de celle-ci sur un autel. Un peu plus tard, vers le XIe siècle, la communion du chevalier, avant la remise des armes, viendra compléter la christianisation et la sacralisation du cérémonial de l’entrée en chevalerie. Au douzième siècle, un cérémonial d’adoubement comprenait le plus souvent quatre parties :

  • la confession et la veillée d’armes ;
  • la communion ;
  • la remise des armes et la colée ;
  • la fête.

Ce ne fut que tardivement que quelques cérémoniaux renchérirent sur les rites, les compliquant à l’extrême et les surchargeant d’un symbolisme, non pas superfétatoire, mais surajouté. Retenons toutefois que la remise des armes, en l’occurrence de l’épée, restera le “ noyau ” de toute cérémonie d’entrée en chevalerie ; et l’épée, qu’elle soit remise ou serve à l’adoubement, constituera le symbole de l’état chevaleresque.

Jusqu’au onzième - douzième siècle, tout homme libre ou serf affranchi pouvait être armé chevalier après s’être vaillamment comporté sur le champ de bataille ; mais cela devint l’exception et le nouveau chevalier sortira de la classe des soldats, les meilleurs de ceux-ci appartenant souvent, sinon toujours, à de grandes familles, tout au moins à de vieilles races militaires.

Au XIe siècle vont apparaître les ordres de chevalerie, à la fois militaires et religieux, qui naquirent, du moins pour les plus anciens, en Terre sainte. Le premier fut l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem avec la fondation, sur les Lieux saints, à la fin du XIe siècle, par un Provençal (de Martigues ?), d’un ordre hospitalier que son premier grand maître, Raymond du Puy, doubla d’un ordre militaire. En 1118 (ou 1119), c’était la fondation de l’Ordre du Temple dont le caractère militaire était nettement plus marqué. Parmi les autres grands ordres internationaux dont il sera question dans cet ouvrage, notons celui du Saint-Sépulcre, fondé, selon la tradition, par Godefroy de Bouillon, et, de beaucoup moindre importance, celui de Saint-Lazare, particulièrement voué au soin des lépreux.

Mais déjà naissaient des ordres à recrutement national qui allait à l’encontre de l’universalité du christianisme (en l’occurrence le catholicisme). Le plus fameux est sans conteste l’Ordre de Sainte-Marie des Teutons de Jérusalem (ou Ordre Teutonique) qui joua un si grand rôle dans l’évangélisation des territoires baltes. Il faut citer, dans la péninsule ibérique, les ordres nés de la Reconquista qui luttèrent contre l’occupant arabe ; en Espagne, les Ordres de Calatrava (1158), de Saint-Jacques de l’Epée (1170), d’Alcantara (1177) et de Montesa (1317) ; et, au Portugal, l’Ordre Militaire de Saint-Benoît d’Avis (1187). Au sein de la plupart de ces sodalités naquirent des “ ordres de chevalerie régulière pour les dames ”, c’est-à-dire des couvents de religieuses qui portaient le nom même de l’ordre qui les abritait. C’est ce qui a pu faire naître la confusion entre une hypothétique classe de “ chevalières ” et le titre de “ chevalerie des Dames ” qui revêtait un aspect, certes, essentiel, savoir religieux, mais qui n’avait rien à voir avec un quelconque adoubement ou armement militaire : l’entrée en chevalerie consistant, pour ces “ Dames ”, en une profession monastique accompagnée des trois vœux traditionnels.

Léon Gautier, dans son ouvrage monumental sur La chevalerie aborde la question sous un angle malheureusement tout littéraire. Il écrit que “ plus d’un jeune noble, plus d’un prince, s’estimait heureux, durant toute sa vie, d’avoir été adoubé par une femme. Ce n’était pas déchoir, en vérité, et de telles femmes n’étaient pas des petites-maîtresses. L’histoire et la légende s’accordent à nous offrir le noble spectacle de ces adoubements féminins ”, preuve, estime-t-il, de cette “ élévation que le moyen âge chrétien a su communiquer au caractère et au rôle de la femme ”. Il signale, certes, “ la fille de Philippe Ier, la femme de Tancrède (1), Cécile, qui voulut adouber de ses propres mains un certain nombre d’écuyers qui allaient partir pour la guerre sainte ”. Mais, aussitôt après, il regrette que les historiens ne nous aient pas laissé le nom de ces “ modestes héroïnes ” et affirme que les romans sont plus “ prolixes et, si j’ose le dire plus "historiques" ” (2), que ce soit une tante, une fiancée qui donne la colée ou attache l’épée au flanc de l’écuyer. Et l’imagerie romantique reprendra le thème de l’adoubement par une femme qui peut, à l’évidence, faire rêver mais qui ne semble pas reposer sur beaucoup de preuves historiques et qui ne put être que l’exception ; car une double question se pose : la qualité de chevalier exigeant une transmission, voire la transmission d’une influence spirituelle, il faut nécessairement que celui qui adoube l’ait lui même été. Une telle transmission échappe à tout romantisme, à tout féminisme ou à toute sensiblerie. Les règles de la transmission de la qualité chevaleresque sont exigeantes et ne sauraient être confondues avec un quelconque moralisme. Il faudrait donc que la femme qui adoube ait elle-même été adoubée. Le Père Honoré de Sainte-Marie parle bien d’une “ autorisation ” qui peut être donnée par un prince ayant lui-même été armé chevalier, mais, en mode initiatique, une transmission impose une présence et un contact physique entre l’ordonnant et l’ordonné.

Si Dom Gérard Lafond, moine bénédictin, dans ses Principes pour une charte de la chevalerie (1968) déclare que l’esprit de la chevalerie, “ fait de rectitude morale, de magnanimité, de pur courage, de courtoisie et de service des humbles ”, toutes qualités qui peuvent s’appliquer aux personnes des deux sexes, doit “ s’incarne[r] dans des institutions, et c’est la tâche magnifique des ordres de chevalerie ”, il précise, dans l’article 13 de ladite charte, que l’adoubement conféré à une femme est “ invalide, nul de plein droit et non avenu . […] Nul laïc ne peut conférer l’adoubement, ni roi même sacré, ni prince, ni grand-maître ou membre d’un ordre de chevalerie, même s’il porte le titre de chevalier, qu’il n’ait été lui-même validement adoubé ” (c’est nous qui soulignons) ; “ La chevalerie ne peut être conférée par simple nomination, ni transmise par procuration ou délégation ” (article 11). Les principes énoncés sont très stricts et permettent ainsi de mieux cerner les conditions d’entrée en chevalerie et d’acquisition de la qualité chevaleresque. Toutefois, qu’en est-il des princes souverains ou des rois et reines qui, détenteurs du “ fons honorum ”, créent des chevaliers et adoubent ; et nous pensons à la reine d’Angleterre, chef des “ Orders of the Queen ”, qui pratique toujours l’adoubement par l’épée pour la réception des chevaliers dans l’Ordre du Bain ou celui de la Jarretière notamment ? Dom Gérard Lafond aborde indirectement la question en écrivant : “ Les Princes de Maisons Souveraines ont souvent créé par le passé des Compagnies d’Honneur dites ordres de chevalerie pour récompenser leurs sujets de services éminents rendus à leur personne, à leur dynastie ou à leur Etat, et affermir ainsi les liens de fidélité qui les unissaient à leur trône ou à leur Maison. On admet communément que ces Princes, même s’ils n’exercent plus leur souveraineté, gardent néanmoins, et eux seuls, la faculté de créer et de régir ces sortes de Compagnies dont ils sont "fons honorum". Mais ces Compagnies d’Honneur, pour respectables qu’elles soient, ne sont pas véritablement des chevaleries et leurs membres ne sont pas "chevaliers de chevalerie". La prétention des Princes à monopoliser la chevalerie à leur profit est dépourvue de tout fondement légitime et est, de ce fait, nulle de plein droit. Mais un Prince chrétien peut, comme toute autre personne, fonder un ordre de chevalerie authentique, s’il se conforme aux règles traditionnelles, notamment en ce qui concerne les fins générales de la chevalerie et sa transmission valide par l’adoubement. ”

Sir Ivan de La Bere souligne que “ pour les femmes qui sont nommées Dames [dans les ordres royaux], la situation est quelque peu différente [de celle des hommes], puisqu’elles ne sont pas adoubées par l’épée ”. Le Souverain est la “ Fontaine de tous les Honneurs officiels […] La seule personne actuellement habilitée à conférer la chevalerie dans ce pays [la Grande-Bretagne] est la Reine, et personne d’autre n’est autorisée à adouber un chevalier, à moins de lettres patentes, et toute charte d’autorisation doit nécessairement avoir été signée par la Reine, déléguant à cette personne le pouvoir de conférer l’accolade et de lui remettre les insignes appropriés au nom de la Reine. Des exemples de telles délégations, dans les années récentes, ont été accordées à la Reine Mère Elisabeth, au Prince Philippe, duc d’Edimbourg, et au duc de Gloucester ”(3)

Nous ne voudrions terminer cette présentation sans évoquer le cas de la Pucelle d’Orléans. Jeanne d’Arc, dont l’héroïque et sainte chevauchée permit non seulement de rendre le royaume de France au roi légitime, de libérer le territoire et de rétablir sur le trône le roi légitime, Charles VII, mais, surtout, de réaffirmer le mandat du ciel de la couronne de France, est qualifiée par Léon Gautier “ du plus chevalier des chevaliers ” pour son fameux mot : “ Les hommes d’armes batailleront, et Dieu donnera la victoire. ” Il ajoute : “ Elle était de taille à relever la Chevalerie [de son temps], qui retrouvait en elle la netteté de son type effacé ; mais elle mourut trop tôt, et ne fut pas assez imitée. ” Fut-elle armée “ chevalier ” par le roi Charles VII en 1429, comme semble le laisser croire une gravure du début du XXe siècle ? Ou celui qui n’était encore que le “ gentil dauphin ” lui remit-il, à Chinon, d’après le Mystère du siège d’Orléans, datant du commencement du XVIe siècle, le harnois de tout chevalier, savoir : l’armure, l’épée, les éperons dorés et l’étendard ? De toute façon, Charles VII ne pouvait lui transmettre la chevalerie qu’après avoir lui-même été armé chevalier, ce qu’il fut par le duc d’Alençon avant son sacre à Reims, le 17 juillet 1429. Appartint-elle à un ordre de chevalerie ou une société secrète dont elle aurait été “ chevalière ” ? Par son attitude, la Pucelle n’avait absolument rien d’une fille des champs, mais tout d’un guerrier, d’un chevalier. Et celle qui se désignait comme envoyée du “ Roy du Ciel ” et affirmait détenir son mandat de celui qui désigne habituellement Dieu ou le Christ mais qui a pu être appliqué à l’un de ses plus hauts représentants réunissant en ses mains le double pouvoir spirituel et temporel ne pouvait, seule et sans avoir la qualité de “ chevalière ”, mener sa mission à bonne fin, savoir le sacre de Charles VII à Reims. Mais aucun texte, aucune source ne permettent d’affirmer que Jeanne fut bien le “ glaive à deux tranchants ” d’un ordre de chevalerie au sein duquel elle aurait acquis ses qualités de chef de guerre. Certains ont pensé qu’elle devait être une tertiaire de saint François en raison du rôle prépondérant des Franciscains dans les affaires la concernant. Bossuet a dit : « Dans l’affaire de la Pucelle, il y a la fraternité franciscaine, qui la prépara, la solidarité de la cause catholique et de la cause française, qui détermina l’entreprise, et la puissance internationale des fils de saint François, nombreux dans l’armée des Lancastre [maison rivale de celle d’York dans la guerre des Deux-Roses], qui la fit réussir. ». Elle aurait été reçue dans le tiers-ordre franciscain à treize ans et son costume est celui des tertiaires : pourpoint noir, chausses attachées, robe courte de gros gris noir et un chaperon noirs sur les cheveux coupés courts et ronds. La « Fée Nostre Seigneur » qui domine l’histoire de Jeanne ne serait autre que sainte Colette de Corbie, mère abbesse des Clarisses, amie intime d’Isabelle Romée, sa mère. Hanotaux, dans Les quatre mystères de la vie de Jeanne d’Arc, prétend que le plus haut degré de l’ésotérisme féminin franciscain s’appelait « les Fées Nostre Seigneur », nommées aussi « Les Discrètes ». Il s’agissait d’une véritable chevalerie féminine et la complicité franciscaine dans les rangs de l’armée anglaise aurait singulièrement favorisé certaines victoires de Jeanne, notamment devant Orléans, à Beaugency, à Patay. Victoires miraculeuses et militairement incompréhensibles.

D’autres, en se basant sur la voix qui lui disait : “ Fille-Dé, va, va, va, je serai ton aide, va ! ”, en ont déduit que l’épithète Fille-Dé (que l’on peut traduire par “ Fille de Dieu ” ou “ Fille-Dieu ”) serait un titre initiatique d’origine celtique, intégré ésotériquement au christianisme. Le terme Dé peut être pris comme le génitif du celtique dia qui signifie “ dieu ” (mais aussi “ déesse ”). Le cas de Jeanne d’Arc, comme celui de sa race et de son pays natal, présentait des attaches ancestrales, encore visibles à l’époque, avec la tradition celtique. N’y aurait-il pas une indication en ce sens à propos de l’arbre des Dames et de la jeunesse de Jeanne à Domrémy dont il est fait mention dans l’Histoire populaire de la France.

« Elle ne cherchait point d’ailleurs à se distinguer des autres, et se mêlait à ses compagnes dans les fêtes du village. Sur cette même pente où s’élevait la chapelle de la Vierge, entre les bords fleuris de la Meuse et la sombre forêt de chênes, le bois Chesnus, qui en couronnait les hauteurs, il y avait un hêtre d’une remarquable beauté, "beau comme un lis", dit l’un des habitants, large, touffu, dont les branches retombaient jusqu’à terre. On l’appelait "l’arbre des dames ". Autrefois, les seigneurs et les dames du lieu, avec leurs demoiselles et leurs suivantes, venaient, au retour du printemps, faire un repas champêtre sous son ombre. Peut-être un jour ces joyeuses réunions avaient-elles amené quelque mystérieuse aventure qui changea de nature et de forme en passant par la tradition. Le nom de dames donné aux femmes de haut parage était aussi le nom donné aux fées dans le langage populaire. On racontait qu’un seigneur de Bourlemont venait y voir une fée, conversait avec elle. L’arbre des dames était aussi l’arbre des fées. C’étaient les fées qui, dans les anciens temps, venaient danser sous le beau hêtre ; on disait même qu’elles y venaient encore. Cela n’empêchait pas les habitants de Domrémy de faire ce que faisaient leurs pères. L’arbre était toujours aussi beau. Au printemps on se rassemblait sous sa voûte de verdure. On l’inaugurait en quelque sorte le dimanche de la mi-carême, Lætere.

