GLDRR : Sceau de la Grande Loge des Régimes Rectifiés

Grande Loge des Régimes Rectifiés

GLDRR : Le baron Charles de Hund
Hinc Nascitur Ordo


Des ouvrages publiés depuis la restauration de l'Ordre en 1995

GLDRR : Pierre Girard-Augry : Les hauts grades chevaleresques de la Stricte Observance du dix-huitième siècle. [Editions Dervy 1995] GLDRR : Pierre-Girard Augry : Ordre Illustre de la Stricte Observance Templière, Manuel d’Instruction. [Editions Opéra 1997] GLDRR : Pierre Girard-Augry : La Franc-Maçonnerie Templière et ses grades allégoriques (du dix-septième siècle à nos jours.)  [Edition Opéra 1999] GLDRR : André Kervella : Franc-Maçonnerie, Légende des fondations. [Editions Dervy 2005]
Les hauts grades chevaleresques de la Stricte Observance Templière du dix-huitième siècle.
Ordre Illustre de la Stricte Observance Templière, Manuel d’Instruction
La Franc-maçonnerie Templière et ses grades allégoriques (du dix-septième siècle à nos jours)
Franc-maçonnerie Légende des fondations

Les hauts grades chevaleresques de la Stricte Observance Templière du dix-huitième siècle.

Vers le milieu du dix-huitième siècle, en plein siècle des lumières, apparut un ordre à prétention chevaleresque et templière, la Stricte Observance, prenant appui sur les trois premiers grades de la Franc-maçonnerie de métier. Son inventeur fut le baron de Hund qui consacra sa vie et sa fortune au développement de ce rite à la fois maçonnique et néo-templier dont le Régime Écossais Rectifié, à partir de 1782, fut l'héritier. Telle la lumière verte du soleil à son couchant, la Stricte Observance eut une existence éphémère mais elle n'en pose pas moins une série d'interrogations. Le baron de Hund fut-il une dupe, un mystificateur, ou reçut-il effectivement mission d'implanter l'Ordre en Allemagne, puis dans toute l'Europe? La Stricte Observance ne fut-elle qu'un rite maçonnique comme un autre mais s'affublant de défroques templières ou doit-on la considérer comme l'Ordre du Temple rétabli et renouvelé qui s'était perpétué secrètement sous le voile et les allégories de la Franc-maçonnerie ? A travers les rituels des hauts grades chevaleresques (Novice, Chevalier et Chevalier Profès, précédés par le grade d'Écossais vert) du Rite Ecossais de Stricte Observance et des documents originaux, dont certains sont publiés pour la première fois, et rassemblés par Pierre Girard-Augry qui, depuis plusieurs années, s'efforce de comprendre la chevalerie et l'institution chevaleresque de l'intérieur, le lecteur sera en mesure de se faire une opinion. La préface de Jean-Marie Auzanneau a le mérite de poser le problème des prétentions de la Stricte Observance au regard de ce que fut l'Ordre du Temple des douzième et treizième siècles et de proposer ainsi quelques clefs pour la lecture de cet ouvrage.

Pierre Girard-Augry
Dervy 1995

Ordre Illustre de la Stricte Observance Templière, Manuel d’Instruction

Ce Manuel d'Instruction, destiné à l'usage des frères de la troisième province de l'Ordre, dite d'Occitanie, permettra également aux profanes curieux de l'histoire du templarisme de se faire une idée aussi précise que possible de l'Ordre illustre de la Stricte Observance, également connu sous le nom de Stricte Observance. Après un bref historique, le rappel de quelques textes fondateurs de l'Ordre a pour seul but de mieux appréhender ce système maçonnique néo-templier qui prit naissance et se développa en plein siècle des lumières. Quant à la Stricte Observance actuelle, les statuts et règlements généraux, sans rien dévoiler des rituels pratiqués, précisent son organisation et soulignent sa spécificité. Complété par le " Manuel du Vénérable pour les six premiers grades ", l'ouvrage donne une vue d'ensemble sur ce régime maçonnique à vocation chevaleresque qui, depuis son origine, a voulu être l'Ordre du temple rétabli et renouvelé. »

Pierre Girard-Augry
Opéra 1997

La Franc-maçonnerie Templière et ses grades allégoriques (du dix-septième siècle à nos jours)

En publiant les rituels des grades allégoriques de la Stricte Observance du dix-huitième siècle, qui fut le parangon de cette Franc-maçonnerie templière qui devait inspirer tant de grades et de systèmes maçonniques, Pierre Girard-Augry a voulu non seulement compléter son précédent ouvrage sur les hauts grades chevaleresques, mais aussi montrer que ce régime maçonnique à vocation templière a constitué un système complet en lui-même. S'appuyant sur les trois grades symboliques de la Franc-maçonnerie bleue : Apprenti, Compagnon et Maître, la Stricte Observance dévoilait progressivement à ses membres le but ultime de l'Ordre, à savoir le rétablissement de l'Ordre des Templiers qu'elle prétendait reconstituer et renouveler en plein siècle des lumières. La Stricte Observance, en France, de 1773 à 1776 environ, a travaillé deux autres grades : le Chevalier de l'Epée ou de l'Orient et le Chevalier de l'Aigle Souverain de Rose-Croix, alors considérés comme des grades additionnels, mais de nouveau pratiqués au sein de la troisième province templière de l'Ordre, dite d'Occitanie. La présentation des différents rituels fait apparaître de nombreuses différences entre les textes de Lyon et ceux de Dresde arrêtés au Convent de Kohlo de 1772, différences qui ne sont pas sans soulever des questions d'importance : fidélité de la traduction en français des rituels allemands apportés par le baron von Weiler en 1775, détemplarisation et rectification , dès leur apport, par Jean-Baptiste Willermoz et ses associés, de rituels jugés trop templiers et trop éloignés des pratiques de la Franc-maçonnerie française et lyonnaise ? Toujours est-il que les textes proposés dans cet ouvrage, dont certains étaient jusqu'à présent inédits, font apparaître un système maçonnique fascinant qui ne saurait laisser indifférent le lecteur intéressé par l'histoire de l'Ordre du Temple et la légende néo-templière ou seulement soucieux de mieux comprendre les origines du Régime Ecossais Rectifié fixé au Convent de Wilhelmsbad de 1782.

