Logotype de la Grande Loge des Régimes RectifiésLes blasons de l'Ordre

Hinc Nascitur OrdoDe là commence l'Ordre

Grande Loge des Régimes Rectifiés

Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem

Tableau de Charles de HundCharles de Hund

Les deux provinces rétablies de l'OrdreAuvergne Occitania

L’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem n’est ni une obédience maçonnique ni une grande loge régissant divers rites, mais un ordre au sens plénier ; ce qui inclut deux caractéristiques essentielles : il s’agit d’une association de personnes vivant en communion de pensée après avoir fait des vœux solennels, soumises à des règles morales inspirées de la Règle de l’Ordre du Temple mais adaptées à leur état laïc, et d’un ensemble fortement hiérarchisé exigeant de ses membres une obédience absolue aux supérieurs visibles et invisibles de l’Ordre. C’est seulement dans ce dernier sens qu’il est possible d’utiliser le terme d’ « obédience » ; celui de Grande Loge des Régimes Rectifiés s’applique à l’organisme qui régit les quatre premiers grades allégoriques pour répondre à la règle maçonnique commune qui veut que les grades d’Apprenti, de Compagnon de Maître et de Maître Ecossais soient placés sous la juridiction d’une Grande Loge, à l’exclusion de tout autre grade.

Dans le système de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem, la Grande Loge des Regimes Rectfiés n’est qu’une émanation du Grand Chapitre Général duquel elle tire sa légitimité, le Maître de Loge (ou Vénérable Maître) ayant reçu de ce dernier, en tant que Commandeur de Maison, mandat pour diriger sa loge. Selon les usages de la Maçonnerie Rectifiée, l’installation d’une nouvelle loge se fait en deux temps : le Maître de Loge désigné par le Grand Maître National, après avis consultatif des Chevaliers Capitulaires, reçoit un « diplôme de concession » l’habilitant à prendre le vénéralat ad vitam de la loge allégorique ; le serment prêté entre les mains du Grand Maître National ou de son Vicaire précise qu’il doit « [s’]acquitter fidèlement et avec soumission des fonctions de Commandeur de Maison et du gouvernement qui [lui] a été accordé en cette qualité de la loge régulière, sous le titre distinctif N.N., établie et confirmée par le Chapitre Général, à la direction de laquelle Dieu et le Grand Supérieur de l’Ordre [l’]ont établi ; […] d’exécuter consciencieusement et scrupuleusement en tout et partout les lois qui [lui] ont été prescrites par le Saint Ordre […] » ; puis a lieu l’installation de la loge proprement dite, selon la Forme d’Installation des Loges Réunies et Rectifiées, qui voit tous les Officiers Dignitaires et les Frères fondateurs promettre, par la voix des Surveillants , « de remplir avec la fidélité la plus entière et la plus scrupuleuse exactitude les engagements [qu’ils ont] contractés envers [leurs] Supérieurs légitimes […] et envers le Vénérable constitué Maître inamovible de [la] loge », jurant, « de [se] conformer à tous les statuts et règlements reçus ou à recevoir d’eux. […] ».

Ainsi l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem inclut l’ensemble des grades, qu’ils soient allégoriques, chevaleresques ou cléricaux, de l’Apprenti maçon au Grand Prêtre des Templiers et Supérieur Inconnu de l’Ordre templier.

Les appellations d’ « Ordre Intérieur ou Saint Ordre » pour les grades chevaleresques et additionnels régis par le Grand Chapitre General, et de « Très Saint Ordre » pour les degrés du Cléricat Templier régis par le Grand Chapitre Clérical ne doivent pas être entendues comme autant d’ordres distincts mais comme une hiérarchie comprenant quatre branches constituant une structure pyramidale : la Franc-Maçonnerie allégorique, la branche chevaleresque, la branche cléricale, le tout étant couronné par le Haut Chapitre Clérical au sein duquel sont reçus les Supérieurs Inconnus ou Magni Sacerdotes Templariorum de la branche secrète de l’Ordre du Temple, Grands Pontifes de la Jérusalem céleste.

Au vu de tout ce qui précède, l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem doit être considérée comme un ordre maçonnico-chevaleresque, dans la tradition des grands ordres de chevalerie médiévaux, comme l’ont voulu ses inventeurs du XVIIIème siècle ; la « Formule de profession des Chevaliers Templiers réformés de l’Ordre » obligeant ses membres à « observer toute [leur] vie la règle qui a été donnée aux Frères Chevaliers du Temple par saint Bernard, abbé de Clairvaux, confirmée par notre saint père le pape Honorius second, dans tous ses points et articles applicables à l’état présent de l’Ordre et qui ne sont pas dispensés ; de vivre dans l’obéissance, sans rien de propre dans l’Ordre, et dans la chasteté spirituelle, c’est-à-dire dans la candeur de l’esprit et dans l’horreur de la séduction ».

Le terme d’ « Ecossais » est appliqué, au système de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem. S’agit-il, d’une référence à l’origine écossaise d’un système qui prit, en fait, naissance en Allemagne ?

Deux explications peuvent être avancées. L’une se réfère à la légende néo-templière qui rapporte qu’après la dissolution de l’Ordre du Temple et le supplice de son grand maître, Jacques de Molay, Pierre d’Aumont, grand maître provincial de l’Auvergne, deux commandeurs et cinq chevaliers, déguisés en maçons, débarquèrent dans l’île écossaise de Mull et y trouvèrent le grand commandeur d’Hampton-Court, George Harris et plusieurs autres frères avec lesquels ils résolurent de continuer l’Ordre. C’est le jour de la Saint-Jean d’Eté 1312 que, dans un chapitre solennel, Aumont, premier du nom, fut nommé grand maître. Pour se soustraire aux persécutions, les frères adoptèrent des symboles empruntés à l’architecture et se qualifièrent maçons libres ou francs-maçons.

Cette légende est le « mythe fondateur » de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem qui a toujours prétendu être l’Ordre du Temple « rétabli et renouvelé », perpétué secrètement « sous le voile et les allégories de la Franc-Maçonnerie ».

Le Maître Ecossais qui se présente au Noviciat séculier déclare venir « des Iles de l’Ecosse » où « il y a travaillé en tant que Franc-Maçon ». L’Extrait de l’histoire la plus récente de l’Ordre de 1312 à 1744, lue au grade de Chevalier, reprend les éléments de la légende ci-dessus : il précise, notamment, que pour « se soustraire à la poursuite et pour que l’Ordre ne fût pas découvert, Aumont proposa d’inventer et d’adopter, à la manière des maçons de métier, des signes et des mots secrets qui permissent [aux Frères] de communiquer et de se reconnaître ; et comme ils s’étaient, contre la volonté de leurs ennemi, proclamé libres et avaient adopté des coutumes étrangères, ils se déclarèrent Francs-Maçons et au début ils exercèrent vraiment ce métier ». C’est le successeur d’Aumont, Harris qui, en 1320, « ajouta au grade de Maître celui d’Ecossais pour que les descendants gardassent la mémoire de la renaissance de l’Ordre dans les îles écossaises. Le vrai Ordre commença avec le Noviciat [..] » Par « vrai Ordre », il faut entendre les grades chevaleresques proprement dits, celui de Maître Ecossais pouvant être considéré, par son contenu symbolique, comme relevant encore de la Maçonnerie allégorique, bien que rattaché à l’Ordre Intérieur.

L’influence du templarisme jacobite est la seconde explication de l’origine écossaise de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem. Il est tout à fait plausible que le baron de Hund ait tenu sa légitimité d’un Chapitre « templier » au sein duquel il aurait été reçu à Paris, en 1743, en présence d’un « Chevalier au plumet rouge », dont l’identité reste incertaine, et du Prétendant Charles-Edouard Stuart en personne. Il semble bien qu’il ait subsisté une branche « écossaise » de l’Ordre du Temple dont le Prétendant fut le grand maître. Par une lettre du 30 septembre 1745 (dont l’original n’a malheureusement pas été retrouvé) adressée d’Edimbourg par le duc de Perth à David lord Ogilvy, nous apprenons que « John, Comte de Mar, succéda à la Grande Maîtrise [du Temple] ; que, suite à sa démission, le Duc d’Athole assuma l’administration des affaires de l’Ordre comme Régent ; et, finalement, qu’en 1745, [le 24 septembre], le Prince Charles-Edouard Stuart fut élu à la haute charge de Grand Maître, au cours d’un Chapitre solennel tenu dans le Palais d’Holyrood ».

La lettre en question affirme qu’il a bien existé une survivance écossaise de l’Ordre du Temple, ne revêtant aucun caractère maçonnique ; c’est au sein de cet Ordre du Temple jacobite que fut reçu le baron de Hund, en 1743, par le comte William de Kilmarnock, grand maître des Maçons d’Ecosse (1742-1743), de l’entourage du Prétendant, et c’est de lui qu’il reçut une patente pour implanter et développer l’Ordre en Allemagne ; si le Prétendant lui-même assistait à cette cérémonie, ce ne pouvait être en 1743 comme grand maître de l’Ordre, mais tout laisse à penser qu’il ait joué à sa tête, avant son élection, un rôle purement honorifique, les souverains écossais ayant toujours accordé leur protection aux ordres chevaleresques et religieux.

Après la défaite de Culloden (1746), qui mit fin aux espoirs de restauration des Stuarts sur le trône d’Ecosse, l’Ordre du Temple « jacobite » put se perpétuer au sein des loges maçonniques stuartistes ; il devint alors un grade maçonnique et réapparaîtra « sous le voile et les allégories » de la Franc-Maçonnerie à la fin du XVIIIème siècle, pour devenir The Order of the Temple, plus connu sous le nom de Knights Templar (Chevaliers Templiers), qui bien que de nature purement chevaleresque n’est accessible qu’aux Frères de la Grande Loge d’Ecosse (et autres obédiences maçonniques qu’elle reconnaît).

Cette influence stuartiste, donc écossaise, se retrouve dans l’Ordre Sublime des Chevaliers Elus, dont on suit les premières traces en France à partir de 1750 et qui, dans sa version templière dite de Quimper, se réfère explicitement à l’Ordre du Temple. Même s’il s’agit d’un grade d’Elu ou de vengeance, puisque le thème essentiel de la réception du candidat est la recherche de l’assassin de Maître Hiram (bien que la vulgate maçonnique parle toujours, en conformité avec le déroulement du rituel du grade de Maître, de trois assassins), l’Histoire de l’Ordre Sublime et neuf des questions du catéchisme – qui en comporte soixante-quatre – se réfèrent à la légende néo-templière et à la fondation de l’Ordre en 1118 : « [Des Templiers] pour éviter la persécution, se réfugièrent dans l’Ecosse où ils avaient des frères. Là, ils prirent le nom d’élus pour ne pas subir le même sort et pour éviter les calomnies [qui] avaient en France indisposé le vulgaire contre leur Ordre et servi de prétexte à leur destruction. » De plus les statuts mentionnent deux membres de l’Ordre Sublime qui paraissent être les mêmes que ceux donnés par l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : le comte René-François de La Tour du Pin et le baron de Weigensac.

Cet Ordre Sublime des Chevaliers Elus était dans la mouvance des Ecossais stuartistes en exil et les sympathies jacobites de ses membres peuvent être largement prouvées. Si rien n’indique que le baron de Hund y ait été reçu, les références templières de l’histoire et du catéchisme de la version de Quimper ont pu être une source d’inspiration pour l’élaboration du « corpus » de la branche chevaleresque de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem et du Cléricat Templier.

La branche chevaleresque de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem ou Ordre Intérieur (encore appelé Saint Ordre) comportait, outre le Noviciat séculier ou militaire, cinq dignités donnant lieu chacune à une obligation différente : Chevalier du Temple ou Eques, Ecuyer (Armiger) ou Compagnon d’armes, Servant d’armes, Valet d’armes,Confrère Socius (Associé) ou Amicus (Ami) du Temple, et la qualité de Chevalier Profès, qui n’était pas un grade supplémentaire ou un grade secret, contrairement aux deux classes secrètes de Profès et de Grand Profès du Régime Ecossais Rectifié. On appelait Profès celui qui avait fait sa dernière Profession appelée majeure ; cette Profession était un acte libre et uniquement à la volonté de celui qui le faisait, par lequel il s’engageait irrévocablement envers l'Ordre, à en observer toutes les lois, règles et statuts, et à une obéissance entière envers ses supérieurs.

L’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem, se voulant l’Ordre du Temple rétabli et renouvelé, se devait de reprendre les notions de noviciat et de profession, à l’imitation de tous les grands ordres de chevalerie médiévaux. Le rituel de réception au Noviciat militaire n’est pas encore de nature chevaleresque puisque le candidat, qui vient « des Iles de l’Ecosse », se présente avec son tablier de Maître Ecossais dont le Supérieur, en fin de réception, relèvera la partie droite pour la mettre dans la ceinture du côté gauche. Seul le rituel de Chevalier présente toutes les caractéristiques de réception dans un ordre de chevalerie. Le Novice quittera ses habits de Maçon pour revêtir une armure, « l’habit le plus digne d’un Chevalier ». Le serment prêté par le récipiendaire exige l’observance stricte de trois vœux : l’obéissance envers les Supérieurs de l’Ordre, le silence et l’observation des statuts incluant, notamment, « la charité chrétienne envers les pauvres et au premier chef envers les Frères du Temple et envers l’Ordre ». Après cette prestation de serment, le Célébrant lui remettra le casque, la cotte d’armes, l’épée, la croix et lui touchera trois fois les épaules avec le glaive de l’Ordre ; la cérémonie se termine par la remise du cordon rouge « avec le signe de la sainte croix formée par […] neuf nœuds en mémoire des neuf fondateurs de l’Ordre » et par l’anneau d’or passé au petit doigt de la main droite. Le nouveau Chevalier, avant la remise de l’anneau, aura reçu son nom d’Ordre (en latin) : Eques a (ou ab)…, son blason et sa devise.

Ce rituel chevaleresque n’est en rien comparable au mode de réception des chevaliers du Temple connu sous le titre : « C’est ainsi que l’on doit faire frère et recevoir au Temple » et qui fait partie de la Règle (articles 657 à 686 inclus). Il s’agissait d’un mode de réception dans un ordre monastique de chevaliers ayant précédemment reçu l’ « ordre de chevalerie » dans le siècle, exigeant de ses membres les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance.

La Profession majeure, qui donnait le titre de Chevalier Profès, voulait que le candidat observât « toute [sa] vie la règle qui a été donnée aux Frères Chevaliers du Temple par saint Bernard, abbé de Clairvaux, […] dans tous ses points et articles applicables à l’état présent de l’Ordre et qui ne sont pas dispensés ». Le Chevalier Profès portera dorénavant son anneau de chevalerie au petit doigt de la main gauche.

De tout ce qui précède, il s’avère que ces rituels chevaleresques sont propres aux « Chevaliers Templiers réformés de l’Ordre [Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem] », mais proches de ceux qui étaient alors pratiqués par les autres ordres de chevalerie religieux ou séculiers. Leurs rédacteurs ne pouvaient s’inspirer que d’un Ordre qui était à leur portée et cet Ordre ne pouvait être que l’Ordre Teutonique qui, de plus, était contemporain de l’Ordre du Temple. D’ailleurs, il y a de grandes similitudes entre les deux rituels, bien que chez les Teutoniques la réception d’un Chevalier-Profès se déroulât toujours au cours d’une messe solennelle. Après une année de noviciat avait lieu la profession : le candidat se présentait en cuirasses et en bottes sans éperons, le casque à visière à demi-fermée ; le grand maître frappait de son épée le récipiendaire de trois coups, deux sur les épaules et un sur la tête ; on lui attachait les éperons et on levait la visière de son casque. Après avoir quitté son armure et repris son habit noir, le prêtre officiant lui remettait le manteau et la croix de l’Ordre.

L’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem contemporain ne pratique que la réception au Noviciat séculier et au grade de Chevalier du Temple, complété par la Profession majeure, mais a conservé la mémoire des autres dignités puisque, le Novice est d’abord investi comme « Valet d’armes, Servant d’armes et Ecuyer ou Compagnon d’armes » avant d’être armé Chevalier ou Eques ; le mot de passe d’Ecuyer lui est communiqué avant qu’il n’aille « revêtir l’habit du Chevalier ».

Le titre de Socius et Amicus, ou Associé, Ami et Protecteur de l’Ordre, est conféré à ceux qui désirent être admis aux connaissances qu’il renferme et coopérer à son but, sans cependant être lié à ses règles comme les Chevaliers ; ils s’engagent, comme eux, à lui être utiles, à le protéger, autant qu’il dépendra d’eux, et au secret, mais sans s’assujettir à son régime. L’entrée dans cette classe n’est accordée qu’aux princes, aux personnes de haute naissance ou à ceux qui par leur état très distingué et par leur position personnelle sont à la portée de rendre des services importants à l’Ordre en général. L’admission d’un Confrère Socius est réglée par un rituel qui est propre à cette classe.

Ainsi, le Célébrant, au cours d’une cérémonie dont le rituel est celui pratiqué par les Templiers allemands du XVIIIème siècle, recevra le Novice dans la chevalerie du Temple suivant l’antique formule : « En l’honneur de Dieu, de Sainte Marie et de Saint Bernard, je te reçois Chevalier du Christ et du Temple de Salomon et t’admets à tous les bienfaits de l’Ordre, qui lui ont été faits dès le commencement et qui lui seront faits jusques à la fin ».

David souhaite construire une maison à JHVH, le Dieu d’Israël : un temple pour abriter l’arche d’alliance qui est elle-même appelée « la Demeure de JHVH » et où Dieu réside. Il fait venir l’arche depuis Qiryat Yearim où elle est gardée depuis 70 ans par les Gabaonites, dans le « Grand haut lieu », sur la montagne de Gabaon1, et la place sous une tente à Jérusalem. Mais JHVH n’accepte pas que ce soit David qui fasse construire le temple, car il a fait couler trop de sang.

Salomon, son fils, réalise son souhait : il commence la construction du Temple en 959 av. J.-C.2 dans la quatrième année de son règne. La construction dure sept ans. Hiram, roi de Tyr, en Phénicie, lui envoie du bois, des charpentiers et des tailleurs de pierre recrutés à Guébal-Byblos ; ses habitants, les Giblites, sont en relation commerciale fort ancienne avec l’Egypte et fournissent également des travailleurs expérimentés aux Egyptiens. De plus Salomon fait appel à Hiram-Abiff, maître bronzier.

Le Temple est décoré de deux colonnes placées à l’entrée: Booz au Nord, Jakin au Sud.

Il est construit selon un plan en trois parties : d’abord le porche (ulâm), situé derrière une double porte, puis la grande salle (hékâl) et enfin le Saint des Saints (debir), fermé par une porte et plongé dans l’obscurité, dans lequel repose l’arche d’alliance, qui est le lieu de manifestation de la Shekinah, présence réelle de Dieu sur terre.

Les trois premiers grades du rite de Stricte Observance, se rapportent à cette édification. Le Temple, placé dans l’enceinte du palais royal, est l’image du ciel fixé sur terre. C’est une image du Saint Palais ou Palais intérieur point d’origine des six directions3. Ces six directions permettent de définir n’importe quel point d’un espace en trois dimensions. Le tapis de loge sous le symbole du Temple de Salomon est, à la manière d’un mandala, une représentation du monde.

Salomon réunissant en une seule personne l’autorité spirituelle et le pouvoir temporel y officie comme Roi et Prêtre Suprême ; vingt siècles plus tard, sur le même lieu, prend naissance l’Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon qui, en tant que chevaliers et moines, seront les derniers représentants occidentaux de l’union des deux pouvoirs royal et sacerdotal. Le maître de la loge maçonnique est installé dans la chaire du Roi Salomon4.

En 586 av. J.-C. Nabuchodonosor détruit le Temple et déporte à Babylone le peuple de Jérusalem. Mais, dès avant 586 av. J.-C., on perd la trace de l’arche. Elle est probablement cachée pour éviter qu’elle ne tombe entre les mains des envahisseurs babyloniens. On évoque le nom de Jérémie et la possibilité d’une cache dans le mont Nébo5. Le prophète Ezéchiel a une vision du Temple réédifié selon un plan idéal. En 538 av. J.-C., Cyrus l’Achéménide autorise les déportés à rentrer en Palestine. Sous la conduite de Josué et Zorobabel, et avec l’accord des prophètes Aggée et Zacharie, les Juifs reconstruisent le Temple ; mais, faute de moyens, il ne retrouvera jamais sa splendeur passée. Les grades de Maître Ecossais (ou Ecossais Vert) et de Chevalier de l’Epée (ou de l’Orient) se rapportent à cet épisode de l’histoire du Temple. L’arche d’alliance n’est plus présente dans le Saint des Saints, seule une dalle de pierre rappelle son emplacement. C’est la pierre shethiyah ou pierre fondamentale qui marque le « Centre du monde », point de chute de la pierre noire qui n’est pas sans rapport avec la lapsit exillis ou pierre issue des cieux de Wolfram von Eschenbach. En 168 av. J.-C., le Séleucide Antiochus Epiphane pille le Temple et y installe une idole. Il est de nouveau purifié en 164. C’est l’origine de la fête de la Dédicace. En 63 av. J.-C., les Romains prennent Jérusalem. Hérode devient roi et entreprend en 20 av. J.-C. des travaux considérables afin de lui redonner tout son faste. Ceux-ci durent jusqu’en 64 ap. J.-C. En 66 ap. J.-C., une insurrection des Juifs est écrasée par les Romains; en 70, Titus assiège les derniers défenseurs réfugiés dans le Temple. Au cours des combats un incendie éclate et le détruit totalement. Seuls furent sauvés et ramenés à Rome le chandelier à sept branches, la table des pains de proposition et les trompettes sacrées. Le Temple physique est détruit mais, selon la parole évangélique, il aura suffi de trois jours pour que le Christ, par sa résurrection, le reconstruise. Le grade de Chevalier de l’Aigle Souverain de Rose-Croix en développe le symbolisme.

En 638, le calife Omar occupe Jérusalem. En 687, Abd-el-Mélik fait édifier sur l’emplacement du Rocher la « mosquée d’Omar » ou coupole du Rocher. En 780 est achevée la mosquée el-Aqsa au sud de l’esplanade.

En 1099, les croisés s’emparent de Jérusalem ; ils transforment les mosquées en églises. La mosquée el-Aqsa devient le Templum Domini et figure sur les sceaux templiers et sur l’emblème de la IIIème province de l’Ordre. Les Templiers se voient attribuer la partie sud de la colline du temple6 qui comporte en particulier les fameuses « Ecuries de Salomon »7 Les grades de Novice, de Chevalier du Temple et de Chevalier Profès reprennent les rituels initiatiques chevaleresques de la branche « militaire ».

En 1187, après le désastre de Hattin, Saladin reprend la ville.

Le tableau de loge aux trois premiers grades se rapporte clairement à la vision idéale du Temple de Salomon qui, comme celui d’Ezéchiel8 comporte trois portes : l’une fermée située à l’Est, les deux autres ouvertes situées au Nord et au Sud. Cette image idéale du Temple renvoie à la notion de Jérusalem céleste qui doit descendre des cieux à la fin des temps et où Dieu réside9. Le Cléricat Templier avec les grades de Postulant, de Novice et de Chanoine se placent ici.

La Shekinah repose au cœur du Temple et elle est assimilée à une lumière10 « La ville peut se passer de l’éclat du soleil et de celui de la lune, car la gloire de Dieu l’a illuminée, et l’Agneau lui tient lieu de flambeau »11 La Shekinah est présence divine et selon la parole : « Lorsque deux ou trois seront rassemblés en mon nom Je serai au milieu d’eux »12.

Le Temple de Salomon est « Centre du Monde », représentation symbolique du cœur de la tradition juive et par là même de la tradition chrétienne, image du ciel sur la terre. Il est la représentation du centre spirituel de la chrétienté. Les « Gardiens de la Terre Sainte », ainsi que se nommaient les pauvres chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, en assurent la garde. De même que « le peuple juif est le corps et le sang du Christ »13 le Temple de Jérusalem est le Christ lui-même, selon la parole : « Détruisez ce Temple et en trois jours je le reconstruirai ». Si le Temple n’a jamais été reconstruit, c’est que le Christ lui-même est le Temple et que par sa résurrection il l’a réédifié pour l’éternité. C’est le cœur de l’homme qui doit l’accueillir. Le pire blasphème résiderait dans une volonté humaine de reconstruire un édifice de pierres sur l’emplacement du Temple. Il serait une négation de la divinité du Christ, la concrétisation du rejet de son message, un enfoncement dans la matérialité et, stricto sensu, un renversement anti-christique des valeurs. Le véritable travail consiste à tailler les pierres que nous sommes, pour leur permettre de prendre place dans l’édifice sacré qu’est le corps du Christ.

Un « Centre Suprême » ou « Terre Sainte » est toujours protégé par une triple enceinte. Les Templiers furent appelés « gardiens de la Terre sainte »14 ce qui n’est pas sans rapport avec la « chevalerie du Saint -Graal ». L’édifice du Temple avait été conçu pour contenir l’arche d’alliance. L’arche elle-même était destinée à recevoir un certain nombre d’objets sacrés dont l’un était une coupe. Cette coupe contenait un objet d’origine non humaine15. La structure trinitaire de protection se dégage ici très nettement : d’abord le temple, puis l’arche, enfin la coupe.

Il est intéressant de noter que la construction est en rapport avec les métiers artisanaux, que l’arche, étant utilisée par l’armée d’Israël pour obtenir la victoire au combat16 peut se rapporter à la chevalerie17 et que la coupe, présente sur l’autel au cours du sacrifice de la sainte messe, est à mettre en relation avec le sacerdoce.

1. 1 Chroniques 21, 29.
2. Une ancienne tradition maçonnique des constructeurs écossais situe le début de la construction le 2 avril.
3. Sepher Ietsirah. On retrouve ce symbole sur certains sceaux templiers sous la forme de l’escarboucle ou étoile à six rayons. Ces six directions sont le septentrion, le ponant, le midi, le couchant, le zénith et le nadir.
4. Selon les Eglises chrétiennes orthodoxes tout baptisé dans le Christ est Prêtre, Prophète et Roi.
5. On trouve aussi le symbole de l’arche d’alliance dans la maçonnerie du Grand Chapitre de Clermont.
6. Le Temple de Salomon était le lieu de manifestation des influences spirituelles et l’Arche y jouait un rôle de « condensateur » (cf. René Guénon , L’erreur spirite , p. 58, Ed. Traditionnelles, 1984.) C’était un véritable centre de forces et sa situation géographique ne devait rien au hasard. En sachant cela, on mesure pleinement l’extrême importance du choix de ce lieu par les Templiers, aussi bien pour s’y établir que pour en incorporer le nom dans l’appellation de leur Ordre.
7. Cf. l’article « Les Templiers à Jérusalem », de Jehan de Ais in la revue Templarium n°1 avril-mai-juin 2002.
8. Cf. André Parrot, « Le Temple de Jérusalem » in Cahiers d’Archéologie Biblique n° 5, p.47, Ed. Delachaux & Niestlé
. 9. Apocalypse de Jean 22, 3-5.
10. Cf. René Guénon, Le Roi du Monde, chap. III, p.23, Ed. Gallimard, 1985.
11. Apocalypse de Jean 21, 23.
12. Il remarquable de noter qu’une loge ne peut être ouverte que si trois Maîtres Maçons sont présents.
13. Paroles de Saint Bernard condamnant les massacres de Juifs en Europe.
14. Cf. René Guénon, Aperçus sur l’ésotérisme chrétien, p.50, Ed. Traditionnelles, 1988.
15. Cf. Visions d’Anne-Catherine Emmerich sur la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, t.1, p. 9 , Ed. Tequi, s.d.
16. 1 Samuel 4, 3.
17. La Shekinah dont le lieu de manifestation est l’Arche est l’équivalent à certains égards de la Shakti hindoue aspect féminin de la Divinité ; et l’on sait l’importance de l’élément féminin dans toute initiation chevaleresque.

Pour la chrétienté médiévale, Jérusalem fut le centre du monde, c’est-à-dire le centre de la tradition chrétienne, voire judéo-chrétienne, et le voyage à Jérusalem, vécu comme un pèlerinage, l’image du retour au centre. Si Jérusalem, la sainte Sion, est la ville sainte du judaïsme, elle est également celle du christianisme, par la continuité de l’un à l’autre, malgré les ruptures apparentes. La Terre sainte est aussi assimilée au Paradis terrestre des occidentaux, point de départ de la tradition judéo-chrétienne, d’où partent les quatre fleuves coulant vers les quatre points cardinaux, qui est également le « séjour d’immortalité » comme le rapporte la Genèse.

Celui qui est réintégré dans le Paradis a désormais sa demeure dans le « Centre du Monde ». Le retour au centre est symbolisé par le pèlerinage qui est bien une pérégrination devant mener, après beaucoup d’épreuves, au Centre. Et le pèlerinage à Jérusalem est à la fois ce retour au centre, c’est-à-dire au centre de la tradition chrétienne, sur un plan horizontal, et, sur un plan vertical, dans une perspective eschatologique, le désir de voir la Jérusalem céleste descendre du ciel et se confondre, en quelque sorte, avec cette Jérusalem terrestre dont elle sera l’accomplissement.

A l’aube du XIème siècle, le pèlerinage individuel à Jérusalem, accompli et vécu comme un rite de pénitence, prendra une dimension de plus en plus collective. Mais, dans l’un et l’autre cas, le pèlerinage sera considéré comme marquant la crise définitive où le vieil homme se dépouille, créant ainsi une vie neuve. Le pèlerin se retrouve « comme né à nouveau et refait tout entier…, tous ses désirs comblés de cette vie terrestre ». Rite de pénitence par excellence, il sera vécu comme tel, après un dépouillement de tous les biens terrestres, le dernier bien étant la vie à laquelle le pèlerin devra même s’engager à renoncer sur le chemin qui mène au Centre, c’est-à-dire Dieu, « Principe et Fin » (Apocalypse 22, 13) de toutes choses. Le départ pour les Lieux saints ne se fera donc pas sans dépouillement préalable, l’exigence de pauvreté exigeant l’allégement du fardeau de la tentation à retrouver un jour ses richesses ou bien contraignant à ne plus revenir. La vie religieuse de l’occident verra dans l’acte de pèlerinage l’œuvre suprême de religion, individuelle au départ, puis de plus en plus collective.

Il s’agit, dans cet « esprit de croisade », d’une rencontre physique avec les lieux où s’est accompli le mystère de la Rédemption. Les troupes qui vont à Jérusalem reprennent la vieille marche des Hébreux pénétrant en Terre sainte. C’est un nouvel Exode vers cette Jérusalem terrestre, image imparfaite de la Jérusalem céleste, sur laquelle doit régner pour l’éternité le Roi des derniers jours issu de la semence de David. La route de Jérusalem devient la voie de l’accomplissement des Temps, œuvre collective de salut commun individuel, obligeant de se battre pour arriver à son terme. Dans l’extraordinaire attente de l’accomplissement du temps des nations selon Luc 21, 24, qui précède la première croisade prêchée par le pape Urbain II le 27 novembre 1095, espace et histoire se confondent, dont le mot « plénitude » est la réalisation même. Après quoi il n’est rien d’autre sinon la certitude de la parousie en cette sainte Cité où aura lieu l’avènement du Christ glorieux et où l’humanité, de l’orient comme de l’occident, doit se rejoindre pour l’exaltation suprême de son salut.

Dans cette perspective de la croisade, le symbolisme du voyage est à rapprocher de celui de la guerre et l’on se rend compte combien le but de ce pèlerinage, identifié symboliquement à la « Terre Sainte » ou « Terre des Vivants », peut prendre une dimension collective, accompagnée de signes et de prodiges se manifestant à ceux-là seuls qui ont vécu le dépouillement intégral ; ce qui explique qu’ils n’accompagneront que la croisade des pauvres et non celle des barons.

Si Jérusalem est bien le nombril, le centre de la terre, le lieu où s’est accompli le plus haut, le plus total mystère qui concerne l’univers chrétien et son salut, ce centre du monde est aussi le chœur de la tradition chrétienne, lui-même figuré par un vase qui n’est autre que celui que les légendes du Moyen Age occidental devaient désigner comme le Saint-Graal. Et tout centre suprême doit être gardé à partir de sa circonférence afin que puissent se déplacer, de la périphérie vers le centre, les individus et les foules qui participent de cette migration de l’occident vers l’orient. Telle sera la mission des grands ordres de chevalerie médiévaux nés des croisades, dont l’attribution est bien celle de « Gardiens de la Terre Sainte », et plus particulièrement des Templiers. « Chevalerie du Saint-Graal », « Gardiens de la Terre Sainte » sont des dénominations attachées à ceux dont la mission première est de protéger le Centre Suprême où sont détenus les secrets de la Tradition primordiale, adaptée aux conditions de temps et de lieu. Et lorsqu’une tradition particulière perd son rattachement au Centre, entendu sur un plan géographique et symbolique, ceux qui avaient pour mission de la défendre perdront, par le fait même, leur raison d’être. Tel fut le destin tragique des Templiers puisque vingt et un ans seulement séparent la perte définitive de la Terre sainte de l’abolition de l’Ordre en tant qu’organisation constituée.