« En ce jour, qu’on nommait aussi le dimanche des Fontaines, les jeunes garçons et les jeunes filles venaient sous l’arbre fameux faire ce qu’on appelait leurs fontaines. Ils emportaient, comme provisions de la journée, des petits pains faits exprès par leurs mères, et s’y livraient aux ébattements de leur âge, chantant, dansant, cueillant des fleurs dans les prairies d’alentour, pour en faire des guirlandes dont ils ornaient les rameaux du bel arbre ; puis, quand ils avaient mangé, ils allaient se désaltérer aux eaux limpides d’une source voisine, tout ombragées de groseilliers.

« Jeanne y venait comme les autres ; Mengette, son amie, dit qu’elle y fut et y dansa plus d’une fois avec elle. Pourtant, elle n’était point danseuse ; et souvent au retour de la fête elle prenait le chemin de sa chapelle chérie, et suspendait à l’image de la Vierge les guirlandes qu’elle avait tressées des premières fleurs des champs. (4) »

Quoiqu’il en fût, la question méritait d’être posée, même si aucune certitude ne peut être avancée, sinon la mission « divine » de la Pucelle.

En conclusion, il ressort de tout ce qui précède que la notion de “ chevalerie des dames ” recouvre deux aspects distincts :

- la qualité de “ chevalières ” appliqué aux religieuses des ordres de chevalerie issus des croisades ;

- les ordres de décoration ou honorifiques, avec ou sans règles religieuses, qui ne peuvent créer des « chevalières » au sens propre du terme, mais qui ont pu être fondés pour récompenser des exploits d’armes de femmes ou par des princesses pour honorer les personnes de leur sexe. C’est en regroupant ces deux catégories que nous pouvons intituler notre ouvrage “ La chevalerie des dames ” en espérant que le lecteur y apportera toutes les restrictions que nous avons nous-même soulevées.

Pour illustrer notre propos, nous avons voulu ne retenir que des textes anciens qui nous semblent donner une bonne approche de cette chevalerie « féminine » qui n’a existé, en tant que telle, que sous l’Ancien Régime : c’est ce que nous appelons la période « faste » de cette chevalerie qui, bien que particulière, a connu un développement en rapport avec celui des grands ordres de chevalerie masculins. Quelques considérations pourront paraître dépassées à l’époque de la « parité » entre les hommes et les femmes, mais elles démontrent que dans le domaine chevaleresque les femmes ne furent pas oubliées et qu’elles purent s’illustrer soit par de hauts faits d’armes soit par des engagements propres à leur sexe mais néanmoins contraignants.

Dans les ouvrages recensés, principalement ceux du Père Honoré de Sainte-Marie (1718), d’Hermant (1725) et de Giustiniani (1721), nous avons relevé pas moins de vingt-cinq ordres, certes de valeur inégale, mais dévolus aux femmes ou aux personnes des deux sexes. Même si la liste ne se prétend pas exhaustive, elle a le mérite, pensons-nous, de montrer la diversité et la richesse de cette « chevalerie des dames » que nous avons voulu tirer de l’oubli et mettre en exergue.

Saint-Hérie, en la fête de sainte Jeanne d’Arc,
qui mourut à dix-neuf ans du plus terrible des supplices,
abandonnée de ses amis et priant pour ses ennemis.

1 Prince sicilien de la maison normande de Hauteville, un des héros de la première croisade et de la prise de Jérusalem. Il devint prince de Galilée et régent de la principauté d’Antioche ; il mourut en 1122.
2 Léon Gautier, op. cit., p. 266-267.
3 The Queen’s Orders of Chivalry, p. 29, 25, 43.
4 in Histoire populaire de la France, Librairie classique et d’éducation ? Vve Marie-Nyon, A. Pigoreau, successuer, Paris, s,d. (fin du dix-neuvième siècle, p7-8, d’après Wallon, Jeanne d’Arc, chap.I, p. 3, 45 et 5.)

2016 cahier n°13 : L'acte de renonciation du 21 août 1782

1782, l’année du Convent de Wilhelmsbad, une date très importante dans la vie maçonnerie du dix-huitième siècle.

Ouvert dans le cadre de la Stricte Observance de nombreuses provinces étaient représentées : la première, la deuxième, la troisième, la cinquième, la septième et la huitième province de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem. 34 délégués étaient présents lors de ce convent. Mentionnons que 17 délégués étaient de foi catholique et 17 étaient de foi protestante et 22 délégués appartenaient à la noblesse et 12 à la bourgeoisie. Dans la représentation par nationalité nous notons la présence de 14 allemands, 9 français, 2 italiens, 2 suisses, 3 hongrois et 1 danois.

Trois grands courants étaient représentés :

  • Le 1er groupe dont le chef de file était Friedrich Schwartz représentait surtout les rationalistes du siècle des lumières, proches des « illuminés » qui demandaient le retour à une maçonnerie symbolique chrétienne, une abolition de la Légende templière.
  • Le deuxième groupe avec comme chefs de file principalement le baron Dietrich Von Ditfurth, Christian Bode, Adolphe de Knigge étaient partisans du courant hermétiste-alchimique et voulaient maintenir la tradition templière et son cérémoniel templier conservant toujours « en rêve » la reconstruction de l’Ordre du Temple Templier. Ils étaient aussi en relation assez étroite avec le système rose-croix.
  • Le troisième groupe dont Jean-Baptiste Willermoz était le chef de file représentait un courant mystique, spiritualiste et martiniste. Il désirait abandonner la référence à l’Ordre du Temple mais conserver les formes rituéliques chevaleresques. Des « individualistes » avaient rejoint également ce groupe avec plus particulièrement Joseph de Maistre et son « mémoire inédit au Duc de Brunswick. »

De très nombreux débats ont eu lieu dont celui sur « l'acte de renonciation. » C’est au cours de la huitième séance que l’on décida d’abandonner complètement la légende de la filiation à l'Ordre du Temple. On raya ainsi d’un trait les « discours » de Von Hund sur l’origine de l’Ordre et son parcours « maçonnique » et chevaleresques au sein de l’Ordre. On supprima également toutes mentions des supérieurs inconnus. Et par un acte solennel « L’ACTE DE RENONCIATION » on écrit : déclarons et testifions que jamais, en aucun cas, nous voulons reconstituer un Ordre du Temple [...] et que nous ne prétendons aucunement à la succession de ses biens d’autrefois.

Si nous regardons de près les termes de cet acte de renonciation nous pouvons nous poser la question suivante : A quoi, finalement, a-t-on renoncé par cet acte ? Est-ce simplement au désir de restauration temporelle de la stricte observance ? En effet nous pouvons constater qu’il n’y a pas eu d’altération des rites chevaleresques de la Stricte Observance par le Rite Ecossais Rectifié.

Le Rite Ecossais Rectifié transmet bien ce que transmettait la Stricte Observance c’est à dire une véritable influence spirituelle, cela permettant d’ailleurs au Rite Ecossais de Stricte Observance de continuer de « vivre » au cœur même du Rite Ecossais Rectifié. Les rituels du Rite Ecossais Rectifié, les instructions, les divers documents existants postérieurs à 1802 n’ont jamais cessé d’affirmer à l’usage de leurs membres le lien que possède le Régime Ecossais Rectifié avec les ordres chevaleresques en général et du temple en particulier.

Suite à la question de Salzmann : Qu’est-ce que nous voulons être, ou plutôt qu’est-ce ce qu’il faut que nous soyions ? et la question de Jean-Baptiste Willermoz : Quel pourrait être le système par lequel les divers composants de l’Ordre peuvent être réunis sans danger et de la meilleure façon ? Les débats s’orientent en quelque sorte vers la création d’un nouvel Ordre Maçonnique.

Le système « conçu » par Jean-Baptiste Willermoz dit système de Lyon eut donc le dessus et orienta les débats vers un renouveau d’Ordre.

La décision d’abolir la légende templière le fut avec une majorité de 17 voix ainsi que l’abolition de l’organisation structurelle de la stricte observance mais à l’unanimité une grande majorité voulut tout de même maintenir la signification symbolique de l’Ordre du Temple et les formes chevaleresques. Ce fut donc une victoire du Duc Ferdinand de Brunswick et de Jean-Baptiste Willermoz.

La question du plan économique fut également soulevée et il fut décidé d’abandonner toute référence à ce plan économique de Von Hund. Ce dernier voulait-il vraiment récupérer les biens du Temple (immeubles et autres effets) pour son Ordre ? La réalité des études montre bien que ce ne fut pas le cas. Notons que le plan économique conçu par Von Hund aidé en cela par Schubart de Kleefeld eut un immense succès. C’est par des cotisations importantes et variées que selon Von Hund l’Ordre pourrait avoir un prestige et une présence comparable à celui de l’Ordre du Temple.

Les rituels des trois premiers grades furent écrits, la rédaction d’ailleurs confiée à Jean-Baptiste Willermoz pour l’écriture du grade de Maître-Ecossais, à Jean de Turckheim pour celui du grade de Novice et à Virieu pour le grade de Chevalier. Mentionnons que les rituels définitifs ne furent définitifs que 26 ans après ce convent.

Le but principal de l’Ordre fut la bienfaisance et le but de chaque franc-maçon devait être la recherche du grand architecte de l’Univers, suivant finalement de façon très claire la formule de Saint Martin : à l’intérieur la recherche de Dieu, à l’extérieur la bienfaisance.

Quelles sont les conséquences de ce convent et de cet acte de renonciation ? Tout d’abord, les décisions de ce convent sont tout à fait valables. Le système de Lyon, issu du convent des Gaules de 1778 s’était déjà fortement propagé dans la Stricte Observance en France et se montrait comme le système qui remplaçait la légende templière de Von Hund avec toujours dans chaque grade une révélation secrète qui sera apportée.

Les grandes question que nous pouvons nous poser pourraient être les suivantes :

  • Les réformateurs de Wilhemsbad furent-ils trop intéressés par la continuité de la Stricte Observance sous une autre forme et trop peu par la spiritualité intrinsèque nouvelle qui se dégageait ?
  • Jean-Baptiste Willermoz et les siens n’ont-ils pas « infusé » dans le Rite Ecossais Rectifié, (deux fois rectifié !) les principes qu’enseignait un seul rite maçonnique vraiment construit avec des formes déjà très précises, c’est à dire celui la Stricte Observance, en y fixant le vrai but de l’homme et du maçon avec les voies qui y conduisent ? Et c’est dans la liberté que chaque maçon choisira sa voie en toute connaissance de cause.
  • Jean-Baptiste Willermoz n’a-t-il pas en fait défendu le système de Stricte Observance en l’englobant dans un autre système maçonnique qui, à l’étudier de près, lui ressemble plus qu’étrangement ?
  • A-t-on alors encore le droit de penser que « le soyeux de Lyon » fut le fossoyeur de la Stricte Observance mais ne serait-il pas plutôt le « régénérateur » d’une Stricte Observance plus proche de son époque et de la « religiosité » qui participait à la philosophie de cette fin du dix-huitième siècle ?
  • Epervier, Pélican, Phénix, nouvelle signification d’une forme de l’ésotérisme de la Franc-maçonnerie et de sa finalité ?

2016 cahier n°13 : La spiritualité de la Stricte Observance lors du Convent des Gaules de Lyon en 1778

Ce Convent des Gaules ne concerne que les provinces françaises et non allemandes. L’idée générale qui était de mise était d’abandonner « les fragments historiques » non prouvés concernant par exemple l’Ordre du Temple, les erreurs commises dans les rituels et de combattre la « dangereuse position d’autorité des chefs. » ( Maître de loge à vie, postes clés à vie e.t.c.)

Après la signature du « traité » de 1776 avec le Grand Orient de France l’Ordre commençait à « s’étioler » et de nombreux courants se faisaient jour.

Jean Baptiste Willermoz pensa alors à réformer l’administration des provinces, espérant par ailleurs que cette réforme pourrait servir de modèle à l’Ordre tout entier. Pour lui il était urgent de réformer l’Ordre si on ne voulait pas « qu’il meure. »

Assisté de Jean de Turckheim et de Rodolphe Salzmann il travailla d’arrache-pied à cette réforme avec un postulat : la légende templière devait être abandonnée et un nouveau code maçonnique devait être crée, idée d’ailleurs proposée par Weiler.

C’est ainsi que s’ouvrit le 25 novembre 1778 le convent des Gaules à Lyon. C’est au cours des 13 séances que furent élaborées des nouvelles règles, un nouveau système administratif entre autres choses.

6 loges, 2 directoires, 21 délégués français sont les trois chiffres clés de ce convent. 12 délégués furent envoyés par la deuxième province, 6 par la cinquième province, 3 par la troisième province et un représentant de la Suisse en la personne de Rodolphe Salzmann.

Plusieurs points lors de ce convent concernant la spiritualité furent abordés. La légende templière fut abandonnée ainsi que cette idée « chimérique » de reconstruction de l’Ordre du Temple originel. La signification symbolique de l’Ordre du Temple comme « exemple moral de la dévotion » et la structure administrative furent conservées.

Il fut décidé d’édicter un code maçonnique des loges réunies et rectifiées de France et le code général des règlements de l’Ordre des Chevaliers de la Cité Sainte.

La spiritualité de l’Ordre fut en quelque sorte structurée et codifiée avec deux idées principales et quelques traits particuliers au rite.

Le mysticisme personnel pourrait toujours et encore être cultivé mais les pratiques théurgiques, hermétiques et alchimiques devaient être abandonnées. L’ascétisme, forme qui dessèche « le cœur, » devait être remplacé par la recherche de Dieu.

Quelques traits particuliers à relever :

  • Le maçon de l’Ordre devait faire preuve de noblesse, noblesse personnelle principalement dans ses actions de tous les jours.
  • L’égalité complète était de mise entre tous les hommes lors de réception et il ne devait exister de prérogatives pouvant provenir de naissance illustre, de rang élevé dans la société civile. Ainsi sont jetés les bases d’une stricte égalité entre tous les maçons quelque soit leur rang, privilèges et places.
  • Le prieur du clergé est chargé des informations sur les qualités morales du candidat.
  • Une douce bienfaisance doit être exercée par tous les frères mais surtout par les chevaliers de l’Ordre.
  • L’hospitalité doit être la vertu principale du chevalier.
  • La loi du silence et de la discrétion est une loi fondamentale de l’Ordre.
  • La pureté des mœurs peut seule préserver la vie et la continuité de l’Ordre.

Mentionnons que la question de l’admission des femmes dans l’Ordre fut soulevée par Beyerlé mais ne fut pas résolue lors de ce convent, faute de temps et remise à des discussions ultérieures qui ne se firent pas.

Ce convent des Gaules, agrée par Brunswick, eut un grand retentissement dans l’Ordre et chez tous les frères. Il sera la base en quelque sorte du travail du convent de Wilhemsbad de 1782.