Pierre Girard-Augry
Opéra 1999

Franc-maçonnerie Légende des fondations

La Franc-maçonnerie est-elle issue des anciennes loges de maçons du Moyen Age ? La réponse est non. Mais on a longtemps cru le contraire. Légende. Encore faut-il le démontrer. L'auteur de ce livre a interrogé les archives médiévales, comme le très ancien Livre des métiers de Paris, pour comprendre ce que signifiaient autrefois les chantiers et les confréries de la maçonnerie. Les textes britanniques qualifiés de fondateurs, il les a analysés avec minutie. C'est à une reconstitution du passé, depuis l'an mille jusqu'au commencement du dix-huitième siècle, qu'il nous invite. Les vraies origines de la Franc-maçonnerie sont à rechercher dans les milieux de militaires et intellectuels qui entouraient Jacques VI d'Écosse (Jacques Ier d'Angleterre) et son fils Charles, décapité en 1649 à l'issue d'une guerre civile. Cet ouvrage, rédigé dans un style vigoureux, s'achève là où commence La Passion écossaise du même auteur.

André Kervella
Opéra 1999
GLDRR : André Kervella : La passion écossaise. [Edition Dervy 2002] GLDRR : André Kervella : Réseaux maçonniques et mondains au siècle des lumières. [Edition Véga 2008] GLDRR : André Kervella : Le mystère de la rose blanche. Francs-maçons et Templiers au dix-huitième siècle. [Edition Dervy 2009] GLDRR : André Kervella : Les rois Stuart et la Franc-Maçonnerie. [Editions Ivoire Clair 2013]
La passion écossaise
Réseaux maçonniques et mondains au siècle des lumières
Le mystère de la rose blanche. Francs-maçons et Templiers au dix-huitième siècle
Les rois Stuart et la Franc-maçonnerie

La passion écossaise

Il fallait bien qu'un jour l'histoire des origines de la Franc-maçonnerie en Écosse, en Angleterre et en France sorte du domaine du mythe ou du fantasme pour s'inscrire dans le quotidien de la conquête du pouvoir politique et religieux dans l'Angleterre du dix-septième et de la première moitié du dix-huitième siècle. Et démontrer qu'à l'origine l'initié écossais, qui peut du reste être breton ou français, est un conjuré jacobite aux seuls motifs opportunistes, œuvrant pour la restauration des Stuart sur le trône d'Angleterre. Quant à la Franc-maçonnerie anglaise, elle n'apparaît au tournant du siècle que pour faire pièce et, n'en déplaise aux fables andersoniennes - une des plus remarquables manipulations historiques jamais enregistrée, et qui jouit toujours d'une postérité vivace - son œcuménisme affiché masque nombre d'arrière-pensées très politiques. Il convient, en conséquence, de réécrire dictionnaires et encyclopédies, et de donner à " L'Art Royal " une acception inédite, car force est de constater qu'il n'existe aucune liaison entre de supposés maçons " opératifs " et quelques " spéculatifs " venus les phagocyter. Sans doute est-il moins glorieux pour l'Ordre maçonnique en général et pour les différents rites dits " écossais " de compter comme seuls ancêtres directs des activistes politiques antagonistes, plutôt que comme d'hypothétiques intellectuels branchés qui se seraient frottés à d'honorables tailleurs de pierre épris de symbolisme, mais les résultats de la recherche menée par André Kervella ne laissent aucun interstice où pourrait s'infiltrer la fable.

André Kervella
Opéra 1999

Réseaux maçonniques et mondains au siècle des lumières

En 1688-1689, le roi Jacques II Stuart est chassé des îles Britanniques par son gendre Guillaume d'Orange. Louis XIV lui offre un asile au château de Saint-Germain-en-Laye. À sa suite, sont de nombreux fidèles, dont un nombre significatif de francs-maçons. C'est alors qu'on peut dater dans la région parisienne l'apparition de la première loge qui attire à elle des sympathisants français, tandis que des sensibilisations individuelles se remarquent en province.D'année en année, une mode gagne les élites et les loges se multiplient. Quoique les principes maçonniques soient de réclamer l'éloignement des agitations sociales, ce sont les mondanités dont ces élites sont friandes qui en facilitent le développement.Outre les affinités politiques, il y a les salons littéraires, les bals, les jeux, les spectacles mais aussi et surtout certains Ordres dits de société qui, loin de faire concurrence à la Franc-maçonnerie, en sont l'antichambre ou le prolongement.L'auteur de Réseaux maçonniques et mondains démontre comment un réseau se forme, aux multiples maillages, aux pôles parfois contradictoires, comment il intègre des diplomates étrangers qui s'empressent parfois de faire école dans leur propre pays, comment il accueille les femmes dès les années 1730, donc bien plus tôt qu'on le croit, comment l'aristocratie française répugne à côtoyer les modestes bourgeois.Dans le décor, apparaissent des personnages aussi controversés que le comte de Clermont, les princes de Rohan, les frères de Louis XVI, et même Voltaire dont on ignorait à ce jour qu'il maçonnait en Champagne bien avant son affiliation à la prestigieuse loge parisienne des neuf sœurs.

André Kervella
Véga 2008

Le mystère de la rose blanche. Francs-maçons et Templiers au dix-huitième siècle

Il existe aujourd'hui une Franc-maçonnerie templière, nul ne peut le nier. Le vocabulaire en témoigne ; des grades, des rites ou des protocoles sont déclarés templiers. Mais si cette présence de la thématique templière au sein de la fraternité maçonnique est incontestable, elle doit s'expliquer. A travers l'étude de textes souvent inédits et avec la même rigueur historique que pour ses précédents livres, André Kervella tente, dans cet ouvrage érudit, d'apporter des réponses à cette question. En précisant les dates, décrivant les milieux et cernant les personnages, il démonte les théories rocambolesques, met fin aux préjugés et nous permet de mieux comprendre cette période mouvementée de l'histoire maçonnique.