Le Centre, la Terre Sainte, le pèlerinage et la croisade ne sont que les différentes facettes d’une même réalité ; le retour, individuel ou collectif, à l’Unité primordiale passant par une rencontre physique avec les lieux mêmes où la Tradition s’est manifestée et où s’opère la réintégration dans le Principe suprême, là où s’unifient tous les contraires, où se résolvent toutes les oppositions. Tout pèlerinage en Terre Sainte, vécu en mode héroïque, est l’ « alpha et l’oméga » du pèlerinage terrestre vers la Cité céleste.


Blason de la Loge Chapitrale de Recherches Pierre d'Aumont

Blason de la Loge Pierre d'Aumont

Le mot du Maître de Loge.

Les « Cahiers de Pierre d'Aumont » sont l'œuvre d'une équipe qui se passionne pour ce rite trop peu connu en France qu'est la Stricte Observance mais aussi pour le Rite Ecossais Rectifié. A travers la recherche des sources, des documents originaux, nous préparons l'avenir en retrouvant les motivations réelles des fondateurs historiques de ces deux rites.

[...] Il est vrai que malheureusement la recherche maçonnique hitorique ne suscite pas souvent l'enthousiasme des Frères et des Sœurs Francs-maçons. Il faut bien le savoir pour souvent le déplorer. Cela nous demande donc plus d'effort pour faire aimer la partie historique de notre Ordre et de la Franc-maçonnerie en général.

Il est vrai également que l'érudition fait peur et que le travail intellectuel historoique nous effraie, voir nous rebute. Dans le cadre de l'étude de la franc-maçonnerie on ne saisit souvent pas l'importance de l'histoire dans la création d'un rite ou d'une obédience. S'il y a un ésotérisme maçonnique il faut que celui-ci soit également éclairé par l'histoire. On ne peut comprendre le monde qui nous entoure sans connaître l'histoire, les petites comme la grande. Comment comprendre Jean-Baptiste Willermoz si on ne s'attache pas à son histoire ? Comment comprendre la Stricte Observance Templière si on ne s'attache pas à la vie de Karl von Hund ? Même si nous aimons vivre replié sur nous même, être entre nous, ne devons-nous pas nous ouvrir plus au monde qui nous entoure et à son histoire ? La franc-maçonnerie doit être une sorte de « savoir être », plus qu'un « savoir faire.» Ainsi un véritable franc-maçon doit toujours concilier sa pensée et son action qui en découle grâce aux vertus de son cœur et de sa connaissance. Il nous faut donc penser qu'un bon franc-maçon est celui qui à la capacité d'agir en homme de pensée et de penser en homme d'action. [...]

Le mot du Maître de la Loge de Recherche : Cahier n°14 novembre 2017.

Nous espérons que nos travaux vous plairont et tout apport constructif sera le bienvenu. Aucune de nos publications ne pourra être considérée comme un point final, mais comme un début de construction d'où seule la polémique stérile sera exclue. Notre revue se veut être interactive. Tous les apports, les ajouts motivés seront accueillis avec bienveillance. La recherche des sources ne peut être dogmatique, sous peine de rester vaine.

Avec vous nous allons poursuivre nos recherches dans le plus grand souci d’honnêteté et de rigueur.

Les chardons

Sommaires et articles choisis

▸ Cahier Pierre d’Aumont n°1 - 2003
  • Le mot du Maître de Loge.
  • Qui était Pierre d’Aumont ?
  • L’épée dans la symbolique chevaleresque.
  • La Loge « Sincérité », de Stricte Observance (Bohème, 1745-1785).
  • L’Ordre de De Molay aux U.S.A.
  • La fête de Saint-Hilaire à cause de l’acceptation des règles.
  • Les Templiers, d’après Jacques de Vitry.
  • La vie des Loges : Foulques de Matas n°1.
▸ Cahier Pierre d’Aumont n°2 - 2004
  • Le mot du Maître de Loge.
  • Spécificité spirituelle de la Stricte Observance.
  • Cérémonie d’installation dans le Degré Maçonnique de Chevalier Templier de Jérusalem et de chevalier Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Palestine, de Rhodes et de Malte.
  • Graal et Tradition primordiale.
  • L’assiduité en Franc-Maçonnerie.
  • Hugues de Payns et la Stricte Observance.
  • Prières de Templiers réformés.
  • La vie des Loges : Jacques de Molay n°2.
  • Les derniers moments de Jacques de Molay, d’après l’Histoire des Templiers (1805).
  • Introduction à l’héraldique et à sa réalité symbolique.
  • L’héraldique des Dames Chevalières de l’Ordre ou Equitissae.
▸ Cahier Pierre d’Aumont n°3 - 2005
  • Le message du Grand Prieur et du Maître de Loge.
  • La Stricte Observance d’hier et d’aujourd’hui.
  • Franc-Maçonnerie et ésotérisme chrétien.
  • Le rite de Mélésino et le grade de Grand Prêtre des Templiers ou Magnus Sacerdos Templarium.
  • Un grade méconnu : Sublime Ecossais ou Grand Pontife de la Jérusalem céleste, ou la Jérusalem céleste dans l’économie de la Stricte Observance.
  • De quelques préjugés et abus de langage en Franc-Maçonnerie (Anderson, bouddhisme, cathares, écossais, égrégore, exotérisme et religion).
  • Un « Catéchisme pour tous les Maçons » (1774).
  • Légende des Quatre Saints Couronnées.
  • Le Liber Ensorum ou Livre des Epées, par le Grand Ensifer de l’Ordre et le Grand Maître Provincial.
▸ Cahier Pierre d’Aumont n°4 - 2006
  • Le mot du Grand Maître.
  • Le message du Grand Prieur.
  • Le tracé du tableau de Loge d’Apprenti et de Compagnon.
  • Les origines des tableaux des grades de Maître et de Maître Ecossais (ou Ecossais Vert) de la Maçonnerie Rectifie de Dresde.
  • Un rituel de la « Voie substituée » : Chevalier de l’Asie.
  • La Trinité Divine.
  • Alphabets secrets et hiéroglyphes de la Stricte Observance Templière.
  • L’acte d’obédience du baron de Hund (n°6 des manuscrits du prince de Hesse).
  • Justification de l’Ordre des Templiers, par Jacques de Molay, dernier Grand Maître dudit Ordre ; adressée au Pape Clément V qui avait formé le dessein de réunir les deux Ordres Militaires, des Templiers et des Hospitaliers : environ l’an 1306. Ledit Grand Maître expose à Sa Sainteté les inconvénients qui en pourraient résulter.
  • Pour les sept fêtes de l’Ordre
  • La vie des Loges : Saint-Martial N°4, à l’Orient de Limoges.
▸ Cahier Pierre d’Aumont n°5 - 2007
  • Le mot du Grand Maître.
  • Le message du Grand Prieur.
  • Réception d’Apprenti (1775), fonds maçonnique Willermoz de Lyon.
  • Des spécificités du rituel de Lyon.
  • Les femmes et la Franc-Maçonnerie, ou l’initiation maçonnique féminine. Réflexions sur la maçonnerie d’adoption et les Obédiences féminines ou mixtes.
  • Ordre et sociétés mixtes androgynes.
  • Héroïne de Jéricho, un grade androgyne de la maçonnerie anglo-saxonne
  • Sic Transit gloria mundi.
  • Ecclésiaste (11, 7, 9 ; 12, 1-8).
  • La vie des Loges : Charles de Hund aux Trois Colonnes n°5.
▸ Cahier Pierre d’Aumont n°6 - 2008
  • Le mot du Grand Maître.
  • Le message du Grand Prieur.
  • Deux anciens rituels des maçons opératifs anglais.
  • L’égrégore.
  • Le pavé mosaïque.
  • Le système de la Stricte Observance d’après J. H. E. Comte Le Couteulx de Canteleu.
  • La patente Von Hund.
  • L’héraldique des armoiries de la patente de Hund.
  • La vie des loges : Spica aurea n°6.
▸ Cahier Pierre d’Aumont n°7 - 2008
  • Le mot du Grand Maître.
  • Le message du Grand Prieur.
  • Réception d’Apprentive de la loge égyptienne d’adoption (Maçonnerie égyptienne de Cagliostro).
  • Les rites d’Adoption aux Etats-Unis d’Amérique.
  • Un opéra maçonnique méconnu « La Reine de Saba », de Claude Gounod.
  • Le voyage de l’Apprenti à la Stricte Observance.
  • Les Dames du Temple, mythe ou réalité ?
  • Installation ésotérique du Maître de Loge.
  • Une gravure cryptée de la Stricte Observance du XVIIIe siècle.
  • La vie des loges : La Rose du Temple n°7.
▸ Cahier Pierre d’Aumont n°8 - 2010
  • Le mot du Grand Maître.
  • Le message du Grand Maître Provincial.
  • Grade du Chevalier du Phénix.
  • Rituel de Vrai Maçon ou Académicien (1774).
  • Les rituels de la Stricte Observance sont-il alchimiques ?
  • Les outils de la loge au grade d’Apprenti vus par un maçon opératif.
  • Symbolisme de la croix templière.
  • La planche inachevée.
  • La vie des loges : Saint Jacques aux Trois Coquilles n°8.
▸ Cahier Pierre d’Aumont n°9 - 2011
  • Le message du Grand Maître.
  • Le mot du Grand Maître Provincial.
  • Double Grade : Général des Argonautes et Chevalier de la Toison d’Or.
  • Grade des chevaliers de la Lune (XVIIIe siècle).
  • Histoire du Rite primitif et originel de Swedenborg (Discours de l’Orateur).
  • Le sens du sacré.
  • A propos de la Jérusalem céleste.
  • La vie des loges : La Rose de Jéricho n°9.
▸ Cahier Pierre d’Aumont n°10 - 2012
  • Le message du Grand Maître.
  • Le mot du Grand Maître Provincial.
  • Grade du Compagnon Fendeur adopté par la Maçonnerie (XVIIIe siècle)
  • Rituel des Fendeurs du Devoir.
  • Ni athée stupide, ni libertin irréligieux.
  • De l’Abraxas Panthée à l’Abraxas templier.
  • La croix et la bannière de Templiers.
  • La vie des Loges : Guillaume de Liège n° 10.
▸ Cahier Pierre d’Aumont n°11 - 2013
  • Le message du Grand Maître.
  • Le mot du Grand Maître Provincial.
  • Le mot du Maître de Loge.
  • Ordre ancien des Forestiers.
  • L’engagement.
  • L’immortalité de l’âme.
  • Emmanuel Swedenborg, chercheur et mystique.
  • La vie de Loges : Saint Martin de Tours n°11.
▸ Cahier Pierre d’Aumont n°12 - 2015
  • Le message du Grand Maître.
  • Le mot du Grand Maître Provincial.
  • L’exhortation du Grand Prieur et Régent ad honorem de l’Ordre.
  • La chevalerie des Dame.
  • Chevalière de la colombe (Maçonnerie d’Adoption du XVIIIe siècle.
  • De la Fraternité.
  • Les Tracés régulateurs du Tapis de Loge.
  • Le tracé au sol du Tapis de Loge.
  • L’ordre de Saint Thomas d’Acre.
  • Emmanuel Swedenborg, Franc-Maçon.
  • La Militia Christi ou une « revivification » de l’Ordre du Temple.
  • Bref historique de la R. L. Foulques de Matas n°1 (1995-2015).
  • La vie des loges : André de Montbard n°12.
▸ Cahier Pierre d’Aumont n°13 - 2016
  • Le mot du Maître de la Loge de Recherches.
  • Le mot du Grand Prieur.
  • Le mot du Grand Maître Provincial.
  • Le mot du Grand Maître Général.
  • L’acte de renonciation du 21 août 1782.
  • La réalisation spirituelle de l’Apprenti au rire de Stricte Observance.
  • Le traité entre les Directoires Ecossais de Stricte Observance de Lyon, Bordeaux et Strasbourg avec le Grand Orient de France de 1776.
  • La spiritualité de la Stricte Observance lors du Convent des Gaules de Lyon en 1778.
  • La sainte religion chrétienne.
  • La fraternité au vue du rituel d’Apprenti du Rite Ecossais Rectifié.
  • Propos pour la fête de Saint André.
  • Le cérémonial pour les banquets maçonniques au rite de Stricte Observance.
  • La maçonnerie des Dames.
  • Les tables de travail à la Stricte Observance.
  • Réfectoire des Frères Chevaliers.
  • La maçonnerie des Dames à Lyon en 1778.
  • Savoir et Connaissance ou la dualité du vocabulaire en maçonnerie.
  • Instruction pour les habits et croix de la Strictes Observance.
  • A l’aube de la franc-maçonnerie allemande, l’empreinte française
  • Le pavé mosaïque.
  • Statuts des du Temple concernant les mœurs et la conduite.
  • Délibération définitive du Directoire Ecossais du 25 avril 1777.
  • Matricule de la Grande Maîtrise entre l’Elbe et l’Oder
  • La croix du grade de Chevalier du Temple en 1754
  • La croix du grade de Chevalier du Temple en 1774
  • Brèves de plateau de Maître de Chaire
  • Bibliographie
  • La vie des Loges : Spice Unica n°13
▸ Cahier Pierre d’Aumont n°14 - 2017
  • Le mot de Maître de la Loge de recherche.
  • Le mot du Grand Prieur.
  • Le mot du Grand Maître Général.
  • Aspects alchimiques des rituels dans l'Ordre de la Stricte Observance.
  • Petite histoire de la remise des rituels de Stricte Observance à Jean-Baptiste Willermoz en 1774 par le Baron Von Weiller à Lyon.
  • Templiers et Francs-maçons : tentative d'explication des cérémonies maçonniques templières au regard des aspects de la Rose-Croix et du Jésuitisme.
  • Forme d'installation pour les Loges réunies, Stricte Observance de Lyon 1774.
  • Contributions et arguties pour une étude de la Stricte Obervance : début et fin de la Stricte Observance templière.
  • Graal et tradition primordiale.
  • Le trivium au sein des arts libéraux.
  • La bienfaisance : réponse de Jean-Baptiste Willermoz à A Fascia.
  • La vraie maçonnerie d'adoption en 1787 vue par le Frère Louis Guillemain de Saint-Victor.
  • La société de Jean-Pierre Beyerle ou "une société maçonnique idéale."
  • Grade de Chevalier de la vrais maçonnerie ou Hiram ressussité.
  • Propos sur l'hexagramme flamboyant.
  • Vies et Vicissitudes de la Loge de Saint Jean "Amalia zur drei rosen." Texte tiré des notes du Frère Michael Hansenbeck.
  • L'ange dans la tradition chrétienne.
  • Maçonnerie des dames Turques de l'Asie.
  • Bénédicité des Maçons.
  • Bibliographie.
  • La vies des Loges : "Amalia aux Trois Roses" par le Maître de Loge.

Des articles choisis

▸ La chevalerie des Dames : cahier n°12 -

Ce travail, qui se propose de présenter un certain nombre d’ordres de chevalerie propres aux femmes, veut également aborder le problème de la chevalerie des dames. Par cette dernière appellation nous entendrons des ordres monastiques dévolus aux religieuses relevant des ordres chevaleresques issus des croisades (Saint-Jean de Jérusalem, Saint-Sépulcre, Teutonique…), des ordres de décoration à caractère religieux (Ordre de la Croix de l’Etoile, Milice de Jésus-Christ…) et des ordres honorifiques créés pour les “ Dames ” ; ces distinctions, nous le verrons, pourront apparaître arbitraires tellement il est difficile parfois de classer un ordre dans une catégorie ou une autre et la classification adoptée pour le corps de l’ouvrage en différera quelque peu. Il faudra que le lecteur ait à l’esprit les trois grandes distinctions que nous proposons : les ordres religieux, avec des voeux, les ordres honoraires à caractère religieux et les ordres purement honorifiques ou de distinction.

Mais intituler un tel travail “ Chevalerie des Dames ” sous-entend qu’il a bel et bien existé des ordres de chevalerie pour les femmes. Le terme de “ chevalières ” peut-il leur être appliqué ? Nous essaierons de répondre à cette question en rappelant brièvement l’origine et l’essence de la chevalerie et, à partir de là, nous rechercherons si aux époques fastes de la chevalerie des femmes ont été armées ou adoubées. Et nous n'oublierons pas les ordres maçonniques spécifiques aux femmes, comme il a existé – et existe encore – des ordres maçonniques qui ont repris les titres des ordres civils en les « plagiant » en quelque sorte.

La chevalerie tire son origine de la remise de la framée ou du bouclier au jeune germain par le chef de la tribu ou le protecteur de l’adolescent, après un rude apprentissage des armes. Il n’est plus guère discuté, aujourd’hui, que la chevalerie se greffa sur ce très vieux rite germanique. Même si un tel rite de “ passage ” se retrouve chez les romains, avec l’abandon, par l’adolescent, de la robe prétexte pour la robe virile, et que l’ordre équestre des Latins peut sembler annoncer l’“ordre de chevalerie ”, la chevalerie naquit de la christianisation de cette classe de soldats sortie des anciens initiés des tribus germaniques. Elle se dégagea lentement du rite de la remise des armes vers la fin du VIIIe siècle, c’est-à dire au cours du règne de Charlemagne. L’adoubement se résuma longtemps à la seule remise des armes, l’imprégnation religieuse étant alors celle, tout intérieure, des futurs chevaliers avec quelques recommandations de la part de l’officiant qui pouvaient accompagner cet armement : sois loyal et sans peur, défends l’Eglise et les faibles, etc. Plus tard (IXe-Xe siècle), cette remise des armes, toute proche encore du rite germanique, s’accompagna d’un geste dont le sens profond reste toujours discuté, la colée. L’officiant appliquait, à la naissance du coup de l’écuyer agenouillé, un coup de poing ou de paume (d’où le nom de paumée donné aussi à la colée), porté à toutes forces, devenu celui du coup du plat de l’épée sur l’épaule. Deux gestes s’imposent alors simultanément : la bénédiction de l’épée et l’exposition de celle-ci sur un autel. Un peu plus tard, vers le XIe siècle, la communion du chevalier, avant la remise des armes, viendra compléter la christianisation et la sacralisation du cérémonial de l’entrée en chevalerie. Au XIIe siècle, un cérémonial d’adoubement comprenait le plus souvent quatre parties :

  • la confession et la veillée d’armes ;
  • la communion ;
  • la remise des armes et la colée ;
  • la fête.

Ce ne fut que tardivement que quelques cérémoniaux renchérirent sur les rites, les compliquant à l’extrême et les surchargeant d’un symbolisme, non pas superfétatoire, mais surajouté. Retenons toutefois que la remise des armes, en l’occurrence de l’épée, restera le “ noyau ” de toute cérémonie d’entrée en chevalerie ; et l’épée, qu’elle soit remise ou serve à l’adoubement, constituera le symbole de l’état chevaleresque.

Jusqu’au XIe -XIIe siècle, tout homme libre ou serf affranchi pouvait être armé chevalier après s’être vaillamment comporté sur le champ de bataille ; mais cela devint l’exception et le nouveau chevalier sortira de la classe des soldats, les meilleurs de ceux-ci appartenant souvent, sinon toujours, à de grandes familles, tout au moins à de vieilles races militaires.

Au XIe siècle vont apparaître les ordres de chevalerie, à la fois militaires et religieux, qui naquirent, du moins pour les plus anciens, en Terre sainte. Le premier fut l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem avec la fondation, sur les Lieux saints, à la fin du XIe siècle, par un Provençal (de Martigues ?), d’un ordre hospitalier que son premier grand maître, Raymond du Puy, doubla d’un ordre militaire. En 1118 (ou 1119), c’était la fondation de l’ordre du Temple dont le caractère militaire était nettement plus marqué. Parmi les autres grands ordres internationaux dont il sera question dans cet ouvrage, notons celui du Saint-Sépulcre, fondé, selon la tradition, par Godefroy de Bouillon, et, de beaucoup moindre importance, celui de Saint-Lazare, particulièrement voué au soin des lépreux.

Mais déjà naissaient des ordres à recrutement national qui allait à l’encontre de l’universalité du christianisme (en l’occurrence le catholicisme). Le plus fameux est sans conteste l’ordre de Sainte-Marie des Teutons de Jérusalem (ou ordre Teutonique) qui joua un si grand rôle dans l’évangélisation des territoires baltes. Il faut citer, dans la péninsule ibérique, les ordres nés de la Reconquista qui luttèrent contre l’occupant arabe ; en Espagne, les ordres de Calatrava (1158), de Saint-Jacques de l’Epée (1170), d’Alcantara (1177) et de Montesa (1317) ; et, au Portugal, l’ordre militaire de Saint-Benoît d’Avis (1187). Au sein de la plupart de ces sodalités naquirent des “ ordres de chevalerie régulière pour les dames ”, c’est-à-dire des couvents de religieuses qui portaient le nom même de l’ordre qui les abritait. C’est ce qui a pu faire naître la confusion entre une hypothétique classe de “ chevalières ” et le titre de “ chevalerie des Dames ” qui revêtait un aspect, certes, essentiel, savoir religieux, mais qui n’avait rien à voir avec un quelconque adoubement ou armement militaire : l’entrée en chevalerie consistant, pour ces “ Dames ”, en une profession monastique accompagnée des trois vœux traditionnels.

Léon Gautier, dans son ouvrage monumental sur La chevalerie aborde la question sous un angle malheureusement tout littéraire. Il écrit que “ plus d’un jeune noble, plus d’un prince, s’estimait heureux, durant toute sa vie, d’avoir été adoubé par une femme. Ce n’était pas déchoir, en vérité, et de telles femmes n’étaient pas des petites-maîtresses. L’histoire et la légende s’accordent à nous offrir le noble spectacle de ces adoubements féminins ”, preuve, estime-t-il, de cette “ élévation que le moyen âge chrétien a su communiquer au caractère et au rôle de la femme ”. Il signale, certes, “ la fille de Philippe Ier, la femme de Tancrède (1), Cécile, qui voulut adouber de ses propres mains un certain nombre d’écuyers qui allaient partir pour la guerre sainte ”. Mais, aussitôt après, il regrette que les historiens ne nous aient pas laissé le nom de ces “ modestes héroïnes ” et affirme que les romans sont plus “ prolixes et, si j’ose le dire plus "historiques" ” (2), que ce soit une tante, une fiancée qui donne la colée ou attache l’épée au flanc de l’écuyer. Et l’imagerie romantique reprendra le thème de l’adoubement par une femme qui peut, à l’évidence, faire rêver mais qui ne semble pas reposer sur beaucoup de preuves historiques et qui ne put être que l’exception ; car une double question se pose : la qualité de chevalier exigeant une transmission, voire la transmission d’une influence spirituelle, il faut nécessairement que celui qui adoube l’ait lui même été. Une telle transmission échappe à tout romantisme, à tout féminisme ou à toute sensiblerie. Les règles de la transmission de la qualité chevaleresque sont exigeantes et ne sauraient être confondues avec un quelconque moralisme. Il faudrait donc que la femme qui adoube ait elle-même été adoubée. Le Père Honoré de Sainte-Marie parle bien d’une “ autorisation ” qui peut être donnée par un prince ayant lui-même été armé chevalier, mais, en mode initiatique, une transmission impose une présence et un contact physique entre l’ordonnant et l’ordonné.

Si Dom Gérard Lafond, moine bénédictin, dans ses Principes pour une charte de la chevalerie (1968) déclare que l’esprit de la chevalerie, “ fait de rectitude morale, de magnanimité, de pur courage, de courtoisie et de service des humbles ”, toutes qualités qui peuvent s’appliquer aux personnes des deux sexes, doit “ s’incarne[r] dans des institutions, et c’est la tâche magnifique des ordres de chevalerie ”, il précise, dans l’article 13 de ladite charte, que l’adoubement conféré à une femme est “ invalide, nul de plein droit et non avenu . […] Nul laïc ne peut conférer l’adoubement, ni roi même sacré, ni prince, ni grand-maître ou membre d’un ordre de chevalerie, même s’il porte le titre de chevalier, qu’il n’ait été lui-même validement adoubé ” (c’est nous qui soulignons) ; “ La chevalerie ne peut être conférée par simple nomination, ni transmise par procuration ou délégation ” (article 11). Les principes énoncés sont très stricts et permettent ainsi de mieux cerner les conditions d’entrée en chevalerie et d’acquisition de la qualité chevaleresque. Toutefois, qu’en est-il des princes souverains ou des rois et reines qui, détenteurs du “ fons honorum ”, créent des chevaliers et adoubent ; et nous pensons à la reine d’Angleterre, chef des “ Orders of the Queen ”, qui pratique toujours l’adoubement par l’épée pour la réception des chevaliers dans l’Ordre du Bain ou celui de la Jarretière notamment ? Dom Gérard Lafond aborde indirectement la question en écrivant : “ Les Princes de Maisons Souveraines ont souvent créé par le passé des Compagnies d’Honneur dites Ordres de chevalerie pour récompenser leurs sujets de services éminents rendus à leur personne, à leur dynastie ou à leur Etat, et affermir ainsi les liens de fidélité qui les unissaient à leur trône ou à leur Maison. On admet communément que ces Princes, même s’ils n’exercent plus leur souveraineté, gardent néanmoins, et eux seuls, la faculté de créer et de régir ces sortes de Compagnies dont ils sont "fons honorum". Mais ces Compagnies d’Honneur, pour respectables qu’elles soient, ne sont pas véritablement des chevaleries et leurs membres ne sont pas "chevaliers de chevalerie". La prétention des Princes à monopoliser la chevalerie à leur profit est dépourvue de tout fondement légitime et est, de ce fait, nulle de plein droit. Mais un Prince chrétien peut, comme toute autre personne, fonder un Ordre de chevalerie authentique, s’il se conforme aux règles traditionnelles, notamment en ce qui concerne les fins générales de la chevalerie et sa transmission valide par l’adoubement. ”

Sir Ivan de La Bere souligne que “ pour les femmes qui sont nommées Dames [dans les Ordres royaux], la situation est quelque peu différente [de celle des hommes], puisqu’elles ne sont pas adoubées par l’épée ”. Le Souverain est la “ Fontaine de tous les Honneurs officiels […] La seule personne actuellement habilitée à conférer la chevalerie dans ce pays [la Grande-Bretagne] est la Reine, et personne d’autre n’est autorisée à adouber un chevalier, à moins de lettres patentes, et toute charte d’autorisation doit nécessairement avoir été signée par la Reine, déléguant à cette personne le pouvoir de conférer l’accolade et de lui remettre les insignes appropriés au nom de la Reine. Des exemples de telles délégations, dans les années récentes, ont été accordées à la Reine Mère Elisabeth, au Prince Philippe, duc d’Edimbourg, et au duc de Gloucester ”(3)

Nous ne voudrions terminer cette présentation sans évoquer le cas de la Pucelle d’Orléans. Jeanne d’Arc, dont l’héroïque et sainte chevauchée permit non seulement de rendre le royaume de France au roi légitime, de libérer le territoire et de rétablir sur le trône le roi légitime, Charles VII, mais, surtout, de réaffirmer le mandat du ciel de la couronne de France, est qualifiée par Léon Gautier “ du plus chevalier des chevaliers ” pour son fameux mot : “ Les hommes d’armes batailleront, et Dieu donnera la victoire. ” Il ajoute : “ Elle était de taille à relever la Chevalerie [de son temps], qui retrouvait en elle la netteté de son type effacé ; mais elle mourut trop tôt, et ne fut pas assez imitée. ” Fut-elle armée “ chevalier ” par le roi Charles VII en 1429, comme semble le laisser croire une gravure du début du XXe siècle ? Ou celui qui n’était encore que le “ gentil dauphin ” lui remit-il, à Chinon, d’après le Mystère du siège d’Orléans, datant du commencement du XVIe siècle, le harnois de tout chevalier, savoir : l’armure, l’épée, les éperons dorés et l’étendard ? De toute façon, Charles VII ne pouvait lui transmettre la chevalerie qu’après avoir lui-même été armé chevalier, ce qu’il fut par le duc d’Alençon avant son sacre à Reims, le 17 juillet 1429. Appartint-elle à un ordre de chevalerie ou une société secrète dont elle aurait été “ chevalière ” ? Par son attitude, la Pucelle n’avait absolument rien d’une fille des champs, mais tout d’un guerrier, d’un chevalier. Et celle qui se désignait comme envoyée du “ Roy du Ciel ” et affirmait détenir son mandat de celui qui désigne habituellement Dieu ou le Christ mais qui a pu être appliqué à l’un de ses plus hauts représentants réunissant en ses mains le double pouvoir spirituel et temporel ne pouvait, seule et sans avoir la qualité de “ chevalière ”, mener sa mission à bonne fin, savoir le sacre de Charles VII à Reims. Mais aucun texte, aucune source ne permettent d’affirmer que Jeanne fut bien le “ glaive à deux tranchants ” d’un ordre de chevalerie au sein duquel elle aurait acquis ses qualités de chef de guerre. Certains ont pensé qu’elle devait être une tertiaire de saint François en raison du rôle prépondérant des Franciscains dans les affaires la concernant. Bossuet a dit : « Dans l’affaire de la Pucelle, il y a la fraternité franciscaine, qui la prépara, la solidarité de la cause catholique et de la cause française, qui détermina l’entreprise, et la puissance internationale des fils de saint François, nombreux dans l’armée des Lancastre [maison rivale de celle d’York dans la guerre des Deux-Roses], qui la fit réussir. ». Elle aurait été reçue dans le tiers-ordre franciscain à treize ans et son costume est celui des tertiaires : pourpoint noir, chausses attachées, robe courte de gros gris noir et un chaperon noirs sur les cheveux coupés courts et ronds. La « Fée Nostre Seigneur » qui domine l’histoire de Jeanne ne serait autre que sainte Colette de Corbie, mère abbesse des Clarisses, amie intime d’Isabelle Romée, sa mère. Hanotaux, dans Les quatre mystères de la vie de Jeanne d’Arc, prétend que le plus haut degré de l’ésotérisme féminin franciscain s’appelait « les Fées Nostre Seigneur », nommées aussi « Les Discrètes ». Il s’agissait d’une véritable chevalerie féminine et la complicité franciscaine dans les rangs de l’armée anglaise aurait singulièrement favorisé certaines victoires de Jeanne, notamment devant Orléans, à Beaugency, à Patay. Victoires miraculeuses et militairement incompréhensibles.

D’autres, en se basant sur la voix qui lui disait : “ Fille-Dé, va, va, va, je serai ton aide, va ! ”, en ont déduit que l’épithète Fille-Dé (que l’on peut traduire par “ Fille de Dieu ” ou “ Fille-Dieu ”) serait un titre initiatique d’origine celtique, intégré ésotériquement au christianisme. Le terme Dé peut être pris comme le génitif du celtique dia qui signifie “ dieu ” (mais aussi “ déesse ”). Le cas de Jeanne d’Arc, comme celui de sa race et de son pays natal, présentait des attaches ancestrales, encore visibles à l’époque, avec la tradition celtique. N’y aurait-il pas une indication en ce sens à propos de l’arbre des Dames et de la jeunesse de Jeanne à Domrémy dont il est fait mention dans l’Histoire populaire de la France.

« Elle ne cherchait point d’ailleurs à se distinguer des autres, et se mêlait à ses compagnes dans les fêtes du village. Sur cette même pente où s’élevait la chapelle de la Vierge, entre les bords fleuris de la Meuse et la sombre forêt de chênes, le bois Chesnus, qui en couronnait les hauteurs, il y avait un hêtre d’une remarquable beauté, "beau comme un lis", dit l’un des habitants, large, touffu, dont les branches retombaient jusqu’à terre. On l’appelait "l’arbre des dames ". Autrefois, les seigneurs et les dames du lieu, avec leurs demoiselles et leurs suivantes, venaient, au retour du printemps, faire un repas champêtre sous son ombre. Peut-être un jour ces joyeuses réunions avaient-elles amené quelque mystérieuse aventure qui changea de nature et de forme en passant par la tradition. Le nom de dames donné aux femmes de haut parage était aussi le nom donné aux fées dans le langage populaire. On racontait qu’un seigneur de Bourlemont venait y voir une fée, conversait avec elle. L’arbre des dames était aussi l’arbre des fées. C’étaient les fées qui, dans les anciens temps, venaient danser sous le beau hêtre ; on disait même qu’elles y venaient encore. Cela n’empêchait pas les habitants de Domrémy de faire ce que faisaient leurs pères. L’arbre était toujours aussi beau. Au printemps on se rassemblait sous sa voûte de verdure. On l’inaugurait en quelque sorte le dimanche de la mi-carême, Lætere.