2016 cahier n°13 : La sainte religion chrétienne

Il est fort souvent fait reproche aux loges de tradition de faire référence soit à la sainte religion chrétienne ( Rite Ecossais Rectifié ) ou à une fraternité sainte ( Rite Ecossais de Stricte Observanc. )

Nous allons de suite nous pencher sur la proclamation officielle du Convent de Wilhelmsbad de 1782 lors de la réunion des loges de Stricte Observance.

Nous avons résolu de déclarer comme nous déclarons et protestons que l’unique but de notre association est de rendre, ainsi que chacun de ses membres, recommandable et utile à l’Humanité pour l’Amour et l’étude de la vérité, par l’attachement le plus sincère aux dogmes, devoirs et pratiques de notre sainte religion chrétienne, par notre soumission et obéissance aux souverains et aux lois de nos patries respectives, par une bienfaisance éclairée et universelle, dans le sens le plus étendu, enfin, par une pratique constante de toutes les vertus religieuses, morales, patriotiques et sociales [...]

La sainte religion chrétienne est bien présente dans les Rites Ecossais de Stricte Observance (certes relevant plus du piétisme allemand) et Rite Ecossais Rectifié. L’exhortation du vénérable maître de loge lors de la réception d’un apprenti nous le confirme sans détour : Oui Monsieur, c’est l‘évangile de saint Jean, croyez-le, ma parole vous en assure (R.E.R.) et Le livre sur lequel vous posez la main est le livre des Saintes Ecritures (R.E.S.O.).

Il est clairement indiqué également que la nature de ce que l’Ordre considère comme le gage du serment, c’est à dire ce qui est le fondement même de la fraternité est bien la religion chrétienne.

Dans les rituels du Régime Ecossais Rectifié il est fait référence sans cesse au Christ lui-même dans les termes évangéliques et invite à méditer le saint Evangile qui est le propre de toute vie chrétienne.

Qu’il s’agisse ainsi de l’évocation d’un Dieu créateur au Rite Ecossais de Stricte Observance ou du Grand Architecte de l’Univers au Rite Ecossais Rectifié, la notion de sainte religion chrétienne y est toujours aussi prégnante.

Au Rite Ecossais Rectifié le triangle équilatéral au-dessus du dais de la loge est une référence à Dieu non discutable et montre la notion de descente du verbe, mystère central de la doctrine chrétienne auquel est consacré le prologue de l’évangile de saint Jean, page ouverte dans la bible placée sur la table du maître de loge.

Au rythme des différentes réceptions le maçon se voit sans cesse rappeler à ses devoirs et à son appartenance à la religion chrétienne. Ceci lui est d’ailleurs rappelé dans les règles de ses devoirs qui sont empreintes dans son cœur dont il est instruit par la raison et perfectionné par la religion.

La bible est toujours présente et ouverte pour tous. Il ne suffit pas que le candidat ait connaissance et du respect pour la bible qui ne témoignerait pas d’un attachement de tout son être car que vaudrait un engagement pris sur la bible pour qui la considère comme seulement un fait culturel.

L’Ordre (des francs-maçons) ne veut que des déclarations libres nous est-il précisé dans les rituels. Ainsi dans le rituel on retrouve la distinction entre tolérance et indifférence, comme entre liberté et licence.

La tolérance s’entend pour ce qui concerne les confessions chrétiennes les unes par rapport aux autres, mais l’Ordre n’est pas juge des titres que possède le franc-maçon pour se déclarer chrétien.

Le franc-maçon comme tout homme ne se retrouve donc toujours que face à lui-même, dans sa vérité intérieure, parfois différente de la vérité extérieure, dans le cadre d’une société humaine où il tente de vivre sa foi et les valeurs chrétiennes qui s’y attachent. Il est donc un homme libre dans une loge libre.

Pour finir cet essai maçonnique, ne pourrait-on pas clore ce sujet par cette définition : Celui qui est la vérité même, le réparateur, le rédempteur, le verbe incarné, l’agneau de Dieu, la nouvelle loi de grâce et de vraie lumière ne professe-t-il pas un « christocentrisme », notion propre à la doctrine du Rite Ecossais Rectifié ?

2017 cahier n°14 : Aspects alchimiques des rituels dans l'Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem.

Le quatrième grade se révèle bien plus alchimique qu’il n’y paraît au premier abord ; plus, sans doute, que les trois précédents, discrets sur ce sujet, mais dont la teneur hermétique est indéniable, ce qui sera évoqué plus loin.

A ce degré, un clin d’œil au nombre quatre, ou mieux « un plus trois, » semble incontournable (rappelez-vous l’unité de la trinité, et la trinité de l’unité, selon Bernard le Trévisan.) On parle toujours de trois œuvres alchimiques ; or, logiquement, il devrait y en avoir quatre, autant que d’éléments.

A l’époque de Mylius, l’alchimie comportait quatre œuvres, et dans son ouvrage « Philosophia reformata », cet auteur donne, bel et bien, quatre stades du processus intégral. Comme Héraclite, il décrit les phases : melanosis, l’œuvre au noir ; leukosis, au blanc ; xanthosis, au jaune ; et enfin iosis, au rouge. C’est aux environs du quinzième siècle que l’œuvre au jaune fait place à une « œuvre au vert », bien plus logique, à mon avis.

  • Le noir représente la Terre enrichie de sa propre putréfaction, l’Antimoine ou encore la materia prima ;
  • Le vert était, à l’époque, l’Eau ou le Lion de même couleur ;
  • Le blanc est traditionnellement l’Air ou les Aigles, symbole des purifications rendant la matière volatile ;
  • Et le rouge, le Feu ou le Lion rubescent, qui deviendra, au stade ultime, « Phénix. »

J’ai un faible pour cette répartition, mais il faut bien se plier aux exigences du plus grand nombre !

La « quadrature du cercle » peut, elle aussi, rappeler le nombre quatre, et de ce fait, posséder une dimension alchimique certaine. Selon le « Plan Divin », l’esprit symbolisé par un cercle doit s’intégrer au matériel, et cette matière, figurée par un carré, se spiritualiser afin de se fondre dans des vibrations de plus en plus fines ; comme l’aigle, elle pourra, par là-même, prendre son envol.

Le célèbre moine franciscain et alchimiste Roger Bacon, disait au treizième siècle : Il faut que le corps devienne esprit et que l’esprit devienne corps [...] C’est là, la solution de l’œuvre. Cette pensée confirme bien le fait que l’alchimie doit être appliquée à soi-même, l’alchimie « spirituelle » s’entend.

Cherchons, à présent, dans les rituels de notre Ordre, les passages qui évoquent cette science des « transmutations. » Ils sont si nombreux, qu’il est difficile de les décrire tous. Aussi ne verrons-nous que les plus importants.

  • Lors de la réception d’un profane, le dépouillement des « métaux » prend le sens général de détachement des richesses, du matériel ; mais il évoque aussi l’idée d’une séparation, d’une dissociation des éléments métalliques. Ceux-ci, d’abord désunis, seront purifiés avant d’être réunis à nouveau, pour favoriser un mûrissement salutaire.
  • Sur le tapis de loge d’Apprenti et de Compagnon, sont figurées trois pierres ; la première, comme l’indique la formule V.I.T.R.I.O.L., est « la pierre brute cachée à l’intérieur de la terre » ; c’est aussi la terre noire ou le mercure originel, toutes ces notions symbolisant une même et unique chose. Cet élément minéral sera travaillé, pour aboutir à la seconde pierre, puis morcelé comme le montre la troisième, pour faciliter les sublimations occasionnées par des rectifications successives, (c’est le sens du « R » de Rectificandoque (en rectifiant) de V.I.T.R.I.O.L.). La pierre brisée est aussi le signe de départ d’une nouvelle réunification nécessaire au retour progressif à la perfection d’origine (de l’Ordre à son apogée ... ou de l’adepte lui-même).
  • Toujours sur le tapis de loge des premier et second grades, le soleil, la Lune et les étoiles illustrent parfaitement la phrase d’Hermès : Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas … par la volonté d’Un seul, pour le miracle d’une seule chose. Ils sont l’image de la parfaite unité du tout, mais aussi l’obligation d’arriver à l’union des deux luminaires (le roi rouge et la dame blanche, qui sont le soufre et le mercure, donc l’âme et l’esprit) pour la réalisation du grand œuvre. La dualité (le pavé mosaïque) n’est qu’apparente et temporaire, et c’est grâce au mariage des opposés, par l’attirance des contraires, que tout devient réalisable ; ce sont les bases même de l’alchimie, mais aussi les fondements d’une certaine physique élémentaire.
  • L’hexagramme flamboyant, tout comme le pentagramme, symbolise la quintessence, mais une forme de quintessence divine, puisque ici les deux triangles entrelacés représentent la perfection matérielle conjointe à l’idéal spirituel. Il ne s’agit donc plus du produit des quatre éléments réunis et purifiés de l’alchimie classique, mais d’une substance transcendée, issue de l’interaction « du matériel et du spirituel », une autre vision de la quadrature du cercle. Cette « sixième essence », si je puis dire, est d’une qualité supérieure à la cinquième : elle apporte une meilleure efficacité dans la transmutation de la Pierre des philosophes vers la Pierre Philosophale, c’est à dire l’« Or potable. »
  • La colonne brisée symbolise la chute de l’Ordre du Temple ; mais en alchimie sacerdotale, elle est l’image de l’homme debout, donc matériellement existant, rendu malgré tout incomplet, coupé de sa véritable nature, après le péché originel. Il a certes perdu une partie essentielle de lui-même, mais sa reconstruction avec l’aide de l’alchimie, devrait lui rendre son état premier, celui d’avant la chute. « Adhuc stat » confirme donc bien que tout reste possible, à condition d’y travailler avec sérieux ; et si, jusqu’ici, il tient bon, c’est parce qu’il a toujours en lui-même une trace inextinguible de la lumière originelle.
  • Thubalcaïn, l’un des premier a être investi des mystères de la « science des sciences » a été évoqué précédemment, inutile d’y revenir.
  • Au grade de Compagnon, il est question de nombreux épis de blé (Schibboleth), dont chaque grain mis en terre subit des transmutations identiques à celles de l’alchimie. Nous avons à faire à un cycle parfait, à l’image de mère nature, l’exemple le plus parlant aux adeptes sincères.
  • Les sept marches montrent au compagnon les voies à suivre pour parfaire sa condition. Les points communs, avec les sept obligations qu’exigent les trois œuvres, sont évidents.
    • L’obéissance, c’est le strict respect du chemin : pas question de dévier ou d’improviser, il faut obéir à la loi de l’art, selon un ordre immuable.
    • Le silence, exigé par la tradition, est un devoir sacré de l'adepte : il ne doit pas dévoiler des secrets qui, mal employés par des gens peu scrupuleux ou incompétents, risquent de devenir dangereux, par méchanceté ou par bêtise.
    • La constance, est peut-être la qualité la plus difficile à respecter en alchimie, car il y a, et il y aura toujours, des moments de doutes, une certaine lassitude, mais le bout du chemin est à ce prix.
    • La fraternité est capitale dans un art où rien n’est fait égoïstement, mais dans un esprit de partage avec des chercheurs sincères, frères souvent inconnus, mais dont l’égrégore est toujours si présent.
    • Le sens des responsabilités n’est pas un vain mot, car la moindre négligence peut être fatale. Tout ce qui est avancé doit être pesé, vérifié, pour ne pas tromper les autres, ni s’égarer soi-même.
    • La grandeur d’âme peut être appréhendée de deux façons : rien ne se réalise sans elle, dans un domaine sacré qui l’exige ; par ailleurs, nous l’avons vu : ce n’est qu’en « prenant conscience de cette âme et en l’aidant à grandir », que le cheminement vers le but suprême est possible.
    • La sérénité face à la mort n’est pas ou n’est plus un problème pour l’adepte : il sait que rien ne meurt et il en détient la preuve ; « la grande transition n’est en fait qu’une autre transmutation. »
  • Les sept marches représentent également les sept purifications requises, au minimum, pour accéder au Grand Œuvre.
  • Autre point remarquable dans l’instruction au grade de Compagnon, la question : D’où vient le vent ? Quel temps apporte-t-il ? La phase finale de l’œuvre au blanc fait apparaître « un dauphin » pris dans le bouillonnement de l’Athanor. D’un calme relatif, nous passons à la tempête, et seul le « rémora » pourra ramener un temps calme et serein, mais plus tard, lorsque toutes les conditions seront remplies, et les idées stabilisées.
  • Au grade de Maître, les choses se précisent encore : Les flammes du tapis rappellent le feu alchimique, ce feu « d’une double nature, » comme le précise un passage du rituel : Les flammes vous démontrent les deux qualités du feu de notre Ordre.
  • Les larmes qui décorent ce tapis évoquent le sel, ce sel de la vie qu’il ne faudra jamais mésestimer, ni négliger. En effet, sans le corps point de salut !
  • On y remarque aussi la tête de mort ou « caput mortuum, » objet important de l’œuvre au noir, car c’est l’autre symbole de la matière d’origine calcinée, au moment de l’extraction du mercure et du souffre, « par la cristallisation du sel. »
  • Le cercueil joue le rôle du cocon déjà vu. La mort sépare les éléments, d’où la phrase : la chair se détache des os, phénomène de dissociation alchimique. D’ailleurs, la branche d’acacia cède sous la main, preuve que la cohésion apparente n’est que temporaire, et sera suivie, irrémédiablement, d’une séparation. Le temple est en ruines, mais tous les éléments de sa réédification sont présents, pour une reconstruction idéale. Le maître est relevé par la réunification de ce qui a été séparé ; le « agero » après le « spao, » le « coagula » après le « solve. »
  • La houppe dentelée peut être vue comme le lien qui rend tout solidaire ; l’orateur la qualifie de « lien sacré, » nous l’appellons, nous, « esprit » ce qui montre une belle proximité d’idées.
  • Autre phrase clé : Qu’avez-vous vu ? Une branche verte sur les ossements restants ; comment mieux symboliser la défaite de la mort, que par un rameau vert émergeant de la décomposition ? Certes ce rameau provient d’un acacia, et non d’un olivier, mais le symbolisme reste très proche de celui du déluge. Il signale que le retour à l’état d’origine est imminent. D’ailleurs ne dit-on pas que l’acacia est un végétal capable de se régénérer par lui-même ?
  • Toujours au grade de Compagnon, le vent se déchaîne, amenant une tempête qui démâte notre vaisseau, comme il malmène le dauphin minéral dans la phase finale de l’œuvre au blanc ! Au niveau du maître, le calme revient, la mer est apaisée, car c’est la grande espérance, et même la certitude d’une alliance retrouvée. L’apaisement se justifie donc pleinement.
  • La couleur verte caractérise le grade de maître écossais, symbolisant à la fois l’Espérance et la nature, et pourquoi pas « l’espérance en la nature. » Si le rouge de la bordure est la couleur du dernier œuvre, le vert est le signe d’un espoir démesuré en sa réussite.
  • Le triangle que porte le vénérable marque la manifestation idéale et la création parfaite.
  • Notre pierre, déjà polie, préfigure la « pierre des sages » que nous désirons produire, et que nous voulons parfaite.
  • Hiram fut abattu pour avoir refusé de donner les mots de passe, et cette phase rappelle celle du fruit défendu de l’Eden : « la recherche, à tout prix, d’un savoir caché. » Lors de l’admission d’un maître chez les écossais, sa culpabilité est certaine, puisqu’elle résulte d’un grand désir de savoir, quel qu’en soit le coût. Mais l’apprentissage s’est révélé si difficile, qu’il lui sera beaucoup pardonné. Le parallèle avec le péché originel est flagrant, car l’homme ne pourra être absout que par un travail assidu et fervent, basé sur un savoir capable de grandes mutations. Notre maître intérieur peut et doit être ramené à la vie originelle, pour retrouver la pleine possession de sa gloire, par l’application stricte des règles alchimiques.
  • Le Lion sous un surplomb rocheux, emblème des écossais, est un indice de sa préexistence dans la pierre, depuis l’origine. L’Ars Magna, (autre nom de l’alchimie sacerdotale), enseigne en effet, que l’apparition du « lion vert » résulte d’une prise de conscience, mais en fait, les vertus qu’il veut mettre en exergue sont présentes depuis toujours dans « la pierre, » il suffit de les en extraire. Cette pierre contient, en puissance, les germes d’un devenir qui est, en réalité, un retour aux sources.
  • Ce Lion joue avec des instruments capables d’extraire les éléments nécessaires au travail alchimique ; du symbole « matériel et rigoureux » de l’équerre, au sens « spirituel » du compas, en respectant la règle, c’est le seul travail efficace pour « présumer du meilleur » ou plutôt pour « extraire le meilleur. »

Il y aurait encore beaucoup à dire sur les aspects alchimiques des rituels de la Stricte Observance, mais le temps est limité, et votre patience n’est peut-être pas extensible à l’infini.