André Kervella
Véga 2009

Les rois Stuart et la Franc-maçonnerie

La Franc-maçonnerie moderne prend son essor au cours du dix-septième siècle, quand des Stuart exercent le pouvoir dans les trois royaumes de la Grande-Bretagne. Après 1689, elle se transforme sous l'effet d'une révolution qui les force à l'exil. Alors, deux tendances sont en rivalité plus ou moins vive. D'un côté sont donc les loges des précurseurs stuartistes ; d'un autre côté sont celles de leurs vainqueurs politiques, appelés hanovriens à partir de 1714. En appui sur des archives de l'époque, longtemps ignorées ou méconnues, cet ouvrage retrace les différentes étapes d'un parcours qui commence sous le règne de Jacques Ier (1603-1625) et s'achève avec la mort de Charles-Édouard (1788). En théorie, la politique est supposée absente des engagements maçonniques individuels ; en pratique, elle en détermine beaucoup. On le vérifie quand la plupart des rituels élaborés au fil des décennies empruntent à l'Ancien Testament des scènes d'exode, d'errance et de reconquête, pour les comparer précisément aux infortunes que subissent les Stuart et leurs partisans.

André Kervella
Ivoire Clair 2013
GLDRR : André Kervella : Franc-maçonnerie faux débats vrais enjeux.  [Edition Ivoir Clair 2012] GLDRR : André Kervella : Le baron de Hund et la Stricte Observance. [Edition La Pierre Philosophale 2016]
Franc-maçonnerie Faux débats Vrais enjeux
Le baron de Hund et la Stricte Observance

Franc-maçonnerie Faux débats Vrais enjeux

Depuis ses débuts, la Franc-maçonnerie suscite polémiques et controverses. Ses adversaires ne sont pas les seuls à s'exprimer ; dans ses propres rangs, des voix discordantes s'élèvent souvent. Les questions les plus litigieuses portent sur ses principes fondateurs, son organisation, ses secrets, les motivations de ses membres et avant tout de ses dirigeants. Sans omettre de rappeler comment les premières loges se sont formées en Grande Bretagne, avant de diffuser sur le continent européen et le reste du monde, André Kervella propose une mise au point sur la situation actuelle. Son objet est de confronter différents points de vue, selon qu'ils sont avancés par des universitaires, des journalistes, des auteurs de manuels de vulgarisation, des personnalités dont l'appartenance est connue, des responsables d'obédience qui recherchent la médiatisation à tout prix. Au gré des circonstances, ces points de vue alimentent une littérature du soupçon ou de l'encensement. Est-il possible de s'en dégager afin de discerner les véritables enjeux d'un engagement ? Est-il possible de concevoir une pratique de la fraternité qui transcende les querelles stériles ?

André Kervella
Ivoire Clair 2012

Le baron de Hund et la Stricte Observance

La Stricte Observance peut être considérée comme l’une des principales matrices du Régime Ecossais Rectifié (RER) actuellement pratiqué par de nombreuses loges maçonniques. Pourtant, les conditions dans lesquelles elle est apparue au milieu du dix-huitième siècle sont longtemps restées mystérieuses. Le personnage qui en a assuré le développement, le baron allemand Charles de Hund, a même été considéré au pire comme un imposteur, au mieux comme un naïf à l’imagination débordante.

Le présent ouvrage replace dans son contexte sociopolitique les évènements majeurs qui ont conduit ses membres à se prétendre héritiers des anciens chevaliers du Temple, sous l’autorité de Supérieurs Inconnus. Il révèle le rôle décisif joué par d’éminents francs-maçons dévoués à la cause des princes de la Maison Stuart, princes forcés à l’exil sur le continent après la Révolution survenue dans les Îles Britanniques en 1688-89. Il identifie notamment le chevalier au Soleil d’Or qui a donné au baron sa patente de légitimation, et qui, contrairement à la légende, ne fut ni Jacques III ni son fils Charles-Édouard.

Au fil des pages sont aussi révélées les circonstances dans lesquelles la Bulle papale In Eminenti contre les francs-maçons a été promulguée en 1738. Après cette date, le grade de Rose-Croix a été conçu et le premier chapitre fondé à Paris sous ce nom a été dirigé par le duc d’Antin, en 1741.

André Kervella
La Pierre Philosophale 2016

Des ouvrages complets

Mais encore dans cette rubrique d'autres ouvrages anciens et historiques accessibles dans leur integralité sur Internet et qui bien sûr intéressent l’histoire de l’Ordre et les Rites Ecossais de Stricte Observance et Rectifié.

GLDRR : François Bacon. La nouvelle Atlandide GLDRR : Martinès de Pasqually. Traité de la réintégration des êtres dans leurs premières propriétés, vertus et puissance spirituelles et divines GLDRR : Jean-Pierre Beyerlé. De Conventu Generali Latomorum : Apud Aquas Wilhelminas Oratio GLDRR : Le Tombeau de Jacques Molai ou l’histoire secrète et abrégée des initiés anciens et modernes des Templiers, francs-maçons, illuminés, etc… Et recherche de leur influence dans la Révolution française, suivie de la Clef des loges.
La Nouvelle Atlandide
Traité de la réintégration des êtres dans leurs premières propriétés, vertus et puissance spirituelles et divines
De Conventu Generali Latomorum : Apud Aquas Wilhelminas Oratio
Le Tombeau de Jacques Molai

La Nouvelle Atlandide

en 1623 Francis Bacon édite un livre dont le nom est : La nouvelle Atlantide où il décrit des voyages, des îles mais aussi une maison salomonienne. C’est de cette aventure que naît l’idée d’un temple de Salomon avec une légende salomonienne et non plus une maison de Salomon. Notons que ce sont les Jésuites les premiers qui en 1682 ont l’idée de ce temple de Salomon au lieu de la maison salomonienne. Francis Bacon puise peut-être ses sources dans un ouvrage de 1618 dénommé la mythologie chrétienne

traduit en français et continué, édition 1702

Traité de la réintégration des êtres dans leurs premières propriétés, vertus et puissance spirituelles et divines

Le traité de la réintégration de Martinès de Pasqually constitue le texte fondateur du martinisme. Il pose un regard ésotérique sur les grands épisodes rapportés par la Bible. Il temoingne la nécessité d'un retour vers le divin : la réintégration dont il s'efforce de présenter les étapes à travers l'histoire de l'humanité. Il est l'un des textes fondamentaux de l'ésotérisme occidental, et plus particulièrement de l'illuminisme et de la théurgie.