« En ce jour, qu’on nommait aussi le dimanche des Fontaines, les jeunes garçons et les jeunes filles venaient sous l’arbre fameux faire ce qu’on appelait leurs fontaines. Ils emportaient, comme provisions de la journée, des petits pains faits exprès par leurs mères, et s’y livraient aux ébattements de leur âge, chantant, dansant, cueillant des fleurs dans les prairies d’alentour, pour en faire des guirlandes dont ils ornaient les rameaux du bel arbre ; puis, quand ils avaient mangé, ils allaient se désaltérer aux eaux limpides d’une source voisine, tout ombragées de groseilliers.

« Jeanne y venait comme les autres ; Mengette, son amie, dit qu’elle y fut et y dansa plus d’une fois avec elle. Pourtant, elle n’était point danseuse ; et souvent au retour de la fête elle prenait le chemin de sa chapelle chérie, et suspendait à l’image de la Vierge les guirlandes qu’elle avait tressées des premières fleurs des champs. (4) »

Quoiqu’il en fût, la question méritait d’être posée, même si aucune certitude ne peut être avancée, sinon la mission « divine » de la Pucelle.

En conclusion, il ressort de tout ce qui précède que la notion de “ chevalerie des dames ” recouvre deux aspects distincts :

- la qualité de “ chevalières ” appliqué aux religieuses des ordres de chevalerie issus des croisades ;

- les ordres de décoration ou honorifiques, avec ou sans règles religieuses, qui ne peuvent créer des « chevalières » au sens propre du terme, mais qui ont pu être fondés pour récompenser des exploits d’armes de femmes ou par des princesses pour honorer les personnes de leur sexe. C’est en regroupant ces deux catégories que nous pouvons intituler notre ouvrage “ La chevalerie des dames ” en espérant que le lecteur y apportera toutes les restrictions que nous avons nous-même soulevées.

Pour illustrer notre propos, nous avons voulu ne retenir que des textes anciens qui nous semblent donner une bonne approche de cette chevalerie « féminine » qui n’a existé, en tant que telle, que sous l’Ancien Régime : c’est ce que nous appelons la période « faste » de cette chevalerie qui, bien que particulière, a connu un développement en rapport avec celui des grands ordres de chevalerie masculins. Quelques considérations pourront paraître dépassées à l’époque de la « parité » entre les hommes et les femmes, mais elles démontrent que dans le domaine chevaleresque les femmes ne furent pas oubliées et qu’elles purent s’illustrer soit par de hauts faits d’armes soit par des engagements propres à leur sexe mais néanmoins contraignants.

Dans les ouvrages recensés, principalement ceux du Père Honoré de Sainte-Marie (1718), d’Hermant (1725) et de Giustiniani (1721), nous avons relevé pas moins de vingt-cinq ordres, certes de valeur inégale, mais dévolus aux femmes ou aux personnes des deux sexes. Même si la liste ne se prétend pas exhaustive, elle a le mérite, pensons-nous, de montrer la diversité et la richesse de cette « chevalerie des dames » que nous avons voulu tirer de l’oubli et mettre en exergue.

Saint-Hérie, en la fête de sainte Jeanne d’Arc,
qui mourut à dix-neuf ans du plus terrible des supplices,
abandonnée de ses amis et priant pour ses ennemis.

1 Prince sicilien de la maison normande de Hauteville, un des héros de la première croisade et de la prise de Jérusalem. Il devint prince de Galilée et régent de la principauté d’Antioche ; il mourut en 1122.
2 Léon Gautier, op. cit., p. 266-267.
3 The Queen’s Orders of Chivalry, p. 29, 25, 43.
4 in Histoire populaire de la France, Librairie classique et d’éducation ? Vve Marie-Nyon, A. Pigoreau, successuer, Paris, s,d. (fin du XIXème siècle, p7-8, d’après Wallon, Jeanne d’Arc, chap.I, p. 3, 45 et 5.)

▸ La patente von Hund : cahier n°6 -

Le texte ci-dessous, trouvé sur Google et traduit du danois, soulève de nombreuses questions auxquelles nous tenterons de répondre avec les éléments actuellement en notre possession. Ce texte a le mérite de donner, en clair, le cryptage utilisé, à défaut de son décryptage et de sa traduction ; car nous pensons qu’elle fut rédigée en latin, comme la plupart des textes historiques de la Stricte Observance.

La bien nommée patente Von Hund est l'un des documents les plus énigmatiques de la franc-maçonnerie. Lorsque Carl Gotthelf Reichsfreiherr Von Hund und Altengrotkau ( - ) parcourut toute l'Europe et qu'il persuada les loges maçonniques existantes d'adhérer au système de la Stricte Observance qu'il avait créé, il présentait cet impressionnant document comme pièce d'identité. L'original est conservé dans les archives de l'ordre danois des francs-maçons. Personne ne pouvait lire la teneur de ce document, car l'écriture en était codée. Von Hund affirmait que son contenu était si secret que seul lui-même devait être en mesure de le comprendre. Deux types différents de systèmes de codes y sont employés, un code alphabétique et un code numérique. Le code numérique est un type connu et employé par la franc-maçonnerie au XVIIIème siècle, surtout par la Stricte Observance, et la connaissance de ce code permettait de lire les noms insérés. Par contre, il n'a jamais été possible de déchiffrer le code alphabétique utilisé dans la plus grande partie du document. De nos jours, on se demande toujours s'il s'agit ici d'un vrai texte, ou alors si le document est un faux (uniquement destiné de manière préméditée à impressionner.) Les codes numériques peuvent être déchiffrés. Ils contiennent le propre nom de Von Hund et son titre de chevalier de même que le nom et le titre de chevalier de la personne mystérieuse de qui Von Hund prétendait avoir obtenu le pouvoir. Personne n'a jamais réussi à mettre un nom sur ce « Grand Maître invisible. » Vous trouverez ce document ci-dessous, partiellement en fac-simile, partiellement en transcription. Certains endroits marqués en rouge indiquent la traduction de quelques lignes qu'il a été possible de déchiffrer à l'aide d'une clé complexe se trouvant dans l'ouvrage Allgemeines Handbuch der Freimaurerei, édition , volume 1, page 176. Les mots « von Hund und » y étant transcrits comme « de Hund et », ceci pourrait indiquer que la langue serait le français ou le latin.

La patente Von Hund

+

+ Brmvifgo +

Vilb:ty: ma Rot:ty: Halono Halono frgblgnit colm: Forc: Glba: Olgrictric Lotrsuml: Rsltuiam Tiug: Bruf:ty: Frin: Obylad cittulgud fertusg guld: Demalbt jutstul altrius finist holburtzgu grulblrit altribl grultisgue Fruly: etc: oltyory G:2+16:03:3+09:02 C+11+05:10:3+06:05 2d+1 1M+12:07:9 1n+14 P+10+08:14+8 C+10:03+05:09:9+19 (Carolus Gothelf de Hund et Altengrotkau) frasculm galzrifzaob medgfgr almiud G:2+16:03:3+09:02 1N+11+04:15+13 P+1 1N+8+05:13 (Carolus eques ab ense) rsiculo atgl erraty malbalz frulgulbl: amtustilfi at bis tulgol amn Hmaud gofr: guustl: fatgrimi af aldfrob galbdisfusta altist: aly at misry rity monl handostulbis fralgussm rod aftal de hosy martuscol ulguvril misbal cedrab aut/: gnommiff ust ma mistol dustub malcor am Frogmil nit augustulvirt aut mossuy any Res: Hutz halzbis gofma morba gusmir al tusguger Pardola frop u Ford: xxiv. Most: dada vm cccc x x vii.

1S:2+9+03:10+2+11:02 5A:12+02:03:3+6+1+08:02

1N+11+9+4/ p 2N:04:03:6 1P+19:03/

2n+02:05+2/ T:14+7+3/ H:7+06:02+9+01:14+12

(Georgius Vilhelmus
eques a sole aur.
supr. temp. magister)

Le texte danois soulève évidemment la question de l’identité de celui qui délivra ladite patente. C’est en que Hund exhiba cette patente codée signée « Georges Guillaume, chevalier du Soleil d’or, grand maître des templiers » qui le nommait grand maître ^provincial de la VIIème province de la maçonnerie templière (réunissant les XIII° et XIV° provinces de l’ancien ordre du Temple.) Mais qui était ce Georges Guillaume ? S’agit-il de Marschall von Bieberstein dont Hund, après la mort, se considéra comme le successeur et le grand maître provincial de la VIIème Province templière à laquelle il avait travaillé, avec la plus grande prudence, à la réorganisation ? Wilhelm Marschall von Bieberstein, maréchal héréditaire de Thuringe, avait été reçu dans la franc-maçonnerie à Londres en et le comte Darnley, grand maître de la grande loge anglaise, lui avait délivré une patente de grand maître provincial anglais pour le cercle de la Haute-Saxe. S’étant ensuite rendu en France, il avait fait la connaissance, à Saint-Germain, de lord Balmerin et du comte Kilmarnock qui ont réuni de grandes connaissances au sujet de la maçonnerie. Peut-être le temps viendra-t-il bientôt où on les rendra ostensibles et j’attends ce moment pour décider si je dois préférer cette maçonnerie à la maçonnerie anglaise. Sachant que lord Kilmarnock, grand maître des maçons d’Ecosse de à , mourut sur l’échafaud en comme partisan des Stuarts, la date de de la « patente » pourrait correspondre à cette période. Mais le nom d’ordre de Marschall von Bieberstein était Eques a Tabula designatoria (Chevalier de la planche à tracer) et non Eques a Sole aureo qui a toujours été attribué à Charles-Edouard Stuart (-,) dit le prétendant. Si le signataire de la patente était bien Marschall von Bieberstein, cela signifierait que la Stricte Observance tiendrait de lui son origine, à la fois pour ses grades maçonniques et pour ses grades templiers.

Certains auteurs ont prétendu que la patente Von Hund était un faux ; ou encore qu’elle avait été délivrée à Hund lors de la venue de Charles-Edouard en Allemagne pour chercher son épouse, la princesse de Stolberg : et que reçu secrètement templier par Hund et nommé grand maître de l’ordre, il lui aurait donné, en récompense, une patente comme grand maître pour l’Allemagne et l’aurait antidatée. Nous savons qu’il faut réfuter cet argument, Charles-Edouard ayant épousé à Paris, par procuration, le , la princesse Louise de Stolberg-Gedern (-) et que le 1er mai, Charles et Louise renouvelèrent leurs vœux en personne dans la chapelle du palais Marefoschi, à Macerata (Italie.) Rien ne prouve donc que Charles-Edouard soit allé chercher sa future épouse en Allemagne et qu’il ait alors pris contact avec le baron de Hund.

Une lettre datée du du docteur Giraud, adressée au directoire de la Vème province à Strasbourg donne une curieuse indication : Avant la mort du prétendant [1788] le roy de Suède est allé le voir, a eu plusieurs conferences avec luy, & enfin luy a demandé pour la somme de mille louis d’or la resignation de sa place de grand maître de l’O.[ordre] des T.[empliers] [...] que celuy cy luy a résigné de très grand cœur comme vous immaginéz ; & en consequence il luy a donné une patente, dont la Suède va se prevaloir.

▸ Une gravure cryptée de la Stricte Observance du XVIIIe siècle : cahier n°7 -
L'article (.pdf)
▸ Ordre ancien des Forestiers : cahier n°11 - 2013

Ordre ancien des Forestiers
(1907)
Présentation

Le rituel de réception dans l'Ordre Ancien des Forestiers donné ici est celui en usage en 1908 dans sa forme « amplifiée ».Il existait en effet deux rituels ainsi explicités dans l'ouvrage de 1908 qui nous a servi de référence : Simplified and amplified Ritual of the Ancient Order of Foresters, friendly and benevolent society. Adopted by the excecutive Council, Toronto, pursuant to the resolution of the S. H. C. of Canada, held at Gat, 1907. Published by the excetive council, Toronto, Ont.[tario], 1908. (Rituel simplifié et amplifié de l'Ordre Ancien des Forestiers, société fraternelle et de bienfaisance. Adopté par le Conseil exécutif, Toronto, suite à la résolution de la Haute Cour Suprême du Canada, tenu à Galt, 1907. Publié par le Conseil exécutif, Toronto, Ontario, 1908.)

Seule la forme amplifiée fait référence à la légende de Robin des Bois et en développe la dramaturgie.

L'Ordre Ancien des Forestiers prit officiellement naissance en Angleterre en 1834, mais ses origines remontent à une société plus ancienne fondée au XVIIIème siècle sous la dénomination de Royal Foresters. La première preuve vérifiable de l'existence de l'Ordre peut être datée de 1790 avec une liste des membres de la Cour n°1 qui se réunissait à l'Auberge de la Vieille Couronne à Kirkdale, près de Leeds (Yorkshire). Il s'agissait incontestablement dès l'origine d'une société de secours mutuels qui fleurira durant tout le XIXe siècle. Les archives de l'Ordre Ancien des Forestiers mentionnent l'ouverture de la première Cour "Star of Mona" en 1840. Mais cette Cour portait déjà le numéro 907, ce qui permet d'attribuer à ladite société une ancienneté bien antérieure à 1834. En 1895, elle avait 4 899 Cours et comptait 731 442 membres, avec des fonds d'un montant de £ 5 119 842. A la fin du XIXème siècle, la société se répandit dans le monde, particulièrement dans les colonies britanniques et aux Etats-Unis. En 1892, l'Ordre fut ouvert aux femmes avec la création de Cours féminines.

Son rôle de bienfaisance affiché dès le début n'est pas incompatible avec son aspect initiatique, tel le Compagnonnage en France qui, outre l'apprentissage du métier, assistait ses membres dans le besoin.

La première référence manuscrite à Robin des Bois se trouve dans Pierre le laboureur (Piers Plowman) de William Langland (1377) où Sloth, un prêtre paresseux, déclare : « Je connais des rimes de Robin des Bois ». Trois ans plus tard, le chroniqueur écossais John Fordun écrit que le personnage de Robin des Bois dans les ballades « plaît mieux que tous les autres ». A la fin du XVIe siècle, l'histoire de Robin des Bois recule dans le temps pour se situer vers les années 1190 où le roi Richard Cœur de lion part pour la troisième croisade. Au XIXe siècle, Robin des Bois devient un des héros du roman Ivanhoé (1819) de Walter Scott. L'idée que Robin est un rebelle saxon combattant les seigneurs normands date de cette époque. Les anciennes ballades ne disent rien d'une redistribution par Robin et ses « joyeux compagnons » de leurs rapines aux pauvres. Il est dit encore que Robin réside dans la verte forêt de Sherwood, dans le comté de Nottingham, alors que les ballades le font évoluer à Barnsdale, dans le comté de York, soit à près de 80 kilomètres au nord.

C'est cette légende qui forme le corpus de la version amplifiée et que les récipiendaires vivaient hic et nunc, comme il se doit pour tout rituel d'initiation. Il semble bien que nous soyons ici en présence d'un drame dans la plus pure tradition d'une dramaturgie initiatique. A notre connaissance, de tous les rituels de la « Maçonnerie forestière » consultés, seul celui de l'Ordre Ancien des Forestiers emprunte un fonds légendaire bien connu en Angleterre. Mais c'est évidemment dans sa mise en pratique que réside son intérêt, même s'il semble s'éloigner des thèmes de la Maçonnerie spéculative. Mais n'existe-t-il pas un rituel de Chevalier Royale-Hache ou Prince du Liban, 22ème degré du Rite Ecossais Ancien & Accepté ?

Préambule

La pièce où s’assemblent les Forestiers est une Cour, censée se tenir dans une clairière de la Forêt de Sherwood.

Les Officiers d’une Cour sont : le Chef Garde Forestier, le Sous Chef Garde Forestier, le Trésorier, le Secrétaire, le Premier Garde, le Deuxième Garde, le Premier Massier, le Second Massier, les Mandataires, les Auditeurs, le Médecin, l’Organiste (si possible), le Passé Chef Garde Forestier.

Lors de la cérémonie d’initiation, les rôles sont répartis de la manière suivant : Chef Garde Forestier, Robin des Bois ; Sous Chef Forestier, Petit Jean ; Trésorier, Will Stutley ; Secrétaire, Frère Tuck ; Secrétaire adjoint, Allen A’Dale ; Premier Garde, Will Scarlet ; Deuxième Garde, Midge, le fils de Miller ; Premier Massier, Will Scathelocke ; Second Massier, Arthur A. Bland.

Ils sont respectivement armés : le Chef Garde Forestier et le Sous Chef Garde Forestier, d’arcs et de flèches ; le Secrétaire, le Secrétaire adjoint et le Trésorier, de lances ; le Premier Garde et le Deuxième Garde, de haches ; le Premier Massier et le Deuxième Massier, de bâtons (à deux bouts) et de cornes (non obligatoires).

Durant la cérémonie d’initiation, le Chef Garde Forestier et le Sous Chef Garde Forestier porteront leurs arcs attachés dans leur dos et leurs flèches dans un carquois sur le dos ou fixé à la ceinture. Le Secrétaire, le Secrétaire adjoint et le Trésorier auront leurs lances à la main, un peu au dessus du milieu. Le Premier Garde et le Deuxième Garde porteront leurs haches respectivement sur l’épaule droite et sur l’épaule gauche ; le Premier Massier et le Deuxième Massier porteront leurs bâtons de la même façon que les Gardes. A tout autre moment, les armes seront déposées indifféremment ici ou là, sauf que les haches des Gardes seront croisées devant le Sous Chef Garde Forestier.

Chaque Cour sera pourvue d’un triangle dont les côtés feront au moins deux pieds, fait en zinc, en bois fin ou en carton. Ce triangle sera placé au-dessus de la chaire du Chef Garde Forestier. Les membres porteront un tablier triangulaire de 18x18x18. Autant que possible, l’autel sera censé représenter la souche d’un chêne.

Ouverture de la Cour

Le Chef Garde Forestier, après s’être assis dans sa chaire, donnera * coup, appelant les membres à l’ordre, et dit :
Chef Garde Forestier : Les officiers et les membres voudront bien se revêtir de leurs ornements, les Massiers fermer les portes et les Gardes s’avancer pour me donner le mot de passe en cours, afin de voir si tous les présents ont le même et sont des Forestiers réguliers, me rapportant tout ce qui est incorrect.
Les Gardes s’avanceront auprès du Chef Garde Forestier et recevront de lui l’attouchement et le mot de passe. Puis le Premier Garde commençant par la gauche du Chef Garde Forestier et le Deuxième Garde par la droite, obtiendront l’attouchement et le mot de passe de chaque personne dans la pièce. Le Premier Garde examinera le Second Massier, puis ils s’avanceront à l’autel et, sans saluer, rapporteront comme suit :
Premier Garde : Je trouve que tout est correct sur votre gauche, Digne Chef (excepté…).
Deuxième Garde : Je trouve que tout est correct sur votre droite, Digne Chef (excepté…).
Si le Premier Garde trouve des membres qui n’ont pas le mot de passe et qui doivent en être instruits, le Chef Garde Forestier leur demandera de s’avancer et le leur communiquera. Tout membre devant quatre mois de droits ou plus ne peut être admis à s’asseoir dans la Cour.
Chef Garde Forestier : Frère Premier Massier, assurez-vous que le Second Massier est à sa place.
Le Premier Massier s’assurera à travers le guichet et en rendra compte.
Chef Garde Forestier : Frère Premier Massier, quel est votre devoir dans la Cour ?
Premier Massier : Prêter attention à toute alarme, recevoir le mot de passe du trimestre en cours et n’admettre personne dans la Cour qui ne l’ait pas, sauf avec votre permission.
Chef Garde Forestier : Frère Premier Massier, veuillez demander au Second Massier de se présenter lui même pendant que vous prendrez sa place.
Le Second Massier entre, s’avance vers l’autel, mais ne salue pas, et le Chef Garde Forestier continue :
Chef Garde Forestier : Frère Second Massier, quels sont vos devoirs dans cette Cour ?
Second Massier : N’admettre personne dans l’antichambre qui n’ait le mot de passe en cours, à moins qu’il ne puisse donner le mot pour se faire reconnaître, voir si tous les frères sont habillés avec leurs décors propres avant de passer dans la Cour, et veiller à ce que dans l’antichambre il n’y ait que des membres qui y ont affaire ou qui y sont avec votre permission.
Chef Garde Forestier : Vous avez correctement accompli vos tâches. Veuillez reprendre votre place.
Le Second Massier se retire sans saluer et le Premier Massier reprend sa place devant la porte à l’intérieur.
Chef Garde Forestier : Digne Sous Chef Garde Forestier, votre position dans la Cour est une place d’honneur et de responsabilité. Quels sont les devoirs qui vous sont prescrits ?
Sous Chef Garde Forestier : Mon devoir est de veiller à ce que tous les frères qui s’approchent de l’autel soient correctement vêtus de leurs décors propres et, comme vous m’avez confié la garde de la porte, de m’assurer que personne sauf un Forestier régulier ne soit admis à nos réunions. En votre absence, il est de mon devoir d’occuper votre place et de présider loyalement et avec impartialité aux délibérations de la Cour.

(* * *)

Chef Garde Forestier : Officiers et Frères, en ouvrant formellement cette Cour, j’ai demandé que, pour que les affaires soient menées efficacement, vous portiez votre entière attention à toute affaire qui pourrait être portée devant nous et que vous gardiez dans votre esprit que nous sommes assemblés non pour promouvoir des intérêts particuliers, mais pour la prospérité générale de la Cour. Autant que faire se peut, vous écarterez toute rancune personnelle ou tout ressentiment particulier et laisserez la candeur, l’équité et la modération caractériser tous nos débats. Comme Chef Garde Forestier, j’essaierai de juger sans partialité toute question soumise à délibération et je me fierai avec confiance aux frères qui soutiennent la dignité de cette chaire et maintiennent le décorum de cette Cour. Veuillez maintenant chanter l’hymne d’ouverture.

Sur l'air de « From Greenland’s Icy Mountains ».
Que chaque cœur soit guidé
Par la sagesse d’en haut ;
Notre but est indivisible,
Une fraternité d’amour.

Que de nos vallées et montagnes ;
Et de tout rivage étranger,
S’élève un puissant péan,
Jusqu’à la fin des temps.

Alors bénissons notre noble Ordre,
Qu’il puisse toujours être ferme,
Un emblème d’union vraie,
Le rempart de notre pays.

Chef Garde Forestier : Officiers et Frères, en vertu de l’autorité conférée par une dispense délivrée par le Conseil exécutif de la Haute Cour, datée du…, moi…, par les pouvoirs dont je suis investi pour le temps présent en tant que Chef Garde Forestier, je déclare par ces présentes que cette Cour N°… de l’Ordre Ancien des Forestiers est légalement ouverte pour traiter de toute affaire portée légalement à sa connaissance, conformément aux lois, usages et constitutions de l’Ordre.
Salutation par les membres, précédée par les mots « Digne Chef », retournée par le Chef Garde Forestier précédé par les mots « Dignes Frères ».
Frère Premier Massier, veuillez en informer le Second Massier.

Cérémonie d’initiation

Quand un candidat doit être initié, qui a été dûment examiné par le médecin, agréé favorablement par le Comité d’investigation et régulièrement accepté par scrutin, il devra assister à une réunion régulière de la Cour. A la date convenue, le Second Massier avertira le Premier Massier et le Premier Massier, le Chef Garde Forestier qu’un candidat, Mr…, est à l’extérieur, à la porte, demandant à obtenir la lumière sur les mystères de l’Ancienne Foresterie.

Le Chef Garde Forestier donnera alors un *, qui sera repris par le Sous Chef Garde Forestier. Le Chef Garde Forestier et le Sous Chef Garde Forestier s’étant levés, le Chef Garde Forestier dira :
- Officiers et Frères, Mr…, candidat à l’initiation dans les mystères de l’Ancienne Foresterie, est dehors au portique de cette Cour. Digne Sous Chef Garde Forestier, pouvez-vous assurer les frères qu’il est homme sobre et discret et qu’il n’est affilié à aucune Société illégitime prétendant travailler au nom de l’Ordre Ancien des Forestiers de quelque sorte que ce soit, et qu’il est, autant que nos connaissances le permettent, éligible pour devenir membre de cette Cour ?
Après avoir examiné la demande, le Sous Chef Garde Forestier dit :
- Digne Chef Garde Forestier, le Médecin de cette Cour a soigneusement examiné le candidat sur ses aptitudes physiques et a certifié qu’il est éligible comme membre ; les frères ont exercé leurs prérogatives et vous avez examiné le résultat du scrutin et dûment certifié qu’il est favorable. Je puis vous assurer en conséquence que le candidat est digne d’être admis.
Le Chef Garde Forestier donne *, le Sous Chef Garde Forestier s’assoit.
Chef Garde Forestier : Mes Frères, vous avez entendu notre Sous Chef Garde Forestier certifier que le candidat qui attend est digne de s’associer à nous sur un pied d’égalité dans notre Cour. Mais je vous demande maintenant, comme assurance, de n’introduire dans notre Ordre aucune personne malade ou indigne ; si quelqu’un connaît quelque circonstance qui empêcherait cette personne de devenir un digne et utile membre de cette Cour et de l’Ordre, qu’il le proclame sur-le-champ pour être à jamais en paix avec lui-même.

Si une objection se présente, ses motifs peuvent être de suite discutés et un vote peut avoir lieu sur leur validité. Un vote à la majorité déterminera si le candidat doit être initié.
Si aucune objection n’est soulevée, le Chef Garde Forestier procédera comme suit :
- Officiers et Frères, le candidat sera amené dans la pièce les yeux bandés et je sollicite pour lui la plus grande courtoisie et la plus grande considération. Souvenez-vous qu’il est notre invité et, afin qu’il puisse être dûment impressionné par les mystères dont il va recevoir la lumière, je demande particulièrement que toute discussion privée cesse et que vous portiez toute votre attention à la cérémonie d’initiation.
Le Secrétaire va se retirer et collecter les frais d’initiation. Le Secrétaire salue et se retire, collecte les droits d’initiation, revient, salue et les amène à l’autel. Après que tout est prêt, le Chef Garde Forestier frappe un coup *.
Chef Garde Forestier : Digne Sous Chef Garde Forestier, la Cour est-elle prête à procéder à l’initiation ?
Sous Chef Garde Forestier : Elle l’est.
Chef Garde Forestier : Sous Chef Garde Forestier, veuillez maintenant vous retirer avec les Gardes et introduire le candidat.

Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Loge Chapitrale de Recherches Pierre d'Aumont : Ordre ancien des Forestiers Schémas des déambulations Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Loge Chapitrale de Recherches Pierre d'Aumont : Ordre ancien des Forestiers Schémas des déambulations
Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Loge Chapitrale de Recherches Pierre d'Aumont : Ordre ancien des Forestiers Schémas des déambulations Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Loge Chapitrale de Recherches Pierre d'Aumont : Ordre ancien des Forestiers Schémas des déambulations
Schémas des déambulations