Jehova vous donne Force et persévérance dans vos travaux futurs !

GLDRR : Loge de recherches Pierre d'Aumont : Tabliers alchimiques de Stricte Observance
Tabliers alchimiques de Stricte Observance
GLDRR : Loge de recherches Pierre d'Aumont : Salle des grades alchimiques
Salle des grades alchimiques

Templiers et Francs-maçons : tentative d'explication des cérémonies maçonniques templières au regard des aspects de la Rose-Croix et du Jésuitisme.

Au fur et à mesure des recherches historiques entreprises nous découvrons que les rites templiers possèdent des constantes très importantes et leur histoire est lié à la Franc-maçonnerie en général et à divers courants en particuliers

Trois voiles couvrent la naissance des rites templiers et leur application dans des systèmes ou mouvements. Au départ de la Franc-maçonnerie en Angleterre nous trouvons un système rose-croix de type maçonnique, une Franc-maçonnerie spéculative de la Royal Society, une Franc-maçonnerie stuardiste et enfin une Franc-maçonnerie de type jésuitique avec des connexions symboliques très importantes.

Avant l’éclosion du Rites Ecossais de Stricte Observance et du Rite Ecossais Rectifié nous pouvons au préalable distinguer plusieurs voiles cachant le sens de la maçonnerie templière :

  • Un voile rose-croix en 1646 avec la création d’un premier temple à Londres sous Jacques II, Jacques II qui a fondé « publiquement » le premier collège de jésuite qui va devenir la Grande Loge d’York
  • Un voile Stuardiste à Saint Germain en Laye en 1688.
  • Un voile maçonnique en 1717 avec la Royal Society.
  • Un voile jésuitique en 1743 avec le Collège de Clermont.
  • Un voile templier.

Mais avant toute chose juste deux mots sur une « origine » plus que probable qui va donner naissance à une Franc-maçonnerie qui ne sera plus opérative mais plus spirituelle. Francis Bacon en 1623 edite un livre dont le nom est : La nouvelle Atlantide où il décrit des voyages, des îles mais aussi une maison salomonienne. C’est de cette aventure que naît l’idée d’un temple de Salomon avec une légende salomonienne et non plus une maison de Salomon comme dans l’ouvrage de Francis Bacon. Notons que ce sont les Jésuites les premiers qui en 1682 ont l’idée de ce temple de Salomon au lieu de la maison salomonienne. Le dénommé Francis Bacon puise peut-être ses sources dans un ouvrage de 1618 dénommé la mythologie chrétienne.

Nous devons aussi évoquer les écrits et les pensées de Christophe Warren comme ayant pu donner naissance à notre Franc-maçonnerie spéculative. Il voulait simplement par ses écrits et son système venger la mort de Charles 1er Stuart, rétablir une royauté avec l’allégorie du verbe mais aussi parler de l’avenir avec les « enfants de la veuve », soit ceux que la mort de Charles 1er a rendus orphelins.

C’est ce Christophe Warren qui en 1663 modifie la « maçonnerie secrète du temple » en une « nouvelle maçonnerie. » Cette maçonnerie « secrète du temple » est connue sous le nom de « Societas Clavita », une continuation spirituelle de l’Ordre du Temple. C’est une suite logique à cette maçonnerie Rose-Croix avérée avec des personnages comme Elias Ashmole, Valentin, Newton etc...

Au cours du collège de Clermont en 1743 sortent les premiers statuts maçonniques templiers, d’essence templière. Charles Stuart y est reconnu comme Grand Maître des templiers et ce collège à sa création est dirigé par Lord Dervenwater. C’est un peu grâce au travail de Ramsay qui propage l’idée d’une continuation de l’Ordre du Temple que cela peut prendre forme. Ramsay est, il faut le dire l’élève du Jésuite Fénélon et tout cela d’ailleurs avec la bénédiction du cardinal Fleury. Les jésuites voulent inculquer leur foi à tous en créant des grades « maçonniques ». Dans le grade de Chevalier sublime de Dieu et de son temple toute la mesure et la force des idées des jésuites sont démontrées.

▸ Voilà juste quelques courants de pensée qui ont traversé la Franc-maçonnerie en général et le système templier en particulier.

▸ Mais revenons au système des rose-croix et du Jésuitisme et à leur influence dans la maçonnerie dite templière.

Commençons par une idée toute simple : Ce n’est pas la bulle papale mettant fin à l’Ordre du Temple qui va faire cesser toute espèce de commerce et rapports entre les anciens templiers. Il faut donc aux Templiers après 1307 de l’espérance, celle de voir un jour le rétablissement d’un nouvel Ordre du temple. Il y a alors d’un côté les chevaliers d’une chevalerie existante et une spiritualité chevaleresque de l’autre.

Maintenant il est l’heure de nous rapprocher un peu plus près de l’Histoire qui a fondé la chevalerie maçonnique templière et sa ritualisation. Il nous faut nous rapprocher de l’histoire avec ses dates, son déroulé et ses ramifications.

La compagnie de Jésus d’où sortent les jésuites est un ordre religieux. Elle est fondée par Ignace de Loyola et Saint François d’assise en 1539. A l'époque elle est proche des rois et princes de ce monde et tente en permanence d’influencer la politique des cours françaises et européennes. Sa présence en Grande Bretagne est très importante et elle influençe les rois de ce pays, de Charles I au prétendant Stuart. Par la création d’un système calqué sur la maçonnerie elle tente de s’y immiscer et d’en détourner le but : abandon de toute politique pour une orientation vers une spiritualité chrétienne catholique. Dissoute en 1783 elle est rétablie en 1814 par le pape Pie VII.

▸ Attachons-nous aux grandes dates et aux grands événements marquants dans le cadre de l’influence de la rose-croix et des jésuites dans les rites templiers :

  • 1439 : La loge d’Ecosse opérative a un Grand Maître héréditaire en la personne des seigneurs Saint Clair de Roslin.
  • 1512 : A Florence, la société « La compagnie de la truelle » voit le jour comme Loge et use de symboles devenus « spéculatifs » : truelle-marteau-équerre, et prend comme saint patron : Saint André d’Ecosse.
  • 1539 : Fondation de la Compagnie de Jésus par Ignace de Loyola et Saint François d’Assise.
  • 1600 le 8 juin : Première trace d’un maçon non opératif reçu dans une assemblée de constructeurs, à Edimbourg en « la chapelle de Marie. » Il s’agit de John Boswell d’Auchinlek. »
  • 1607 : Le roi Jacques I se déclare être le protecteur de la maçonnerie.
  • 1610 : Le dénommé Jean-Valentin André publie « La fama fraternitatis », est-il indirectement le créateur du mouvement Rose-croix ?
  • 1618 Création de la première « Rose-croix » avec Francis Bacon (livre : la nouvelle Atlantide.)
  • 1646 : Première assemblée de savants qui donnent naissance plus tard à la Royal Society avec naissance d’une nouvelle « Rose-croix. » Cette société possède sur son tapis les deux colonnes où Hermès avait gravé les sept arts libéraux et sur les marches d’un escalier menant à un théâtre carré on pouvait y voir des figures symboliques.
  • 1649 : Le roi Charles I est décapité, sa veuve Henriette de France, fille d’Henri IV et de Marie de Médicis, accepte l’exil et accepte de demeurer au château de Saint Germain en Laye prêté par Louis XV. Ce roi a du gout pour les sciences et études chymiques et il encourage le mouvement rose-croix naissant avec l’aide de l’astrologue Lilly, franc-maçon accepté dans le corps des maçons de la truelle. C’est cette décapitation qui donne naissance à une légende et des hiéroglyphes maçonniques, il est le maître « Hiram » non encore crée (1724), donne naissance à l’histoire de la parole perdue (les fils de Charles qui veulent monter sur le trône) et le fils du roi est appelé l’enfant de la veuve etc.
  • 1660 : De suite, à la fin du règne de Cromwel en 1658, son fils Charles est mis sur le trône avec le nom de Charles II.
  • 1663 : Christophe Warren modifie la maçonnerie secrète du temple (Societas Clavita) en une nouvelle maçonnerie.
  • 1668 : Jacques II d’Angleterre est décapité et le Grand Maître des Corporations est le dénommé Christopher Warren.Guillaume, prince d’orange va en Angleterre et s’y fait recevoir roi, c’est la fin du règne des Stuarts d’Ecosse. Le roi Stuart à Saint Germain en Laye fonde la première loge militaire maçonnique sur le sol français. De même il revivifie la loge saint André du Chardon, résurgence écossaise de l’Ordre du Temple.
  • 1682 : Apparition du premier tapis vraiment rose-croix avec les symboles maçonniques actuels. Les jésuites font de la maison salomonienne de Bacon le Temple de Salomon, première apparition historique de cette notion, en créant un système maçonnique.
  • 1688 : le 25 mars une loge militaire en France est créé à Saint-Germain-en-Laye : « régiment de la garde irlandaise. »
  • 1690 : Jacques III, dernier prétendant Stuart, est défait et doit s’enfuir en France, les jésuites anglais partent avec lui en ce lieu de notre sol de France. Ils demeurent dans un premier temps au collège jésuitique de Clermont, dans Paris (Mont des clercs, Mont du clergé). C’est de ce collège que sortent d’ailleurs les premiers statuts maçonniques templiers. Il délivre de nombreuses patentes et diplômes avec la devise des jésuites : « Ad majorem dei gloriam »
  • 1693 : La charte dite de York apparaît et contient la formule : Vous serez fidèle à Dieu et à la saint église, au prince, à son Maître et à la Dame qui le servira.
  • 1694 : Guillaume III d’Orange, roi d’Angleterre est initié dans la loge d’Hampton Court et de suite de nombreuses loges stuardistes se mettent à son service.
  • 1717 : Apparition de la maçonnerie anglaise qui devient la Grande Loge Unie d’Angleterre. C’est la réponse des orangistes à la Franc-maçonnerie stuardiste. La Royal Society est à l’origine de cette création. Et le dénommé Elias Ashmole réussit à se débarrasser des jésuites dans son obédience.
  • 1730 : Un système templier maçonnique serait introduit dès 1730 en Allemagne dans une loge d’Umwurden où serait initié un certain Kesser von Sprengeisen, homme qui est l’auteur de l’ouvrage L’Anti Saint Nicaise. Ce Chapitre templier fonctionnerait de 1730 à 1740 en Haute Lusace.
  • N’oublions pas de dire que certains pensent que les rites templiers viendraient de France, d’autres comme Meunier de Précourt confirment une origine allemande. Pour rester sur ce domaine la question qui se pose toujours est la suivante : La Stricte Observance a-t-elle des attaches avec les grandes familles titrées (filiation de famille) qui n’ont peut-être pas toujours présidé à la création du système de Von Hund mais qui l’aurait protégé. De plus il nous faut aussi citer les familles de Hesse–Darmstadt ou de Hesse-Rheinfels et l’Ordre de la toison d’or autrichienne. De plus des contacts ont lieu entre les Ecossais stuardistes et le rite templier. Est-ce à cette époque que les rose-croix s’implantent dans ce rite templier ? C’est aussi la question des voyages de Jacques 1er en Hesse-Kassel. C’est aussi la naissance de différents grades à Kassel d’ordre chevaleresque.