JMV

De Conventu Generali Latomorum : Apud Aquas Wilhelminas Oratio

L'ouvrage de Jean-Pierre Beyerlé paru en 1782, porte un titre latin mais est entièrment en français. Il s'agit d'un examen critique des délibérations du "convent de Wilhelmsbad". Cependant, c'est aussi une contestation du mode de convocation et de tout ce qui a précédé ce rassemblement, et c'est encore une réflexion sur ce que doit être la Franc-maçonnerie. Sur ces deux points, Beyerlé a des idées qu'il developpe fort bien.

Le Tombeau de Jacques Molai ou l’histoire secrète et abrégée des initiés anciens et modernes des Templiers, francs-maçons, illuminés, etc… Et recherche de leur influence dans la Révolution française, suivie de la Clef des loges.

GLDRR : Charles Perrault. Devises pour les tapisseries du Roy, où sont représentez les quatre Élémens et les quatre Saisons de l'année GLDRR : Alice Joly : Un mystique lyonnais et les secrets de la Franc-maçonnerie. Jean-Baptiste Willermoz 1730 - 1824
Devises pour les tapisseries du Roy, où sont représentez les quatre Élémens et les quatre Saisons de l'année
Un mystique lyonnais et les secrets de la Franc-maçonnerie. Jean-Baptiste Willermoz 1730 - 1824

Devises pour les tapisseries du Roy, où sont représentez les quatre Élémens et les quatre Saisons de l'année

Il existe des similitudes frapantes entre certains tableaux de Loge des Rites Ecossais de Stricte Observance et Rectifiés et les tapisseries et devises présentés dans cet ouvrage de Charles Perrault du dix-septième siècle. On ne peut y voir qu'une même source d'inspitation. Déjà la devise du frontispice de cet ouvrage est celle là même que celle de la Grande Loge des Regimes Rectifiés : Hinc Nascitur Ordo. Au delà de la recherche des sources communes, nous vous présentons cet ouvrage déjà pour sa grande beauté.

Titre : « Devises pour les tapisseries du Roy, où sont représentez les quatre Élémens et les quatre Saisons de l'année », par Charles Perrault, François Charpentier et Jacques Cassagne, peintures de Jacques Bailly Auteur : Perrault, Charles (1628-1703). Auteur du texte Auteur : Charpentier, François (1620-1702). Auteur du texte Auteur : Cassagne, Jacques de (1636-1679). Auteur du texte Auteur : Bailly, Jacques (1629-1679). Enlumineur notice.date : 1601-1700 Sujet : Cassagne, Abbé Jacques. Sujet : Devises pour les tapisseries du roi. Sujet : Charpentier, François. Sujet : Perrault, Charles. Sujet : Devises pour les tapisseries du roi. Sujet : Tapisseries. Sujet : Pièces diverses. Type : manuscrit Langue : français Format : Parchemin. - 43 feuillets. - 400 × 265 mm. - Reliure maroquin vert Description : Mécénat : Cet ouvrage a été numérisé grâce à un don du Musée de la Chasse et de la Nature, Paris Description : Peintures à chaque feuillet du volume. Droits : domaine public Identifiant : ark:/12148/btv1b105278880 Source : Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Français 7819 Notice du catalogue : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc56651s Provenance : Bibliothèque nationale de France Date de mise en ligne : 07/03/2016

Un mystique lyonnais et les secrets de la Franc-maçonnerie. Jean-Baptiste Willermoz 1730 - 1824

Exploitant, notamment la richesse du fonds de la Bibliothèque Municipale de Lyon, Alice Joly trace un portrait précis et clair de Jean-Baptiste Willermoz, personnalité touchante et complexe dont elle restitue la vie entière à travers sa correspondance, ses amitiés, ses relations maçonniques et professionnelles. Devenu un classique en matière d'histoire maçonnique et d'illuminisme, ce livre était depuis longtemps recherché et introuvable.

Jean-Baptiste Willermoz ne se distingue pas de ses concitoyens, par son importance industrielle et sociale, mais par son application à connaitre les doctrines occultes et le rôle qu'il joua dans la Franc-maçonnerie. Initié à l'âge de vingt ans, il fréquenta tous les groupements maçonniques ou para-maçonniques de la fin du dix-huitième siècle, à la poursuite d'un dépôt secret de la Tradition.

Il entretint correspondance ou amitié avec tous ceux qui comptaient dans le monde maçonnique ou occultiste : Joseph de Maistre, Louis Claude de Saint-Martin, Savalette de Langes, De Chefdebien, Bacon de la Chevalerie..., mais aussi Saint-Germain ou Cagliostro. Mais sa vie restera marquée par sa rencontre avec Martines de Pascually et les pratiques théurgiques de l'Ordre des Chevaliers Elus Cœns de l'Univers, dont il ne se détachera jamais. Dans sa quête d'Absolu, il rencontrera ensuite le système templier à travers l'Ordre Allemand de la Stricte Observance du Baron Charles de Hund dont il deviendra l'organisateur et le propagateur en France.

Fortement marqué par ces rencontres, désireux d'utiliser ces enseignements pour améliorer le bien-être de l'humanité, déçu par une certaine forme des maçonnerie, il entreprit de réformer la Franc-maçonnerie, en créant le Rite Ecossais Rectifié à travers lequel il transmettra, dans les degrés de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte et dans ceux de Profès, le dépôt sacré que lui avait donné Martines en l'adaptant à sa foi et à sa profonde croyance dans les vérités de la religion

Galerie de portraits

Voici une galerie de portraits de personnalités ayant contribuées à histoire de l'Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem et au Rite Ecossais de Stricte Observance et au Rite Ecossais Rectifiés. Vous trouverez le détail de la participation de chacun au fur et à mesure de notre rédaction.