Le Sous Chef Garde Forestier et les Gardes, munis de leur hache, avancent devant l’autel, saluent et se retirent. Ils se rendent dans l’antichambre, dévêtent le candidat de sa veste et de son gilet, lui bandent les yeux et lui attachent les mains derrière le dos. Le Sous Chef Garde Forestier s’adresse au candidat :
- Monsieur, j’ai été autorisé par notre Digne Chef Garde Forestier à prendre connaissance de votre nom.
Le candidat répond.
Sous Chef Garde Forestier : Et pareillement de votre lieu de résidence.
Le candidat répond.
Sous Chef Garde Forestier : Je dois de plus m’enquérir si vous avez été précédemment membre de l’Ordre ou proposé pour devenir membre d’une autre Cour ?
Le candidat répond.
Si le candidat dit qu’il l’a été, sa réponse doit de suite être transmise à la Cour et son initiation ne pourrait avoir lieu selon l’application de l’article 124 des Règlements généraux. Si la réponse du candidat est négative, le Sous Chef Garde Forestier s’adressera à lui comme suit :
- Monsieur, à votre demande vous êtes sur le point d’être fait membre de l’Ordre Ancien des Forestiers. Il sera exigé de vous d’affirmer solennellement que vous ne divulguerez aucun des secrets ou mystères dans lesquels vous allez être instruit et qu’en conséquence vous suivrez les instructions qui vous seront données. Pour la Cour que vous êtes sur le point de rejoindre, je peux dire qu’aucun serment ne sera exigé de vous qui serait contraire aux devoirs que vous devez à vous-même, à votre patrie ou à Dieu. Il est encore temps de vous retirer si tel est votre désir. Voulez-vous entrer et vous conformer aux lois et coutumes de l’Ancienne Foresterie ?
Si la réponse est satisfaisante, le Sous Chef Garde Forestier prend le bras gauche du candidat. Les Gardes se placent derrière. Le Sous Chef Garde Forestier donne *, répété par le Premier Massier qui agite quatre fois une chaîne derrière la porte et ** par le Sous Chef Garde Forestier et le Chef Garde Forestier.
Premier Massier : Il y a une alarme au portique, Digne Chef Garde Forestier.
Chef Garde Forestier : Une alarme ! Qui cherche à pénétrer dans les clairières de la Forêt de Sherwood à cette heure indue ? Voyez-en la cause, mon bon Will Scathelocke.
Le Premier Massier ouvre la porte et dit : Notre Chef Garde Forestier, Robin des Bois, m’a ordonné de m’enquérir de la cause de ce trouble inconvenant dans les clairières de la Forêt de Sherwood ! Que cherchez-vous et qui voulez-vous trouver ?
Sous Chef Garde Forestier : Je suis Petit Jean et derrière moi sont Will Scarlet et Midge, le fils de Miller. En parcourant la forêt nous sommes tombés sur un étranger qui ne put rien dire de bon sur son compte ; nous nous sommes emparés de lui, l’avons ligoté et amené ici pour que Robin des Bois, notre Digne Chef Garde Forestier, puisse le voir et le questionner.
Premier Massier : A-t-il un nom ?
Sous Chef Garde Forestier : Il en a un mais refuse de le donner !
Premier Massier : Attendez à l’extérieur, sur le seuil, jusqu’à ce que j’aie informé Robin des Bois de ce récit et qu’il ait donné sa réponse.
Le Premier Massier laisse la porte ouverte et s’adresse au Chef Garde Forestier :
Premier Massier : Digne Chef Garde Forestier, le trouble à l’extérieur du portail est causé par Petit Jean, notre Sous Chef Garde Forestier, et Will Scarlet et Midge, le fils de Miller, nos Gardes, qui, ayant trouvé un étranger dans les clairières de la Forêt de Sherwood, l’ont amené ici pour être interrogé. Chef Garde Forestier : Un étranger, et dans la Forêt de Sherwood ! Amenez-le pour que nous puissions entendre ce qu’il a à dire !
Premier Massier : Par ordre de notre Chef Garde Forestier, Robin des Bois, vous franchirez le seuil par trois pas.
Le Sous Chef Garde Forestier et les Gardes franchissent le seuil par trois pas. La porte se referme. Le Sous Chef Garde Forestier et les Gardes reculent d’un pas. Le Second Passé Chef Garde Forestier s’approche un peu, met sa main gauche sur l’épaule droite du candidat et dit :
- Mon ami, vous êtes juste maintenant sur le seuil d’une Cour de l’Ancienne Foresterie. Vous êtes venu ici enchaîné et à demi vêtu, et vous êtes maintenant sur le point de prendre part à un drame qui se déroula réellement il y a plus de sept cents ans, quand l’Ancienne Foresterie prit naissance. L’explication vous en sera fournie en temps opportun. Autant qu’il est en mon pouvoir, je vous viendrai en aide et répondrai à toute question que vous vous poserez.
Le Sous Chef Garde Forestier et les Gardes reprennent leur position derrière le candidat. Le Second Passé Chef Garde Forestier saisit son bras droit. Ils marchent lentement autour de la pièce deux fois, l’Organiste joue une marche lente, et s’arrêtent devant la chaire du Chef Garde Forestier.
Chef Garde Forestier : Eh bien, Petit Jean ? Qui est cet étranger que vous amenez dans les clairières de la Forêt de Sherwood ? Il n’est pas l’un de notre bande et pour autant que nous sachions, peut-être est-il un espion envoyé par le Shérif de Nottingham pour fourrer le nez dans nos affaires ? Où l’avez-vous trouvé et que cherche-t-il ?
Sous Chef Garde Forestier : Digne Chef Garde Forestier, tandis que nous étions à la recherche de nouvelles de Will Stutley, comme vous le savez bien, parti en quête d’aventure il y a deux jours, nous sommes tombés sur cet étranger. Il a refusé de donner son nom mais a dit qu’il cherchait Robin des Bois et, pensant qu’il pouvait être un espion, nous l’avons ligoté et amené ici pour que vous puissiez le questionner.
Chef Garde Forestier : Vous avez bien fait, Petit Jean, amenez-le moi ! S’adressant au candidat : Vous cherchez Robin des Bois, le hors-la -loi, dites-vous ? Eh bien sachez que je suis Robin des Bois et tous ceux qui m’entourent sont les Joyeux Compagnons qui ont brisé les liens de l’esclavage et de la servitude, l’outrecuidante oppression des seigneurs féodaux et des prélats orgueilleux de leur fortune dans les cours civiles, afin qu’ils puissent jouir de l’air frais du paradis dans ces véritables Cours de la Forêt de Sherwood. Que cherchez-vous auprès de Robin des Bois ? Parlez franchement et dites tout, et si votre mission est bonne, il ne vous arrivera aucun mal !
Le Second Passé Chef Garde Forestier parlant pour le candidat :
- Petit Jean a dit vrai. Will Stutley, l’un de vos Joyeux Compagnons, est parti en quête d’aventure il y a deux jours. Revêtu d’un habit monastique, il était assis, apparemment en méditation, devant la porte de l’auberge « Au sanglier bleu » quand une bande de gens du Sherif de Nottingham s’est arrêtée à l’hôtellerie. Par hasard, ils découvrirent son déguisement et, étant donné qu’il opposa une vive résistance, ils le firent prisonnier et l’amenèrent à la tour de Nottingham. Le Shérif ordonna qu’il soit pendu par le cou quand l’horloge sonnera huit heures demain matin ; à moins qu’il ne soit sauvé avant cette heure, il sera certainement pendu au gibet. C’est pour vous dire ceci que l’étranger est venu ici et, maintenant que son histoire a été racontée, il partirait volontiers d’ici.
Chef Garde Forestier : Si ces nouvelles sont vraies, alors le pauvre Will Stutley est en sérieuse difficulté. Qu’allons-nous faire, mes Joyeux Compagnons ? Irons-nous à Nottingham défier le Shérif dans sa tanière et lui arracher sa proie ? Will Stutley, après Petit Jean, est le meilleur archer que nous ayons et même si sa délivrance paraît impossible, nous ne pouvons nous permettre de le perdre. La force est dans l’union et avec sept bons paysans comme vous l’êtes, unis par les liens d’une amitié indéfectible, le mot d’échec ne peut appartenir à notre vocabulaire. Qu’en dites-vous ? Will Stutley sera-t-il pendu ?
Les membres : Non ! Non !
Chef Garde Forestier : Tenez-vous prêts et nous irons à Nottingham à la tombée de la nuit et nous sauverons le pauvre Will Stutley de la potence.
Sous Chef Garde Forestier : Doucement, bon maître, doucement ! Il n’y a pas un homme que je n’aime plus que Will Stutley et j’offrirais joyeusement mon propre cou pour sauver le sien ; mais quelle assurance avons-nous que cet étranger dise la vérité ? C’est peut-être un émissaire du Shérif envoyé pour nous tromper et nous faire sortir des profondeurs de la Forêt de Sherwood pour mieux lui permettre d’envoyer ses sbires à notre rencontre et nous faire du tort. L’étranger peut être et, en réalité, semble assez honnête, mais, s’il dit vrai, pourquoi refuse-t-il de nous donner son nom et pourquoi a-t-il essayé de s’échapper quand Will Scarlet, Midge, le fils de Miller et moi-même lui avons demandé de s’arrêter ? Ne faut-il pas plutôt penser à un envoyé du Shérif qui s’est insinué dans les bonnes grâces de notre pire ennemi et a ourdi ce complot pour nous prendre au dépourvu? Si vous voulez mon avis, bon maître, vous devez le faire pendre à la grosse branche de cet arbre-là comme espion, et voici la corde pour ce faire. Chœur des membres : Pendez-le ! Pendez-le !
Le Second Chef Garde Forestier et les Gardes se saisissent du candidat, et lui passent une corde autour du cou, pourvue d’un nœud coulant et d’un nœud à une distance appropriée pour l’empêcher d’être trop serré. Ils poussent en avant le candidat pour qu’il sente la tension du nœud coulant, puis le retiennent. Les Officiers doivent être prudents à ce moment de la cérémonie afin d’éviter que le candidat ne soit blessé d’aucune façon et, avec pratique et habileté, la scène peut être jouée à la perfection sans que personne n’ait rien à redire.
Le Second Passé Chef Garde Forestier : Halte ! Voudriez-vous pendre un homme qui non seulement est innocent mais a pris un grand risque personnel en vous faisant connaître le danger dans lequel se trouve un membre de votre bande ? Le nom de cet étranger importe peu et sa fuite, quand vous l’avez observée, peut être due au fait qu’il vous croyait les Gardes Forestiers du Roi. Quand il a vu qui vous étiez, il est venu à vous assez pacifiquement, n’est-ce pas ? Alors pourquoi vouloir le pendre ? Le moment viendra bien assez tôt si vous apprenez que c’est un espion. Ne serait-il pas mieux de le garder ici jusqu’à ce que vous reveniez après avoir porté secours à Will Stutley à Nottingham, et, pendant ce temps, qu’il soit enrôlé dans notre bande s’il le désire ?
Chef Garde Forestier : Bien dit, bon frère ! Il ne sera jamais dit que Robin des Bois a permis qu’un homme sans défense soit pendu comme espion sans la preuve qu’il l’est bien. S’il désire nous vouer obéissance, alors il prouvera lui-même qu’il est un vrai homme. Qu’en dites-vous, étranger ? Voulez-vous prendre une obligation qui vous lie à nous comme frère ?
Candidat : Je le veux.
Chef Garde Forestier : Qu’en dites-vous, frères ? Etes-vous satisfait que cet étranger se lie à nous et épouse notre cause par le vœu que nous avons tous pris ?
Les membres : Nous le sommes.
Chef Garde Forestier : Alors que Petit Jean et nos Gardes conduisent l’étranger au pied du chêne touffu où l’allégeance à notre bande est prise et placez-le en position de prendre l’obligation solennelle.
Le Chef Garde Forestier, le Sous Chef Garde Forestier et le Second Passé Chef Garde Forestier accompagnent le candidat à l’autel où il s’agenouille sur le genou gauche. Le Sous Chef Garde Forestier enlève les liens qui attachaient les mains du candidat, et ce dernier place sa main droite sur le cœur, l’index de sa main gauche levé. Le Sous Chef Garde Forestier tient la corde de sorte que le candidat sente le nœud coulant. Le candidat répète après le Chef Garde Forestier ce qui suit :

- Moi…, promets et déclare solennellement, en présence de l’assemblée des frères, que je donnerai mon accord volontaire et implicite aux lois qui régissent cette fraternité et cette Cour, que je me soumettrai en tout temps aux ordres donnés par le Chef Garde Forestier dans la mesure où ils seront compatibles avec les lois de l’Ancienne Foresterie et la volonté de la majorité des membres de cette Cour ; que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour servir les objectifs pour lesquels nous sommes unis et que je n’essaierai jamais de semer la zizanie ou de créer la discorde parmi les membres, mais, d’un autre côté, que je ferai tout mon possible pour préserver l’harmonie et les sentiments fraternels qui sont le principal support de l’institution ; que je ne révélerai à personne qui ne soit membre de l’Ordre aucun des signes, signaux, attouchements, mots de passe ou d’approche par lesquels les Anciens Forestiers se reconnaissent, que ce soit par parole, signe ou écrit, et que je prendrai toutes les précautions possibles pour m’assurer de la qualité de Forestier d’un étranger avant de lui communiquer quoi que ce soit d’écrit ou de non écrit de l’Ordre. Ce pour quoi j’engage très solennellement l’honneur d’un homme qui respecte la valeur de la vérité et le caractère sacré d’une promesse.

Le candidat se relève.
Chef Garde Forestier : Digne Sous Chef Garde Forestier, si vous êtes maintenant persuadé que cet étranger est sincère dans ses promesses, vous retirerez la corde qui est toujours autour de son cou.
Sous Chef Garde Forestier : Digne Chef, si votre ordre est que la corde soit enlevée, qu’il en soit ainsi, mais que l’étranger nous accompagne à Nottingham à l’aube pour nous aider à sauver Will Stutley. Mais ne serait-ce pas la meilleure façon qu’il se souvienne de son obligation s’il portait la corde autour de son cou et, s’il s’avérait qu’il est un traître, nous pourrions plus facilement le pendre au gibet comme c’était notre intention première ?
Chef Garde Forestier : Comme vous voulez, Frères ; le ciel rosit à l’orient et le soleil va se lever. Munissez-vous de vos armes pour que nous puissions partir pour Nottingham.

Ode.
Sur l'air de « God save the King » .
Armés pour une noble cause,
Rejetant toute loi oppressive,
Nous sommes des hommes libres.
Quand le danger ou la détresse
Ou des mains tyranniques nous oppressent,
Nous cherchons à réparer les torts
Dans l’unité.

A ce moment, les membres se préparent comme s’ils devaient partir. Le Second Passé Chef Garde Forestier se saisit de la corde et du bras droit du candidat et marche lentement autour (cf. schéma A), disant en marchant :
Second Passé Chef Garde Forestier : Mon frère, vous avez pris une obligation qui m’assure que vous êtes un honnête homme. Ce n’est pas assez, cependant, pour me satisfaire, mais tout doute doit être levé chez chaque frère de cette Cour Nous sommes maintenant sur la place du marché de Nottingham et il nous faut attendre trois minutes avant huit heures. Robin des Bois et sa bande se préparent à porter secours à Will Stutley ; je vais vous laisser ici pendant que la bataille fera rage, dans l’espoir que votre histoire est vraie et que vos promesses sont sincères. Nous nous retrouverons dans les clairières de la Forêt de Sherwood. Adieu !
Le candidat est laissé entre l’autel et la place du Second Passé Chef Garde Forestier, face à l’autel (cf. schéma 1). Une cloche sonne huit heures. Les membres qui forment le parti du Sheriff marchent lentement autour de la pièce, commençant à la porte et se rendant à la place du Médecin, passant derrière le candidat, Will Stutley étant au milieu, entre deux membres, les mains liées lâchement derrière le dos. Il soliloque ainsi :
Will Stutley : Hélas ! hélas ! Je crains que ce ne soit la fin pour ce pauvre Will Stutley. Là-bas brille le soleil que je regarde pour la dernière fois. Ici se tient le sinistre gibet auquel je vais être pendu comme un chien ; moi qui, il y a seulement quelques heures, me considérais comme un Saxon libre dans les clairières de la Forêt de Sherwood, respirant l’air frais du ciel et ne devant allégeance à personne sinon à Dieu et à ma conscience. Luttant avec ses liens. Oh ! Ai-je seulement la force de briser ces liens, de me débarrasser de ces maudits fers et de me tenir pendant un court moment debout comme un homme libre. Je montrerais à ces misérables coquins que Will Stutley est un digne disciple de Robin des Bois. Il cesse sa lutte. Mais, non, je ne peux les briser !
La procession s’arrête à l’opposé du candidat, entre l’autel et la place du Médecin.
Will Stutley : Et maintenant se dresse le seul gibet ! Là-bas vient le bourreau avec son masque et son manteau noirs ! Dans quelques instants je serai envoyé dans l’éternité. Adieu, soleil ! Adieu, arbres verts et champs verdoyants ! Adieu, mes compagnons de la douce Forêt de Sherwood ! Oh ! si vous pouviez savoir maintenant dans quel embarras se trouve le pauvre Will Stutley, vous seriez ici et supprimeriez ces partisans d’une injuste loi à moins que vous n’aimiez être raillés par le vent. Ah ! qui se tient là au pied du gibet ? J’ai un voile devant les yeux et je ne peux voir. C’est sûrement, sûrement Petit Jean.
Le Chef Garde Forestier souffle dans une corne.
Will Stutley lutte avec ses liens. Il y a un tumulte dans la pièce quand les hommes de Robin des Bois engagent le combat contre les gens du Shérif. Cris, vociférations… s’élèvent, le candidat étant houspillé au milieu. La bataille est houleuse dans la pièce et le candidat est emporté dans le tourbillon. Les hommes du Shérif semblent l’emporter et mettent finalement la main sur le candidat, le chef criant :
Shérif : Voici le voleur, le voici ! Voyez, il a encore la corde autour du cou ! Pendez-le, vite !
Ils le mènent autour de la pièce, suivis par les hommes de Robin des Bois. Après s’être rudement bousculés, le candidat est sauvé par Petit Jean et ses hommes.
Il faut prendre beaucoup de précaution pour ne pas blesser ou offenser le candidat. Le Chef Garde Forestier doit veiller à ce qu’on ne mette pas durement la main sur le candidat. Tout officier ou membre qui malmène trop le candidat à un moment de la cérémonie doit être traité selon les Règlements généraux pour avoir maltraité un membre de l’Ordre.
Le tumulte dans la pièce cesse et le candidat est mené devant le Sous Chef Garde Forestier. Petit Jean enlève les liens et dit :
Sous Chef Garde Forestier : Mon frère, vous avez échappé de justesse à la mort des mains des gens du Shérif. J’ai le plaisir de vous faire savoir que nous avons sauvé Will Stutley et que nous ne doutons plus longtemps de votre courage et de votre dessein honnête. Votre histoire était vraie dans les moindres détails et les doutes que nous avions sur votre sincérité étaient infondés. De même que j’ai mis cette corde autour du cou, de même je vous la retire publiquement et je vous accueille en tant que digne membre de notre bande. Il enlève la corde et lui serre la main. Je vais maintenant vous conduire à notre Chef Garde Forestier qui va vous instruire dans les principes de l’Unité.
Il conduit le candidat devant le Chef Garde Forestier où le Premier Surveillant a déjà mis une chaise.
Chef Garde Forestier : Mon frère, pour autant que je puisse maintenant vous appeler ainsi, vous avez noblement accompli votre devoir et vous avez dignement prouvé que vous pouviez vous associer à nous et recevoir ainsi plus de preuves de notre confiance. Vous avez pris part à un drame qui, il y a sept cents ans, eut réellement lieu. Will Stutley, un des lieutenants de Robin des Bois, fut capturé par le Shérif de Nottingham et condamné à être pendu. Robin et ses forestiers, au nombre d’environ sept, se rendirent à Nottingham et mirent en déroute les gens du Shérif par la seule force de la discipline et de l’union. La leçon à tirer de la scène qui vient d’être jouée est que « la Force est dans l’Union ». Parfois ce précepte est illustré en brandissant un faisceau de bâtons (il montre un faisceau de bâtons) qui peut facilement être brisé en deux, mais où la force d’Hercule serait insuffisante pour briser le faisceau. Le but de cet objet est de nous enseigner qu’une action concertée est la clé du succès. En tant que Cour, nous ne pouvons connaître de prospérité, ni faire de progrès, à moins que nos membres ne travaillent dans l’union et l’harmonie pour promouvoir ses intérêts, supporter les fautes des uns et des autres et les défauts qui sont l’apanage commun de l’humanité entière. Dans l’Ordre, dans son ensemble, chaque Cour doit travailler en harmonie avec chaque autre Cour pour répandre les travaux bienfaisants de la Foresterie jusqu’aux extrémités de la terre, de sorte que toute l’humanité, indépendamment des croyances, de la couleur ou de la nationalité, puisse finalement faire un seul corps et appeler frères ses compagnons. Digne Sous Chef Garde Forestier, veuillez maintenant conduire le candidat au Passé Chef Garde Forestier qui l’instruira dans les principes de la Bienfaisance.

Ode.
Sur l’air de « Tramp, Tramp, Tramp, the Boys are Marching »
Aux membres de notre bande, nous tendons une main secourable,
Joignant notre sympathie au vrai sens commun ;
Et nous tâchons de faire ce qui est droit, travaillant ainsi de toutes nos forces,
Fuyant la charité au profit de la Bienfaisance ;
Apprenant bien tout ce que l’Ordre nous enseigne :
Gardez ces leçons dans l’esprit ;
Nous ne prêchons pas une fausse charité, ni n’enseignons d’excès,
Mais une main prête à aider vous êtes sûr de trouver.

Le Sous Chef Garde Forestier conduit le candidat autour de la pièce tandis qu’on chante l’ode et le place finalement devant le Passé Chef Garde Forestier.
Sous Chef Garde Forestier : Sur ordre de Robin des Bois, je présente le Frère… pour être instruit dans les principes de la Bienfaisance.
Passé Chef Garde Forestier : Mon frère, comme vous le savez sans doute, Robin des Bois est regardé comme le fondateur de la Foresterie et avec raison. Les principes moraux qu’il mettait en application aux XIIIe et XIVe siècles étaient frustes dans leur principe et quelquefois rudes dans leur exécution, mais la vertu cardinale de ses motifs et de ses méthodes était d’aider les pauvres, de ragaillardir et protéger les infortunés, de soulager et pourvoir aux besoins de la veuve et de l’orphelin, d’aider et assister les membres de sa fraternité quand ils avaient besoin de secours. De nos jours, la pratique de Robin des Bois de prendre au riche pour donner au pauvre serait qualifié de vol, mais aux temps féodaux où il vivait l’émancipation des hommes des lois d’oppression était encore dans son enfance et la justice pouvait à peine être obtenue. Robin des Bois fut donc l’apôtre d’une nouvelle philanthropie. Proscrit pour son opposition aux tyranniques coutumes qui prévalaient, il proclama par ses actions, en dépit de ceux qui l’avaient retranché de ses compagnons, la doctrine de la fraternité humaine, que Robert Burns, le poète laboureur, avait si bellement exprimée dans ces sublimes lignes :

Alors prions, quoi qu’il arrive
Parce que tout sans doute peut arriver ;
Que bon sens et malentendu partout dans le monde
Puissent se réconcilier,
En tout et partout.
Un temps viendra, c'est certain,
Où tous les hommes de par le monde Deviendront frères à jamais.

Avec l’émancipation de l’humanité de la servitude du féodalisme, avec le développement de la civilisation chrétienne et la marche de la liberté et de la fraternité sont survenues les opportunités de l’entraide. Il a été dit avec vérité qu’il n’y a rien de plus incertain que la proportion de maladie et de mort qui est le lot de tout individu, mais il n’y a pas de plus certain que le pourcentage de maladie et de mort parmi la multitude des hommes. Comme une multitude de gens cherchant à aider son prochain et à prendre sa part du fardeau de chacun, l’Ordre Ancien des Forestiers existe et a existé de temps immémorial. Il assure l’inévitable responsabilité de l’individu pour la maladie et la mort et la répand parmi nombre de ses compagnons qui acceptent d’en assumer une part, sachant que leur tour peut arriver un jour.
Ainsi, l’élégant brigandage de Robin des Bois, c’est cette Bienfaisance. Le mot « Bienfaisance » est dérivé de deux mots latins signifiant bonne volonté et est synonyme de bienveillance, d’humanité, de tendresse et de bonté. Cela ne veut pas dire charité, car la charité, bien qu’elle soit une noble vertu et la pierre d’angle de beaucoup de sociétés, n’a pas sa place dans le vocabulaire forestier. Nous ne distribuons pas des aumônes. Quoique nos membres puissent en recevoir, ils l’obtiennent de droit puisqu’ils ont payé et ce pour quoi ils sont tenus de le faire.
Comme Forestier, cependant, nous espérons vous montrer ce très excellent enseignement de notre profession : l’exercice de la Bienfaisance envers nos compagnons et leurs familles.
Passé Chef Garde Forestier : Digne Sous Chef Garde Forestier et Gardes, conduisez le frère à la chambre de préparation, et habillez-le de façon qu’il reçoive plus de lumière sur l’Ancienne Foresterie.
On prépare le candidat en lui enlevant sa veste et son gilet. Son bras gauche est dénudé jusqu’au coude. On ne lui met ni bandeau ni liens. Il est nécessaire que toutes les lumières dans la pièce de la Cour soient éteintes. On met sur l’autel deux lampes à alcool, une de chaque côté, remplies avec soin; la recette en sera trouvée dans les pages d’instruction de ce rituel. Les membres doivent se grouper en forme de fer à cheval autour de l’autel, faisant face au plateau du Premier Chef Garde Forestier et rester parfaitement immobiles pendant que le candidat est introduit et prend son obligation. Les lampes ne doivent pas être allumées jusqu’à ce que la porte soit ouverte pour admettre le candidat. Le Chef Garde Forestier se tient à l’autel, à l’intérieur du fer à cheval, faisant face au plateau du Premier Chef Garde Forestier.
Dès que les Gardes ont préparé le candidat pour son entrée, le Sous Chef Garde Forestier dit :
- Mon frère, vous allez maintenant être présenté à Robin des Bois, notre Digne Chef Garde Forestier, pour prendre une obligation plus solennelle et plus astreignante. Etes-vous prêt et voulez-vous entrer ?
Le candidat répond.
Le Sous Chef Garde Forestier donne ***** à la porte intérieure. Quand les membres sont prêts autour de l’autel, le Premier Massier répondra avec *****. Le Sous Chef Garde Forestier répondra alors avec ** et le Premier Massier avec **. Sur quoi le Sous Chef Garde Forestier ouvrira silencieusement la porte, tenant le candidat par le bras gauche et suivi par les Gardes qui marcheront en file jusqu’à l’autel, où ils s’arrêteront (cf. schéma B).
Chef Garde Forestier : Frère…, si vous voulez prendre l’obligation, agenouillez-vous devant l’autel sur vos deux genoux. Le candidat s’agenouille. Placez votre main droite sur le cœur (le candidat et tous les présents font de même) et élevez votre bras gauche dénudé, l’index pointant vers le haut (tous les présents font de même), comme vous le voyez faire par ceux qui sont tout autour, et répétez après moi. Candidat : Moi, …, de ma propre et libre volonté et en présence des frères assemblés, je promets solennellement et sincèrement, en plus de mon obligation prise précédemment, que je me conformerai à toutes les lois et obligations, actuellement en usage ou qui seront promulguées, qui régissent et administrent l’Ancien Ordre des Forestiers ; faute de quoi je me soumettrai aux pénalités qu’elles prévoit ; que je me soumettrai, autant qu’il est en moi, aux obligations pour lesquelles l’Ordre est établi, et que je ne ferai connaître ses signes ou mots de passe, soit oralement, par signe ou par écrit, excepté à la Fraternité ou dans des Cours légalement assemblées. De plus, je ferai de mon mieux, autant que mes moyens le permettront et que les circonstances le justifieront ; j’appliquerai de façon pratique les principes de la Bienfaisance envers les membres de l’Ordre dans la misère ; j’utiliserai tous les moyens légitimes en ma possession à cette fin, sauf si un préjudice n'était causé à un membre, sa femme, sa veuve ou ses orphelins en matière d’argent, en relation avec l’Ordre ou autrement. Je le promets en tant qu’homme d’honneur qui respecte la valeur de la vérité et le caractère sacré d’une promesse, en présence des frères assemblés et sous l’œil qui voit tout du Suprême Chef Garde Forestier de l’Univers.
Chef Garde Forestier : Mon frère, ayant pris cette obligation, veuillez vous lever et retourner d’où vous venez ; et là vous serez préparé pour recevoir plus de lumière sur les mystères de la Foresterie.
Le Sous Chef Garde Forestier prend le bras gauche du candidat et le conduit hors de la pièce sans saluer, suivi des Gardes, des Officiers et des membres restant autour de l’autel jusqu’à ce qu’ils se soient retirés. Sur ce, le Second Passé Chef Garde Forestier les suit.
Le Sous Chef Garde Forestier bande les yeux du candidat et lui lie les mains derrière le dos et enlève ses chaussures. Quand la pièce de la Cour a été rallumée et qu’elle est prête pour la réception du candidat, le Sous Chef Garde Forestier le conduit au Second Passé Chef Garde Forestier qui dit :
- Mon frère, vous devez vous souvenir que précédemment je vous suis venu en aide et j’ai répondu pour vous à des questions auxquelles vous ne pouviez répondre vous-même. Autant que les usages de l’Ordre le permettront, je remplirai de nouveau pour vous un office similaire, mais il dépendra grandement de votre conduite que je sois autorisé à venir à votre aide en cas de nécessité. Je vous conseille de vous soumettre à tout ce qui pourra vous être fait et vous garderez à l’esprit que nous sommes vos amis et non vos ennemis ; autant que vous le pourrez raisonnablement, vous vous soumettrez volontiers aux épreuves quelles qu’elles soient, qui sont nécessaires pour vous amener à une pleine fraternité avec nous. Etes-vous prêt à entrer ?
Le candidat répond.
Le Second Passé Chef Garde Forestier donne ***** à la porte intérieure. Quand la Cour est prête le Premier Massier répond avec *****. Puis le Second Passé Chef Garde Forestier donne ** et le Premier Massier **. On ouvre la porte. Le Second Passé Chef Garde Forestier et le candidat entrent, le Second Passé Chef Garde Forestier à la gauche du candidat. Le Second Massier ferme la porte et quand le candidat a fait trois ou quatre pas sur le seuil, le Premier Massier le saisit par les épaules durant l’entretien (cf. schéma C).
Premier Massier : Halte ! De quel droit cherchez-vous à être admis à nos plus secrets mystères ?
Second Passé Chef Garde Forestier : Du calme, et laissez-nous passer !
Premier Massier : Non, vous ne pouvez passer avant de m’avoir donné le mot de Forestier !
Second Passé Chef Garde Forestier : Je l’ai.
Premier Massier : Avancez et confiez-le moi.
Le Second Passé Chef Garde Forestier donne le mot à voix basse avec l’attouchement.
Le Second Massier, relâchant le candidat : Le mot est correct ! Passez !
Le Second Passé Chef Garde Forestier et le candidat font le tour de la pièce en passant devant le plateau du Sous Chef Garde Forestier où se tient ce dernier. Il saisit le candidat par les deux épaules, le secoue et s’arrête brusquement.
Sous Chef Garde Forestier : Halte ! Qui cherche à marcher sur le chemin qui mène à nos plus secrets mystères ? Avez-vous le mot de Forestier ?
Second Passé Chef Garde Forestier : Je suis envoyé pour conduire un étranger à travers les clairières de la Forêt de Sherwood.
Sous Chef Garde Forestier, secouant le candidat : Répondez à ma question !
Second Passé Chef Garde Forestier : J’ai le mot.
Sous Chef Garde Forestier : Avancez et confiez-le moi.
Le Second Passé Chef Garde Forestier donne le mot.
Sous Chef Garde Forestier : Le mot est correct et vous pouvez passer, mais le candidat ne peut passer jusqu’à ce qu’il ait donné, lui aussi, le mot de Forestier.
Second Passé Chef Garde Forestier : Il ne l’a pas, mais il sera en sa possession à son retour et vous devez le laisser passer.
Sous Chef Garde Forestier : Non, il ne passera pas sans le mot ! Il secoue le candidat. Donnez-moi le mot d’un Forestier !
Second Passé Chef Garde Forestier : Il ne l’a pas, mais il vient ici sur l’ordre exprès de Robin des Bois lui-même. Second Passé Chef Garde Forestier : Je n’en ai cure ! Il secoue le candidat. Donnez-moi le mot secret ou le pire vous arrivera !
Second Passé Chef Garde Forestier : Il ne peut pas ! Il ne l’a pas !
Sous Chef Garde Forestier : Alors il doit mourir ! Pour la troisième et dernière fois, avec cet instrument de mort sur votre gorge, appliquant le dos d’un couteau sur sa gorge, je lui demande le mot d’un Forestier sans lequel personne ne peut passer dans l’une ou l’autre direction.
Second Passé Chef Garde Forestier : Non, vous ne le tuerez pas car je suis son ami et je l’ai amené ici ! Je le défendrai. Essayez de bloquer notre passage et vous passerez alors avec succès sur mon corps ! Lâchez-le, vous dis-je !
Le Sous Chef Garde Forestier et le Second Passé Chef Garde Forestier se battent, tombent à terre aux pieds de candidat qui reste debout.
Le Second Passé Chef Garde Forestier prenant de nouveau le bras gauche du candidat : Mon Frère, avant de franchir le portique de la Cour, je vous ai promis toute l’assistance dont je suis capable. La preuve de ma sincérité repose à vos pieds. Son refus de reconnaître une plus haute autorité l’a mené bien bas. Nous sommes maintenant sur le point de passer en présence de quelqu’un dont le pouvoir dans une telle circonstance est suprême, et quoiqu’il puisse faire, vous et moi devons nous incliner en signe de soumission, si nous accordons une grande valeur à nos obligations. Nous allons maintenant passer pardessus ce corps, (ils s’avancent vers le Second Passé Chef Garde Forestier) et nous allons nous approcher du chêne touffu qui forme un dais pour nous abriter de la rigueur du soleil et des intempéries, de celui à qui, sans le savoir, vous avez juré loyauté. Robin des Bois lui-même est au centre et sont réunis autour de lui ses partisans. Ecoutez !
L’ode suivante peut être chantée par tous les membres de la Cour, mais il est plus agréable et il en résulterait un meilleur effet si elle était chantée dans l’antichambre par un quartet choisi.

Ode
Sur l'air de « Royleston ».
Béni soit le lien
Qui unit ici les frères de notre bande,
Par des actes de vraie fraternité nous travaillons
Dans une sincère Unité.

Pour réconforter le cœur d’une veuve,
Nous ne demandons aucune récompense ;
Nous essuyons les larmes de l'orphelin
Par une vraie Bienfaisance.

Aucune querelle ne vient troubler notre Cour,
Nous travaillons tous en accord,
Pour relever le moral du malade et aider le faible,
Pendant que la Concorde nous habite.

Cette Cour est doublement bénie,
Qui garde ces trois préceptes,
Et couronne ses efforts pour l’humanité,
Par la plus vraie Sympathie.

Le candidat et le Second Passé Chef Garde Forestier font une fois le tour de la pièce et s’arrêtent en face du plateau du Chef Garde Forestier (cf. schéma C). Durant leur marche, le Second Passé Chef Garde Forestier dit : Encore quelques pas et vous vous trouverez immédiatement en présence de Robin des Bois ! Je vous conseille d’avoir beaucoup de courage.
Chef Garde Forestier : Qui vient ici ?
Second Passé Chef Garde Forestier : Quelqu’un qui a le droit de venir, accompagné d’un frère qui l’a dûment instruit dans les principes de l’Unité et de la Bienfaisance et qui cherche la lumière dans les principes de la Concorde.
Chef Garde Forestier : Etes-vous en possession du mot d’un Forestier ?
Second Passé Chef Garde Forestier : Je le suis.
Chef Garde Forestier : Avancez et engagez votre parole. Le mot est donné par le Second Passé Chef Garde Forestier à voix basse avec l’attouchement. Le mot est juste ! L’étranger a-t-il le mot ?
Second Passé Chef Garde Forestier : Il ne l’a pas.
Chef Garde Forestier : Alors comment a-t-il pu se faire admettre ?
Second Passé Chef Garde Forestier : Grâce à la courtoisie du Premier Massier à l’extérieur du portique et en mettant hors de combat le Sous Chef Garde Forestier à l’intérieur quand il a voulu bloquer son passage.
Chef Garde Forestier : Comment a pu faire cet étranger, lié et les yeux bandés comme il l'est, pour arriver à ce résultat ?
Second Passé Chef Garde Forestier : Grâce à la courtoisie d’un frère qui s’est porté à son secours et par la démonstration du mot d’un Forestier d’un frère.
Chef Garde Forestier : Réclamez-vous pour lui le droit de prendre place dans cet endroit pastoral et secret ?
Second Passé Chef Garde Forestier : Oui. Chef Garde Forestier : Par quel gage demandez-vous ce droit ?
Second Passé Chef Garde Forestier : Par les gages de l’Unité, de la Bienfaisance et de la Concorde, et parce qu’il a pris l’obligation solennelle qui le lie à notre Ordre.
Chef Garde Forestier : Demandez-vous ce privilège pour vous-même ?
Candidat : Oui.
Second Passé Chef Garde Forestier : Et je confirme pour nous le mérite.
Chef Garde Forestier : Que le bandeau lui soit enlevé des yeux pour qu’il voie ce qui lui arriverait s’il violait ses obligations.
A ce moment, le Secrétaire et le Trésorier pointent leurs lances sur sa poitrine et les Gardes, de chaque côté, lèvent leurs haches comme pour frapper, le Chef Garde Forestier et le Second Passé Chef Garde Forestier saisissent leurs arcs et pointent les flèches sur son cœur, le Chef Garde Forestier devant et le Second Passé Chef Garde Forestier derrière, et les Massiers élèvent leurs gourdins comme s’ils allaient frapper sur sa tête.
Le Second Passé Chef Garde Forestier enlève le bandeau des yeux du candidat et recule pour laisser le candidat seul. Les Officiers gardent leur position pendant le dialogue suivant :
Chef Garde Forestier : Voyez la pénalité de la trahison ! Vu les vœux que vous avez déjà pris, promettez-vous d’être fidèle à toutes vos obligations pendant le voyage avec nous à travers la forêt de cette vie ?
Candidat : Oui.
Chef Garde Forestier : C’est bien !
Tous les Officiers retirent leurs armes et restent debout autour de lui.
Chef Garde Forestier : Digne Second Passé Chef Garde Forestier, libérez le candidat de ses liens et reconduisez-le là d’où il est venu, afin qu’il puisse à nouveau se rhabiller ; après quoi vous le reconduirez à cette place pour plus d’instruction.
Tous les autres candidats qui ont simplement pris leur obligation et ont été témoins de la réception du candidat à ce degré seront placés en ligne par le Premier Chef Garde Forestier ; puis le Second Passé Chef Garde Forestier et les candidats se retirent sans saluer, suivis jusqu’à la porte par les autres Officiers en double file comme suit : Premier Passé Chef Garde Forestier, Trésorier, Secrétaire, Secrétaire adjoint, Premier Surveillant, Second Surveillant (cf. schéma).
Quand tout sera prêt, ils retourneront dans la pièce où les candidats sont placés devant le Chef Garde Forestier. Le premier verset de l’ode d’initiation est chanté.