  • 1740 : Les jésuites inventent un système maçonnique à six grades plus un grade secret et créé également le grade d’Elues ou cinquième grade pour les femmes. N’oublions pas non plus que dans la loge maçonnique de Beauvais de Fénelon, alors évêque, les femmes participent également aux travaux. Les sept grades du rite de Clermont sont publiés en 1766 sous le titre de « Hauts grades de la maçonnerie » les trois premiers ont trait à la vengeance des assassins de Maître Hiram (les jésuites en fait), les trois suivants à la construction du second temple (les jésuites alliés aux Stuarts) et le septième grade ressemble au vœux des Nôtres, plus haut grade des jésuites correspondant à celui qui est choisi parmi les Nôtres pour être le général des jésuites.
  • 1743 : Charles Stuart est reconnu par l'Ordre de la Stricte Observance Grand Maître des templiers sous le nom d’Eques a sole aureo. Ce chapitre d’ailleurs est présidé par le père du conventionnel Robespierre.
  • 1743 : Von Hund se fait recevoir Templier (Edimbourg ?) et après être présenté au prétendant et à Maëstricht on le nomme Grand Maître de l’Ordre pour la province de Basse Allemagne dans ce système de Clermont, jésuitique. Il fait de même recevoir Henri Marshall comme Grand Maître pour la province de Haute Saxe dans ce système de Stricte Observance qui se nomme ainsi car leurs membres doivent prêter serment d’aveugle soumission envers des chefs inconnus. Le chef suprême de cette Stricte Observance est alors connu sous le nom de Eques a penna rubra. Nous comprenons alors que Von Hund ait eu du mal à se défaire de la tutelle des jésuites et que l’épisode Johnson (eques a fuhnen) au convent d’Altenberg, épisode qui au lieu de le dissuader sert à renforcer sa conviction de demeurer seul maitre de son Ordre.
  • 1743 : En Angleterre la loge mère de Kilwinning et la loge d’York jurent fidélité à la maison des Stuarts et à la sainte église.
  • 1743 : Naissance au collège de Clermont des premiers statuts d’essence templière.
  • 1747 : Selon les documents de la loge d’Arras, Stuart est reconnu Grand Maître maçonnique.
  • 1754 : Création du Chapitre de Clermont par le Chevalier de Bonneville. Ce collège serait créé pressé par la nécessité, entrainé par les courants de pensée et qui a lentement transformé la « maçonnerie politique » en une « une maçonnerie spéculative » orientée vers un idéal plus spiritualisé. Ce chapitre serait créé à l’instigation des Jésuites. Pour mieux « exploiter » cette maçonnerie les jésuites fonderaient un local en dehors de Paris nommé « La nouvelle France. »
  • 1756 : Selon le dénommé Rebold un des rites crée par les jésuites voit le jour et prend pour nom : « Rite des clercs de la stricte observance » système templier en trame de rituel.
  • 1761 : Le rite totalement initié par les jésuites de Lyon, va à Paris créer « le rite de perfection ou d’Hérédom, » rite inventé par le Frère Pirlet, président d’une loge de Paris. Ce rite donne naissance au système du Rite Ecossais Ancien et Accepté, rite dit de Charleston de 1802, voire patente Morin.
  • 1776 : Le rite des Clercs de la structure Stricte Observance se réunissent avec les « les templiers séculiers » fondés également par les jésuites.
  • 1778 : C’est le premier grand tournant de la maçonnerie templière dans son existence. En effet le 12 aout, le 25 novembre et le 27 décembre les promoteurs de Lyon donnent l’exemple de l’abjuration des systèmes templiers et nous trouvons d’ailleurs une annotation de la vingt-huitième séance qui précise que la loge écossaise de Brunswick envoya un mémoire et d’envoyer sous peu le rituel consacré par les Clerici. C’est aussi pour Willermoz l’occasion de se « débarrasser de tout ce qui touchaient aux jésuites. » Il ne réussit totalement qu’en 1782, mais nous y reviendrons. La Franc-maçonnerie ne reçoit en son sein que des hommes vertueux ou qui désirent vivement de l’être, si son but est honnête, juste et utile, si ce but est connu de tous ceux qui sont admis à l’administration de la société ou qui ont acquis le droit d’avoir la connaissance intime du but de l’Ordre (maçonnique), si les lois qui la dirigent sont fondées sur le juste, l’honnête et l’utile, si elle a le courage de fermer les portes de ses temples à ces esprits faux, turbulents et tous autres être vicieux et dangereux, qui troubleraient le bonheur d’une association douce, honnête, bienfaisante, amie de l’humanité. Nous notons dans ce discours la notion des supérieurs inconnus qui est battue en brèche et Beyerle veut une direction officielle et non officieuse, comme celle des jésuites en maçonnerie. C’est là aussi qu’il va combattre le système des jésuites en désirant faire entrer les femmes en maçonnerie, ce qui lui sera en quelque sorte refusé. En effet, sous l’influence des jésuites, comment faire entrer une femme en maçonnerie spirituelle !
  • 1783 : Dissolution de la compagnie de Jésus.
  • 1814 : Rétablissement de la Compagnie de Jésus par le pape Pie VII.

▸ Voici donc les comparaisons possibles entre les particularités des Rose-Croix et des Jésuites dans les rites dits templiers :

▸ Etudions les influences des Rose-Croix dans un premier temps dans les systèmes templiers en leurs décors, histoires et hiéroglyphes.

  • La loge et éclairée par quatre Lumières.
  • On y travaille les symboles, le symbolisme grâce à des hiéroglyphes au deux premiers grades. Au troisième grade les hiéroglyphes disparaissent et on y travaille à des procédés alchimiques.
  • Les mots de passe des deux premiers grades sont : Tacendo et Sperando, ce qui devient à la fin du second grade la maxime « Se taire et espérer. »
  • Deux grades sont l’apanage des premiers moments de l’apprentissage : Le grade de Salomonique-théorique avec le tablier blanc garni d’un ruban qui forme un carré puis le grade du Juniorat avec le tablier blanc en triangle, le triangle qui est le signe du grade. Puis les grades suivants voient les hiéroglyphes disparaitre et on travaille à des grades alchimiques sans la permission des supérieurs inconnus. (Système de Von Hund au départ.)
  • Les symboles des Rose-Croix sont gnostiques avec surtout le symbolisme de l’harmonie universelle qui unit l’homme à l’homme et l’homme-Dieu à l’Univers.
  • On y évoque aussi les voyages, l’air humide et la pluie rencontrés hors de la matière car la matière est « hors de Dieu », donc mauvaise et Dieu seul est pure lumière. La notion de pluie est importante car elle est contraire à la lumière et cette lumière et ne peut s’acquérir qu’aux cours des voyages.
  • On y parle aussi des « choses » c’est-à-dire de la vertu des minéraux et des plantes.
  • Le secret, le silence est une vertu essentielle : il faut tenir secret la science du bien et du mal par la seule interprétation des initiés.
  • Pour entrer en loge les R+C exigent des recherches sur la conduite et les mœurs des candidats et sur le « génie » de toute personne désirant entrer.
  • Les premiers maçons rose-croix travaillant à la mode « franc-maçonnique » n’ont qu’un seul tapis de forme carré. En y montant les sept marches on peut accéder à un théâtre carré. Ce théâtre doit représenter tous les symboles des secrets arrachés à la nature et on y trouve les deux colonnes d’Hermès avec des chapiteaux en forme de sphère, une colonne J et une colonne B, ordre de la création du monde et de la nature. Les quatre premières marches représentaient les éléments et les trois dernières le sel, le soufre et le mercure.
  • Ce tapis unique pour les deux premiers grades posséde une étoile à cinq branches flamboyante, le soleil, la Lune, le compas, l’équerre, le quarré, le triangle et la sphère.
  • Notons que l’étoile à cinq branches flamboyante représente le mercure ou vif argent. Pour les R+C c’est l’archios (feu céleste) qui est simplement l’esprit saint, le baume salutaire venant de la maison de l’éternel.

Voici donc, trop brièvement décrits certes les symboles rose-croix que l’on retrouve dans les divers systèmes templiers et sur les tapis de loge. Ce système rose-croix ne perdure pas dans cette forme ni dans son essence même. Si certains membres de la maçonnerie sont rose-croix ils sont aussi parfois membre des jésuites ou du mois très proche d’eux. La distance entre R+C et jésuites s’amenuisent dès que l’on approche du pouvoir et des gouvernants. Il est vrai que certains grands dignitaires de l’état anglais comme Ashmole réussissent à faire disparaitre l’influence des jésuites mais ce n'est pas toujours le cas, surtout lors de l’exil des rois anglais en France, à Saint-Germain-en-Laye et au début et au premier lieu de résidence qui est le collège jésuitique du Mont Clair à Paris ou Clermont.

▸ Nous allons étudier maintenant quelques symboles des systèmes des Jésuites (rite de Clermont) que nous allons retrouver sur les tapis des systèmes templiers et dans la façon de procéder.

Un rapport très étroit existe donc entre les rois et les jésuites. Le prétendant Stuart, auteur de nombreux brevets, concessions et diplômes a un cachet avec la devise des jésuites « Ad Majorem dei Gloriam » c’est dire l’interpénétration des jésuites et des rois !

En 1682 les jésuites créèrent donc un système de type rose-croix mais jésuitique. Mais surtout ils font de la maison salomonienne de Francis Bacon (la nouvelle Atlantide) un Temple de Salomon. Ils sont les premiers à créer « une histoire de l’Ordre » et de la maçonnerie. Ils créèrent bel et bien une maçonnerie templière qui est également à l’honneur en Allemagne à Naumburg ; Kittlitz, Unwurde, etc. Le grade de Templier est en vénération chez les jésuites. Ainsi ils réussissent à faire coïncider la maçonnerie avec le système jésuitique.

  • Leurs loges sont dites de Saint-Jean, mais comme J et I se confondent dans leur secret en fait il s’agit des loges de Saint-Ignace.
  • Le temple maçonnique, pour les jésuites c’est celui de Zorobabel, soit le temple d’Esdras (livre 2, chapitre 12, verset 1 de Saint-Mathieu). Mais c’est le temple de Salomon qui va servir de support. Il y a là un sens moral évident : aider les templiers à relever leur Ordre. Etre franc-maçon devient ainsi une noble cause d’autant plus que cela rappelle les combats des templiers en Palestine où ils portent le nom de franc, ce qui est différent de celui des opératifs.
  • Les jésuites possédent également un tapis unique pour les deux premiers grades. Ils veulent adapter la maçonnerie aux professions religieuses de leurs membres du temporel et du scholastique.
  • Le tapis des loges est de forme non carré mais est un tapis de forme oblong, un quarré oblong que nous retrouvons toujours en loges et ce tapis est l’emblème d’un temple.
  • Les deux colonnes sont celles des églises dans la langue des théologues. La lettre J sur l’une est celle d’Ignace de Loyola et la lettre B est le mot Beatus, ce qui donne en soudant les deux lettres : Beatus Ignatius, le bienheureux Ignace ! Puis plus tard les deux colonnes sont inversés, querelle entre moderne et anciens et nous trouvons désormais plus J et B que B et J.
  • Nous y trouvons le soleil qui possède neuf rayons, comme les neufs fondateurs de l’ordre du temple. Ce soleil nommé aussi Jésus, J ou I est une invention des jésuites.
  • Nous y trouvons le second luminaire qui et la lune. Et la lune tire sa lumière du soleil. Cette lune, dite aussi B est à demi-éclairé (type R.E.S.O. et non R.E.R.) car elle tire sa lumière du soleil. Ainsi nous obtenons dans le rapport soleil, étoile à six branches et lune les lettres I, M et B ; comme Jacques Burgundus Molay.
  • L’étoile est flamboyante à six branches (sceau de Salomon) avec au centre la lettre de G comme Général, Général des jésuites, représentant de Dieu sur terre, celui qui tient la place de Dieu, qui a été élevé au sommet de la tour du temple.
  • Une houppe dentelée rappelle les bandes de couleurs (jaune verte blanche et bleue des égyptiens mais surtout la ceinture du moine, sorte d'allégorie sacerdotale. C’est le signe de la réunion parfaite avec une idée uniforme : l’obéissance aveugle aux supérieurs de l’Ordre, créant ainsi une sorte d’universalité, but ultime qui est celui d’aimer son frère.
  • Aussi l’escalier avec sept marches qui sont les sept ordres de prêtrise des jésuites.
  • L’équerre représentant l’obéissance et le compas le commandement y sont entrelacés. Le compas est réservé aux maitres.
  • Une pierre taillée en forme d’un quarre ou carré.
  • Une pierre brute.

▸ Grades :

Dans le système des jésuites nous trouvons six grades et un septième plus spirituel, le Clerus. Ce septième grade donne-t-il naissance au septième grade du Rite Ecossais de Stricte Observance, au système de J.K.A. Starck, au système de Mélésino ? Et il faut s’interroger sur la création des jésuites d’un grade pour les femmes, grade d’élue ou cinquième grade (1740).

▸ Regardons de plus près l’articulation de ces grades et leur rapport avec le système rose-croix puis templier par ricochet :

Quatre degrés des jésuites :

  • Premier degré : le Temporalis
  • Deuxième degré : le Scholasticu (on peut y devenir prêtre.)
  • Troisième degré : le Coadjutor spiritualis avec les 3 vœux de chasteté, pauvreté et obéissance.
  • Quatrième degré : le Noster qui implique l’obéissance totale au pape.

(Notons ici que l’origine du tapis proviendrait du dénommé Typotius, frère jésuite également.)

N.D.L.R. : intéressant de noter les deux grades du rectifié : Ecossais rouge et Ecossais vert avant d’être réuni en un seul écossais.

Et si nous regardons les mots de passe nous trouvons :

  • Premier degré : T come Tubalcain.
  • Deuxième degré : S comme Schibboleth.
  • Troisième degré : C comme Chiblim (Ghiblim ailleurs.)
  • Quatrième degré : N come Notuma après être passé par Notumad.

Les mots de passe étaient Tubalcain, Schibboleth, Mac Benac et Natumad qui est devenu Notuma avec une nouvelle signification et histoire.

Les trois pas représentaient les trois vœux des jésuites et c’est dans la chambre du milieu que les jésuites y font leur profession où on y meurt pour recevoir son salaire.

Les impétrants sont reçus face à la chaire du vénérable maître en chaire car les jésuites sont reçus le front tourné vers l’Orient.

Le tablier : c’est l’ordre des jésuites qui donnent l’habit d’où le fait que l’on nomme habit le tablier.

La nudité du cœur et du genou sont là pour se convaincre du sexe masculin du candidat.

Au cours des voyages le soulier est en pantoufle pour rappeler qu’Ignace de Loyola fait un pèlerinage les pieds nus et que s’étant blessé il met une sandale pour le poursuivre.

Le nom de maçon est adopté parce que Aumont et sept chevaliers sont partis en écosse. Ainsi c’est l’institution secrète religieuse de quelques chevaliers qui permet à l’Ordre du Temple d’échapper totalement à sa destruction. Le métier de maçons est trouvé « commode » pour faire perdurer l’Ordre du Temple, l’ordre persécuté. Leurs outils fournissent à l’ordre des symboles heureux qui, lui permettent de donner une apparence extérieure d’une sainte morale en lui servant d’hiéroglyphes.

Un nouveau langage crypté nait ainsi entre les mains des jésuites :

  • Conquérir la Palestine signifie changer la religion des anglais.
  • Dernières croisades signifie les essais malheureux des Stuarts pour reprendre le trône.
  • Les iles d’Ecosse c’est Paris et Saint-Germain-en-Laye.
  • Le Mont Hérédom c’est le collège de Clermont.
  • La construction du premier temple c’est l’établissement du collège des jésuites.
  • La construction du second temple correspond à la liaison entre les jésuites et les Stuarts.
  • Hiram tué par des compagnons qui sont en fait l’Angleterre, l’Ecosse et la France.

▸ Nos beaux tapis de loge contiennent plein de symboles issus de diverses sources dont la Rose-Croix et le système des jésuites.

▸ Conclusion :

Il est important de noter les corrélations entre le tapis et l’histoire de la Stricte Observance, le Rite Ecossais Rectifié et les Jésuites. Bien des rapports existant ou préexistent entre eux.