GLDRR : Ferdinand de Brunswick ; Eques a Victoria GLDRR : Chales de Hund ; Eques ab Ense GLDRR : Jean-Baptiste Willermoz ; Eques ab Eremo GLDRR : Johann Wilhelm Kellner Zinnendorf ; A Lapide Nigro
Ferdinand
de Brunswick
1721 - 1792
Charles
de Hund
1722 - 1776
Jean-Baptiste
Willermoz
1730 - 1824
Johann Wilhelm Kellner Zinnendorf
1731 - 1782

Ferdinand de Brunswick

Les grandes loges allemandes : leur nombre élevé est dû à la parcellisation des Etats allemands ainsi qu'à la création en Allemagne de nombreux système maçonniques pendant le dix-huitième siecle. La Grande Loge Royale Aux Trois Globes est constituée à l'origine par la loge de Berlin et les ateliers qu'elle a fondés à Meiningen, Francfort-sur-l'Oder, Breslau et Halle. Elle créé en outre deux autres ateliers à Berlin : Eintracht en 1754 et Aux Trois Colombes en 1760. En 1766, elle adopte le Rite Ecossais de Stricte Observance. En 1772 elle prend le titre de Grande Loge Mère Nationale, lorsque le prince Frédéric Auguste de Brunswick reçoit la Grande Maîtrise, qu'il conserve jusqu'en 1799.

La même année 1772, l'oncle du prince, le duc Ferdinand de Brunswick, est mommé Grand Maître de la Stricte Observance. Ferdinand de Brunswick Lüneburg-Wolfenbüttel est initié à la loge Aux Trois Globles en 1740, Maître à Breslau en 1764, Grand Maître Provincial anglais pour ses Etats la même année. En 1771 il adhère à la Stricte Observance, dont il devient donc en 1772, au Convent de Kohlo, le Grand Maître. En 1782, il préside le Convent de Wilhelmsbad, qui marque la fin de la Stricte Observance, et devient le Grand Maître Général du nouveau système des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte. En 1783, il entre également dans l'Ordre des Illuminés.

  • 1767 : Convent de Kohlo du 4 au 24 juin : Il est élu Magnus Superior Ordinis et grand maître de toutes les loges écossaises du régime.
  • 1782 : Du 16 juillet au 29 août, c'est le convent de Wilhelmsbad qui précipite le déclin de la Stricte Obervance dont l'organisation est calquée sur l'ancien Ordre du Temple : le système et le rite sont réorganisé, la réforme française dite de Lyon est adoptée ; Ferdinand de Brunswick est élu grand maître général ; la numérotation des provinces est changée et le directoire est tranféré à Weimar

Carl Gotthelf, Freiherr von Hund und Alten-Grotkau

Introduction

L’histoire de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem et de son Rite Ecossais de Stricte Observance est si intimement liée à la vie du baron de Hund, son inventeur, que le système, tel qu’il est organisé au dix-huitième siècle, ne survit que quelques années à sa disparition. Le rite maçonnique, désigné encore sous le nom de maçonnerie rectifiée, connet une expansion prodigieuse dans l’Europe du siècle des lumières et concurrençe pendant près de trente ans la Franc-maçonnerie anglaise implantée sur le continent depuis 1721 pour finalement laisser place, à partir de 1782, au Régime Ecossais Rectifié et à son Ordre des Chevaliers Maçons Bienfaisants de la Cité Sainte.

Premiers degrés

Les plus anciennes notices imprimées sur Hund sont celles de 1777 parues dans la gazette de Lusace rassemblant des essais de sciences, de littérature et sur les riches familles. Suite à son décès le 8 novembre 1776, ces notices nécrologiques rappellent surtout sa carrière profane comme un grand seigneur de l’époque.

Ces notices sont complétées maçonniquement par l’oraison funèbre du chapitre de Rothenberg de décembre 1776. Elle retient les principales contributions de Hund à la fondation et au développement de la Stricte Observance. Toutefois elle comporte des anomalies. Plus fiable est la courte notice du cahier d’architecture de la loge Aux Trois Colonnes de Kittlitz fondée par Hund. Celle là à été publiée plusieurs fois depuis jusqu’en 1874 et avec quelques variantes.

GLDRR : Galerie de Portraits Charles de Hund maison natale GLDRR : Galerie de Portraits Charles de Hund Sa propriété dans ses terres d’Umwurden à Kittlitz

Ainsi, Hund nait le 22 septembre 1722 à Manua (Mönau) sur les terres familiales en Haute-Lusace. Son père est chambellan du roi de Pologne, électeur de Saxe, il décède en 1731. Sa mère décède en 1737. Il engage alors des études à Leipzig mais veut voyager : Strasbourg, Paris puis un éventuel séjour en Angleterre avant de rentrer en Allemagne.

Notice de la loge de Kittlitz publier en 1842 :

« Charles Gotthelf de Hund et Altengrotkau, seigneur de Unwürde, Kittlitz, Gebelzig, Oppeln, Manua, Liska, etc, chambellan de S.A.S. l’électeur de Cologne, naquit le 11 de septembre 1722 à Manua, fut reçu franc-maçon l’an 1741, le 18 octobre, à Francfort sur le Main dans la Grande Loge sous la conduite du conte de Schönborn, conseiller privé actuel de S.M.I. le prince Auguste de Baden et le prince Georges de Hesse d’Armstadt étant surveillant, ayant pour répondant le prince Frédéric de Hesse d’Armstadt, le prince de Nassau Welburg et le comte de Wiet, et fut le même jour compagnon. L’an 1742, le 21 de juillet, il fut reçu maître dans la loge Aux Trois Roses à Gent [Gand], par Messer Bocland, maître en chaire, et le 22 d’août Ecossais par Milord duc d’Albemarle, à Bruxelles, et pris le surnom de Chev [alier] de l’Epée. Il fut second surveillant dans la loge nommée A l’Arbre Rompu, et après premier surveillant dans la même. Le 13 d’octobre de la même année, il fut fait Maçon Sapant et reçu des nouvelles lumières. Il entra en qualité de premier surveillant dans la nouvelle loge Aux 3 Compas à Paris, le 12 décembre 1742. Le 3 janvier de l’année 1743, la loge le choisit pour maître en chaire, et le 6 janvier il la cassa au nom du Grand Maître et la forma de nouveau sous le nom de [loge] Etrangère, le 24 de janvier 1743. Le 13 de nov [embre] 1743, il résigna en faveur du baron Merklem, se réservant ses droits en cas de son retour à Paris. Il reçu avant son départ des instructions particulières et en passant à Strasbourg il aida à établir une loge sous le nom de l’Epée d’Or, et érigea enfin cette [loge de Kittlitz] Aux Trois Colonnes le 24 juin 1751. »

Voyons ces repères pour analyser son rôle en maçonnerie. Son initiation est pendant son séjour à Francfort où il fréquente des cours princières : Ce sont des maçons de haute noblesse qui le reçoivent dans cette Grande Loge réunie dans une circonstance non connue aujourd’hui.