Sur l'air de « God save the King ».

Frères ! prêtez attention,
Pendant que notre Digne Chef Garde Forestier
Vous donne l’obligation.
Garants de notre société,
Fraternité et Sympathie,
Honneur et Secret,
Puissent nous unir tous.

Chef Garde Forestier : Je suis maintenant autorisé à vous désigner par le nom de Frère et à vous accueillir, au nom de cette Cour, dans notre honorable Ordre. Vous vous êtes lié à nous par une obligation solennelle qui demande vénération et respect. Vous devez, cependant, à partir de maintenant, honorer nos principes par une conduite sans reproche qui se réfléchira sur votre propre caractère en tant qu’homme et ajoutera dignité et stabilité à un Ordre auquel vos propres intérêts sont désormais associés. Je vais maintenant vous communiquer l’Attouchement, le Mot et les Signes de notre Ordre.
L’Attouchement d’un Forestier se donne ainsi…
Ici le Chef Garde Forestier donnera l’Attouchement.
Il rappelle la faute de nos premiers parents qui, lorsqu’ils furent chassés du Jardin d’Eden pour leur péché de désobéissance, devinrent, au sens figuré, les premiers Forestiers ; la sauvagerie du monde qui s’offrait à eux, avec tous ses dangers, ses difficultés et ses tentations. Il nous est ainsi enseigné de reconnaître la nécessité de marcher main dans la main à travers la forêt de cette vie, et de s’aider pour surmonter ses luttes et faire face à ses déboires.
Le Mot d’un Forestier est symbolisée dans la lettre S*** et il la montre. Les trois couleurs, écarlate, or et vert, représentent les vertus de la Foresterie, à savoir l’Unité, la Bienfaisance et la Concorde, et la lettre signifie le mot d’un Forestier, qui est la pierre d’angle sur laquelle tout l’édifice est érigé. Le Mot est… Il signifie l’intérêt actif que nous devons prendre pour la prospérité de nos frères et que nous devons être prêts à partager leurs fardeaux et les assister dans leur détresse. Il est le même partout dans le monde et ne change jamais.*
Le Signe de salutation d’un Forestier se donne ainsi…
Les Gardes font un pas en arrière et, après que le signe a été montré, reprennent leur place auprès du candidat.
Il est emblématique de l’acte de nos premiers parents, Eve, en cueillant, mangeant et offrant à Adam le fruit défendu, et est destiné à nous rappeler le devoir d’obéissance et de soumission et les pénalités de la transgression.
Il sera impératif que le Chef Garde Forestier donne le signe correct.
Le mot de passe pour le trimestre courant, qui est toujours donné dans un murmure, accompagné par l’Attouchement, est…
Le Chef Garde Forestier donnera au candidat le mot du trimestre courant.
Chef Garde Forestier : En plus du Signe de Salutation et de l’Attouchement nous avons d’autres Signes de Reconnaissance que je vais maintenant vous faire connaître. Devriez-vous vous trouver à un moment donné parmi des étrangers et désireriez-vous savoir s’il y a un frère Forestier présent ou près de vous, vous auriez la liberté de faire ce signe… Désireriez-vous être reconnu par un Ancien Forestier, vous répondriez ainsi… Vous vous avancerez alors l’un vers l’autre, quand vous lui direz… ? Il répondra… Vous lui demanderez alors… ? Il répondra… ? et étendra sa main que vous accepterez et il se permettra de vous donner l’attouchement d’un Forestier que, s’il est correct, vous lui rendrez.
Chef Garde Forestier : Je vous présente maintenant une copie des Règlements généraux ainsi que le Règlement intérieur de cette Cour que je vous engage à étudier soigneusement de manière à être familier avec les Lois de l’Ordre. Je vais le démontrer avec le Sous Chef Garde Forestier pour votre édification
Le Chef Garde Forestier quitte son trône et lui et le Sous Chef Garde Forestier se tiennent devant le candidat et en font la démonstration.
Chef Garde Forestier : Vous noterez que les phrases commencent par U., B., C. et S. qui font référence aux trois vertus de l’Ordre, ainsi que la lettre S. Digne Sous Chef Garde Forestier remettez maintenant au Frère le tablier et enseignez-lui son symbolisme.
Le Sous Chef Garde Forestier, faisant face au candidat et lui présentant le tablier : De même que l’attouchement qui vous a été communiqué auparavant est le symbole de la dépendance qui nous relie à nos premiers parents et que le signe de salutation nous rappelle les pénalités de toute transgression des commandements du Divin Créateur, de même le tablier, que je suis sur le point de vous ceindre, symbolise les tabliers de feuilles de figuier dont Adam et Eve se vêtirent quand le péché de désobéissance leur fit prendre conscience de leur nudité. Le tablier a une forme de triangle inversé et formé de quatre triangles plus petits. Ceux des coins en écarlate, or et vert représentent les vertus de l’Unité, de la Bienfaisance et de la Concorde ; tandis que le triangle du centre renferme la lettre symbolique S en or sur champ blanc ou argent. Ce tablier, vous ne le porterez qu’en Cour. Son symbolisme vous rappellera les obligations que vous avez prises en tant que Forestier ; nous espérons que vous vous conduirez de sorte qu’aucun reproche ne puisse être imputé à l’Ordre et que vous ne soyez sujet à aucun mépris.
Il investit le candidat de son tablier.
A partir de ce moment, la cérémonie peut être conclue par quelque Passé Chef Garde Forestier ou quelque Officier présent, pourvu, toujours, que le Chef Garde Forestier soit disposé à confier sa fonction à quelqu’un d’autre.
Chef Garde Forestier De vous nous espérons en retour un réel acquiescement à nos coutumes et une honnête obéissance à nos lois. Nous sommes unis les uns aux autres, non seulement pour la sage précaution de nous préparer à toute infortune qui touche n’importe quel homme et d’assister ceux qui sollicitent notre aide, mais aussi pour le doux plaisir d’une amitié fraternelle et d’une sympathie à l’égard de nos semblables. Nous comptons, cependant, que vous vous tiendrez strictement à toutes les obligations de la vie : que vous serez charitable dans votre jugement, de caractère patient et clément dans vos condamnations. Sachant cela, en retour ces qualités entraîneront notre estime et attireront notre respect. Nous n’encourageons aucun excès dans nos réunions, nous ne mettons en avant aucune croyance religieuse ni aucun credo politique ; nous ne permettons non plus ni disputes ni dissension pour troubler notre harmonie ou interférer dans nos actions. A l’extérieur et en tant que Forestier, nous vous espérons sobre, honnête et consciencieux, désireux d’aider, prêt à soulager, obéissant aux lois de notre pays et respecté dans les cercles où vous serez introduit. Dans vos relations familiales, nous souhaitons qu’en tant que mari vous soyez affectueux et fidèle ; en tant que père, soucieux de la moralité et du bien-être de vos enfants et de votre entourage ; qu’en tant que fils vous soyez soumis et exemplaire et, en tant qu’ami, constant et loyal. Ces qualités attireront l’admiration de l’humanité ; par vous, comme membre de notre Société, elles donneront de la dignité à notre Ordre, consolideront sa puissance et répandront sa douce influence.
Nous vous accueillons parmi nous, selon les principes de l’Unité, de la Concorde et de la Bienfaisance, et nous espérons que dans le cours de votre vie vous n’oublierez pas les grandes espérances que nous avons mises en vous ; et ces devoirs et obligations que tout membre de l’Ordre devrait reconnaître et remplir avec zèle.
Digne Sous Chef Garde Forestier, veuillez conduire le frère au digne Second Passé Chef Garde Forestier pour un examen plus approfondi et de plus amples instructions.
Le Sous Chef Garde Forestier et les Gardes conduiront alors le candidat au Passé Chef Garde Forestier, le Sous Chef Garde Forestier disant :
Digne Second Passé Chef Garde Forestier, sur ordre de notre Digne Chef Garde Forestier, je vous présente maintenant le Frère… pour de plus amples instructions et un examen plus approfondi. Second Passé Chef Garde Forestier : Mon Frère, je vais maintenant vous examiner sur le Signe de salut, le Signe de reconnaissance, le Contresigne, l’Attouchement, le Mot et le Mot de passe
[Le signe se fait en portant la main droite par terre, les doigts serrés l’un contre l’autre, en faisant semblant de placer un coin dans une bûche ;
L’attouchement se donne en se prenant réciproquement la main droite, le doigt du milieu étendu et se frappant avec 9 coups de cette manière OOOOOOOOO…
Le mot sacré est de se dire bas à l’oreille Bonne vie et Bon Compagnon Forestier et celui de passe est A l’avantage.]
Ceci ayant été fait, le Second Passé Chef Garde Forestier continue : En plus de ces derniers, nous avons des Signes et Signaux de détresse que je vais maintenant vous enseigner. Dussiez-vous être en danger ou en difficulté et avoir besoin de l’aide d’un Frère Forestier, vous pouvez utiliser le Signe de détresse qui est fait ainsi… La réponse à ce signe est celle-ci… Dussiez-vous être incapable d’attirer l’attention en utilisant ce signe, vous pouvez utiliser ces mots… Si ce signe est vu ou si ces mots sont entendus et compris par un vrai Ancien Forestier, il vous répondra par signe ou bien avec ces mots… et courra immédiatement à votre aide. Puisse votre attention à tout moment être attirée par ce signe ou ces mots que je vous confie au nom de l’amitié et de la Foresterie afin que vous portiez rapidement assistance à votre frère en danger et lui apportiez toute l’aide dont vous êtes capable.
Je vais maintenant vous instruire sur la façon d’entrer ou de vous retirer pendant les travaux de la Cour.
Vous avancerez vers la porte intérieure et donnerez ** ** et vous donnerez au Premier Massier le mot de passe pour le trimestre courant ; vous entrerez alors dans la salle, avancerez au milieu et saluerez le Chef Garde Forestier en donnant le Signe de salut ainsi…, en utilisant les mots « Digne Chef Garde Forestier » et, s’il est correct, il vous en donnera la réponse et vous aurez toute liberté pour vous asseoir à votre place. Si vous désirez vous retirer avant que la Cour ne soit dûment fermée, vous devrez saluer le Chef Garde Forestier de la même manière qu’en entrant.
Le Signe pour voter d’un Forestier est donné ainsi…
Je veux maintenant vous démontrer l’usage du Marteau, symbole de l’autorité. Un coup (*) appelle l’attention de la Cour ou permet de s’asseoir quand on est debout. Deux coups sont pour que les Officiers se mettent debout (**, les Officiers se lèvent). Trois coups annoncent à toute la Cour de se lever (***, la Cour se lève et reste debout jusqu’à ce que le candidat ait quitté la pièce).
Avec les différents signes et mots maintenant en votre possession vous n’éprouverez aucune difficulté à prouver que vous êtes vous-même un Ancien Forestier ou à obtenir d’être admis dans une Cour de l’Ancienne Foresterie.
Les Gardes accompagneront le Sous Chef Garde Forestier et le candidat au-delà du portique, puis retourneront à leurs places.
Le nouveau frère ayant été instruit par le Sous Chef Garde Forestier dans l’antichambre, toute précaution ayant été prise pour s’assurer qu’aucun étranger n’est présent ou ne peut entendre, il donnera l’alarme usuel, etc., pour son admission. Etant admis, il saluera le Chef Garde Forestier et restera debout devant l’autel au centre. Le Sous Chef Garde Forestier sera admis en même temps que le candidat et le suivra quelques pas en arrière et se plaçant silencieusement à la gauche de ce dernier saluera le Chef Garde Forestier en même temps que le candidat. Puis le Sous Chef Garde Forestier se placera à droite du candidat et y restera jusqu’à ce que le cercle soit formé.

Ode.

Sur l’air de « God save the King ».
Frères, je n’ai rien à craindre
L’honneur véritable de la Cour est ici,
L’amour, la vérité et la joie !
La bienfaisance ici abonde,
La concorde est notre couronne vespérale,
Tandis que chaque cœur résonne,
Dieu bénit notre cause.

ous Chef Garde Forestier : Mon Frère ! Nous ne sommes pas seulement associés ici pour glorifier et honorer chacun d’entre nous, mais pour cimenter plus fortement nos relations fraternelles, et unissant ainsi notre influence pour que nos plaisirs sociaux augmentent, nous pouvons aussi exercer une influence utile en élevant la moralité et en exaltant la dignité de la race humaine. Dans nos relations avec nous, souvenez-nous que l’amour fraternel est l’esprit qui prévaut dans notre institution. Dans les discussions, que votre langage soit tempéré ; que dans vos démarches votre conduite soit respectueuse. Que tout votre comportement soit un exemple de modération et de bonne tenue, sans lesquels notre institution ne peut convenablement prospérer ; et dans tous les actes et les échanges fraternels puissions-nous toujours vous regarder comme un vrai Ancien Forestier, vous tenant parmi nous et parcourant le monde avec toutes les qualités d’un homme droit.
Le Second Passé Chef Garde Forestier et le Chef Garde Forestier entreront ici dans le cercle.
Second Passé Chef Garde Forestier : Le cercle qui nous entoure représente le lien qui nous unit à jamais. Ajoutons maintenant notre nouveau frère à notre cercle fraternel, plaçant le nouveau frère à la circonférence du cercle avec les autres membres, directement à l’opposé du plateau du Second Passé Chef Garde Forestier ; avec l’espoir qu’il puisse rester fidèle à toutes nos obligations au cours du voyage avec nous à travers la forêt de la vie.
Réponse par les Officiers : Qu’il soit fidèle !
Chef Garde Forestier : Ceci est notre cercle fraternel et je ne peux regarder ces beaux piliers sans douter de la stabilité de notre noble Ordre. Que notre source d’émulation soit : Qui éprouvera le plus intègre pilier, le plus ferme support et l’ornement le plus brillant dans notre bande de Forestiers ! Tous répondent : Que cela soit notre tâche !

Ode de bienvenue sur l’air de « Nettleton 8s & 7s ».

Bienvenue, frères, bienvenue à jamais,
Dans cette Cour dont le nom est Fraternité ;
Ici nous vous accueillons avec bienveillance, frère,
Souhaitant que vous fassiez de même.

Tous nos espoirs sont un dans l’union,
Puissions-nous unir toutes nos forces ;
Alors réunissons-nous dans une douce communion,
Prêts à jamais à faire tout bien.

Ici nous nous réunissons dans la joie et l’allégresse,
Puissions-nous toujours être heureux,
Libres de chagrin, de douleur et de tristesse,
Dans les liens de l’Unité.

Puisse notre Ordre toujours prospérer,
Grandir en force et en sens commun,
Aider le malade, que chacun ne puisse souffrir
Tandis que nous avons la Bienfaisance.

Puisse notre Cour prouver toujours ses bienfaits
A tout frère qui nous est confié,
La paix au lieu de la désolante détresse
Tandis que nous demeurons dans une douce Concorde.

Pendant que l’ode est chantée, les Officiers de la Cour dans l’ordre suivant, à savoir le Second Passé Chef Garde Forestier, le Chef Garde Forestier, le Second Chef Garde Forestier, le Trésorier, le Secrétaire, le Premier Surveillant, le Second Surveillant et le Premier Massier, suivis par les visiteurs officiels passeront devant le nouveau membre, chacun d’eux tendant sa main, donnant au nouveau membre l’attouchement d’un Forestier et lui adressant quelques mots de bienvenue. Les Officiers et les visiteurs officiels, après avoir félicité le candidat, rejoindront leurs places respectives dans l’ordre précédent et resteront debout jusqu’à la fin de l’ode ; le cercle des membres de la Cour restant pendant ce temps intact. La cérémonie achevée, tous les membres et les visiteurs resteront debout tandis que le Chef Garde Forestier procède ainsi :
Acclamation des Forestiers (neuf fois seulement).
Chef Garde Forestier : La cérémonie d’initiation étant terminée, veuillez vous asseoir et reprendre les sujets à l’ordre du jour de la Cour.

Fermeture de la Cour

Chef Garde Forestier : Je vous saurais gré de vous lever tandis que je ferme formellement la Cour. Les affaires de la présente soirée étant terminées, je vous remercie de votre présence et d’avoir compris votre nécessaire présence à toutes les occasions de nous rassembler, pour veiller aux intérêts de la Cour et partager ses devoirs et ses responsabilités. Veuillez maintenant chanter l’hymne de clôture :

Sur l'air de « Old Hundred ».

Bonne nuit, puissions-nous toujours nous quitter
En un seul corps, unis par le cœur,
Chacun gardant avec intégrité,
Les vrais principes de la Foresterie.

Ici non seulement on peut trouver la Concorde,
La Bienfaisance et l’amour en abondance ;
Ce n’est qu’ici que la douce charité
Peut se joindre à notre Unité.

Mais dans la marche journalière de nos vies,
Les soins domestiques, les sombres querelles du monde,
La noblesse de nos âmes peut se montrer,
Les liens de la fraternité, l’esprit de l’unité.

Bon soir ; et puisse nos esprits reposer
Sans que les oppressent des pensées inamicales :
Mais avec la joyeuse conscience
D’une Providence approbatrice.

Chef Garde Forestier : Mes Frères, je déclare maintenant cette Cour…. N°…, de l’Ordre Ancien des Forestiers, dûment et légalement close.
La salutation n’est pas donnée à la clôture de la Cour.

ANNEXE
Female Foresters ou les Dames Forestières

The Directory of the Ancient Order of Foresters’, friendly society, for 1917 (L'Annuaire de l’Ordre Ancien des Forestiers, société fraternelle, pour 1917) published by the Executive Council – qui était alors composé de treize membres et le Grand Chef Garde Forestier, élu à l’unanimité en 1916, était le F. G. H. Heath, d’Oxford -, dévoile, p. lxxvii, l'existence de Dames Forestières dans un chapitre intitulé « Female Foresters ». Il s’agissait de la 73ème année de parution de cet annuaire recensant les Cours existant en Grande-Bretagne et dans l’Empire britannique ; ce qui démontrer que l’Ordre était alors florissant.
« La Haute Cour d'Ipswich (1892) décida, à une large majorité, que le temps était venu pour que l'Ordre acceptât de recevoir des femmes et qu'elles eussent leurs propres Cours. […] Les Sociétés de Dames Forestières, dans la New Forest du Hampshire, sont de la plus haute antiquité comparées à la plupart de nos Cours. Que des Sociétés de Dames Forestières aient existé, plus tard, dans toutes les régions du pays a été prouvé par de fréquentes références dans les règlements des Cours masculines […] ainsi, il y a une génération, il y avait un nombre considérable de sociétés féminines dans la contrée. […]
« Plus récemment, fut installée une Cour de Dames Forestières, en 1891, à Nelson, en NouvelleZélande, appelée Etoile de Nelson, branche féminine de l'A.O.F. (Ancient Order of Foresters). Celle-ci est dans une condition florissante; et les délégués de Nouvelle-Zélande à la Haute Cour d'Ipswich furent amusés par les sombres pronostics émis par quelques-uns qui étaient opposés à l'admission de femmes dans l'Ordre.La Haute Cour de Bristol adopta des règlements pour les branches féminines [...] A la Haute Cour de Cardiff, en 1899, il fut décidé de permettre aux Cours d'être "mixtes" – c'est-à-dire à la fois masculines et féminines - sous certaines conditions.

Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Loge Chapitrale de Recherches Pierre d'Aumont : Ordre ancien des Forestiers Robin des bois

Gravure de la fin du XIXe siècle

« Sire, j’ai toujours agi au plus près de ma conscience et je n’ai jamais fait de mal à quiconque vit honnêtement. J’ai essayé de m’élever contre les injustices et les oppresseurs du peuple. »

Robin des Bois, adaptation de Charles Tritten,
Ernest Flammarion, éditeur, Paris, 1942.

1 Les signes, attouchement et mots donnés ci-dessus sont inspirés de ceux du grade de Compagnon Fendeur adopté par la Maçonnerie du XVIIIe siècle.

▸ L'acte de renonciation du 21 août 1782 : cahier n°13 -

, l’année du Convent de Wilhelmsbad, une date très importante dans la vie maçonnerie du XVIII siècle.

Ouvert dans le cadre de la stricte observance de nombreuses provinces étaient représentées : la I°, la II°, la III°, la V°, la VII° et la VIII° province de l’ordre de stricte observance. 34 délégués étaient présents lors de ce convent. Mentionnons que 17 délégués étaient de foi catholique et 17 étaient de foi protestante et 22 délégués appartenaient à la noblesse et 12 à la bourgeoisie. Dans la représentation par « nationalité » nous notons la présence de 14 allemands, 9 français, 2 italiens, 2 suisses, 3 hongrois et 1 danois.

Trois grands courants étaient représentés :

  • Le 1er groupe dont le chef de file était Friedrich Schwartz représentait surtout les rationalistes du siècle des lumières, proches des « illuminés » qui demandaient le retour à une maçonnerie symbolique chrétienne, une abolition de la Légende templière.
  • Le 2ième groupe avec comme chefs de file principalement le baron Dietrich Von Ditfurth, Christian Bode, Adolphe de Knigge étaient partisans du courant hermétiste-alchimique et voulaient maintenir la tradition templière et son cérémoniel templier conservant toujours « en rêve » la reconstruction de l’ordre du temple Templier. Ils étaient aussi en relation assez étroite avec le système rose-croix.
  • Le 3ième groupe dont Jean-Baptiste Willermoz était le chef de file représentait un courant mystique, spiritualiste et martiniste. Il désirait abandonner la référence à l’ordre du temple mais conserver les formes rituéliques chevaleresques. Des « individualistes » avaient rejoint également ce groupe avec plus particulièrement Joseph de Maistre et son « mémoire inédit au Duc de Brunswick. »

De très nombreux débats ont eu lieu dont celui sur « l'acte de renonciation. » C’est au cours de la 8ième séance que l’on décida d’abandonner complètement la légende de la filiation à l'ordre du temple. On raya ainsi d’un trait les « discours » de Von Hund sur l’origine de l’ordre et son parcours « maçonnique » et chevaleresques au sein de l’ordre. On supprima également toutes mentions des supérieurs inconnus. Et par un acte solennel « L’ACTE DE RENONCIATION » on écrit : déclarons et testifions que jamais, en aucun cas, nous voulons reconstituer un ordre du temple [...] et que nous ne prétendons aucunement à la succession de ses biens d’autrefois.

Si nous regardons de près les termes de cet acte de renonciation nous pouvons nous poser la question suivante : A quoi, finalement, a-t-on renoncé par cet acte ? Est-ce simplement au désir de restauration temporelle de la stricte observance ? En effet nous pouvons constater qu’il n’y a pas eu d’altération des rites chevaleresques de la stricte observance par le Rite Ecossais Rectifié.

Le Rite Ecossais Rectifié transmet bien ce que transmettait la Stricte Observance c’est à dire une véritable influence spirituelle, cela permettant d’ailleurs au rite de stricte observance de continuer de « vivre » au cœur même du Rite Ecossais Rectifié. Les rituels du Rite Ecossais Rectifié, les instructions, les divers documents existants postérieurs à 1802 n’ont jamais cessé d’affirmer à l’usage de leurs membres le lien que possède le Régime Ecossais Rectifié avec les ordres chevaleresques en général et du temple en particulier.

Suite à la question de Salzmann : Qu’est-ce que nous voulons être, ou plutôt qu’est-ce ce qu’il faut que nous soyions ? et la question de Jean-Baptiste Willermoz : Quel pourrait être le système par lequel les divers composants de l’ordre peuvent être réunis sans danger et de la meilleure façon ? les débats s’orientent en quelque sorte vers la création d’un nouvel ordre maçonnique.

Le système « conçu » par Jean-Baptiste Willermoz dit système de Lyon eut donc le dessus et orienta les débats vers un renouveau d’Ordre.

La décision d’abolir la légende templière le fut avec une majorité de 17 voix ainsi que l’abolition de l’organisation structurelle de la stricte observance mais à l’unanimité une grande majorité voulut tout de même maintenir la signification symbolique de l’Ordre du temple et les formes chevaleresques. Ce fut donc une victoire du Duc Ferdinand de Brunswick et de Jean-Baptiste Willermoz.

La question du plan économique fut également soulevée et il fut décidé d’abandonner toute référence à ce plan économique de Von Hund. Ce dernier voulait-il vraiment récupérer les biens du temple (immeubles et autres effets) pour son ordre ? La réalité des études montre bien que ce ne fut pas le cas. Notons que le plan économique conçu par Von Hund aidé en cela par Schubart de Kleefeld eut un immense succès. C’est par des cotisations importantes et variées que selon Von Hund l’ordre pourrait avoir un prestige et une présence comparable à celui de l’ordre du temple.

Les rituels des trois premiers grades furent écrits, la rédaction d’ailleurs confiée à Jean-Baptiste Willermoz pour l’écriture du grade de Maître-Ecossais, à Jean de Turckheim pour celui du grade de Novice et à Virieu pour le grade de Chevalier. Mentionnons que les rituels définitifs ne furent définitifs que 26 ans après ce convent.

Le but principal de l’ordre fut la bienfaisance et le but de chaque franc-maçon devait être la recherche du grand architecte de l’Univers, suivant finalement de façon très claire la formule de Saint Martin : à l’intérieur la recherche de Dieu, à l’extérieur la bienfaisance.

Quelles sont les conséquences de ce convent et de cet acte de renonciation ? Tout d’abord, les décisions de ce convent sont tout à fait valables. Le système de Lyon, issu du convent des Gaules de s’était déjà fortement propagé dans la Stricte Observance en France et se montrait comme le système qui remplaçait la légende templière de Von Hund avec toujours dans chaque grade une révélation secrète qui sera apportée.

Les grandes question que nous pouvons nous poser pourraient être les suivantes :

  • Les réformateurs de Wilhemsbad furent-ils trop intéressés par la continuité de la Stricte Observance sous une autre forme et trop peu par la spiritualité intrinsèque nouvelle qui se dégageait ?
  • Jean-Baptiste Willermoz et les siens n’ont-ils pas « infusé » dans le Rite Ecossais Rectifié, (deux fois rectifié !) les principes qu’enseignait un seul rite maçonnique vraiment construit avec des formes déjà très précises, c’est à dire celui la Stricte Observance, en y fixant le vrai but de l’homme et du maçon avec les voies qui y conduisent ? Et c’est dans la liberté que chaque maçon choisira sa voie en toute connaissance de cause.
  • Jean-Baptiste Willermoz n’a-t-il pas en fait défendu le système de Stricte Observance en l’englobant dans un autre système Mmaçonnique qui, à l’étudier de près, lui ressemble plus qu’étrangement ?
  • A-t-on alors encore le droit de penser que « le soyeux de Lyon » fut le fossoyeur de la Stricte Observance mais ne serait-il pas plutôt le « régénérateur » d’une Stricte Observance plus proche de son époque et de la « religiosité » qui participait à la philosophie de cette fin du XVIIIe siècle ?
  • Epervier, Pélican, Phénix, nouvelle signification d’une forme de l’ésotérisme de la Franc-maçonnerie et de sa finalité ?
▸ La spiritualité de la Stricte Observance lors du Convent des Gaules de Lyon en 1778 : cahier n°13 -

Ce Convent des Gaules ne concerne que les provinces françaises et non allemandes. L’idée générale qui était de mise était d’abandonner « les fragments historiques » non prouvés concernant par exemple l’ordre du temple, les erreurs commises dans les rituels et de combattre la « dangereuse position d’autorité des chefs. » ( Maître de loge à vie, postes clés à vie e.t.c.)

Après la signature du « traité » de avec le Grand Orient de France l’ordre commençait à « s’étioler » et de nombreux courants se faisaient jour.

Jean Baptiste Willermoz pensa alors à réformer l’administration des provinces, espérant par ailleurs que cette réforme pourrait servir de modèle à l’ordre tout entier. Pour lui il était urgent de réformer l’ordre si on ne voulait pas « qu’il meure. »

Assisté de Jean de Turckheim et de Rodolphe Salzmann il travailla d’arrache-pied à cette réforme avec un postulat : la légende templière devait être abandonnée et un nouveau code maçonnique devait être crée, idée d’ailleurs proposée par Weiler.

C’est ainsi que s’ouvrit le le convent des Gaules à Lyon. C’est au cours des 13 séances que furent élaborées des nouvelles règles, un nouveau système administratif entre autres choses.

6 loges, 2 directoires, 21 délégués français sont les trois chiffres clés de ce convent. 12 délégués furent envoyés par la II° province, 6 par la V° province, 3 par la III° province et un représentant de la Suisse en la personne de Rodolphe Salzmann.

Plusieurs points lors de ce convent concernant la spiritualité furent abordés. La légende templière fut abandonnée ainsi que cette idée « chimérique » de reconstruction de l’ordre du temple originel. La signification symbolique de l’ordre du temple comme « exemple moral de la dévotion » et la structure administrative furent conservées.

Il fut décidé d’édicter un code maçonnique des loges réunies et rectifiées de France et le code général des règlements de l’ordre des chevaliers de la cité sainte.

La spiritualité de l’ordre fut en quelque sorte structurée et codifiée avec deux idées principales et quelques traits particuliers au rite.

Le mysticisme personnel pourrait toujours et encore être cultivé mais les pratiques théurgiques, hermétiques et alchimiques devaient être abandonnées. L’ascétisme, forme qui dessèche « le cœur, » devait être remplacé par la recherche de Dieu.

Quelques traits particuliers à relever :

  • Le maçon de l’ordre devait faire preuve de noblesse, noblesse personnelle principalement dans ses actions de tous les jours.
  • L’égalité complète était de mise entre tous les hommes lors de réception et il ne devait exister de prérogatives pouvant provenir de naissance illustre, de rang élevé dans la société civile. Ainsi sont jetés les bases d’une stricte égalité entre tous les maçons quelque soit leur rang, privilèges et places.
  • Le prieur du clergé est chargé des informations sur les qualités morales du candidat.
  • Une douce bienfaisance doit être exercée par tous les frères mais surtout par les chevaliers de l’ordre.
  • L’hospitalité doit être la vertu principale du chevalier.
  • La loi du silence et de la discrétion est une loi fondamentale de l’ordre.
  • La pureté des mœurs peut seule préserver la vie et la continuité de l’ordre.

Mentionnons que la question de l’admission des femmes dans l’ordre fut soulevée par Beyerlé mais ne fut pas résolue lors de ce convent, faute de temps et remise à des discussions ultérieures qui ne se firent pas.

Ce convent des Gaules, agrée par Brunswick, eut un grand retentissement dans l’ordre et chez tous les frères. Il sera la base en quelque sorte du travail du convent de Wilhemsbad de .