Les dénommés Von Hund ou Jean-Baptiste Willermoz ont du mal à se débarrasser des apports des Jésuites. Jean-Baptiste Willermoz ne modifie-t-il pas totalement le tapis de loge du Rite Ecossais Rectifié par rapport à celui de la Stricte Observance : inversion de la lune et du soleil, étoile à cinq branches non flamboyante, corde à nœuds, etc. Le tapis de la Stricte Observance n’a-t-il pas plein d’emprunt au tapis des jésuites ? Les histoires templières ne sont-elles pas ressemblantes ? Les desseins ne sont-ils pas un peu pareil ?

Avant que les « nouveaux » systèmes templiers apparaissent en 1754 avec Von Hund et 1772 avec Jean-Bptiste Willermoz n’existe-t-il pas une maçonnerie templière en Allemagne ? Alors d’où vient-elle cette maçonnerie ?

Enfin il reste encore plein de zones d’ombres, nous allons poursuivre notre tâche et tenter d’y voir encore mieux clair ! Tous ensemble.

Les templiers sont des hommes d’honneur mais les francs-maçons de nos jours le sont-ils encore ? Tiennent-ils la distance ? Sont-ils capables de mourir pour le temple et pour Dieu ? Ou ne sont-ils que pris par cette « gangue » de matérialité de ce monde ?

Vous avez pu remarquer que je ne vous ai pas parlé de « Hugo Initiatus Igne Raptus Atrocissimo Molay » !

Ce travail n’a de valeur que documentaire et non officielle.

▸ Bibliographie :

2017 cahier n°14 : La bienfaisance : réponse de Jean-Baptiste Willermoz à A Fascia

Jean-Baptiste Willermoz intitule le paragraphe II ainsi : la Bienfaisance n’est qu’un but accessoire de la Franc-maçonnerie. Ce mot « accessoire » signifie : ce qui vient en accompagnement ou après ce qui est essentiel. Ce mot peut aussi désigner quelque chose de négligeable voire d’insignifiant.

Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Loge Chapitrale de Recherches Pierre d'Aumont : Jean-Baptiste Willermoz
Jean-Baptiste Willermoz

Jean-Baptiste Willermoz nous signifie ainsi, d’emblée, qu’il faut bien distinguer l’essentiel de l’accessoire, qui serait donc « secondaire. » Il nous dit aussi que les actes de bienfaisance ne sont pas le principal but de la maçonnerie, dans le sens de « premier » but. Le vrai but de la Franc-maçonnerie ne serait pas de promouvoir des actions humaines, voire humanitaires. Puis il parle de la Franc-maçonnerie comme d’une institution qui s’est dégradée et altérée à mesure que ses sectateurs l’ont employée à différents buts et à la propagation de quelques systèmes particuliers [...]

Il en dénonce certaines dérives, disant : on la voit encore, dans tel régime dissiper en fêtes somptueuses et en plaisirs frivoles des sommes que les besoins pressants des malheureux réclament vainement à la porte de ces temples sur le frontispice desquels on a gravé le nom sacré de la bienfaisance ; la voix faible et gémissante du pauvre s’y confond dans leurs concerts et n’est plus entendue par ces amis de l’humanité qui insultent à la misère.. On a cru, on croira peut-être encore longtemps que la bienfaisance est l’unique but de l’association maçonnique, parce qu’elle a jeté au hasard quelques actes de bienfaisance qui se perdraient presque aussitôt dans la nuit de l’oubli.

Willermoz nous brosse un tableau peu amène, sans concessions aucune sur la conduite de ces « sectateurs » qui ont amené des déviances de l’institution maçonnique ; il regarde avec sévérité ces pseudo-frères qui sont centrés sur eux-mêmes, trop occupés à jouir de plaisirs tellement factices. Ces mêmes frères se donnent bonne conscience, jetant « au hasard quelques actes de Bienfaisance », n’inscrivant ces actes furtifs dans aucun projet spirituel personnel qui soit pensé, puis mis en action vers un collectif.

Willermoz développe un autre point, raisonnant sur la nécessité de pouvoir exercer la bienfaisance envers les indigents, à partir du moment où on en a les moyens financiers. Cependant, il fait la remarque que certains frères non fortunés pourraient être diminués ; il dit ces mots : ceux-là souffriront d’être des membres inutiles et seront humiliés de porter un titre (de franc-maçon) dont ils ne pourront remplir que très imparfaitement les obligations?[...] Il est donc certain que si la bienfaisance envers les indigents était le vrai but de la Franc-maçonnerie, les biens de la fortune seraient le principal titre pour être admis au nombre des frères, ce serait celui-là d’abord qu’il faudrait vérifier.

En effet, le titre de frère, la qualité de maçon s’acquiert-elle grâce à une bourse bien remplie ? Ces qualités sont-elles monnayables ? Et réservées aux riches ?

Alors, il faut admettre qu’à ses débuts, la maçonnerie était réservée aux aristocrates puis aussi aux bourgeois. A l’époque de Willermoz, l’accès aux loges ne s’était pas « démocratisé » comme aux vingtième et vingt-et-unième siècles.

Willermoz développe son propos : Non, mes frères, il n’en est pas ainsi. Il faut pour être maçon d’autres titres et d’autres épreuves ; et si l’on veut que la bienfaisance soit le vrai but de l’Ordre, il faut alors donner à ce mot un sens plus étendu ; il faut que les richesses nécessaires pour s’élever dans les hauts grades soient d’une autre nature que les trésors de la fortune ; la bienfaisance de chaque frère à proportion de ses progrès vers le but de l’Ordre doit pouvoir plus ou moins sur tous les membres mêmes de la société, et être telle qu’elle puisse s’appliquer à tous les besoins dont l’homme est susceptible.

Pour Willermoz, la bienfaisance doit donc revêtir un champ plus large, dépassant le cadre purement matériel, puisqu’elle doit s’appliquer à tous les besoins. Certes, il ne faut pas oublier de nourrir le corps, mais notre âme et notre esprit demandent d’autres nutriments, indispensables à l’élévation spirituelle du vrai maçon.

L’importance ou l’étendue de la richesse matérielle ne déterminera jamais la grandeur d’âme d’un maçon, ni son parcours maçonnique. Les grades ne « s’achètent » pas et comme le dit Willermoz, il faut pour être maçon, et reconnu pour tel, d’autres titre et d’autres épreuves (que la richesse). Sinon, une société initiatique composée sur l’exigence matérielle serait une société mal ordonnée, pour reprendre les mots de Willermoz.

Et il continue en déclarant : Il est donc vrai que la bienfaisance, telle qu’on l’entend n’est qu’un but accessoir, et ces allégories, ces emblèmes sont les instructions bienfaisantes que l’institution donne à ceux qu’elle reçoit dans son sein ; s’ils étaient des signes muets, ou n’étaient susceptibles que d’une interprétation relative à l’Ordre du Temple, je demanderais pourquoi on recommande avec tant de soin au maçon de les méditer ? [...] Une société qui ne veut que soulager l’humanité aurait-elle besoin, pour atteindre à ce but, de se réunir dans un temple qui ne renferme que des emblèmes ? Cela est si vrai, que nous voyons une multitude d’établissements de bienfaisance, et il n’en est point qui ait imaginé d’employer des emblèmes ; ni de donner une forme mystérieuse à ses cérémonies. Pour faire du bien aux hommes, est-il besoin de mettre en usage des moyens de cette nature ! Quand on ne veut que rassembler des secours pour les verser sur l’indigent, on forme un bureau de charité, et on ne s’occupe que de cet objet.

Il est vrai que, depuis que nous avons entrepris notre quête en maçonnerie, nous avons rencontré nombre d’emblèmes et allégories, qui nous ont porté à réfléchir sur le sens caché des choses, sur l’essence de ces choses. A chaque nouvelle eéception, nous avons reçu des maximes, vécu des épreuves qu’il nous faut méditer comme nous le dit Willermoz, et si nous nous y exerçons sincèrement, loyalement, au plus profond de notre cœur, alors, nous en récolterons les fruits d’une nouvelle connaissance, dans une nouvelle naissance.

C’est pourquoi, partager des travaux au sein de la loge, c’est plus que partager un « temps » qu’aucune pendule humaine ne peut (ou ne doit) graduer ou limiter. C’est véritablement être dans un espace-loge sacré, car séparé du monde profane, où le temps profane s’abolit, où chaque maçon se ré-unit à l’autre, et se ré-unit à lui-même, au centre de la loge de son cœur. Et dans cette posture qu’il prend en lui, chacun peut cueillir les fruits de ses pensées, de ses voyages intérieurs et partager cette nourriture avec ses sœurs et frères, sans détours ni arrière-pensées. Chacun peut alors livrer le secret de son cœur et ce qui l’anime, à l’autre, ce maçon qu’il reconnait pour frère. Et c’est dans cette offrande à l’autre qu’il fait acte de bienveillance envers lui, et d’une vraie bienfaisance envers sa sœur et son frère

Willermoz développe sa vision quant aux véritables buts de la Franc-maçonnerie : Elle doit tendre à renforcer les liens qui unissent les hommes entre eux. Quelle marche suivre pour parvenir à ce but sublime ?

Selon Willermoz, l’institution doit, en quelque sorte, recommencer l’éducation du maçon et, sous le voile des emblèmes, lui présenter les objets les plus dignes de son attention. Ce ne seront d’abord que des instructions sur la morale ; mais sur cette morale épurée par la religion. [...] et ces instructions morales qu’il aurait reçues, en le rendant meilleur, en lui apprenant à respecter ce qu’il ne savait pas apprécier, feraient de lui un citoyen plus vertueux, plus attaché à ses devoirs, plus utile à la société ; et déjà il exercerait la bienfaisance d’une manière plus générale que par ses largesses qu’il répandrait dans le temple maçonnique, pour le soulagement de l’humanité. Si d’un côté l’institution lui rend cet important service (en l’éduquant), elle en est payée par les efforts de ce frère pour concourir à une partie de son but ostensible : La bienfaisance.

En tempérant ses passions, la maçonnerie fixe sur lui d’une manière intéressante les regards des Hommes qui apprennent tôt ou tard qu’ils doivent à l’Institution cet heureux changement. Il voit les liens de l’amitié se resserrer de plus en plus ; les frères qui, dans l’Ordre ont acquis une supériorité, franchissent l’espace pour se placer au même niveau ; il s’aperçoit à peine qu’il est à un degré inférieur, et il y jouit du bonheur de l’amitié et de la vertu.

Ainsi ? par son travail sur lui-même, le maçon découvre les grands principes moraux, ou vertus, qui sont proposés pour baliser son cheminement maçonnique, mais surtout pour qu’ils deviennent des outils véritables dans sa vie de chaque instant. Car c’est bel et bien sous le couvert d’emblèmes et d’allégories qu’il appréhende les vérités essentielles des Lois régissant la vie.

Chacun de nous, par certains moments, a pu connaitre des instants de doute, de grands chamboulements, des moments de joie aigue, voire jubilatoire devant telle ou telle « découverte. » Notre chemin initiatique est fait de déconditionnements successifs, pour pouvoir se reconstruire autrement, en nous exerçant à épurer notre âme de ses scories, en tentant ainsi de rendre plus beau notre temple, mais aussi et surtout, plus vrai, plus fidèle à ce que nous aspirons à être.

C’est un chemin de perfectionnement de soi qui nous amène à être, ou du moins à tenter d’être, plus vertueux, plus respectueux, meilleur. Et ces changements deviennent perceptibles pour nos proches, qui, tout à coup, nous voient changé.

Le chemin initiatique est bel et bien un chemin de transformation, de restauration de notre être, pour se rapprocher du principe. Willermoz : Combien, je ne crains pas de le dire, qui, sans l’institution maçonnique eussent vécu au hasard, méconnaissant la vraie nature de l’homme. Parvenu à ce terme, le maçon répand sur les hommes et les frères, l’esprit dont il est pénétré ; la bienfaisance maçonnique lui devient plus facile à exercer, et ce n’est plus avec un glaive meurtrier que ces nouveaux chevaliers combattent les ennemis de la sainte religion chrétienne ; c’est par leurs exemples, leurs discours, leur douceur et même leur tolérance qu’ils attaquent cette incrédulité qui sur son trône veut usurper les honneurs divins. Ce n’est pas à l’Homme de venger la cause de Dieu, et le sang qu’il répandrait au nom de la religion, en une offrande qu’elle désavoue. Le maçon rejette avec horreur l’idée d’un Dieu abreuvé de sang ; répandre le sien pour le christianisme et défendre ses semblables, voilà les devoirs d’un chevalier de la Foi.

Selon ces considérations de Willermoz, nous entreprenons une démarche, dans le but de nous perfectionner, pour nous élever spirituellement. Cette transformation se fait progressivement, lentement, et ne sera jamais complète voire terminée.

Et notre voie est celle d’un maçon chrétien ; en toute conscience, librement, nous avons choisi une maçonnerie spiritualiste chrétienne : c’est donc sous le regard de Dieu que nous œuvrons, appliquant activement les préceptes qu’il nous a envoyés par son fils, le Christ venu sur terre pour nous montrer la Voie.

Nous ne changerons pas les choses de ce monde si nous ne nous changeons pas d’abord. Et c’est nous perfectionnant nous-même que nous rendrons le monde meilleur. En entrant dans la voie du bien, par notre exemplarité de nos pensées et de nos actes, nous indiquons à d’autres la voie du bien ; nous sommes alors dans cette bienfaisance maçonnique qui est avant tout bienfaisance en esprit, qui permet une plus grande élévation de tous.

Il nous faut garder en mémoire que nous sommes tous libres d’embrasser cette voie, et c’est par notre volonté propre que l’action sera porteuse de sens.C’est bien de la question de la liberté et de nos libertés que découle la question de la bienfaisance et de nos actes de bienfaisance.

Willermoz dit ceci : Dieu est le seul être existant par lui-même : Il existe par sa propre loi, qui est un avec lui. Cette loi est le bien, qui est le principe de toute perfection. (Dieu est le bien par essence et il n’est pas plus possible à Dieu, étant le bien de s’en écarter par aucun mal, que de cesser d’être Dieu !) ; si les êtres crées pouvaient exister par leur propre loi, être le bien, ils seraient indépendants et autant de Dieux : mais au contraire, leur existence individuelle, distincte, a commencé quand il a plu à Dieu de la leur donner ; Il leur a donné sa propre loi (le bien…), par laquelle il les a unis à Lui et au bien. « et comme cette loi les met sous la dépendance de celui qui la donne, il en résulte nécessairement qu’ils sont et doivent être libres de l’observer ou de s’en écarter, puisqu’ils ont une volonté propre, distincte et indépendante de celle du Créateur.

Dans le projet de Dieu pour l’homme, rien n’est supérieur à la liberté. Dieu est liberté, dans son sens absolu. Et en émanant tous ces êtres libres au sein de lui-même, il ne pouvait ni ne voulait mettre de limite à cette liberté accordée. Liberté de se permettre une distance plus ou moins grande par rapport au Centre, ou principe divin ; liberté d’aller jusqu’à perdre de vue ce principe, dans une séparation apparente, passagère parfois.