Toutefois voyons les noms donnés. Le comte de Schönborn dirigeant la loge est donc conseiller privé actuel de Sa Majesté Impériale Auguste Baden. Parmi tous les homonymes il s’agit certainement de Franz-Joseph-Bonaventura von Schönborn (1708 - 1772). L’important est le mot actuel, qui montre que cette notice est rédigée du vivant de Schönborn et donc de Hund. Elle est donc certainement très fidèle.

Ensuite les princes Georges et Frédéric de Hesse-Darmstadt et de Nassau-Weilburg sont plus évocateurs et sont faciles à identifier. D’autres types de documents montrent qu’ils ont tous les trois séjournés à Paris : Le journal du duc de Luynes parle de leur présentation au roi début 1741.

Ils sont Louis, né en 1719, Georges-Guillaume né en 1722 et Georges-Frédéric né en 1726. Ils sont maçons comme leurs pères. Ils sont initiés de bonne heure comme on en trouve de nombreux exemples au dix-huitième dans les familles nobles. Le benjamin est le répondant de Hund c'est-à-dire parrain ou présentateur.

Le comte de Wiet est peut-être Johann-Julius von Vieth, (dont l’orthographe du nom varie) né en 1713, maître de la loge Les Trois Glaives à Dresde. C’est celui-là même qui affirme plus tard avoir reçu patente de Georges Guillaume pour cette loge. C’est lui qui donne l’accréditation templière à Hun en 1751.

Il est l’un des Supérieurs Inconnus, mais, passons au prince de Nassau-Weilburg. Plus âgé que les précédents, il nait en 1685, est ambassadeur de Saxe à Paris en 1710. En 1741, un rapport de police de septembre dit qu’il doit rentrer à Francfort, cela coïncide, il est en octobre à Francfort à la réception de Hund.

Cette grande loge est donc certainement très récente, formée sur le modèle de celles autorisées par la Grande Loge de Paris aux profits des étrangers. Elle est sous influence jacobite, les premiers grands maîtres de l’Ordre en France étant partisans de Jacques III Stuart, et leurs successeurs comme le duc d’Antin aussi.

D’ailleurs Charles-Edouard Stuart envisage même d’épouser Caroline-Louise de Hesse Darmstadt, la sœur des précédents. Des échanges de courrier avec leur père montrent que cette famille n’est pas contre sa cause politique.

Aussi, comme beaucoup de nobles des états concernés, Hund est à Francfort en 1741 pour la diète convoquée pour l’élection du nouvel empereur, suite au décès de Charles VI. Il est observateur plutôt qu’acteur comme nombre de français présents à la suite du maréchal Fouquet de Belle-Isle ambassadeur de Louis XV venu soutenir Charles de Bavière.

Le 26 février 1742, Hund est au couronnement de Charles VII, il est nommé chambellan de l’Electeur de Saxe comme son père. Dans le temps de la diète il visite probablement d’autres loges mais son nom n’a pas été trouvé dans les registres découverts depuis.

Un mois plus tard il est reçu Maître dans la loge Les Trois Roses à Gand par le nommé Bocland. L’indentification de ce dernier n’est pas faite mais il faut noter que des familles d’exilés jacobites sont installées dans la ville et l’orientation jacobite des loges de Gand est certaine.

Puis en août il est donc reçu Maître Ecossais par Mylord duc d’Albemarle à Bruxelles et prend alors de surnom de Chevalier de l’Epée. Là aussi la cité est courue par les jacobites, Bernard Granville d’Albemarle fait parti de ce réseau.

Bernar est le neveu de Georges Granville, opposant aux Hanovre et fait duc par Jacques III en 1721. A son décès en 1735, il hérite, avec l’approbation de Jacques III du titre de son oncle, il est un paisible gentleman-farmer.

Sa loge est l’Arbre Rompu, Hund y est surveillant. L’arbre rompu rappelle le chêne foudroyé au sommet rompu des gravures représentant à cette époque la famille Stuart chassée des îles britanniques en 1688. Ce chêne est accompagné d’une jeune pousse et de la devise Revirescit : il se relèvera.

Ce thème est déjà présent au moment de la restauration de Charles II après la décapitation de Charles I. Aussi inspiré du livre de Job (14 7-9), il est intégré à la symbolique maçonnique dans les années 1740.

Alors Hund est reçu Ecossais, prend de suite le nom de Chevalier de l’Epée et est fait Maçon Sapant. Cette progression a-t-elle une nécessité de hiérarchie ? Comment expliquer le surnom de Chevlier de l’Epée sans mention de réception à un haut grade templier ?

C’est une pratique qui devient fréquente à partir de 1750 que de donner un nom de chevalier, ou du moins une caractéristique personnelle, aux frères seulement reçus Ecossais.

Le vocable de Maçon Sapant est propre au récit de Hund. Il rappelle la légende des initiés cherchant à l’endroit des ruines du Temple à pénétrer dans la voûte. Munis de pelles et d’autres outils ils creusent sapent pour trouver l’antique parole enfouie. Cette dramaturgie existe-elle donc au temps de Hund ?

La Flandre est alors très animée et les maçons de divers horizons n’ont aucun mal à trouver prétexte à s’y rencontrer.

Hund évolue dans ce milieu où les repères se découvrent au fur et à mesure de ses déplacements. Il connaît les villes d’accueil. Dans cette époque de conflits entre les puissances européennes, la Flandre est une région où il y a de nombreuses opportunités de rencontre en militaires et civils. Les jacobites y ont déjà un solide réseau, un nouveau venu fiable y circule sans peine.

[…]

Source : André Kervella : Le baron de Hund et la stricte Observance, Editions La pierre philosophale 2016
Fondation de l'Ordre

Avec l’aide des frères Schmidt et de Von Tanner, de la loge de Naumburg, il écrivit les rituels de l’Ordre et mit au point le cérémonial.