▸ La sainte religion chrétienne : cahier n°13 -

Il est fort souvent fait reproche aux loges de tradition de faire référence soit à la sainte religion chrétienne ( Rite Ecossais Rectifié ) ou à une fraternité sainte ( Rite de Stricte Observance du baron Von Hund.)

Nous allons de suite nous pencher sur la proclamation officielle du Convent de Wilhelmsbad de lors de la réunion des loges de Stricte Observance Templière.

Nous avons résolu de déclarer comme nous déclarons et protestons que l’unique but de notre association est de rendre, ainsi que chacun de ses membres, recommandable et utile à l’Humanité pour l’Amour et l’étude de la vérité, par l’attachement le plus sincère aux dogmes, devoirs et pratiques de notre sainte religion chrétienne, par notre soumission et obéissance aux souverains et aux lois de nos patries respectives, par une bienfaisance éclairée et universelle, dans le sens le plus étendu, enfin, par une pratique constante de toutes les vertus religieuses, morales, patriotiques et sociales [...]

La sainte religion chrétienne est bien présente dans les rites de Stricte Observance (certes relevant plus du piétisme allemand) et Rite Ecossais Rectifié. L’exhortation du vénérable maître de loge lors de la réception d’un apprenti nous le confirme sans détour : Oui Monsieur, c’est l‘évangile de saint Jean, croyez-le, ma parole vous en assure (R.E.R. ) et Le livre sur lequel vous posez la main est le livre des Saintes Ecritures (S.O.T. ).

Il est clairement indiqué également que la nature de ce que l’ordre considère « comme le gage du serment, c’est à dire ce qui est le fondement même de la fraternité » est bien la religion chrétienne.

Dans les rituels du Régime Ecossais Rectifié il est fait référence sans cesse au Christ lui-même dans les termes évangéliques et invite à méditer le saint Evangile qui est le « propre de toute vie chrétienne. »

Qu’il s’agisse ainsi de l’évocation d’un Dieu créateur au rite de stricte observance ou du Grand Architecte de l’Univers au Rite Ecossais Rectifié, la notion de sainte religion chrétienne y est toujours aussi prégnante.

Au Rite Ecossais Rectifié le triangle équilatéral au-dessus du dais de la loge est une référence à Dieu non discutable et montre la notion de « descente du verbe, » mystère central de la doctrine chrétienne auquel est consacré le prologue de l’évangile de saint Jean, page ouverte dans la bible placée sur la table du maître de loge.

Au rythme des différentes réceptions le maçon se voit sans cesse rappeler à ses devoirs et à son appartenance à la religion chrétienne. Ceci lui est d’ailleurs rappelé dans les règles de ses devoirs qui sont empreintes dans son cœur dont il est instruit par la raison et perfectionné par la religion.

La bible est toujours présente et ouverte pour tous. Il ne suffit pas que le candidat ait connaissance et du respect pour la bible qui ne témoignerait pas d’un attachement de tout son être car que vaudrait un engagement pris sur la bible pour qui la considère comme seulement un « fait culturel. »

L’ordre (des francs-maçons) ne veut que des déclarations libres nous est-il précisé dans les rituels. Ainsi dans le rituel on retrouve la distinction entre tolérance et indifférence, comme entre liberté et licence.

La tolérance s’entend pour ce qui concerne les confessions chrétiennes les unes par rapport aux autres, mais l’ordre n’est pas « juge des titres que possède le franc-maçon pour se déclarer chrétien. »

Le franc-maçon comme tout homme ne se retrouve donc toujours que face à lui-même, dans sa vérité intérieure, parfois différente de la vérité extérieure, dans le cadre d’une société humaine où il tente de vivre sa foi et les valeurs chrétiennes qui s’y attachent. Il est donc un homme libre dans une loge libre.

Pour finir cet essai maçonnique, ne pourrait-on pas clore ce sujet par cette définition : Celui qui est la vérité même, le réparateur, le rédempteur, le verbe incarné, l’agneau de Dieu, la nouvelle loi de grâce et de vraie lumière ne professe-t-il pas un « christocentrisme », notion propre à la doctrine du Rite Ecossais Rectifié ?

▸ La Maçonnerie des Dames à LYON en : cahier n°13 -

Dans les actes du Convent national des provinces de la Gaule, sous l’égide de la stricte observance nous découvrons dans ce manuscrit de la bibliothèque de Lyon sous le numéro MS 5482 un texte relatif aux femmes dans la franc-maçonnerie lors du compte-rendu de la douxième séance soit celle du . Nous vous offrons la lecture du texte relatif à la déclaration de l’Eques a Fascia (Jean-Pierre Louis BEYERLE 1738 à 1799) lors de cette séance. Ce texte est intéressant à plus d’un titre car il fait référence à une maçonnerie des dames et nous devons nous souvenir que dès le régime de stricte observance en Allemagne possédait des loges d’adoption.

Le respectable Frère a Fascia pria le convent de porter ses regards sur la maçonnerie d’adoption qui au premier aperçu semble étrangère aux opérations du Convent, mais qui considérée par l’œil attentif de la Bienfaisance peut influer infiniment sur la somme de bien qu’on se propose de faire ; il représenta que futilité autrefois , la maçonnerie d’adoption sollicitée par la curiosité de quelques femmes n’a eu pour rédacteurs que des maçons qui ne voyaient dans cette adoption qu’une chaîne de fêtes, mais sans fixer leur attention sur l’esprit, le gout et le caractère essentiel des femmes , ne les ont jugées que d’après le vice d’une éducation superficielle qui obstrue en elles le germe des vertus les plus touchantes, que décidées alors par ce jugement injuste ils ont fabriqué des grades dans lesquels il semble que la vertu ne se trouve que par hasard tandis que la vrai base ne consiste qu’à plaisanter sur la frivolité, la curiosité et l’indiscrétion, que si les femmes qui désirent être franc-maçonnes n’y sont excités la plupart que par la curiosité et quelques unes par esprit de société. Il faut aussi convenir que les femmes sont donc naturellement bonnes, compatissantes, généreuses, bienfaisantes ; ont une délicatesse de tact dans le jugement qui doit leur inspirer de l’éloignement pour le genre de société fondée sur des cérémonies vagues, dont la répétition devient insipide ; tandis qu’un but qui tendrait à la Bienfaisance deviendrait pour elles un attrait bien touchant. Il proposa en conséquence un Régime dont la Bienfaisance serait le but, la vertu le mobile, et qui apprendrait aux femmes à devenir tendres-mères, épouses constantes, amies sincères et Citoyennes bienfaisantes. Après les trois premiers grades retouchés et rendus plus intéressants viendrait le complément de la maçonnerie d’adoption qui ne serait que le rétablissement de l’ancienne Chevalerie. Le lieu où l’on s’assemblerait serait le Temple du bonheur ; on y entrerait par la porte de la vertu et on sortirait par celle de l’immortalité.

Le convent ayant pris ces objets en considération applaudit aux vues inestimables du frère a fascia et l’engagea à mettre la dernière main à son travail pour pouvoir être présenté d’ici au convent prochain aux trois Provinces de France et être adopté par elles provisoirement. On statua cependant dès à présent que l’union des Loges maçonnique et de celles d’adoption ayant causé les plus grands inconvénients et même la dissolution de la plupart des Loges, aucune loge d’adoption ne pourrait en aucun cas être affiliée à une loge ordinaire ; mais que tout Frère qui désirera en former une en demandera l’agrément à la Grande Loge Ecossaise par une requête signée de 7 frères ; qu’on n’y pourra recevoir que des maçons appartenant à des loges rectifiées et passées au scrutin des Sœurs, et qu’on fera les lois les plus sévères pour empêcher dans ces loges les progrès du luxe et d’une dépense inutile qui dessécheraient les sources de la Bienfaisance et pour proscrire des fêtes accompagnées de danses qui peuvent occasionner des désordres.

Le convent ayant ainsi terminé ses principales opérations, ne pouvant prolonger plus longtemps ses séances à cause du départ prochain des Frères de Bourgogne que leur état-civil rappellent dans leur Patrie, a fixé pour demain 29 novembre/10 novembre la clôture solennelle des travaux suivant le nouveau rit de l’Ordre.

▸ Aspects alchimiques des rituels dans l'Ordre de la Stricte Observance. : cahier n°14 -

Le quatrième grade se révèle bien plus alchimique qu’il n’y paraît au premier abord ; plus, sans doute, que les trois précédents, discrets sur ce sujet, mais dont la teneur hermétique est indéniable, ce qui sera évoqué plus loin.

A ce degré, un clin d’œil au nombre quatre, ou mieux « un plus trois, » semble incontournable (rappelez-vous l’unité de la trinité, et la trinité de l’unité, selon Bernard le Trévisan.) On parle toujours de trois œuvres alchimiques ; or, logiquement, il devrait y en avoir quatre, autant que d’éléments. A l’époque de Mylius, l’alchimie comportait quatre œuvres, et dans son ouvrage « Philosophia reformata », cet auteur donne, bel et bien, quatre stades du processus intégral. Comme Héraclite, il décrit les phases : melanosis, l’œuvre au noir ; leukosis, au blanc ; xanthosis, au jaune ; et enfin iosis, au rouge. C’est aux environs du XVème siècle que l’œuvre au jaune fait place à une « œuvre au vert », bien plus logique, à mon avis.

  • Le noir représente la Terre enrichie de sa propre putréfaction, l’Antimoine ou encore la materia prima ;
  • Le vert était, à l’époque, l’Eau ou le Lion de même couleur ;
  • Le blanc est traditionnellement l’Air ou les Aigles, symbole des purifications rendant la matière volatile ;
  • Et le rouge, le Feu ou le Lion rubescent, qui deviendra, au stade ultime, « Phénix. »

J’ai un faible pour cette répartition, mais il faut bien se plier aux exigences du plus grand nombre !

La « quadrature du cercle » peut, elle aussi, rappeler le nombre quatre, et de ce fait, posséder une dimension alchimique certaine. Selon le « Plan Divin », l’esprit symbolisé par un cercle doit s’intégrer au matériel, et cette matière, figurée par un carré, se spiritualiser afin de se fondre dans des vibrations de plus en plus fines ; comme l’aigle, elle pourra, par là-même, prendre son envol.

Le célèbre moine franciscain et alchimiste Roger Bacon, disait au XIIIème siècle : Il faut que le corps devienne esprit et que l’esprit devienne corps [...] C’est là, la solution de l’œuvre. Cette pensée confirme bien le fait que l’alchimie doit être appliquée à soi-même, l’alchimie « spirituelle » s’entend.

▸ Cherchons, à présent, dans les rituels de notre ordre, les passages qui évoquent cette science des « transmutations. » Ils sont si nombreux, qu’il est difficile de les décrire tous. Aussi ne verrons-nous que les plus importants.

  • Lors de la réception d’un profane, le dépouillement des « métaux » prend le sens général de détachement des richesses, du matériel ; mais il évoque aussi l’idée d’une séparation, d’une dissociation des éléments métalliques. Ceux-ci, d’abord désunis, seront purifiés avant d’être réunis à nouveau, pour favoriser un mûrissement salutaire.
  • Sur le tapis de loge d’apprenti et de compagnon, sont figurées trois pierres ; la première, comme l’indique la formule V.I.T.R.I.O.L., est « la pierre brute cachée à l’intérieur de la terre » ; c’est aussi la terre noire ou le mercure originel, toutes ces notions symbolisant une même et unique chose. Cet élément minéral sera travaillé, pour aboutir à la seconde pierre, puis morcelé comme le montre la troisième, pour faciliter les sublimations occasionnées par des rectifications successives, (c’est le sens du « R » de Rectificandoque (en rectifiant) de V.I.T.R.I.O.L.). La pierre brisée est aussi le signe de départ d’une nouvelle réunification nécessaire au retour progressif à la perfection d’origine (de l’ordre à son apogée ... ou de l’adepte lui-même).
  • Toujours sur le tapis de Loge des premier et second grades, le soleil, la Lune et les étoiles illustrent parfaitement la phrase d’Hermès : Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas … par la volonté d’Un seul, pour le miracle d’une seule chose. Ils sont l’image de la parfaite unité du tout, mais aussi l’obligation d’arriver à l’union des deux luminaires (le roi rouge et la dame blanche, qui sont le soufre et le mercure, donc l’âme et l’esprit) pour la réalisation du grand œuvre. La dualité (le pavé mosaïque) n’est qu’apparente et temporaire, et c’est grâce au mariage des opposés, par l’attirance des contraires, que tout devient réalisable ; ce sont les bases même de l’alchimie, mais aussi les fondements d’une certaine physique élémentaire.
  • L’hexagramme flamboyant, tout comme le pentagramme, symbolise la quintessence, mais une forme de quintessence divine, puisque ici les deux triangles entrelacés représentent la perfection matérielle conjointe à l’idéal spirituel. Il ne s’agit donc plus du produit des quatre éléments réunis et purifiés de l’alchimie classique, mais d’une substance transcendée, issue de l’interaction « du matériel et du spirituel », une autre vision de la quadrature du cercle. Cette « sixième essence », si je puis dire, est d’une qualité supérieure à la cinquième : elle apporte une meilleure efficacité dans la transmutation de la Pierre des philosophes vers la Pierre Philosophale, c’est à dire l’« Or potable. »
  • La colonne brisée symbolise la chute de l’ordre du temple ; mais en alchimie sacerdotale, elle est l’image de l’homme debout, donc matériellement existant, rendu malgré tout incomplet, coupé de sa véritable nature, après le péché originel. Il a certes perdu une partie essentielle de lui-même, mais sa reconstruction avec l’aide de l’alchimie, devrait lui rendre son état premier, celui d’avant la chute. « Adhuc stat » confirme donc bien que tout reste possible, à condition d’y travailler avec sérieux ; et si, jusqu’ici, il tient bon, c’est parce qu’il a toujours en lui-même une trace inextinguible de la lumière originelle.
  • Thubalcaïn, l’un des premier a être investi des mystères de la « science des sciences » a été évoqué précédemment, inutile d’y revenir.
  • Au grade de compagnon, il est question de nombreux épis de blé (Schibboleth), dont chaque grain mis en terre subit des transmutations identiques à celles de l’alchimie. Nous avons à faire à un cycle parfait, à l’image de mère nature, l’exemple le plus parlant aux adeptes sincères.
  • Les sept marches montrent au compagnon les voies à suivre pour parfaire sa condition. Les points communs, avec les sept obligations qu’exigent les trois œuvres, sont évidents.
    • L’obéissance, c’est le strict respect du chemin : pas question de dévier ou d’improviser, il faut obéir à la loi de l’art, selon un ordre immuable.
    • Le silence, exigé par la tradition, est un devoir sacré de l'adepte : il ne doit pas dévoiler des secrets qui, mal employés par des gens peu scrupuleux ou incompétents, risquent de devenir dangereux, par méchanceté ou par bêtise.
    • La constance, est peut-être la qualité la plus difficile à respecter en alchimie, car il y a, et il y aura toujours, des moments de doutes, une certaine lassitude, mais le bout du chemin est à ce prix.
    • La fraternité est capitale dans un art où rien n’est fait égoïstement, mais dans un esprit de partage avec des chercheurs sincères, frères souvent inconnus, mais dont l’égrégore est toujours si présent.
    • Le sens des responsabilités n’est pas un vain mot, car la moindre négligence peut être fatale. Tout ce qui est avancé doit être pesé, vérifié, pour ne pas tromper les autres, ni s’égarer soi-même.
    • La grandeur d’âme peut être appréhendée de deux façons : rien ne se réalise sans elle, dans un domaine sacré qui l’exige ; par ailleurs, nous l’avons vu : ce n’est qu’en « prenant conscience de cette âme et en l’aidant à grandir », que le cheminement vers le but suprême est possible.
    • La sérénité face à la mort n’est pas ou n’est plus un problème pour l’adepte : il sait que rien ne meurt et il en détient la preuve ; « la grande transition n’est en fait qu’une autre transmutation. »
  • Les sept marches représentent également les sept purifications requises, au minimum, pour accéder au Grand Œuvre.
  • Autre point remarquable dans l’instruction au grade de compagnon, la question : D’où vient le vent ? Quel temps apporte-t-il ? La phase finale de l’œuvre au blanc fait apparaître « un dauphin » pris dans le bouillonnement de l’Athanor. D’un calme relatif, nous passons à la tempête, et seul le « rémora » pourra ramener un temps calme et serein, mais plus tard, lorsque toutes les conditions seront remplies, et les idées stabilisées.
  • Au grade de maître, les choses se précisent encore : Les flammes du tapis rappellent le feu alchimique, ce feu « d’une double nature, » comme le précise un passage du rituel : Les flammes vous démontrent les deux qualités du feu de notre ordre.
  • Les larmes qui décorent ce tapis évoquent le sel, ce sel de la vie qu’il ne faudra jamais mésestimer, ni négliger. En effet, sans le corps point de salut !
  • On y remarque aussi la tête de mort ou « caput mortuum, » objet important de l’œuvre au noir, car c’est l’autre symbole de la matière d’origine calcinée, au moment de l’extraction du mercure et du souffre, « par la cristallisation du sel. »
  • Le cercueil joue le rôle du cocon déjà vu. La mort sépare les éléments, d’où la phrase : la chair se détache des os, phénomène de dissociation alchimique. D’ailleurs, la branche d’acacia cède sous la main, preuve que la cohésion apparente n’est que temporaire, et sera suivie, irrémédiablement, d’une séparation. Le temple est en ruines, mais tous les éléments de sa réédification sont présents, pour une reconstruction idéale. Le maître est relevé par la réunification de ce qui a été séparé ; le « agero » après le « spao, » le « coagula » après le « solve. »
  • La houppe dentelée peut être vue comme le lien qui rend tout solidaire ; l’orateur la qualifie de « lien sacré, » nous l’appellons, nous, « esprit » ce qui montre une belle proximité d’idées.
  • Autre phrase clé : Qu’avez-vous vu ? Une branche verte sur les ossements restants ; comment mieux symboliser la défaite de la mort, que par un rameau vert émergeant de la décomposition ? Certes ce rameau provient d’un acacia, et non d’un olivier, mais le symbolisme reste très proche de celui du déluge. Il signale que le retour à l’état d’origine est imminent. D’ailleurs ne dit-on pas que l’acacia est un végétal capable de se régénérer par lui-même ?
  • Toujours au grade de compagnon, le vent se déchaîne, amenant une tempête qui démâte notre vaisseau, comme il malmène le dauphin minéral dans la phase finale de l’œuvre au blanc ! Au niveau du maître, le calme revient, la mer est apaisée, car c’est la grande espérance, et même la certitude d’une alliance retrouvée. L’apaisement se justifie donc pleinement.
  • La couleur verte caractérise le grade de « maître écossais, » symbolisant à la fois l’Espérance et la nature, et pourquoi pas « l’espérance en la nature. » Si le rouge de la bordure est la couleur du dernier œuvre, le vert est le signe d’un espoir démesuré en sa réussite.
  • Le triangle que porte le vénérable marque la manifestation idéale et la création parfaite.
  • Notre pierre, déjà polie, préfigure la « pierre des sages » que nous désirons produire, et que nous voulons parfaite.
  • Hiram fut abattu pour avoir refusé de donner les mots de passe, et cette phase rappelle celle du fruit défendu de l’Eden : « la recherche, à tout prix, d’un savoir caché. » Lors de l’admission d’un maître chez les écossais, sa culpabilité est certaine, puisqu’elle résulte d’un grand désir de savoir, quel qu’en soit le coût. Mais l’apprentissage s’est révélé si difficile, qu’il lui sera beaucoup pardonné. Le parallèle avec le péché originel est flagrant, car l’homme ne pourra être absout que par un travail assidu et fervent, basé sur un savoir capable de grandes mutations. Notre maître intérieur peut et doit être ramené à la vie originelle, pour retrouver la pleine possession de sa gloire, par l’application stricte des règles alchimiques.
  • Le Lion sous un surplomb rocheux, emblème des écossais, est un indice de sa préexistence dans la pierre, depuis l’origine. L’Ars Magna, (autre nom de l’alchimie sacerdotale), enseigne en effet, que l’apparition du « lion vert » résulte d’une prise de conscience, mais en fait, les vertus qu’il veut mettre en exergue sont présentes depuis toujours dans « la pierre, » il suffit de les en extraire. Cette pierre contient, en puissance, les germes d’un devenir qui est, en réalité, un retour aux sources.
  • Ce Lion joue avec des instruments capables d’extraire les éléments nécessaires au travail alchimique ; du symbole « matériel et rigoureux » de l’équerre, au sens « spirituel » du compas, en respectant la règle, c’est le seul travail efficace pour « présumer du meilleur » ou plutôt pour « extraire le meilleur. »

Il y aurait encore beaucoup à dire sur les aspects alchimiques des rituels de la Stricte Observance, mais le temps est limité, et votre patience n’est peut-être pas extensible à l’infini.

Jehova vous donne Force et persévérance dans vos travaux futurs !

Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Loge Chapitrale de Recherches Pierre d'Aumont : Tabliers alchimiques de Stricte Observance Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Loge Chapitrale de Recherches Pierre d'Aumont : Salle des grades alchimiques
▸ Petite histoire de la remise des rituels de la Stricte Observance à Jean Baptiste WILLERMOZ : cahier n°14 -

Jean-Baptiste Willermoz a œuvré avec le Baron Von Weiler pour ressusciter les « soi-disantes » provinces templières françaises, principalement la seconde province d’Auvergne. Le but de Jean-Baptiste Willermoz était de créer, semble-t-il sa propre réforme maçonnique au convent de , tout en restant dans le cadre de la Stricte Observance.

En avril , Le Grand Maître à Lyon étant le dénommé Grandon auquel va succéder Jean-Baptiste Willermoz au sein de « la grande Loge des Maîtres réguliers de Lyon. » Le Comte de Clermont, Grand Maître du Grand Orient de France procède alors à sa reconnaissance officielle le .

La loge strasbourgeoise « La candeur » est fondée par la Grande Loge de Paris le et sera la première loge française à se faire « rectifier » par Von Hund. Souvenons-nous que de à Von Hund a vécu à Strasbourg et a dû se faire des amis.

Jean-Baptiste Willermoz va prendre attache officiellement avec Von Hund en décembre , ne respectant pas la forme hiérarchique communément admise. Le Von Hund répond à Willermoz en lui précisant que dorénavant il ne lui répondrait plus en ligne directe aux correspondances mais qu’il devra veiller à correspondre d’une façon hiérarchique en passant par le Comte de Lutzelbourg qui transmettra au baron Georg August Von Weiler (1726-1775) Eques a Spica Aurea, qui lui-même sera en contact avec lui avec Von Weiler. L’idée de la patente délivrée à Willermoz est acceptée. Il est demandé comme gage de sa demande d’adhésion à la Stricte Observance à Jean-Bptiste Willermoz « un acte d’obédience signé, à ne pratiquer que les seuls rituels de Stricte Observance autorisé sans jamais chercher à pénétrer les raisons pour lesquelles il leur serait commandé d’accomplir tel acte ou de s’abstenir de tel autre acte.

La première réaction de Willermoz est assez sèche et il écrit à Von Weiler le à propos de la Stricte Observance : Si elle ne sert qu’à restaurer l’ordre des templiers, elle n’est qu’un régime de plus et ne connait donc pas le vrai but de l’ordre maçonnique.

Note de l’auteur : Cela montre que dès le départ Jean-Baptiste Willermoz a dans l’idée de faire disparaître cette trame templière, ce qu’il fit voter en à Wilhemsbad (sauf pour le rituel de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte.)

La venue de la Maçonnerie Rectifié de Dresde n’a pas été faite à la légère, ce n’est point une lubie de Jean-Baptiste Willermoz. Il a demandé de nombreuses garanties et les membres de la grande Loge de Lyon également. Willermoz s’est surtout positionné sur 6 points que nous trouvons dans sa lettre du .

  • 1 Les règles de noblesse de l’ordre peuvent créer des liens de subordination inacceptables ?
  • 2 La question sur la connaissance du secret.
  • 3 Quels sont les frais et les sommes demandées par la Stricte Observance ?
  • 4 Quel est l’emploi de ces sommes demandées et récoltées ?
  • 5 Qu’en est-il d’une réforme pécuniaire de l’ordre ? (Question relative au plan économique de Schubart à Leipzig)
  • 6 Le rite de l’ordre consiste-t-il à restaurer les templiers, risque en France de désordre trop important ?

La réponse ne se fit pas trop attendre : Il est alors instruit des règles de la Stricte Observance ; règles relatives à la soumission aux souverains en place, attachement à la religion dans quelque communion que ce soit, une observance exactes des lois sociales, le remplissement des devoirs de l’état où la providence a placé chaque individu, une probité reconnue, un caractère doux et sociable, une naissance honnête et une discrétion éprouvée et de savoir se distinguer par des actes de bienfaisance.

Von Weiler va annoncer à Willermoz son arrivée à Lyon pour le , lettre datée du . Jean-Baptiste voulant encore prendre du temps recule sa visite et son échéance.

Au début Von Weiler est à Strasbourg avec les rituels de la Stricte Observance. Les rituels allemands n’ont pas été traduits en France mais ce sont les rituels de la Stricte Observance, que le Convent de Kohlo avait adoptés, et qui avaient été traduits par le professeur Abraham Heinrich Bénard, Eques a Monte Stellato ou a Monte Stella, qui enseignait le français à Dresde. (Ces rituels se trouvent à la Bibliothèque municipale de Lyon (B.M.L. 02INT00001 MS 5939).

Il se rend à nouveau à Strasbourg le . Il va y présider diverses cérémonies afin de parfaire les connaissances des maçons strasbourgeois.

En accord avec Willermoz par une note remise à Willermoz le Von Weiler annonce qu’il se rendra à Lyon. Durant l’été Von Weiler est à Lyon où il installe un Directoire Ecossais le en créant 12 Chevaliers du temple. Il va donner des instructions complètes à ce directoire au cours des journées des .

Le Von WEILER annonce son retour à Lyon où il compte arriver le afin de compléter l’instruction des frères de l’ordre.

Faisant suite aux ralliements de loges françaises à la Stricte ObservanceVon Weiler a procédé ainsi à l’installation de chapitres provinciaux à Strasbourg, Lyon, Bordeaux et Montpellier. Ce fut ainsi une charge énorme et écrasante.

Nous observons que Von Weiler a donc ainsi beaucoup voyagé et il expose même ses problèmes d’argent à Willermoz et son manque de moyens parfois pour voyager. L’argent a toujours été, semble-t-il le nerf de la guerre et le moyen de toute expansion. La franc-maçonnerie n’y échappe donc pas non plus.

Le Von Weiler va décéder.

Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Loge Chapitrale de Recherches Pierre d'Aumont : Manuscrit MS5939 Stricte Observance Rite Templeir 1775
▸ Templiers et Francs-maçons : tentative d'explication des cérémonies maçonniques templières au regard des aspects de la Rose-Croix et du Jésuitisme. : cahier n°14 -

Au fur et à mesure des recherches historiques entreprises nous découvrons que les « rites templiers » possèdent des constantes très importantes et leur histoire est lié à la franc-maçonnerie en général et à divers courants en particuliers.

Trois voiles couvrent la naissance des rites templiers et leur application dans des systèmes ou mouvements. Au départ de la franc-maçonnerie en Angleterre nous trouvons un système rose-croix de type maçonnique, une franc-maçonnerie spéculative de la Royal Society, une franc-maçonnerie stuardiste et enfin une franc-maçonnerie de type jésuitique avec des connexions au niveau des symboles très importantes.

Avant l’éclosion des rites de stricte observance et du rite écossais rectifié nous pouvons au préalable distinguer plusieurs voiles cachant le sens de la maçonnerie templière :

  • Un voile rose-croix en 1646 avec la création d’un premier temple à Londres sous Jacques II, Jacques II qui a fondé « publiquement » le premier collège de jésuite qui va devenir la Grande Loge d’York.
  • Un voile Stuardiste à Saint Germain en Laye en 1688.
  • Un voile maçonnique en 1717 avec la Royal Society.
  • Un voile jésuitique en 1743 avec le Collège de Clermont.
  • Un voile templier.

Mais avant toute chose juste deux mots sur une « origine » plus que probable qui va donner naissance à une franc-maçonnerie qui ne sera plus opérative mais plus spirituelle. Francis Bacon en a édité un livre dont le nom est : La nouvelle Atlantide où il décrit des voyages, des îles mais aussi une maison salomonienne. C’est de cette aventure que va naître l’idée d’un temple de Salomon avec une légende salomonienne et non plus « une maison de Salomon » comme dans l’ouvrage de Francis Bacon. Notons que ce sont les Jésuites les premiers qui en vont avoir l’idée de ce temple de Salomon au lieu de la « maison salomonienne » de Francis Bacon. Le dénommé Francis Bacon aurait puisé ses sources (la nouvelle Atlantide) dans un ouvrage de dénommé la mythologie chrétienne.

Nous nous devons aussi d’évoquer les écrits et les pensées de Christophe Warren comme ayant pu donner naissance à notre franc-maçonnerie spéculative. Il voulait « simplemen » par ses écrits et son système venger la mort de Charles 1er Stuart, rétablir une royauté avec l’allégorie du verbe mais aussi parler de l’avenir avec les « enfants de la veuve », soit ceux que la mort de Charles 1er a rendus orphelins.

C’est ce Christophe Warren en qui modifia la « maçonnerie secrète du temple » en une « nouvelle maçonnerie. » Cette maçonnerie « secrète du temple » était connue sous le nom de « Societas Clavita », une continuation spirituelle de l’ordre du temple. C’est une suite logique à cette maçonnerie Rose-croix avérée avec des personnages comme Elias Ashmole, Valentin, Newton etc...

Au cours du collège de Clermont en sortirent les premiers statuts maçonniques templiers, d’essence templière. Charles Stuart y fut reconnu comme Grand Maître des templiers et ce collège à sa création est dirigé par Lord Dervenwater. C’est un peu grâce au travail de Ramsay qui propagea l’idée d’une continuation de l’Ordre du temple que cela peut prendre forme. Ramsay avait été, il faut le dire l’élève du Jésuite Fénélon et tout cela d’ailleurs avec la bénédiction du cardinal Fleury. Les jésuites voulaient inculquer leur foi à tous en créant des grades « maçonniques ». Dans le grade de « chevalier sublime de Dieu et de son temple » toute la mesure et la force des idées des jésuites sont démontrées.

▸ Voilà juste quelques courants de pensée qui ont traversé la franc-maçonnerie en général et le système templier en particulier.

▸ Mais revenons au système des rose-croix et du Jésuitisme et à leur influence dans la maçonnerie dite templière.

Commençons par une idée toute simple : Ce n’est pas la « bulle papale » mettant fin à l’Ordre du temple qui va faire cesser toute espèce de « commerce » et « rapports » entre les « anciens templiers. » Il fallait donc aux templiers après de l’espérance, celle de voir un jour le rétablissement d’un « nouvel » Ordre du temple. Il y avait alors d’un côté les chevaliers d’une chevalerie existante et une spiritualité chevaleresque de l’autre.

Maintenant il est l’heure de nous rapprocher un peu plus près de l’Histoire qui a fondé la chevalerie maçonnique templière et sa ritualisation. Il nous faut nous rapprocher de l’histoire avec ses dates, son déroulé et ses ramifications.

La compagnie de Jésus d’où sortent les jésuites est un ordre religieux. Elle a été fondée par Ignace de Loyola et Saint François d’assise en . Elle a toujours été proche des rois et princes de ce monde et a en permanence tenté d’influencer la politique des cours françaises et européennes. Sa présence en Grande Bretagne fut très importante et elle influença les rois de ce pays, de Charles I au prétendant Stuart. Par la création d’un système calqué sur la maçonnerie elle va tenter de s’y immiscer et d’en détourner le but : abandon de toute politique pour une orientation vers une spiritualité chrétienne catholique. Dissoute en elle fut rétablie en par le pape Pie VII.