Pourtant, même l’être qui s’est séparé de Dieu, et tombe parfois dans une certaine hostilité envers Dieu ne cesse pas pour autant d’être Dieu. Dieu se retrouve en chacun de nous, qu’on soit riche ou misérable, croyant ou mécréant. La réintégration n’est qu’une question de temps, ou plutôt, d’abolition du temps !

Amadou disait : Connaître Dieu et sa sagesse, c’est connaître la vie éternelle en se conformant à Dieu. Il s’agit donc bien de connaître pour re-naitre. Il y a mort spirituelle quand l’être spirituel se « sépare » du principe. Et le fait de se rapprocher de son principe, de sa part de divinité, l’être peut renaitre, par reconnaissance de soi-même comme « Dieu ». C’est regarder dans le miroir et se reconnaitre comme sa créature, qu’il a voulue à son image et ressemblance, et cela, par la grâce de son amour in-Fine.

Et le rayonnement de cet amour s’appelle La bienfaisance. Cette bienfaisance née de la non-séparation du principe, du Silence de l’être rempli de paix et de sagesse.

Alors, nos intentions étant justes, nos paroles et nos actes s’ajustent eux aussi. C’est ainsi que, pour reprendre les grands axes de la doctrine de Willermoz, notre pensée, notre volonté et notre action en « s’ajustant » nous permettent de trouver une conduite juste.

Notre vraie question est de connaître les « ressorts » de nos intentions. Sont-elles désintéressées ? Sans désir de flatter notre égo ?

La bienfaisance véritable, comme cela a été évoqué précédemment, s’exerce dans un silence intérieur et sans bruit vers l’extérieur. Le premier pas important, essentiel même, qui va nous permettre d’entrer dans la voie opérative de la bienfaisance est de comprendre ce qui nous motive véritablement.

Et c’est cette lucidité, cette honnêteté qui nous permettra de nous rapprocher encore mieux de notre principe, et nous permettra de progresser vers cet amour (agapé), amour non duel, sans calcul d’un prix ou attente d’un retour, amour s’alimentant à la source d’une véritable sainteté. Car il nous faut se souvenir que la sainteté est la nature même de Dieu, de l'un, et comme nous avons été émanés de lui, la sainteté est bien liée à notre propre nature.

Quand nous nous reportons à l’instruction morale, pour les apprentis du Régime Ecossais Rectifié, une question est posée en ces termes :

Comment un franc-maçon doit-il se distinguer des autres hommes ? Par une bienfaisance active et éclairée, par une façon noble et élevée, par des mœurs douces et par une conduite irréprochable.

Ainsi, dés le premier grade du Régime Ecossais Rectifié, il apparait clairement que la bienfaisance est un devoir du maçon ; il est entré dans un ordre chrétien, ce qui donne un caractère sacré à ce devoir.

Nous pouvons également apprécier l’importance des cinq premiers mots de l’article V de la règle maçonnique qui sont : crée à l’image de Dieu. Ainsi, tout part de cette vérité posée, comme un socle d’un tout, et tout doit y retourner et nos actes, notre façon d’être, vont concourir (ou pas) à notre rapprochement de notre principe.

Un peu plus loin dans ce texte, il est dit : rapproche-toi de ce modèle infini, par une volonté constante de verser sans cesse sur les autres hommes toute la masse de bonheur qui est en ton pouvoir. Tout ce que l’esprit peut concevoir de bien est le patrimoine du maçon. Ces paroles sont à relier étroitement à la question de l’instruction morale citée précédemment, évoquant la conduite qui permet à un maçon de se distinguer des autres hommes, lui demandant de se comporter dans le sens du bien. La voie maçonnique est celle qui offre le choix, librement consenti, de se perfectionner, de se bonifier, permettant et visant une véritable élévation Spirituelle.

A tout chrétien, un commandement a été délivré : Aime ton prochain comme toi-même.

Il faut d’abord, commencer par s’aimer soi-même. Et pour s’aimer, en toute conscience, il est indispensable de se connaitre véritablement. Connaitre pour aimer, et non l’inverse !

Notre voie initiatique nous permet un vrai voyage intérieur, pour mieux s’approcher de notre propre essence. C’est un voyage difficile, exigeant, qui demande beaucoup de constance, beaucoup de volonté.

Ayant fait d’abord ce retour vers soi, ce maçon chrétien pourra revenir vers les autres, pour mieux les aimer, en vérité. S’harmoniser en soi-même, pour s’harmoniser aux autres ; trouver son centre, sa source en soi, mais ne pas rester centré sur soi-même de manière égocentrique ; prendre en compte l’autre, sa vie, et sa dignité qui ne sont jamais modulables à son appartenance sociale ou raciale.

L’autre : c’est ma sœur mon frère et je suis l’autre pour cette sœur ce frère. Et j’ai le devoir sacré de l’aimer et de le respecter avec ce qu’il « est » et non comme je voudrais qu’il soit.

La régle maçonnique nous l’énonce clairement par ces mots : Tout être qui souffre ou qui gémit a des droits sacrés sur toi ; garde-toi de les méconnaitre.

Et comme rien n’est à négliger, la régle maçonnique nous dit : n’empoisonne pas, par l’ostentation de tes dons, les sources d’eau vive où le malheureux doit se désaltérer ; ne cherche pas la récompense de la bienfaisance dans les vains applaudissements de la multitude ; le maçon la trouve dans le suffrage de sa conscience et dans le sourire fortifiant de la divinité, sous les yeux de laquelle il est sans cesse placé.

2017 cahier n°14 : La vraie maçonnerie d’adoption en 1787 vue par le frère Louis Guillemain de Saint-Victor

Le texte qui suit est tiré d’un ouvrage de Louis Guillemain de Saint-Victor, dont on ne sait d’ailleurs pratiquement rien, dont le titre complet est : La vraie maçonnerie d’adoption ; précédée de quelques réflexions Sur les loges irrégulières et sur la société civile, Avec des notes critiques et philosophiques : et suivie de cantiques maçonniques dédiée aux dames. Par un chevalier de tous les Ordres maçonniques.

EPITRE AUX DAMES

Mesdames,

Persuadé des sentiments des vrais maçons, mes concitoyens et mes frères, permettez-moi de vous adresser cet ouvrage comme une preuve authentique et de notre erreur et de votre Gloire.

Assez injustes pour avoir cru longtemps que des plaisirs fondés sur toutes les vertus étaient au-dessus des facultés de votre âme, et ne pouvant manquer de déplaire à un sexe que nous supposions n’avoir que la frivolité en partage, nous avons osé vous exclure de nos assemblées ; mais éclairés, et trop punis par l’isolation et l’ennui que votre absence nous a fait éprouver, nous sommes convaincus que le but de notre existence est de vivre avec vous, que nous devons être vos amis, et vous nos chères compagnes, que nous ne pouvons nous séparer de vous sans devenir stupides ou malheureux, et qu’étant, ainsi que nous, l’ouvrage du Créateur de l’Univers, vous avez de même un cœur, des sens, des désirs, de la raison, et la puissance d’en faire usage ; et qu’enfin, si tant de fois nous nous sommes arrogé le pouvoir de manquer aux devoirs de la société, ce n’est qu’en nous autorisant de la loi du plus fort, loi que nous avouons être criminelle lorsqu’on s’en sert à votre égard. Ainsi Mesdames, détruisant les sentiments ridicules qu’un faux amour propre nous avait donnés, nous vous reconnaissons aussi libres et aussi raisonnables que nous. C’est pourquoi nous rétablissons entre votre sexe et le notre les droits sacrés et respectifs de la société, et sur-tout la justice et l’indulgence (1) ; et c’est en les pratiquant et les conservants purs et tels qu’ils doivent être, que nous espérons trouver le bonheur que nous cherchons depuis si longtemps, commençant à nous apercevoir qu’il est le prix de l’estime réciproque et de l’amitié.

Voilà, Mesdames, ce que le petit nombre de vrais maçons pensent, et en même temps tout ce que les autres hommes devraient penser. Pardonnez-moi cependant ces vérités que la honte de notre conduite envers vous semble m’avoir arrachées. Je sais que votre douceur, vos vertus et vos grâces sont bien plus puissantes que mes faibles réflexions ; mais, si elles sont inutiles, daignez au moins les regarder comme une marque certaine du profond respect et des sentiments avec lesquels je suis et je serai toujours, Mesdames, Votre très-humble et très obéissant serviteur.

G***

(1) Il est certain que le premier fondement de la société est la loi naturelle : Ne faîtes à personne que ce vous voulez qui vous soit fait. Mais comme la perfection des êtres est une chimère, il faut encore de l’indulgence pour nous pardonner mutuellement quelques faiblesses inséparables de l’humanité.

La vraie maçonnerie d’adoption ; précédée de quelques réflexions Sur les loges irrégulières et sur la société civile, Avec des notes critiques et philosophiques : et suivie de cantiques maçonniques dédiée aux dames. Par un chevalier de tous les ordres maçonniques.
La vraie maçonnerie d’adoption ; précédée de quelques réflexions sur les loges irrégulières et sur la société civile, avec des notes critiques et philosophiques : et suivie de cantiques maçonniques dédiée aux dames. Par un chevalier de tous les ordres maçonniques.

2017 cahier n°14 : La société de Jean-Pierre Beyerle ou une société maçonnique idéale

Qui était Jean-Pierre Louis (de) Beyerlé ? Quelle était sa filiation ? Remontons le temps un instant pour mieux comprendre et cerner la personnalité de Jean-Pierre Louis de Beyerlé.

Son grand-Père, originaire de Prague, s’est installé au milieu du dix-septième siècle à Strasbourg. Jean Valentin Beyerlé fut Vaguemestre de la ville de Strasbourg en 1740 et en 1746 devint seigneur de Niderviller, Wuishviller et Schneckenbusch. Il devint Ecuyer, Conseiller et Trésorier du Roi et enfin Directeur de la monnaie de Strasbourg.

Son père Jean-Louis (de) Beyerlé est né le 6 janvier 1709 à Strasbourg et décéda le 1 septembre 1786 à Bischheim. Il fut Conseiller du Roi Louis XVI, un brillant économiste, avocat au Parlement de Metz, Directeur de la Monnaie à Strasbourg, imprimeur à Paris et propriétaire d’une faïencerie à Niderviller.

Jean-Pierre Louis Beyerlé serait né en 1740 à Niderviller près de Metz et serait décédé à Paris vers 1800. Toujours est-il qu’il occupa de hautes fonctions étant notamment avocat et conseiller du parlement de Metz puis de Nancy. Il occupa également la fonction de Conseiller à la Cour de Nancy et fut vice-président de la Commission Générale des monnaies en 1792. Il a commencé sa carrière comme avocat. Juriste donc de profession il a su jeter un regard juste et droit sur la société qui l’entourait et dont il eut « une haute idée. »

Les rencontres, le « hasard » de la vie fit qu’il devint franc-maçon et membre de la cinquième province de la Stricte Observance de Von Hund et dont il était Préfet lors du convent du Wilhemsbad dont il fut l’instigateur et la cheville ouvrière. Sous le nom d’Eques a Fascia il en a décrit les arcanes et ses désaccords. Il a rejoint alors Jean Baptiste Willermoz en son Régime Ecossais Rectifié. Il fut le vénérable de la loge « L’Auguste Fidélité » à l’Orient de Nancy et présida la « Grande Loge Ecossaise de Loraine. » Installé à Paris il a rejoint le Grand Orient de France et les chapitres parisiens de « La réunion des étrangers » (1785) et des « Amis réunis » du rite français.

Le voici désormais en 1784, cinq années avant la Révolution Française rédigeant l’ouvrage Essai sur la Franc-maçonnerie ou du but essentiel de la Franc-maçonnerie, dont nous reprenons ici les idées générales.

Le corps de la magistrature a pour but de conserver à chacun ce qui lui appartient, le coprs militaire a pour but de défendre la patrie contre ses ennemies. Toutes les sociétés ont un but, ce qui permet à tout un chacun de diriger sa conduite.

Une société bien ordonnée devrait être fondée sur les principes de la sagesse et de l’Ordre et qu’elle devrait avoir de bonnes lois.

La question qui se pose devient alors la suivante :

  • « les individus essentiels d’une société qui n’en connaissent pas le but, peuvent-ils concourir au bien de cette société ? »
  • « Une société dans laquelle l’égalité doit exister cesse d’être ce qu’elle doit être si des lois d’inégalités voient le jour. »
  • « Une société où les membres ne s’entendent pas est une société de division, de troubles et de discorde. »
  • « Une société dont les agents principaux connaissent les principes du juste et de l’honnêteté mais ne veulent pas agir selon ses principes est une société horrible et mal ordonnée. »
  • « Une société d’hommes égaux où on rencontre des esprits turbulents, embarrassés par le feu de la domination est une société ténébreuse et infame »
  • « Une société infectée de vices ne pourrait faire de bonnes lois »
  • « Une société qui n’aura pas de but déterminé est une société qui ne pourra convenir à des personnes raisonnables »

Mais toute société qui aura un but honnête, utile et juste, avec de bonnes lois sages et vertueuses sera une société respectable et respecté. Telle doit être l’essence de la société maçonnique qui sera alors une société respectable qui ne recevra que des hommes vertueux ou qui désirent l’être vraiment, avec des buts honnêtes, juste et utile. Ils seront alors dans un Ordre dont ils doivent connaître le but et les lois qui le dirige. Si cet Ordre a le courage de fermer les portes de ses temples à ces esprits faux, turbulents, novateurs, imposteurs, despotes, hypocrites et à tout être vicieux et dangereux, cet Ordre serait une association douce, honnête, bienfaisante et amie de l’Humanité.

Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Loge Chapitrale de Recherches Pierre d'Aumont : Essai sur la Franc-maçonnerie.
Essai sur la Franc-maçonnerie

2017 cahier n°14 : L'ange dans la tradition chrétienne

La question des anges est fondamentale si l’on veut accéder à la matière première du Christianisme.

Deux mots sur cette notion d’anges gardiens avant de revenir aux anges : sur quoi se fonde cette notion d’Anges Gardiens ? Dans la bible seul une phrase évoque vraiment les anges gardiens. Dans l’évangile de Mathieu (18-10) il est dit : Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits ; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux.

Revenons donc à la notion des anges et notons de suite que les anges ne sont pas au centre de la Bible et cela peut nous amener à cette réflexion : le sujet principal de la Bible n’est-il pas la relation entre l’Homme et Dieu. Donc on y fait abstraction des anges mais l’ange doit exister pour comprendre le livre sacré, pour percer le non-dit, le non révélé de la bible et pour faire la relation entre le monde terrestre et le monde céleste. Ils constituent donc un des éléments de la révélation. Cette révélation qui met l’homme en une sorte de contemplation face à Dieu, face à un mystère qui nous dépasse.