GLDRR : Galerie de Portraits Charles de Hund Kittlitz, les armoiries de la famille Hund GLDRR : Galerie de Portraits Charles de Hund L’église de Kittlitz

Vers 1751, il érigea une loge et un chapitre provincial sur ses terres, à Unwuerde, et en 1753 il délivra une nouvelle patente à la loge de Naumburg. Ce fut dans cette loge que le premier projet financier ou « Plan Economique » fut élaboré, car, sans finances, il était évidemment impossible de restaurer l’Ordre du Temple. En 1755, un second Plan Economique prenant appui sur le premier fut promulgué.

A cette époque, Carl von Hund, Eques ab Ense (Chevalier de l’Epée, son nom d’Ordre) commença aussi à recevoir quelques chevaliers dans l’Ordre, chacun prenant un titre latin. L’Europe fut divisée, comme autrefois, selon le Livre Rouge, en neuf provinces, modelées sur celles de l’Ordre du Temple :

GLDRR : Galerie de Portraits Charles de Hund Charles de Hund, son blason d'Ordre
  • I. Aragon
  • II. Auvergne
  • III. Occitanie
  • IV. Léon
  • V. Bourgogne
  • VI. Grande-Bretagne
  • VII. Basse-Allemagne jusqu’à l’Elbe et l’Oder
  • VIII. Haute-Allemagne jusqu’au Danube
  • IX. Grèce et Archipel

La guerre de sept ans (1756-1763) empêcha tout progrès sensible de l’Ordre et Hund fut souvent obligé de s’enfuir en raison de ses sympathies envers l’Autriche.

C’est au Convent de Kohlo (du 4 au 24 juin 1772), bien noble situé aux environs de Pfoerdte, et propriété du comte Aloysius von Brühl, que l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem atteignit son apogée : il fut réorganisé, le Directoire de Dresde créé, mais le plan économique fut définitivement abandonnée ; un accord fut conclu avec les Clercs de Jean-Auguste Starck, inventeur du Cléricat Templier, qui vint compléter et coiffer la branche chevaleresque. A ce même Convent, le duc Ferdinand de Brunswick, Eques a Victoria, fut élu Magnus Superior Ordinis per Germaniam Inferiorem, nom qu’il porterait dans l’Ordre Intérieur, et Grand Maître de toutes les Loges Unies, nouvelle appellation du système, Charles de Hund, en tant que Grand Maître Provincial, assurant désormais le rôle d’un monarque constitutionnel.

Les rituels utilisés par l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem contemporain sont ceux qui furent approuvés au convent de Kohlo ; ils portent la signature de Frédéric Auguste Müldauer, Visiteur Général, et du comte Aloysius von Brühl, Eques a Gladio Ancipiti (Chevalier du Glaive à double tranchant), Doyen du Grand Prieuré de Pologne, Visiteur Général de la septième province et Commandeur de Maison.

Sous la direction du baron Von Weiler furent organisées les trois provinces françaises : en 1772, la cinquième province, la Bourgogne ; en 1774, la deuxième province, l’Auvergne, et, la même année, la troisième province, l’Occitanie.

Le Convent de Brunswick (23 mai-6 juillet 1775) légalisa officiellement les neuf provinces de l’Ordre et transféra le Directoire à Brunswick.

Pierre Girard-Augry : Abécédaire de la Franc-maçonnerie Templière, Les Trois spirales, 2005
Continuité

La mort du baron de Hund à Meiningen, le 8 novembre 1776, fut suivie d’une période de confusion et ce n’est qu’au Convent de Wolfenbüttel (15 juillet-24 août 1778) que fut élu Grand Maître Provincial le prince Charles de Suède, mais le départ des Clercs du système annonça le début du déclin de l’Ordre.

GLDRR : Galerie de Portraits Charles de Hund Lieu où il rendit son âme à Dieu à Meningen. GLDRR : Galerie de Portraits Charles de Hund Eglise de Mellrichstadt où il repose. GLDRR : Galerie de Portraits Charles de Hund Eglise de Mellrichstadt où il repose. GLDRR : Galerie de Portraits Charles de Hund Eglise de Mellrichstadt où il repose.

De plus, cette même année, le Convent des Gaules, sous l’impulsion de Jean-Baptiste Willermoz, décida d’abandonner toute référence explicite à l’Ordre du Temple, de modifier en conséquence les rituels et de transformer le dernier grade templier de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem en celui de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte.

Pierre Girard-Augry : Abécédaire de la Franc-maçonnerie Templière, Les Trois spirales, 2005

Jean-Baptiste Willermoz

GLDRR : Galerie de Portraits : Jean-Baptiste Willermoz : Acte de Baptème

Jean-Baptiste Willermoz naît le 10 juillet 1730 à Lyon d’une famille franc-comtoise.

Soyeux lyonnais, il va diriger une affaire prospère. Il devient maçon en 1750 à l’âge de 20 ans. En 1752 il est déjà vénérable de sa loge. En 1753 il fonde la loge « La Parfaite Amitié » à Lyon. En 1760 il joue un rôle important dans la fondation de la Grande Loge des Maîtres Réguliers de Lyon. Il en devient le grand maître. En 1763, influencé par Dom Pernéty, il crée le Chapitre des Chevaliers de l’Aigle Noir Rose-Croix qui est un petit cénacle d’étude des hauts grades.

En 1766 il rencontre Martinez de Pasqually à Versailles et rentre dans l’Ordre des Elus Cohens. Il devient Réau-Croix, plus haut grade de l’Ordre, en 1768. En 1771, il prend contact avec Louis Claude de Saint Martin, lui-même Elu Cohen avec qui il se lie d’amitié. Après le départ à Saint-Domingue de Martinez de Pasqually en 1772, les Elus Cohens de Lyon se réunissent fréquemment. Willermoz rédige de 1772 à 1774 un important travail de recueil de notes intitulé « Instructions aux Elus Cohens » dites Conférences de Lyon.