▸ Attachons-nous aux grandes dates et aux grands événements marquants dans le cadre de l’influence de la rose-croix et des jésuites dans les rites templiers :

  • : La loge d’Ecosse opérative avait un Grand Maître héréditaire en la personne des seigneurs Saint Clair de Roslin.
  • : A Florence, la société « La compagnie de la truell » voit le jour comme Loge et va user de symboles devenus « spéculatifs » : truelle-marteau-équerre, et prend comme saint patron : Saint André d’Ecosse.
  • : Fondation de la Compagnie de Jésus par Ignace de Loyola et Saint François d’Assise.
  • : : Première trace d’un maçon non opératif reçu dans une assemblée de constructeurs, à Edimbourg en « la chapelle de Marie. » Il s’agit de John Boswell d’Auchinlek. »
  • : Le roi Jacques I se déclare être le protecteur de la maçonnerie.
  • : Le dénommé Jean-Valentin André publia « La fama fraternitatis », est-il indirectement le créateur du mouvement Rose-croix ?
  • Création de la première « Rose-croix » avec Francis Bacon (livre : la nouvelle Atlantide.)
  • : Première assemblée de savants qui vont donner naissance plus tard à la Royal Society avec naissance d’une nouvelle « Rose-croix. » Cette société possède sur son tapis les deux colonnes où Hermès avait gravé les 7 arts libéraux et sur les marches d’un escalier menant à un théâtre carré on pouvait y voir des figures symboliques.
  • : Le roi Charles I est décapité, sa veuve Henriette de France, fille d’Henri IV et de Marie de Médicis, accepte l’exil et accepte de demeurer au château de Saint Germain en Laye prêté par Louis XV. Ce roi avait du gout pour les sciences et études chymiques et il encouragea le mouvement rose-croix naissant avec l’aide de l’astrologue Lilly, franc-maçon accepté dans le corps des maçons de la truelle. C’est cette décapitation qui va donner naissance à une légende et des hiéroglyphes maçonniques, il sera le maître « Hiram » non encore crée (), donnera naissance à l’histoire de la parole perdue (les fils de Charles qui veulent monter sur le trône) et le fils du roi est appelé l’enfant de la veuve etc.
  • : De suite, à la fin du règne de Cromwel , son fils Charles sera mis sur le trône avec le nom de Charles II.
  • Christophe Warren va modifier la maçonnerie secrète du temple (Societas Clavita) en une nouvelle maçonnerie.
  • : Jacques II d’Angleterre est décapité et le Grand Maître des Corporations est le dénommé Christopher Warren.Guillaume, prince d’orange alla en Angleterre et s’y fit recevoir roi, c’est la fin du règne des Stuarts d’Ecosse. Le roi Stuart à Saint Germain en Laye va fonder la première loge militaire maçonnique sur le sol français. Il va de même revivifier la Loge saint André du Chardon, résurgence écossaise de l’Ordre du temple.
  • : Apparition du premier tapis vraiment rose-croix avec les symboles maçonniques actuels. Les jésuites firent de la maison salomonienne de Bacon le Temple de Salomon, première apparition historique de cette notion, en créant un système maçonnique.
  • : le 25 mars une loge militaire en France est créé à Saint-Germain-en-Laye : « régiment de la garde irlandaise. »
  • : Jacques III, dernier prétendant Stuart, fut défait et dut s’enfuir en France, les jésuites anglais partirent avec lui en ce lieu de notre sol de France. Ils demeurèrent dans un premier temps au collège jésuitique de Clermont, dans Paris (Mont des clercs, Mont du clergé). C’est de ce collège que vont sortir d’ailleurs les premiers statuts maçonniques templiers. Il délivra de nombreuses patentes et diplômes avec la devise des jésuites : « Ad majorem dei gloriam »
  • : La charte dite de York va apparaître et contiendra la formule : Vous serez fidèle à Dieu et à la saint église, au prince, à son Maître et à la Dame qui le servira.
  • : Guillaume III d’Orange, roi d’Angleterre fut initié en dans la Loge d’Hampton Court et de suite de nombreuses loges stuardistes se mirent à son service.
  • : Apparition de la maçonnerie anglaise qui va devenir la Grande Loge Unie d’Angleterre. C’est la réponse des orangistes à la franc-maçonnerie stuardiste. La Royal Society est à l’origine de cette création. Et le dénommé Elias Ashmole va réussir à se débarrasser des jésuites dans son obédience.
  • : Un système templier maçonnique aurait été introduit dès 1730 en Allemagne dans une loge d’Umwurden où aurait été initié un certain Kesser von Sprengeisen, homme qui fut l’auteur de l’ouvrage L’Anti Saint Nicaise. Ce Chapitre templier aurait fonctionné de 1730 à 1740 en Haute Lusace. N’oublions pas de dire que certains pensent que les rites templiers viendraient de France, d’autres comme Meunier de Précourt confirment une origine allemande des rites templiers. Pour rester sur ce domaine la question qui se pose toujours est la suivante : La Stricte Observance aurait-elle des attaches avec les grandes familles titrées (filiation de famille) qui n’ont peut-être pas toujours présidé à la création du système de Von Hund mais qui l’aurait protégé. De plus il nous faut aussi citer les familles de Hesse–Darmstadt ou de Hesse-Rheinfels et l’Ordre de la toison d’or autrichienne. De plus des contacts ont lieu entre les Ecossais stuardistes et le rite templier. Est-ce à cette époque que les rose-croix s’implantent dans ce rite templier ? C’est aussi la question des voyages de Jacques 1er en Hesse-Kassel. C’est aussi la naissance de différents grades à Kassel d’ordre chevaleresque.
  • : Les jésuites inventent un système maçonnique à six grades plus un grade secret mais ont créé également le grade d’Elues ou cinquième grade pour les femmes. N’oublions pas non plus que dans la loge maçonnique de Beauvais de Fénelon, alors évêque, les femmes participaient également aux travaux. Les 7 grades du rite de Clermont ont été publiés en 1766 sous le titre de « Hauts grades de la maçonnerie, » les 3 premiers ont trait à la vengeance des assassins de Maître Hiram (les jésuites en fait), les 3 suivants à la construction du second temple (les jésuites alliés aux Stuarts) et le 7ième grade ressemblait au vœu des Nôtres, plus haut grade des jésuites correspondant à celui qui allait être choisi parmi les Nôtres pour être le général des jésuites.
  • : Charles Stuart fut reconnu en 1743 par « la stricte observance templière » Grand Maître des templiers sous le nom d’Eques a sole aureo. Ce chapitre d’ailleurs fut présidé par le père du conventionnel Robespierre.
  • : Von Hund se fait recevoir Templier (Edimbourg ?) après avoir été présenté au prétendant et à Maëstricht on l’a nommé Grand Maître de l’Ordre pour la province de Basse Allemagne dans ce système de Clermont, jésuitique. Il fit de même recevoir Henri Marshall comme Grand Maître pour la province de Haute Saxe dans ce système de stricte observance qui se nommait ainsi car leurs membres devaient prêter serment d’aveugle soumission envers des chefs inconnus. Le chef suprême de cette stricte observance était connu sous le nom de Eques a penna rubra. Nous comprenons alors que Von Hund ait eu du mal à se défaire de la tutelle des jésuites et que l’épisode Johnson (eques a fuhnen) au convent d’Altenberg, épisode qui au lieu de le dissuader a servi à renforcer sa conviction de demeurer seul maitre de son Ordre.
  • : En Angleterre la loge mère de Kilwinning et la loge d’York jurent fidélité à la maison des Stuarts et à la sainte église.
  • : Naissance au collège de Clermont des premiers statuts d’essence templière.
  • : Selon les documents de la Loge d’Arras, Stuart aurait été reconnu Grand Maître maçonnique.
  • : Création du Chapitre de Clermont par le Chevalier de Bonneville. Ce collège aurait été créé pressé par la nécessité, entrainé par les courants de pensée et qui a lentement transformé la « maçonnerie politique » en une « une maçonnerie spéculative » orientée vers un idéal plus spiritualisé. Ce chapitre aurait été créé à l’instigation des Jésuites. Pour mieux « exploiter » cette maçonnerie les jésuites auraient fondé un local en dehors de Paris nommé « La nouvelle France. »
  • : Selon le dénommé Rebold un des rites crée par les jésuites voit le jour et prend pour nom : « Rite des clercs de la stricte observance » système templier en trame de rituel.
  • : Le rite totalement initié par les jésuites de Lyon, va à Paris créer « le rite de perfection ou d’Hérédom, » rite inventé par le Frère Pirlet, président d’une loge de paris. Ce rite va donner naissance au système du rite écossais ancien et accepté, rite dit de charleston de , voire patente Morin.
  • : Le rite des Clercs de la structure stricte observance se réunissent avec les « les templiers séculiers » fondés également par les jésuites.
  • : C’est le premier grand tournant de la maçonnerie templière dans son existence. En effet le 12 aout, le 25 novembre et le 27 décembre les promoteurs de Lyon ont donné l’exemple de l’abjuration des systèmes templiers et nous trouvons d’ailleurs une annotation de la 28ème séance qui précise que la loge écossaise de Brunswick envoya un mémoire et d’envoyer sous peu le rituel consacré par les Clerici. C’est aussi pour Willermoz l’occasion de se « débarrasser de tout ce qui touchaient aux jésuites.» Il ne réussit totalement qu’en 1782, mais nous y reviendrons. La franc maçonnerie ne reçoit en son sein que des hommes vertueux ou qui désirent vivement de l’être, si son but est honnête, juste et utile, si ce but est connu de tous ceux qui sont admis à l’administration de la société ou qui ont acquis le droit d’avoir la connaissance intime du but de l’Ordre (maçonnique), si les lois qui la dirigent sont fondées sur le juste, l’honnête et l’utile, si elle a le courage de fermer les portes de ses temples à ces esprits faux, turbulents et tous autres être vicieux et dangereux, qui troubleraient le bonheur d’une association douce, honnête, bienfaisante, amie de l’humanité. Nous notons dans ce discours la notion des supérieurs inconnus qui est battue en brèche et Beyerle veut une direction officielle et non officieuse, comme celle des jésuites en maçonnerie. C’est là aussi qu’il va combattre le système des jésuites en désirant faire entrer les femmes en maçonnerie, ce qui lui sera en quelque sorte refusé. En effet, sous l’influence des jésuites, comment faire entrer une femme en maçonnerie spirituelle !
  • : Dissolution de la compagnie de Jésus.
  • : Rétablissement de la Compagnie de Jésus par le pape Pie VII.

▸ Voici donc les comparaisons possibles entre les particularités des rose-Croix et des jésuites dans les rites dits templiers :

▸ Etudions les influences des Rose-Croix dans un premier temps dans les systèmes templiers en leurs décors, histoires et hiéroglyphes.

  • La loge et éclairée par quatre Lumières.
  • On y travaille les symboles, le symbolisme grâce à des hiéroglyphes au deux premiers grades. Au troisième grade les hiéroglyphes disparaissent et on y travaille à des procédés alchimiques.
  • Les mots de passe des deux premiers grades sont : Tacendo et Sperando, ce qui devient à la fin du second grade la maxime « Se taire et espérer. »
  • Deux grades étaient l’apanage des premiers moments de l’apprentissage :Le grade de Salomonique-théorique avec le tablier blanc garni d’un ruban qui forme un carré puis le grade du Juniorat avec le tablier blanc en triangle, le triangle qui était le signe du grade. Puis les grades suivants voyaient les hiéroglyphes disparaitre et on travaillait à des grades alchimiques sans la permission des supérieurs inconnus. (Système de Von Hund au départ.)
  • Les symboles des Rose-croix étaient gnostiques avec surtout le symbolisme de l’harmonie universelle qui unit l’homme à l’homme et l’homme-Dieu à l’Univers.
  • On y évoque aussi les voyages, l’air humide et la pluie rencontrés hors de la matière car la matière est « hors de Dieu », donc mauvaise et Dieu seul est putr lumière. La notion de pluie est importante car elle est contraire à la lumière et cette lumière et ne peut s’acquérir qu’aux cours des voyages.
  • On y parle aussi des « choses » c’est-à-dire de la vertu des minéraux et des plantes.
  • Le secret, le silence est une vertu essentielle : il fallait tenir secret la science du bien et du mal par la seule interprétation des initiés.
  • Pour entrer en loge les R+C exigeaient des recherches sur la conduite et les mœurs des candidats et sur le « génie » de toute personne désirant entrer.
  • Les premiers maçons rose-croix travaillant à la mode « franc-maçonnique » n’avaient qu’un seul tapis de forme Carré. En y montant les sept marches on pouvait accéder à un théâtre carré. Ce théâtre doit représenter tous les symboles des secrets arrachés à la nature et on y trouve les deux colonnes d’Hermès avec des chapiteaux en forme de sphère, une colonne J et une colonne B, ordre de la création du monde et de la nature. Les quatre premières marches représentaient les éléments et les trois dernières le sel, le soufre et le mercure.
  • Ce tapis unique pour les deux premiers grades possédait une étoile à cinq branches flamboyante, le soleil, la Lune, le compas, l’équerre, le quarré, le triangle et la sphère.
  • Notons que l’étoile à cinq branches flamboyante représente le mercure ou vif argent. Pour les R+C c’est l’archios (feu céleste) qui était simplement l’esprit saint, le baume salutaire venant de la maison de l’éternel.

Voici donc, trop brièvement décrits certes les symboles rose-croix que l’on retrouve dans les divers systèmes templiers et sur les tapis de loge. Ce système rose-croix n’a pas perduré dans cette forme ni dans son essence même. Si certains membres de la maçonnerie étaient rose-croix ils furent aussi parfois membre des jésuites ou du mois très proche d’eux. La distance entre R+C et jésuites s’amenuisaient dès que l’on approchait du pouvoir et des gouvernants. Il est vrai que certains grands dignitaires de l’état anglais comme Ashmole avait réussi à faire disparaitre l’influence des jésuites mais ce ne fut pas toujours le cas, surtout lors de l’exil des rois anglais en France, à Saint-Germain-en-Laye et au début et au premier lieu de résidence qui était le collège jésuitique du Mont Clair à Paris ou Clermont.

▸ Nous allons étudier maintenant quelques symboles des systèmes des Jésuites (rite de Clermont) que nous allons retrouver sur les tapis des systèmes templiers et dans la façon de procéder.

Un rapport très étroit existait donc entre les rois et les jésuites. Le prétendant Stuart, auteur de nombreux brevets, concessions et diplômes avait un cachet avec la devise des jésuites « Ad Majorem dei Gloriam » c’est dire l’interpénétration des jésuites et des rois !

En les jésuites créèrent donc un système de type rose-croix mais jésuitique. Mais surtout ils firent de la maison salomonienne de Francis Bacon (la nouvelle Atlantide) un Temple de Salomon. Ils furent les premiers à créer « une histoire de l’Ordre » et de la maçonnerie. Ils créèrent bel et bien une maçonnerie templière qui fut également à l’honneur en Allemagne à Naumburg ; Kittlitz, Unwurde, etc. Le grade de templier est en vénération chez les jésuites. Ainsi ils auraient réussi à faire coïncider la maçonnerie avec le système jésuitique.

  • Leurs loges étaient dites de Saint-Jean, mais comme J et I se confondent dans leur secret en fait il s’agissait des loges de Saint-Ignace.
  • Le temple maçonnique, pour les jésuites c’est celui de Zorobabel, soit le temple d’Esdras (livre 2, chapitre 12, verset 1 de Saint-Mathieu). Mais c’est le temple de Salomon qui va servir de support. Il y a là un sens moral évident : aider les templiers à relever leur Ordre. Etre franc-maçon devenait ainsi une noble cause d’autant plus que cela rappelait les combats des templiers en Palestine où ils portaient le nom de franc, ce qui était différent de celui des opératifs.
  • Les jésuites possédaient également un tapis unique pour les deux premiers grades. Ils voulaient adapter la maçonnerie aux professions religieuses de leurs membres du temporel et du scholastique.
  • Le tapis des loges était de forme non carré mais était un tapis de forme oblong, un quarré oblong que nous retrouvons toujours en loges et ce tapis fut l’emblème d’un temple.
  • Les deux colonnes sont celles des églises dans la langue des théologues. La lettre J sur l’une est celle d’Ignace de Loyola et la lettre B était le mot Beatus, ce qui donnait en soudant les deux lettres : Beatus Ignatius, le bienheureux Ignace ! Puis plus tard les deux colonnes ont été inversés, querelle entre moderne et anciens et nous trouvons désormais plus J et B que B et J.
  • Nous y trouvons le soleil qui possède neuf rayons, comme les neufs fondateurs de l’ordre du temple. Ce soleil nommé aussi Jésus, J ou I est une invention des jésuites.
  • Nous y trouvons le second luminaire qui et la Lune. Et la lune tire sa lumière du soleil. Cette lune, dite aussi B est à demi-éclairé (type S.O.T. et non R.E.R.) car elle tire sa lumière du soleil. Ainsi nous obtenons dans le rapport soleil, étoile à six branches et lune les lettres I, M et B ; comme Jacques Burgundus Molay.
  • L’étoile est flamboyante à six branches (sceau de Salomon) avec au centre la lettre de G comme Général, Général des jésuites, représentant de Dieu sur terre, celui qui tient la place de Dieu, qui a été élevé au sommet de la tour du temple.
  • Une houppe dentelée va nous rappeler les bandes de couleurs (jaune verte blanche et bleue des égyptiens mais surtout la ceinture du moine, sorte d'allégorie sacerdotale. C’est le signe de la réunion parfaite avec une idée uniforme : l’obéissance aveugle aux supérieurs de l’Ordre, créant ainsi une sorte d’universalité, but ultime qui est celui d’aimer son frère.
  • Nous y découvrons l’escalier avec sept marches qui sont les 7 ordres de prêtrise des jésuites.
  • L’équerre représentant l’obéissance et le compas le commandement y étaient entrelacés. Le compas est réservé aux maitres.
  • Une pierre taillée en forme d’un quarre ou carré.
  • Une pierre brute.

▸ Grades :

Dans le système des jésuites nous trouvons six grades et un septième plus spirituel, le Clerus. Ce septième grade va-t-il donner naissance au septième grade du rite de stricte observance, au système de J.K.A. Starck, au système de Mélésino ? Et il faut s’interroger sur la création des jésuites d’un grade pour les femmes, grade d’élue ou cinquième grade ().

Regardons de plus près l’articulation de ces grades et leur rapport avec le système rose-croix puis templier par ricochet :

Quatre degrés des jésuites :

  • Premier degré : le Temporalis
  • Deuxième degré : le Scholasticu (on peut y devenir prêtre.)
  • Troisième degré : le Coadjutor spiritualis avec les 3 vœux de chasteté, pauvreté et obéissance.
  • Quatrième degré : le Noster qui implique l’obéissance totale au pape.

(Notons ici que l’origine du tapis proviendrait du dénommé Typotius, frère jésuite également.)

N.D.L.R. : intéressant de noter les deux grades du rectifié : Ecossais rouge et Ecossais vert avant d’être réuni en un seul écossais.

Et si nous regardons les mots de passe nous trouvons :

  • Premier degré : T come Tubalcain.
  • Deuxième degré : S comme Schibboleth.
  • Troisième degré : C comme Chiblim (Ghiblim ailleurs.)
  • Quatrième degré : N come Notuma après être passé par Notumad.

Les mots de passe étaient Tubalcain, Schibboleth, Mac Benac et Natumad qui est devenu Notuma avec une nouvelle signification et histoire.

Les trois pas représentaient les trois vœux des jésuites et c’est dans la chambre du milieu que les jésuites y faisaient leur profession où on y meurt pour recevoir son salaire.

Les impétrants sont reçus face à la chaire du vénérable maître en chaire car les jésuites étaient reçus le front tourné vers l’Orient.

Le tablier : c’est l’ordre des jésuites qui donnent l’habit d’où le fait que l’on nomme habit le tablier.

La nudité du cœur et du genou sont là pour se convaincre du sexe masculin du candidat.

Au cours des voyages le soulier est en pantoufle pour rappeler qu’Ignace de Loyola a fait un pèlerinage les pieds nus et que s’étant blessé il a mis une sandale pour le poursuivre.

Le nom de maçon fut adopté parce que Aumont et 7 chevaliers sont partis en écosse. Ainsi c’est l’institution secrète religieuse de quelques chevaliers qui ont permis à l’ordre du temple d’échapper totalement à sa destruction. Le métier de maçons fut trouvé « commode » pour faire perdurer l’ordre du temple, l’ordre persécuté. Leurs outils fournirent à l’ordre des symboles heureux qui, lui permettent de donner une apparence extérieure d’une sainte morale en lui servant d’hiéroglyphés.

Un nouveau langage crypté nait ainsi entre les mains des jésuites :

  • Conquérir la Palestine signifie changer la religion des anglais.
  • Dernières croisades signifie les essais malheureux des Stuarts pour reprendre le trône.
  • Les iles d’Ecosse c’est Paris et Saint-Germain-en-Laye.
  • Le Mont Hérédom c’est le collège de Clermont.
  • La construction du premier temple c’est l’établissement du collège des jésuites.
  • La construction du second temple correspond à la liaison entre les jésuites et les Stuarts.
  • Hiram tué par des compagnons qui sont en fait l’Angleterre, l’Ecosse et la France.

▸ Nos beaux tapis de loge contiennent plein de symboles issus de diverses sources dont la rose-croix et le système des jésuites.

▸ Conclusion :

Il est important de noter les corrélations entre le tapis et l’histoire de la Stricte Observance Templière, le Rite Ecossais Rectifié et les Jésuites. Bien des rapports existant ou préexistent entre eux.

Les dénommés Von Hund ou Jean-Baptiste Willermoz ont eu du mal à se débarrasser des apports des Jésuites. Jean-Baptiste Willermoz n’a-t-il pas modifié totalement le tapis de loge du R.E.R. par rapport à celui de la Stricte Observance : inversion de la lune et du soleil, étoile à cinq branches non flamboyante, corde à nœuds, etc. Le tapis de la Stricte Observance n’a-t-il pas plein d’emprunt au tapis des jésuites ? Les histoires templières ne sont-elles pas ressemblantes ? Les desseins ne sont-ils pas un peu pareil ?

Avant que les « nouveaux » systèmes templiers apparaissent en avec Von Hund et avec Jean-Bptiste Willermoz n’existait-il pas une maçonnerie templière en Allemagne ? Alors d’où venait-elle cette maçonnerie ?

Enfin il reste encore plein de zones d’ombres, nous allons poursuivre notre tâche et tenter d’y voir encore mieux clair ! Tous ensemble.

Les templiers étaient des hommes d’honneur mais les francs-maçons de nos jours le sont-ils encore ? Tiennent-ils la distance ? Sont-ils capables de mourir pour le temple et pour Dieu ? Ou ne sont-ils que pris par cette « gangue » de matérialité de ce monde ?

Vous avez pu remarquer que je ne vous ai pas parlé de « Hugo Initiatus Igne Raptus Atrocissimo Molay » !

Ce travail n’a de valeur que documentaire et non officielle.

▸ Bibliographie :

▸ La bienfaisance : réponse de Jean-Baptiste Willermoz à A Fascia : cahier n°14 -

Jean-Baptiste Willermoz intitule le paragraphe II ainsi : la Bienfaisance n’est qu’un but accessoire de la Franc-maçonnerie. Ce mot « accessoire » signifie : ce qui vient en accompagnement ou après ce qui est essentiel. Ce mot peut aussi désigner quelque chose de négligeable voire d’insignifiant.

Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Loge Chapitrale de Recherches Pierre d'Aumont : Jean-Baptiste Willermoz

Jean-Baptiste Willermoz nous signifie ainsi, d’emblée, qu’il faut bien distinguer l’essentiel de l’accessoire, qui serait donc « secondaire. » Il nous dit aussi que les actes de bienfaisance ne sont pas le principal but de la maçonnerie, dans le sens de « premier » but. Le vrai but de la Franc-maçonnerie ne serait pas de promouvoir des actions humaines, voire humanitaires. Puis il parle de la Franc-maçonnerie comme d’une institution qui s’est dégradée et altérée à mesure que ses sectateurs l’ont employée à différents buts et à la propagation de quelques systèmes particuliers [...]

Il en dénonce certaines dérives, disant : on la voit encore, dans tel régime dissiper en fêtes somptueuses et en plaisirs frivoles des sommes que les besoins pressants des malheureux réclament vainement à la porte de ces temples sur le frontispice desquels on a gravé le nom sacré de la bienfaisance ; la voix faible et gémissante du pauvre s’y confond dans leurs concerts et n’est plus entendue par ces amis de l’humanité qui insultent à la misère.. On a cru, on croira peut-être encore longtemps que la bienfaisance est l’unique but de l’association maçonnique, parce qu’elle a jeté au hasard quelques actes de bienfaisance qui se perdraient presque aussitôt dans la nuit de l’oubli.

Willermoz nous brosse un tableau peu amène, sans concessions aucune sur la conduite de ces « sectateurs » qui ont amené des déviances de l’institution maçonnique ; il regarde avec sévérité ces pseudo-frères qui sont centrés sur eux-mêmes, trop occupés à jouir de plaisirs tellement factices. Ces mêmes frères se donnent bonne conscience, jetant « au hasard quelques actes de Bienfaisance », n’inscrivant ces actes furtifs dans aucun projet spirituel personnel qui soit pensé, puis mis en action vers un collectif.

Willermoz développe un autre point, raisonnant sur la nécessité de pouvoir exercer la bienfaisance envers les indigents, à partir du moment où on en a les moyens financiers. Cependant, il fait la remarque que certains frères non fortunés pourraient être diminués ; il dit ces mots : ceux-là souffriront d’être des membres inutiles et seront humiliés de porter un titre (de franc-maçon) dont ils ne pourront remplir que très imparfaitement les obligations?[...] Il est donc certain que si la bienfaisance envers les indigents était le vrai but de la Franc-maçonnerie, les biens de la fortune seraient le principal titre pour être admis au nombre des frères, ce serait celui-là d’abord qu’il faudrait vérifier.

En effet, le titre de frère, la qualité de maçon s’acquiert-elle grâce à une bourse bien remplie ? Ces qualités sont-elles monnayables ? Et réservées aux riches ?

Alors, il faut admettre qu’à ses débuts, la maçonnerie était réservée aux aristocrates puis aussi aux bourgeois. A l’époque de Willermoz, l’accès aux loges ne s’était pas « démocratisé » comme aux XXème et XXIème siècles.

Willermoz développe son propos : Non, mes frères, il n’en est pas ainsi. Il faut pour être maçon d’autres titres et d’autres épreuves ; et si l’on veut que la bienfaisance soit le vrai but de l’ordre, il faut alors donner à ce mot un sens plus étendu ; il faut que les richesses nécessaires pour s’élever dans les hauts grades soient d’une autre nature que les trésors de la fortune ; la bienfaisance de chaque frère à proportion de ses progrès vers le but de l’ordre doit pouvoir plus ou moins sur tous les membres mêmes de la société, et être telle qu’elle puisse s’appliquer à tous les besoins dont l’homme est susceptible.

Pour Willermoz, la bienfaisance doit donc revêtir un champ plus large, dépassant le cadre purement matériel, puisqu’elle doit s’appliquer à tous les besoins. Certes, il ne faut pas oublier de nourrir le corps, mais notre âme et notre esprit demandent d’autres nutriments, indispensables à l’élévation spirituelle du vrai Maçon.

L’importance ou l’étendue de la richesse matérielle ne déterminera jamais la grandeur d’âme d’un maçon, ni son parcours maçonnique. Les grades ne « s’achètent » pas et comme le dit Willermoz, il faut pour être maçon, et reconnu pour tel, d’autres titre et d’autres épreuves (que la richesse). Sinon, une société initiatique composée sur l’exigence matérielle serait une société mal ordonnée, pour reprendre les mots de Willermoz.

Et il continue en déclarant : Il est donc vrai que la bienfaisance, telle qu’on l’entend n’est qu’un but accessoir, et ces allégories, ces emblèmes sont les instructions bienfaisantes que l’institution donne à ceux qu’elle reçoit dans son sein ; s’ils étaient des signes muets, ou n’étaient susceptibles que d’une interprétation relative à l’ordre du temple, je demanderais pourquoi on recommande avec tant de soin au maçon de les méditer ? [...] Une société qui ne veut que soulager l’humanité aurait-elle besoin, pour atteindre à ce but, de se réunir dans un temple qui ne renferme que des emblèmes ? Cela est si vrai, que nous voyons une multitude d’établissements de bienfaisance, et il n’en est point qui ait imaginé d’employer des emblèmes ; ni de donner une forme mystérieuse à ses cérémonies. Pour faire du bien aux hommes, est-il besoin de mettre en usage des moyens de cette nature ! Quand on ne veut que rassembler des secours pour les verser sur l’indigent, on forme un bureau de charité, et on ne s’occupe que de cet objet.

Il est vrai que, depuis que nous avons entrepris notre quête en maçonnerie, nous avons rencontré nombre d’emblèmes et allégories, qui nous ont porté à réfléchir sur le sens caché des choses, sur l’essence de ces choses. A chaque nouvelle eéception, nous avons reçu des maximes, vécu des épreuves qu’il nous faut méditer comme nous le dit Willermoz, et si nous nous y exerçons sincèrement, loyalement, au plus profond de notre cœur, alors, nous en récolterons les fruits d’une nouvelle connaissance, dans une nouvelle naissance.

C’est pourquoi, partager des travaux au sein de la loge, c’est plus que partager un « temps » qu’aucune pendule humaine ne peut (ou ne doit) graduer ou limiter. C’est véritablement être dans un espace-loge sacré, car séparé du monde profane, où le temps profane s’abolit, où chaque maçon se ré-unit à l’autre, et se ré-unit à lui-même, au centre de la loge de son cœur. Et dans cette posture qu’il prend en lui, chacun peut cueillir les fruits de ses pensées, de ses voyages intérieurs et partager cette nourriture avec ses frères et sœurs, sans détours ni arrière-pensées. Chacun peut alors livrer le secret de son cœur et ce qui l’anime, à l’autre, ce maçon qu’il reconnait pour Frère. Et c’est dans cette offrande à l’autre qu’il fait acte de bienveillance envers lui, et d’une vraie bienfaisance envers son frère et sa sœur.

Willermoz développe sa vision quant aux véritables buts de la franc-maçonnerie : Elle doit tendre à renforcer les liens qui unissent les hommes entre eux. Quelle marche suivre pour parvenir à ce but sublime ?

Selon Willermoz, l’institution doit, en quelque sorte, recommencer l’éducation du maçon et, sous le voile des emblèmes, lui présenter les objets les plus dignes de son attention. Ce ne seront d’abord que des instructions sur la morale ; mais sur cette morale épurée par la religion. [...] et ces instructions morales qu’il aurait reçues, en le rendant meilleur, en lui apprenant à respecter ce qu’il ne savait pas apprécier, feraient de lui un citoyen plus vertueux, plus attaché à ses devoirs, plus utile à la société ; et déjà il exercerait la bienfaisance d’une manière plus générale que par ses largesses qu’il répandrait dans le temple maçonnique, pour le soulagement de l’humanité. Si d’un côté l’institution lui rend cet important service (en l’éduquant), elle en est payée par les efforts de ce frère pour concourir à une partie de son but ostensible : La bienfaisance.

En tempérant ses passions, la maçonnerie fixe sur lui d’une manière intéressante les regards des Hommes qui apprennent tôt ou tard qu’ils doivent à l’Institution cet heureux changement. Il voit les liens de l’amitié se resserrer de plus en plus ; les frères qui, dans l’ordre ont acquis une supériorité, franchissent l’espace pour se placer au même niveau ; il s’aperçoit à peine qu’il est à un degré inférieur, et il y jouit du bonheur de l’amitié et de la vertu.

Ainsi ? par son travail sur lui-même, le maçon découvre les grands principes moraux, ou vertus, qui sont proposés pour baliser son cheminement maçonnique, mais surtout pour qu’ils deviennent des outils véritables dans sa vie de chaque instant. Car c’est bel et bien sous le couvert d’emblèmes et d’allégories qu’il appréhende les vérités essentielles des Lois régissant la vie.

Chacun de nous, par certains moments, a pu connaitre des instants de doute, de grands chamboulements, des moments de joie aigue, voire jubilatoire devant telle ou telle « découverte. » Notre chemin initiatique est fait de déconditionnements successifs, pour pouvoir se reconstruire autrement, en nous exerçant à épurer notre âme de ses scories, en tentant ainsi de rendre plus beau notre temple, mais aussi et surtout, plus vrai, plus fidèle à ce que nous aspirons à être.

C’est un chemin de perfectionnement de soi qui nous amène à être, ou du moins à tenter d’être, plus vertueux, plus respectueux, meilleur. Et ces changements deviennent perceptibles pour nos proches, qui, tout à coup, nous voient changé.

Le chemin initiatique est bel et bien un chemin de transformation, de restauration de notre être, pour se rapprocher du principe. Willermoz : Combien, je ne crains pas de le dire, qui, sans l’institution maçonnique eussent vécu au hasard, méconnaissant la vraie nature de l’homme. Parvenu à ce terme, le maçon répand sur les hommes et les frères, l’esprit dont il est pénétré ; la bienfaisance maçonnique lui devient plus facile à exercer, et ce n’est plus avec un glaive meurtrier que ces nouveaux chevaliers combattent les ennemis de la sainte religion chrétienne ; c’est par leurs exemples, leurs discours, leur douceur et même leur tolérance qu’ils attaquent cette incrédulité qui sur son trône veut usurper les honneurs divins. Ce n’est pas à l’Homme de venger la cause de Dieu, et le sang qu’il répandrait au nom de la religion, en une offrande qu’elle désavoue. Le maçon rejette avec horreur l’idée d’un Dieu abreuvé de sang ; répandre le sien pour le christianisme et défendre ses semblables, voilà les devoirs d’un chevalier de la Foi.