La nature de l’homme nous dépasse et celle de Dieu nous devient incompréhensible face à notre spiritualité face à notre vie si empreinte de matérialité.

Deux mots sur les anges de façon générale :

Ils sont donc des purs esprits, donc sont invisibles et immatériels. Mais parfois ils peuvent prendre une forme humaine pour entrer en contact avec nous. Cela est troublant. Comment peut-on voir et entrer en contact avec un ange que l’on ne voit pas. Pour ma part, ayant fait cette expérience c’est sa présence qui a construit son existence et je n’ai pas eu de besoin de le voir pour le sentir près de moi. La peur qui s’en est suivi fut si grande que je mis fin à cette rencontre, du moins cela me fait plaisir de le croire.

Ils sont une substance purement intellectuelle pour Thomas d’Aquin car leur but n’est que de vouloir que nous nous assimilions à Dieu. Sommes-nous donc alors à l’image et à la ressemblance de Dieu ?

Si les anges sont semblables à Dieu ils sont donc capable d’aimer et cela est réconfortant. N’ayant pas de corps physiques ils sont aussi incorruptible. De plus ils sont donc obligatoirement asexués car nés directement d’un Dieu Créateur et de plus seraient immortels car ils n’ont pas besoin de se reproduire pour exister car leur amour est spirituelle seulement.

Ainsi en étant près de nous ou en nous, allant de Dieu vers Nous et de Nous vers Dieu ils sont vraiment des intercesseurs de notre divinité, du divin qui est nous.

Dans l’antiquité les anges et les démons faisaient partie d’une même réalité et n’étaient pas opposés les uns aux autres. C’est ainsi que le terme d’Angelos a été adopté pour qualifier les anges afin de ne pas les confondre avec les démons.

Je n’aborderai pas ici la notion de démon avec un travail sur les anges même si un lien semblerait exister entre les anges et nos propres démons nous empêchant de remonter vers Dieu.

Les chrétiens situent l’origine de l’angéologie dans l’Ancien testament et plus principalement dans l’époque du judaïsme Iranien. Dans ces textes il y est souvent question de l’ange de Yahweh et non de Yahweh tout simplement. Nous sommes donc ici à la base de l’idée de l’intervention d’un Intercesseur qui agit au nom de Yahweh.

C’est ainsi que rapidement l’on distingua une sorte de hiérarchie des anges : Il y avait ceux qui forment la cour de Dieu, ceux qui forment les ambassadeurs et ceux qui sont ses collaborateurs dans la mise en œuvre de la providence.

La cour de Dieu serait donc formée de nombreux anges qui seraient en adoration permanente devant la divinité c'est-à-dire devant un Dieu créateur de toute chose ayant par là une relation privilégiée vers Dieu, allant du monde des Anges directement vers Dieu.

Les Ambassadeurs de Dieu assument des fonctions qui vont du monde des anges vers l’homme. L’homme est alors considéré comme l’autre image de Dieu. Ils entrent en contact avec les hommes pour « engendrer » des effets qui ne sont que la révélation de la Volonté divine, ce que « vulgairement » l’on nomme la Providence.

Deux thèses s’imposent dans une première lecture : Pour les uns la réalité angélique est à l’intérieur de l’homme et pour d’autres l’ange s’impose à l’homme de l’extérieur.

Les collaborateurs de Dieu sont au service de Dieu, il collabore de la providence divine et leurs actions portent sur le monde, sur l’église, les nations et la cité. De là va naître la notion d’anges des nations. Cet ange des nations sera connu dans le monde de la chrétienté sous le vocable de saint Michel. Le but des collaborateurs de Dieu serait ainsi de maintenir le monde dans une voie religieuse ascensionnelle.

C’est dans le livre prophétique de Daniel que les anges commencent à apparaître en hiérarchie. Les archanges Gabriel et Michel sont représentés comme deux des sept anges qui entourent le trône de Dieu.

Les anges semblent pour Saint Daniel avoir deux fonctions essentielles :

La première est une adoration de la divinité et la seconde d’être des messagers, c’est à dire d’avoir un rôle de représentation de la volonté divine dans le monde de la création.

Les anges gouvernent ainsi les planètes et sont assimilés aux puissances archétypales comme la Terre, le feu, l’Air et l’Eau.

C’est Origène qui va ensuite faire une immense place à l’Angéologie. Pour lui tous les êtres intelligents ont été crées tout d’abord à l’état d’esprits purs. Hommes, anges et démons correspondent à des degrés de chutes différents. Il estime que tous les hommes ont un ange gardien mais que parfois quelque homme auraient leurs anges dès le baptême (des élus ?)

Il n’y a pas pour lui de différence entre l’homme et l’ange. L’homme est appelé à redevenir un ange et même à redevenir, au-delà de l’ange, un esprit pur comme il l’était à son origine.

Origène va prôner un retour à l’unicité des hiérarchies spirituelles. Pour lui Dieu a crée le monde spirituel puis un monde de hiérarchie spirituelle s’est mis en place au fur et à mesure.

Ainsi pour Origène le monde a été crée par le Christ puis est apparu un conflit dans lequel le Christ aidé par les hiérarchies célestes va libérer les hommes de leur démons et cela donc en passant par les anges. L’home aurait ainsi deux anges en lui, un mauvais qui le pousse au mal et un bon qui le pousse au bien.

Pour Jean Danielou l’homme aurait donc une double face : une face angélique et une face animale qui constituent les bases de sa liberté fondamentale, cette notion étant reprise et enrichit par Thomas d’Aquin et Denys l’aréopagite.

Ainsi le mot « Ange » aurait une double signification, soit il représente l’esprit saint et soit il représente le verbe. Le monde des Anges apparaît alors comme une sorte de monde des hommes dans le ciel. Il y aurait donc les anges des nations et le problème du démon ; les anges des nations sont de bons représentants et le démon n’est pas obligatoirement négatif, en effet c’est grâce à lui qu’un dualisme existerait. En fait l’existence du démon ne reposerait-elle pas sur l’existence des anges ?

Nous ne devons aussi parler de Priscillien dont les « restes » seraient inhumés dit-on à saint Jacques de Compostelle. Pour lui plus particulièrement les puissances angéliques seraient des puissances rationnelles intervenant dans la vie humaine, ce qui est à première vue très intéressant pour le chrétien.

C’est il faut le préciser Saint Bernard qui va de nouveau rendre sa place aux anges. Pour lui l’ange est assimilé à un reflet vivant de Dieu en Nous et nous devons en quelque sorte nous familiariser avec Dieu. L’ange est la porte vivante qui mène au Ciel. Ce principe de Saint Bernard va perdurer en passant par les Jésuites et par Tauler.

Il nous faut donc reconnaître l’existence de ce monde des anges, nous devons alors reconnaître un lien entre Dieu et l’homme. Nous devons accepter ce lien tous les jours.

Les anges nous guident dans notre chrétienté et nous amènent dans un cheminement, ce cheminement nous mène vers la Divinité et vers une véritable spiritualité humaine. Nous ne devons de même jamais oublier que l’homme se cherche, c’est un cherchant mais que l’ange lui Est et ne craint pas son futur et n’est pas soucieux de son évolution matérielle et/ou spirituelle. L’ange possède une Grande Force pour nous aider à évoluer car il possède la faculté d’évoluer dans toutes les sphères de leurs rôles qu’ils peuvent avoir, rôle de guérison, de protection, d’inspiration et surtout d’espérance. Et de plus je me dois d’ajouter que les anges ont un rôle souvent méconnu, celui de veiller sur les lieux sacrés. Ils supervisent la bonne réalisation du plan divin et ses appréciations dans le monde manifesté. Si un lieu sacré spirituel est délaissé par les hommes l’ange finit par retirer sa protection divine sur le lieu, cela devenant un monde un point qui l’humanité perd, là où il pouvait se ressourcer et se régénérer.

Les Anges sont donc des intermédiaires entre les sphères. Il existe sans cesse des rapports « invisibles » entre la terre et le ciel, entre Dieu et les hommes, entre les hommes et Dieu, entre l’homme intérieur et extérieur, entre les conflits de l’âme en chaque homme.

L’ange est utile à l’homme, il s’identifie à la Volonté de Dieu, c’est un envoyé de Dieu qui attire notre attention sur ce que Dieu est pour nous. Dieu nous invite à se tenir toujours prêt à se tenir devant lui. On ne connaît ni l’heure ni le jour de sa mort. Notre Univers intérieur nous appartient, et les anges peuvent le garder propre et vierge en vue de la rencontre « seul à seul » avec Dieu. Voilà notre sublime privilège ; nous serons un jour face à face, seul avec Dieu et là que dirons-nous ?

Ainsi que l’a dit un jour l’Abbé Dom Grammont, supérieur au Mont Saint Michel : ce n’est rien que de croire en Dieu, de croire que Dieu existe et que Dieu est Dieu.

Et pour clore il me semble que « les anges nous ouvrent au mystère de Dieu et à celui de la Fraternité humaine.» Aime ton prochain comme toi-même a dit le Christ. Les anges sont là toujours autour de nous, à notre écoute, à l’écoute de notre cœur, à l’écoute du dessein de Dieu et nous aide à ne pas transgresser les règles morales de Dieu, à faire en sorte que nous puissions enfin approcher le créateur et lui dire je vous aime.

GLDRR : Loge Chapitrale de Recherches Pierre d'Aumont : L'ange
L'ange

Patente maçonnique accordée à Jean-Baptiste Willermoz

Patente originale en latin de Visiteur Général perpétuel de l'Ordre de la Stricte Observance pour le frère Bapt (ist)e du Dezert (Batistam ab Eremo), Chancelier de la deuxième province (Auvergne) en date du 11 mars 460 (22 mars) 1774.

Papier manuscrit, Deuxième moitié du dix-huitième siècle France

Il s'agit de la nomination de Jean-Baptiste Willermoz à cette fonction par le fondateur de la Stricte Observance le Baron von Hund, "Frater Carolus ab Ense", contresigné par le Baron de Weiler, "Frater Augustus a Spica Aurea" et le secrétaire de l'Ordre Carl-Henirich Ludwig Jacobi, "Frater a Stella fixa".

Manuscrit sur papier avec les trois cachets à la signe des signataires. Mention au dos de la main de Willermoz : "reçu le 10 avril 1774".

Ce document exceptionnel présente un caractère historique unique, car il constitue le témoignage de l'introduction en France du Régime de la Stricte Observance, fondé par le Baron von Hund, qui allait devenir le Régime Ecossais Rectifié.

Musée et Bibliothèque de la Grande Loge Nationale Française

Le manuscrit praefectura derlaviensis

une pièce exceptionnelle − découverte en Allemagne en 2014 − et récemment acquise par le musée de la Franc-maçonnerie (16 rue Cadet 75009 Paris) : Le manuscrit Praefectura Derlaviensis.

Si la légende templière a eu de nombreux surgeons dans la Maçonnerie du siècle des Lumières, la Stricte Observance Templière reste certainement le plus fascinant d’entre eux. Née en Saxe vers 1750, elle veut relever l’Ordre du Temple et en restaurer les fastes en plein XVIIIe siècle. Son appareil symbolique, ses impressionnantes cérémonies, sa quête du secret des Templiers vont susciter un grand intérêt dans les Loges et assurer son succès et son développement dans l’Europe centrale des années 1760-1770.

Une des pièces phares de l’exposition du Musée de la Franc-maçonnerie est un extraordinaire manuscrit en dix volumes contenant règlements, rituels, instructions… Ces dix volumes – en latin, allemand et français – rassemblent les textes nécessaires au fonctionnement des Loges de la Stricte Observance. On appelait d’ailleurs cet ensemble « le livre rouge de l’ordre ». Ceux-ci ont été réalisés l’usage de la Praefectura Derlaviensis, c’est-à-dire la « Préfecture » qui avait son siège à Leipzig. Le manuscrit date de 1775, un an avant la mort du fondateur, le baron de Hund, et celui-ci s’inscrit donc en tête du registre-matricule de la « VIIe province » (sous-entendu l’Ordre du Temple restauré).

Mais, outre l’intérêt de contenu, c’est la qualité du manuscrit lui-même qui est exceptionnelle : sa calligraphie soignée, ses illustrations à la gouache, sa magnifique reliure baroque en fin maroquin rouge… Cette qualité s’explique, notamment, par l’origine de la pièce. Leipzig était un grand centre de l’édition allemande et disposait de relieurs et d’illustrateurs talentueux… et les francs-maçons de Leipzig avaient quelques moyens pour recourir à leurs services.

Cet étonnant manuscrit de Leipzig montre combien les rêves chevaleresques d’une certaine Maçonnerie du XVIIIe siècle ont été l’une des sources oubliées du romantisme du XIXe.

Pierre Mollier, https://www.hiram.be/blog/2016/09/10/manuscrit-praefectura-derlaviensis/

Loge de Recherche Pierre d'Aumont : Mot du Maître de loge

Les cahiers Pierre d'Aumont sont l'œuvre d'une équipe qui se passionne pour ce rite trop peu connu en France qu'est le Rite Ecossais de Stricte Observance mais aussi pour le Rite Ecossais Rectifié. A travers la recherche des sources, des documents originaux, nous préparons l'avenir en retrouvant les motivations réelles des fondateurs historiques de ces deux rites.

Il est vrai que malheureusement la recherche maçonnique hitorique ne suscite pas souvent l'enthousiasme des sœurs et frères francs-maçons. Il faut bien le savoir pour souvent le déplorer. Cela nous demande donc plus d'effort pour faire aimer la partie historique de l'Ordre et de la Franc-maçonnerie en général.

Il est vrai également que l'érudition fait peur et que le travail intellectuel historoique nous effraie, voir nous rebute. Dans le cadre de l'étude de la Franc-maçonnerie on ne saisit souvent pas l'importance de l'histoire dans la création d'un rite ou d'une obédience. S'il y a un ésotérisme maçonnique il faut que celui-ci soit également éclairé par l'histoire. On ne peut comprendre le monde qui nous entoure sans connaître l'histoire, les petites comme la grande. Comment comprendre Jean-Baptiste Willermoz si on ne s'attache pas à son histoire ? Comment comprendre la Stricte Observance si on ne s'attache pas à la vie de Karl von Hund ? Même si nous aimons vivre replié sur nous même, être entre nous, ne devons-nous pas nous ouvrir plus au monde qui nous entoure et à son histoire ? La Franc-maçonnerie doit être une sorte de savoir être, plus qu'un savoir faire. Ainsi un véritable franc-maçon doit toujours concilier sa pensée et son action qui en découle grâce aux vertus de son cœur et de sa connaissance. Il nous faut donc penser qu'un bon franc-maçon est celui qui à la capacité d'agir en homme de pensée et de penser en homme d'action.