Selon ces considérations de Willermoz, nous entreprenons une démarche, dans le but de nous perfectionner, pour nous élever spirituellement. Cette transformation se fait progressivement, lentement, et ne sera jamais complète voire terminée.

Et notre voie est celle d’un maçon chrétien ; en toute conscience, librement, nous avons choisi une maçonnerie spiritualiste chrétienne : c’est donc sous le regard de Dieu que nous oeuvrons, appliquant activement les préceptes qu’il nous a envoyés par son fils, le Christ venu sur terre pour nous montrer la Voie.

Nous ne changerons pas les choses de ce monde si nous ne nous changeons pas d’abord. Et c’est nous perfectionnant nous-même que nous rendrons le monde meilleur. En entrant dans la voie du bien, par notre exemplarité de nos pensées et de nos actes, nous indiquons à d’autres la voie du bien ; nous sommes alors dans cette bienfaisance maçonnique qui est avant tout bienfaisance en esprit, qui permet une plus grande élévation de tous.

Il nous faut garder en mémoire que nous sommes tous libres d’embrasser cette voie, et c’est par notre volonté propre que l’action sera porteuse de sens.C’est bien de la question de la liberté et de nos libertés que découle la question de la bienfaisance et de nos actes de bienfaisance.

Willermoz dit ceci : Dieu est le seul être existant par lui-même : Il existe par sa propre loi, qui est un avec lui. Cette loi est le bien, qui est le principe de toute perfection. (Dieu est le bien par essence et il n’est pas plus possible à Dieu, étant le bien de s’en écarter par aucun mal, que de cesser d’être Dieu !) ; si les êtres crées pouvaient exister par leur propre loi, être le bien, ils seraient indépendants et autant de Dieux : mais au contraire, leur existence individuelle, distincte, a commencé quand il a plu à Dieu de la leur donner ; Il leur a donné sa propre loi (le bien…), par laquelle il les a unis à Lui et au bien. « et comme cette loi les met sous la dépendance de celui qui la donne, il en résulte nécessairement qu’ils sont et doivent être libres de l’observer ou de s’en écarter, puisqu’ils ont une volonté propre, distincte et indépendante de celle du Créateur.

Dans le projet de Dieu pour l’homme, rien n’est supérieur à la liberté. Dieu est liberté, dans son sens absolu. Et en émanant tous ces êtres libres au sein de lui-même, il ne pouvait ni ne voulait mettre de limite à cette liberté accordée. Liberté de se permettre une distance plus ou moins grande par rapport au Centre, ou principe divin ; liberté d’aller jusqu’à perdre de vue ce principe, dans une séparation apparente, passagère parfois.

Pourtant, même l’être qui s’est séparé de Dieu, et tombe parfois dans une certaine hostilité envers Dieu ne cesse pas pour autant d’être Dieu. Dieu se retrouve en chacun de nous, qu’on soit riche ou misérable, croyant ou mécréant. La réintégration n’est qu’une question de temps, ou plutôt, d’abolition du temps !

Amadou disait : Connaître Dieu et sa sagesse, c’est connaître la vie éternelle en se conformant à Dieu. Il s’agit donc bien de connaître pour re-naitre. Il y a mort spirituelle quand l’être spirituel se « sépare » du principe. Et le fait de se rapprocher de son principe, de sa part de divinité, l’être peut renaitre, par reconnaissance de soi-même comme « Dieu ». C’est regarder dans le miroir et se reconnaitre comme sa créature, qu’il a voulue à son image et ressemblance, et cela, par la grâce de son amour in-Fine.

Et le rayonnement de cet amour s’appelle La bienfaisance. Cette bienfaisance née de la non-séparation du principe, du Silence de l’être rempli de paix et de sagesse.

Alors, nos intentions étant justes, nos paroles et nos actes s’ajustent eux aussi. C’est ainsi que, pour reprendre les grands axes de la doctrine de Willermoz, notre pensée, notre volonté et notre action en « s’ajustant » nous permettent de trouver une conduite juste.

Notre vraie question est de connaître les « ressorts » de nos intentions. Sont-elles désintéressées ? Sans désir de flatter notre égo ?

La bienfaisance véritable, comme cela a été évoqué précédemment, s’exerce dans un silence intérieur et sans bruit vers l’extérieur. Le premier pas important, essentiel même, qui va nous permettre d’entrer dans la voie opérative de la bienfaisance est de comprendre ce qui nous motive véritablement.

Et c’est cette lucidité, cette honnêteté qui nous permettra de nous rapprocher encore mieux de notre principe, et nous permettra de progresser vers cet amour (agapé), amour non duel, sans calcul d’un prix ou attente d’un retour, amour s’alimentant à la source d’une véritable sainteté. Car il nous faut se souvenir que la sainteté est la nature même de Dieu, de l'un, et comme nous avons été émanés de lui, la sainteté est bien liée à notre propre nature.

Quand nous nous reportons à l’instruction morale, pour les apprentis du Régime Ecossais Rectifié, une question est posée en ces termes :

Comment un Franc-Maçon doit-il se distinguer des autres hommes ? Par une bienfaisance active et éclairée, par une façon noble et élevée, par des mœurs douces et par une conduite irréprochable.

Ainsi, dés le premier grade du Régime Ecossais Rectifié, il apparait clairement que la bienfaisance est un devoir du maçon ; il est entré dans un ordre chrétien, ce qui donne un caractère sacré à ce devoir.

Nous pouvons également apprécier l’importance des cinq premiers mots de l’article V de la règle maçonnique qui sont : crée à l’image de Dieu. Ainsi, tout part de cette vérité posée, comme un socle d’un tout, et tout doit y retourner et nos actes, notre façon d’être, vont concourir (ou pas) à notre rapprochement de notre principe.

Un peu plus loin dans ce texte, il est dit : rapproche-toi de ce modèle infini, par une volonté constante de verser sans cesse sur les autres hommes toute la masse de bonheur qui est en ton pouvoir. Tout ce que l’esprit peut concevoir de bien est le patrimoine du Maçon. Ces paroles sont à relier étroitement à la question de l’instruction morale citée précédemment, évoquant la conduite qui permet à un maçon de se distinguer des autres hommes, lui demandant de se comporter dans le sens du bien. La voie maçonnique est celle qui offre le choix, librement consenti, de se perfectionner, de se bonifier, permettant et visant une véritable élévation Spirituelle.

A tout chrétien, un commandement a été délivré : Aime ton prochain comme toi-même.

Il faut d’abord, commencer par s’aimer soi-même. Et pour s’aimer, en toute conscience, il est indispensable de se connaitre véritablement. Connaitre pour aimer, et non l’inverse !

Notre voie initiatique nous permet un vrai voyage intérieur, pour mieux s’approcher de notre propre essence. C’est un voyage difficile, exigeant, qui demande beaucoup de constance, beaucoup de volonté.

Ayant fait d’abord ce retour vers soi, ce maçon chrétien pourra revenir vers les autres, pour mieux les aimer, en vérité. S’harmoniser en soi-même, pour s’harmoniser aux autres ; trouver son centre, sa source en soi, mais ne pas rester centré sur soi-même de manière égocentrique ; prendre en compte l’autre, sa vie, et sa dignité qui ne sont jamais modulables à son appartenance sociale ou raciale.

L’autre : c’est mon frère ma sœur et je suis l’autre pour ce Frère cette sœur. Et j’ai le devoir sacré de l’aimer et de le respecter avec ce qu’il « est » et non comme je voudrais qu’il soit.

La régle maçonnique nous l’énonce clairement par ces mots : Tout être qui souffre ou qui gémit a des droits sacrés sur toi ; garde-toi de les méconnaitre.

Et comme rien n’est à négliger, la régle maçonnique nous dit : n’empoisonne pas, par l’ostentation de tes dons, les sources d’eau vive où le malheureux doit se désaltérer ; ne cherche pas la récompense de la bienfaisance dans les vains applaudissements de la multitude ; le maçon la trouve dans le suffrage de sa conscience et dans le sourire fortifiant de la divinité, sous les yeux de laquelle il est sans cesse placé.

▸ La vraie maçonnerie d’adoption en vue par le Frère Louis Guillemain de Saint-Victor : cahier n°14 -

Le texte qui suit est tiré d’un ouvrage de Louis Guillemain de Saint-Victor, dont on ne sait d’ailleurs pratiquement rien, dont le titre complet est : La vraie maçonnerie d’adoption ; précédée de quelques réflexions Sur les loges irrégulières et sur la société civile, Avec des notes critiques et philosophiques : et suivie de cantiques Maçonniques dédiée aux dames. Par un chevalier de tous les ordres maçonniques.

EPITRE AUX DAMES

Mesdames,

Persuadé des sentiments des vrais maçons, mes concitoyens et mes frères, permettez-moi de vous adresser cet ouvrage comme une preuve authentique et de notre erreur et de votre Gloire.

Assez injustes pour avoir cru longtemps que des plaisirs fondés sur toutes les vertus étaient au-dessus des facultés de votre âme, et ne pouvant manquer de déplaire à un sexe que nous supposions n’avoir que la frivolité en partage, nous avons osé vous exclure de nos assemblées ; mais éclairés, et trop punis par l’isolation et l’ennui que votre absence nous a fait éprouver, nous sommes convaincus que le but de notre existence est de vivre avec vous, que nous devons être vos amis, et vous nos chères compagnes, que nous ne pouvons nous séparer de vous sans devenir stupides ou malheureux, et qu’étant, ainsi que nous, l’ouvrage du Créateur de l’Univers, vous avez de même un cœur, des sens, des désirs, de la raison, et la puissance d’en faire usage ; et qu’enfin, si tant de fois nous nous sommes arrogé le pouvoir de manquer aux devoirs de la société, ce n’est qu’en nous autorisant de la loi du plus fort, loi que nous avouons être criminelle lorsqu’on s’en sert à votre égard. Ainsi Mesdames, détruisant les sentiments ridicules qu’un faux amour propre nous avait donnés, nous vous reconnaissons aussi libres et aussi raisonnables que nous. C’est pourquoi nous rétablissons entre votre sexe et le notre les droits sacrés et respectifs de la société, et sur-tout la justice et l’indulgence (1) ; et c’est en les pratiquant et les conservants purs et tels qu’ils doivent être, que nous espérons trouver le bonheur que nous cherchons depuis si longtemps, commençant à nous apercevoir qu’il est le prix de l’estime réciproque et de l’amitié.

Voilà, Mesdames, ce que le petit nombre de vrais maçons pensent, et en même temps tout ce que les autres hommes devraient penser. Pardonnez-moi cependant ces vérités que la honte de notre conduite envers vous semble m’avoir arrachées. Je sais que votre douceur, vos vertus et vos grâces sont bien plus puissantes que mes faibles réflexions ; mais, si elles sont inutiles, daignez au moins les regarder comme une marque certaine du profond respect et des sentiments avec lesquels je suis et je serai toujours, Mesdames, Votre très-humble et très obéissant serviteur.

G***

(1) Il est certain que le premier fondement de la société est la loi naturelle : Ne faîtes à personne que ce vous voulez qui vous soit fait. Mais comme la perfection des êtres est une chimère, il faut encore de l’indulgence pour nous pardonner mutuellement quelques faiblesses inséparables de l’humanité.

Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Loge Chapitrale de Recherches Pierre d'Aumont : La vraie maçonnerie d’adoption ; précédée de quelques réflexions Sur les loges irrégulières et sur la société civile, Avec des notes critiques et philosophiques : et suivie de cantiques Maçonniques dédiée aux dames. Par un chevalier de tous les ordres maçonniques.
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▸ La société de Jean-Pierre Beyerle ou "une société maçonnique idéale." : cahier n°14 -

Qui était Jean-Pierre Louis (de) BEYERLE ? Quelle était sa filiation ? Remontons le temps un instant pour mieux comprendre et cerner la personnalité de Jean-Pierre Louis de BEYERLE.

Son grand-Père, originaire de Prague, s’est installé au milieu du XVII siècle à Strasbourg. Jean Valentin BEYERLE fut Vaguemestre de la ville de Strasbourg en et en devint seigneur de Niderviller, Wuishviller et Schneckenbusch. Il devint Ecuyer, Conseiller et Trésorier du Roi et enfin Directeur de la monnaie de Strasbourg.

Son père Jean-Louis (de) BEYERLE est né le à Strasbourg et décéda le à Bischheim. Il fut Conseiller du Roi Louis XVI, un brillant économiste, avocat au Parlement de Metz, Directeur de la Monnaie à Strasbourg, imprimeur à Paris et propriétaire d’une faïencerie à Niderviller.

Jean-Pierre Louis BEYERLE serait né en à Niderviller près de Metz et serait décédé à Paris vers . Toujours est-il qu’il occupa de hautes fonctions étant notamment avocat et conseiller du parlement de Metz puis de Nancy. Il occupa également la fonction de Conseiller à la Cour de Nancy et fut vice-président de la Commission Générale des monnaies en . Il a commencé sa carrière comme avocat. Juriste donc de profession il a su jeter un regard juste et droit sur la société qui l’entourait et dont il eut « une haute idée. »

Les rencontres, le « hasard » de la vie fit qu’il devint franc-maçon et membre de la cinquième province de la Stricte Observance Templière de Von Hund et dont il était Préfet lors du convent du Wilhemsbad dont il fut l’instigateur et la cheville ouvrière. Sous le nom d’Eques a Fascia il en a décrit les arcanes et ses désaccords. Il a rejoint alors Jean Baptiste Willermoz en son Régime Ecossais Rectifié. Il fut le vénérable de la Loge « L’Auguste Fidélité » à l’Orient de Nancy et présida la « Grande Loge Ecossaise de Loraine. » Installé à Paris il a rejoint le Grand Orient de France et les chapitres parisiens de « La réunion des étrangers » (1785) et des « Amis réunis » du rite français.

Le voici désormais en , cinq années avant la Révolution Française rédigeant l’ouvrage Essai sur la Franc-maçonnerie ou du but essentiel de la franc-maçonnerie, dont nous reprenons ici les idées générales.

Le corps de la magistrature a pour but de conserver à chacun ce qui lui appartient, le coprs militaire a pour but de défendre la patrie contre ses ennemies. Toutes les sociétés ont un but, ce qui permet à tout un chacun de diriger sa conduite.

Une société bien ordonnée devrait être fondée sur les principes de la sagesse et de l’Ordre et qu’elle devrait avoir de bonnes lois.

La question qui se pose devient alors la suivante :

  • « les individus essentiels d’une société qui n’en connaissent pas le but, peuvent-ils concourir au bien de cette société ? »
  • « Une société dans laquelle l’égalité doit exister cesse d’être ce qu’elle doit être si des lois d’inégalités voient le jour. »
  • « Une société où les membres ne s’entendent pas est une société de division, de troubles et de discorde. »
  • « Une société dont les agents principaux connaissent les principes du juste et de l’honnêteté mais ne veulent pas agir selon ses principes est une société horrible et mal ordonnée. »
  • « Une société d’hommes égaux où on rencontre des esprits turbulents, embarrassés par le feu de la domination est une société ténébreuse et infame »
  • « Une société infectée de vices ne pourrait faire de bonnes lois »
  • « Une société qui n’aura pas de but déterminé est une société qui ne pourra convenir à des personnes raisonnables »

Mais toute société qui aura un but honnête, utile et juste, avec de bonnes lois sages et vertueuses sera une société respectable et respecté. Telle doit être l’essence de la société maçonnique qui sera alors une société respectable qui ne recevra que des hommes vertueux ou qui désirent l’être vraiment, avec des buts honnêtes, juste et utile. Ils seront alors dans un Ordre dont ils doivent connaître le but et les lois qui le dirige. Si cet Ordre a le courage de fermer les portes de ses temples à ces esprits faux, turbulents, novateurs, imposteurs, despotes, hypocrites et à tout être vicieux et dangereux, cet Ordre serait une association douce, honnête, bienfaisante et amie de l’Humanité.

Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Loge Chapitrale de Recherches Pierre d'Aumont : Essai sur la Franc-Maçonnerie.
▸ Lire l'ouvrage sur le site de la Bibliothèque Nationale de France
▸ L'ange dans la tradition chrétienne. : cahier n°14 -

La question des anges est fondamentale si l’on veut accéder à la matière première du Christianisme.

Deux mots sur cette notion d’anges gardiens avant de revenir aux anges : sur quoi se fonde cette notion d’Anges Gardiens ? Dans la bible seul une phrase évoque vraiment les anges gardiens. Dans l’évangile de Mathieu (18-10) il est dit : Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits ; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux.

Revenons donc à la notion des anges et notons de suite que les anges ne sont pas au centre de la Bible et cela peut nous amener à cette réflexion : le sujet principal de la Bible n’est-il pas la relation entre l’Homme et Dieu. Donc on y fait abstraction des anges mais l’ange doit exister pour comprendre le livre sacré, pour percer le non-dit, le non révélé de la bible et pour faire la relation entre le monde terrestre et le monde céleste. Ils constituent donc un des éléments de la révélation. Cette révélation qui met l’homme en une sorte de contemplation face à Dieu, face à un mystère qui nous dépasse.

La nature de l’homme nous dépasse et celle de Dieu nous devient incompréhensible face à notre spiritualité face à notre vie si empreinte de matérialité.

Deux mots sur les anges de façon générale :

Ils sont donc des purs esprits, donc sont invisibles et immatériels. Mais parfois ils peuvent prendre une forme humaine pour entrer en contact avec nous. Cela est troublant. Comment peut-on voir et entrer en contact avec un ange que l’on ne voit pas. Pour ma part, ayant fait cette expérience c’est sa présence qui a construit son existence et je n’ai pas eu de besoin de le voir pour le sentir près de moi. La peur qui s’en est suivi fut si grande que je mis fin à cette rencontre, du moins cela me fait plaisir de le croire.

Ils sont une substance purement intellectuelle pour Thomas d’Aquin car leur but n’est que de vouloir que nous nous assimilions à Dieu. Sommes-nous donc alors à l’image et à la ressemblance de Dieu ?

Si les anges sont semblables à Dieu ils sont donc capable d’aimer et cela est réconfortant. N’ayant pas de corps physiques ils sont aussi incorruptible. De plus ils sont donc obligatoirement asexués car nés directement d’un Dieu Créateur et de plus seraient immortels car ils n’ont pas besoin de se reproduire pour exister car leur amour est spirituelle seulement.

Ainsi en étant près de nous ou en nous, allant de Dieu vers Nous et de Nous vers Dieu ils sont vraiment des intercesseurs de notre divinité, du divin qui est nous.

Dans l’antiquité les anges et les démons faisaient partie d’une même réalité et n’étaient pas opposés les uns aux autres. C’est ainsi que le terme d’Angelos a été adopté pour qualifier les anges afin de ne pas les confondre avec les démons.

Je n’aborderai pas ici la notion de démon avec un travail sur les anges même si un lien semblerait exister entre les anges et nos propres démons nous empêchant de remonter vers Dieu.

Les chrétiens situent l’origine de l’angéologie dans l’Ancien testament et plus principalement dans l’époque du judaïsme Iranien. Dans ces textes il y est souvent question de l’ange de Yahweh et non de Yahweh tout simplement. Nous sommes donc ici à la base de l’idée de l’intervention d’un Intercesseur qui agit au nom de Yahweh.

C’est ainsi que rapidement l’on distingua une sorte de hiérarchie des anges : Il y avait ceux qui forment la cour de Dieu, ceux qui forment les ambassadeurs et ceux qui sont ses collaborateurs dans la mise en œuvre de la providence.

La cour de Dieu serait donc formée de nombreux anges qui seraient en adoration permanente devant la divinité c'est-à-dire devant un Dieu créateur de toute chose ayant par là une relation privilégiée vers Dieu, allant du monde des Anges directement vers Dieu.

Les Ambassadeurs de Dieu assument des fonctions qui vont du monde des anges vers l’homme. L’homme est alors considéré comme l’autre image de Dieu. Ils entrent en contact avec les hommes pour « engendrer » des effets qui ne sont que la révélation de la Volonté divine, ce que « vulgairement » l’on nomme la Providence.

Deux thèses s’imposent dans une première lecture : Pour les uns la réalité angélique est à l’intérieur de l’homme et pour d’autres l’ange s’impose à l’homme de l’extérieur.

Les collaborateurs de Dieu sont au service de Dieu, il collabore de la providence divine et leurs actions portent sur le monde, sur l’église, les nations et la cité. De là va naître la notion d’anges des nations. Cet ange des nations sera connu dans le monde de la chrétienté sous le vocable de saint Michel. Le but des collaborateurs de Dieu serait ainsi de maintenir le monde dans une voie religieuse ascensionnelle.

C’est dans le livre prophétique de Daniel que les anges commencent à apparaître en hiérarchie. Les archanges Gabriel et Michel sont représentés comme deux des sept anges qui entourent le trône de Dieu.

Les anges semblent pour Saint Daniel avoir deux fonctions essentielles :

La première est une adoration de la divinité et la seconde d’être des messagers, c’est à dire d’avoir un rôle de représentation de la volonté divine dans le monde de la création.

Les anges gouvernent ainsi les planètes et sont assimilés aux puissances archétypales comme la Terre, le feu, l’Air et l’Eau.

C’est Origène qui va ensuite faire une immense place à l’Angéologie. Pour lui tous les êtres intelligents ont été crées tout d’abord à l’état d’esprits purs. Hommes, anges et démons correspondent à des degrés de chutes différents. Il estime que tous les hommes ont un ange gardien mais que parfois quelque homme auraient leurs anges dès le baptême (des élus ?)

Il n’y a pas pour lui de différence entre l’homme et l’ange. L’homme est appelé à redevenir un ange et même à redevenir, au-delà de l’ange, un esprit pur comme il l’était à son origine.

Origène va prôner un retour à l’unicité des hiérarchies spirituelles. Pour lui Dieu a crée le monde spirituel puis un monde de hiérarchie spirituelle s’est mis en place au fur et à mesure.

Ainsi pour Origène le monde a été crée par le Christ puis est apparu un conflit dans lequel le Christ aidé par les hiérarchies célestes va libérer les hommes de leur démons et cela donc en passant par les anges. L’home aurait ainsi deux anges en lui, un mauvais qui le pousse au mal et un bon qui le pousse au bien.

Pour Jean Danielou l’homme aurait donc une double face : une face angélique et une face animale qui constituent les bases de sa liberté fondamentale, cette notion étant reprise et enrichit par Thomas d’Aquin et Denys l’aréopagite.

Ainsi le mot « Ange » aurait une double signification, soit il représente l’esprit saint et soit il représente le verbe. Le monde des Anges apparaît alors comme une sorte de monde des hommes dans le ciel. Il y aurait donc les anges des nations et le problème du démon ; les anges des nations sont de bons représentants et le démon n’est pas obligatoirement négatif, en effet c’est grâce à lui qu’un dualisme existerait. En fait l’existence du démon ne reposerait-elle pas sur l’existence des anges ?

Nous ne devons aussi parler de Priscillien dont les « restes » seraient inhumés dit-on à saint Jacques de Compostelle. Pour lui plus particulièrement les puissances angéliques seraient des puissances rationnelles intervenant dans la vie humaine, ce qui est à première vue très intéressant pour le chrétien.

C’est il faut le préciser Saint Bernard qui va de nouveau rendre sa place aux anges. Pour lui l’ange est assimilé à un reflet vivant de Dieu en Nous et nous devons en quelque sorte nous familiariser avec Dieu. L’ange est la porte vivante qui mène au Ciel. Ce principe de Saint Bernard va perdurer en passant par les Jésuites et par Tauler.

Il nous faut donc reconnaître l’existence de ce monde des anges, nous devons alors reconnaître un lien entre Dieu et l’homme. Nous devons accepter ce lien tous les jours.

Les anges nous guident dans notre chrétienté et nous amènent dans un cheminement, ce cheminement nous mène vers la Divinité et vers une véritable spiritualité humaine. Nous ne devons de même jamais oublier que l’homme se cherche, c’est un cherchant mais que l’ange lui Est et ne craint pas son futur et n’est pas soucieux de son évolution matérielle et/ou spirituelle. L’ange possède une Grande Force pour nous aider à évoluer car il possède la faculté d’évoluer dans toutes les sphères de leurs rôles qu’ils peuvent avoir, rôle de guérison, de protection, d’inspiration et surtout d’espérance. Et de plus je me dois d’ajouter que les anges ont un rôle souvent méconnu, celui de veiller sur les lieux sacrés. Ils supervisent la bonne réalisation du plan divin et ses appréciations dans le monde manifesté. Si un lieu sacré spirituel est délaissé par les hommes l’ange finit par retirer sa protection divine sur le lieu, cela devenant un monde un point qui l’humanité perd, là où il pouvait se ressourcer et se régénérer.

Les Anges sont donc des intermédiaires entre les sphères. Il existe sans cesse des rapports « invisibles » entre la terre et le ciel, entre Dieu et les hommes, entre les hommes et Dieu, entre l’homme intérieur et extérieur, entre les conflits de l’âme en chaque homme.

L’ange est utile à l’homme, il s’identifie à la Volonté de Dieu, c’est un envoyé de Dieu qui attire notre attention sur ce que Dieu est pour nous. Dieu nous invite à se tenir toujours prêt à se tenir devant lui. On ne connaît ni l’heure ni le jour de sa mort. Notre Univers intérieur nous appartient, et les anges peuvent le garder propre et vierge en vue de la rencontre « seul à seul » avec Dieu. Voilà notre sublime privilège ; nous serons un jour face à face, seul avec Dieu et là que dirons-nous ?

Ainsi que l’a dit un jour l’Abbé Dom Grammont, supérieur au Mont Saint Michel : ce n’est rien que de croire en Dieu, de croire que Dieu existe et que Dieu est Dieu.

Et pour clore il me semble que « les anges nous ouvrent au mystère de Dieu et à celui de la Fraternité humaine.» Aime ton prochain comme toi-même a dit le Christ. Les anges sont là toujours autour de nous, à notre écoute, à l’écoute de notre cœur, à l’écoute du dessein de Dieu et nous aide à ne pas transgresser les règles morales de Dieu, à faire en sorte que nous puissions enfin approcher le créateur et lui dire je vous aime.

Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Loge Chapitrale de Recherches Pierre d'Aumont : L'ange
L'ange
▸ La vie des Loges : Amalia aux Trois Roses n°15 : cahier n°14 -

Après quinze ans de travail et d’étude du régime de Stricte Observance, de ses rituels et de son histoire il est apparu nécessaire à neufs membres de l’Ordre de travailler au Régime Ecossais Rectifié. Au vu de l’histoire du régime de la Stricte observance, au vu de la remise des rituels de Stricte Observance par Von Weiller à Lyon en à Jean-Baptiste Willermoz, au vu du rôle joué par Jean-Baptiste Willermoz dans sa province templière d’Auvergne il est apparu clairement qu’il serait impossible de comprendre le rite de Stricte Observance sans un travail en amont au Rite Ecossais Rectifié. Comment comprendre la spiritualité du rite de Stricte Observance sans comprendre celle du Rite Ecossais Rectifié ? Jean-Baptiste Willermoz ne fut-il point plus le protecteur que le fossoyeur du Rite de Stricte Observance ?

Notre Ordre de Stricte Observance étant un Ordre mixte par nature mais aussi par l’histoire de l’Ordre, au vu du travail préparatoire de Jean-Baptiste Willermoz de à du convent de Lyon, il est apparu que la mixité était tout à fait légitime dans la pratique des rites de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié.

C’est la découverte de la maçonnerie des dames au sein du rite de stricte observance, document du , qui fut l’étincelle qui permit la décision de vouloir créer au sein de l’Ordre la première loge pratiquant le Rite Ecossais Rectifié. Cette maçonnerie était pratiquée dans une loge de l’Ordre à Weimar dont le nom était : Amalia zur drei rosen , loge dirigée par la duchesse Amalia en .

Avec en main les archives, les documents parfaitement et clairement étudiés que ces neufs fondateurs ont sollicité la création d’un triangle le , triangle qui se transforma en loge le avec sa consécration et l’installation de son premier Vénérable Maître en chaire la Dame Chevalière « Equitissa Professa ab Argentea rosa » à l’Orient de Melle.

Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : Grande Loge des Régimes Rectifiés : Blason de la Loge Amalia aux Trois Roses
Le blason de la Loge se lit ainsi : « D’or à un triangle évidé chargé en cour du chiffre 1764, le tout de sable accompagné de trois roses de gueules boutonnées de sinople. » «jungere in amor » (Unir en Amour) est sa devise qui en dit plus long que tout discours sur ses motivations.

Depuis la date de son installation la Juste et Parfaite Loge de saint Jean travaille au Rite Ecossais Rectifié, étudie les rituels en profondeur, ses aspects chevaleresques, artisanaux comme sacerdotaux permettant aux membres des loges travaillant le rite de stricte Observance de s’enrichir de cette complémentarité.


Loge Chapitrale de Recherches : Couverture des cahiers Pierre d'Aumont

Couverture des cahier Pierre d'Aumont



Selon la légende fondatrice de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem, l’année de référence est celle de la restauration de l’Ordre du Temple par Aumont Premier savoir 1312, que l’on retranche de l’ère vulgaire.

Par exemple :
Nous sommes en - 1312
Nous sommes donc en .

Légende

Lorsqu'en 1307 la persécution de Philippe le Bel, roi de France, commença contre notre Ordre. Aumont, qui avait vieilli au service de l'Ordre et qui fut d'une grande itelligence, était Maître de la Province d'Auvergne.

Philippe ne put le supporter car il s'était toujours opposé, de toutes ses forces, à toutes ses attaques. La vigilance d'Aumont fut tenue en éveil par la grande amitié qui liait le roi et le nouveau pape. Alors qu'il se rendait pour cette raison, à Paris, il apprit l'arrestation qui eut lieu le 13 octobre. Il put avec les principaux commandeurs qui l'accompagnaient, prendre la fuite en Normandie où il se crut en sûreté. Mais quand il apprit que le pape ClémentClément V avait installé des tribunaux dans toutes les provinces du royaume, qui furent erigés en tribunaux ecclésiastiques, car ils furent tenus par les prélats qu'il avait nommés, avec les représentants du roi, contre notre Ordre, tout en utilisant la torture, il abandonna les vêtements de l'Ordre et se rendit, comme maçon, dans différentes parties du royaume où il n'était pas connu pour observer quelle tournure prendraient les évènements.

Mais comme la réputation de l'Ordre se dégradait de plus en plus, il prit, en 1310, la décision de se rendre, avec les commandeurs et cinq chevaliers, en Irlande, car il s'appelait maintenant Mabeignac. Mais comme quelques commissaires avaient été déjà envoyés l'année précédente, contre les intérêts de notre Ordre, en Angleterre et comme un concile fut tenu par Robert Winkelfey, dont le pape fut l'instigateur, et que nos frères furent, comme en France, arrêtés et maltraités (car déjà en 1307 ils avaient écrit au roi EdouardIl s'agit soit d'Edouard Ier (1239-1307), roi d'Angleterre de 1272 à 1307, soit d'Edouard II (1284-1327), roi d'Angleterre de 1307 à 1327, fils du précédent sans avoir obtenu satisfaction), Aumont ne se sentit pas très en sûreté en Irlande, car déjà en 1310 les commissaires apostoliques y avaient créé des tribunaux. Il prit ainsi la fuit en 1311 pour l'île de Mull où il rencontra Georgium Harris.Georges Harris

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Comme l'Ordre fut interdit dans le monde chrétien, les Frères qui s'étaient réfugiés à Mull décidèrent qu'il devait se perpétuer. En 1312, à la Saint-Jean d'été, ils tinrent un chapitre et AmanumAumont devint leur Grand Maître, mais pour qu'ils pussent se soustraire à la poursuite et pour que l'Ordre ne fût pas découvert, Aumont proposa d'inventer et d'adopter, à la manière des maçons de métier, des signes et des mots secrets qui leur permissent de communiquer et de se reconnaître ; et comme ils s'étaient, contre la volonté de leur ennemis, proclamés libres et avaient adopté des coutumes étrangères, ils se déclarèrent Francs-Maçons et au début ils exercèrent vraiment ce métier.

[...]