GLDRR : Galerie de Portraits : Jean-Baptiste Willermoz : Diplômes. Paris, Ordre des Elus Coën (Trib. Souv.). Nomination comme Inspecteur général de l'Ordre du F:. Jean-Baptiste Willermoz GLDRR : Galerie de Portraits : Jean-Baptiste Willermoz : Diplôme de Réaux-Croix accordé au frère Jean-Baptiste Willermoz

En 1772, la Grande Loge de Lyon reprend ses travaux ; il prend contact en qualité d’archiviste Garde des Sceaux avec le baron de Landsperg, vénérable de la loge « La Candeur » de Strasbourg, à l’occasion d’un différent qui oppose ces deux structures maçonniques à la Grande Loge de France. En effet la plus grande confusion règne au sein de la maçonnerie française [note] : depuis le scandale de 1766 qui oblige le roi à donner ordre à la Grande Loge d’ajourner ses travaux sine die, les dissidences sont de plus en plus nombreuses, des hauts grades apparaissent sans cesse un peu partout. La loge « La Candeur » dépend de la Grande Loge de France mais a pris des contacts avec l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem allemand [note] qui a une image d’Ordre stable, organisé et puissant.

Intrigué par cet Ordre qu’il ne connaît pas, Willermoz, à la recherche d’une structure maçonnique pouvant ramener une certaine stabilité au sein de la maçonnerie française et en quête perpétuelle d’un enseignement secret, interroge Landsperg qui le dirige vers le baron de Hund, fondateur de l’Ordre.

En 1773 à la requête de Willermoz l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem prend pied en France par l’intermédiaire du baron de Weiler, envoyé de Charles de Hund, qui installe d’abord le Grand Chapitre Provincial de Bourgogne à Strasbourg, puis en 1774 celui d’Auvergne à Lyon et finalement celui d’Occitanie à Bordeaux.

Blason de Chevalier du Temple de Jean Baptiste Willermoz Bibliothèque municipale de Lyon B.M.L.  MS 5526-278

Mes armes sont un hermite avec la devise Vox in Deserto et l'épigraphe Verba Ligant.

Willermoz, sous le nom d’Eques ab Eremo, est fait Chevalier du Temple ainsi que onze autres frères. Ils prêtent serment d’obédience à Hund, Grand Maître de la septième province, et à Ferdinand de Brunswick, Grand Maître des Sept Provinces, en échange de quoi ils reçoivent rituels et instructions au cours de pas moins de dix-sept séances. Le Grand Chapitre Provincial constitué dirige la deuxième province templière dite d’Auvergne. Une loge est créée à l’Orient de Lyon, c’est « La Bienfaisance ».

GLDRR : Galerie de Portraits Jean-Baptiste Willermoz : Patente originale en latin du Visiteur Général perpétuel de l'Ordre de la Stricte Observance

De 1777 à 1778, avec quatre autres frères, Willermoz, déçu par l’absence d’enseignement secret dans l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem, entreprend de refondre les grades et les textes des rituels pour y introduire l’enseignement martinéziste.

En 1778, pour faire appliquer ces transformations il provoque la réunion du Convent des Gaules à Lyon [note], qui regroupe les représentants des trois provinces françaises. Les décisions de ce convent amènent le reniement de la filiation templière, la modification des trois premiers grades, la suppression des grades d’Ecossais Rouge (ou Chevalier de l’Epée) et de Chevalier de l’Aigle Souverain de Rose-Croix, la transformation du grade d’Ecossais Vert, l’institution du grade de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte qui remplace celui de chevalier du Temple, la création d’un Ordre intérieur secret composé des deux classes, celles de Profès et de Grand Profès, remplaçant le Cléricat Templier qui est supprimé. La province d’Auvergne devient province de Lyon. La partie française de l’Ordre se trouve pratiquement libérée du contrôle allemand. Elle se fait désormais appeler « Loges Réunies et Rectifiées de France » et pratique le Rite Rectifié. Dès lors, le système des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte (C.B.C.S.) va se développer régulièrement.Willermoz a atteint son but : les cadres de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem servent en France à un enseignement voilé du martinézisme. [note]

En 1779 le duc Ferdinand de Brunswick, sous l’influence du mage Waechter, rejette la filiation templière. En 1780 Willermoz le reçoit Grand Profès.

Las Casas, dernier Grand Souverain de l’Ordre des Elus Cohens, en désaccord avec l’usage que font les C.B.C.S de l’enseignement martinéziste, fait remettre en 1781 les archives de son Ordre, mis en sommeil, à leurs concurrents les plus acharnés : les Philalètes.

En juillet et août 1782, un convent est convoqué par le duc de Brunswick à Wilhelmsbad, petite ville d’eaux au cœur de la Hesse, dans le but de réorganiser et d’harmoniser les tendances divergentes au sein de l’Ordre. Trente-cinq députés se réunissent, divisés en deux camps : les rationalistes allemands, à l’aise au sein de la Franc-maçonnerie anglaise qui trouvent dans l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem un relent catholique propre à indisposer des protestants et les hermétistes fidèles à la filiation templière et à la recherche de la pierre philosophale. La décision la plus marquante est que la maçonnerie écossaise n’est pas la continuation ou la restauration de l’Ordre du Temple, la filiation templière n’a plus qu’une signification morale, mystico-chrétienne. La Réforme de Lyon de Willermoz est adoptée, elle sert de support à un nouveau système largement teinté de martinézisme dont la rédaction dans un style ampoulé et redondant [note] est confiée aux Strasbourgeois et aux Lyonnais. Le duc de Brunswick devient le chef du nouveau système avec le titre de grand maître général de l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants et de la maçonnerie rectifiée.

Les hermétistes mécontents des résultats de Wilhelmsbad, représentée par Beyerlé attaquent violemment Willermoz. Ils lui reprochent de réduire la quête maçonnique à des buts de bienfaisance et de recherche de religion primitive, d’y introduire des notions morales et religieuses [note]. La majorité des maçons allemands rejettent les décisions du convent qui apparaît comme un coup de force français ; mais ils ont la possibilité de choisir entre l’ancien et le nouveau système, ce qui ne fait qu’aggraver la confusion et entraîne rapidement une désagrégation de l’ancien Ordre. Pour autant le R.E.R. ne va pas prospérer et va connaître lui aussi des déboires. Les trois grades bleus ne seront rédigés qu’en 1786 ; et ce n’est qu’en 1809 que Willermoz achèvera le grade de Maître Ecossais de Saint André. Après la Révolution française le R.E.R. a pratiquement disparu.

A cela plusieurs raisons : après Wilhelmsbad il semble que Willermoz, toujours à la recherche de la quintessence de la maçonnerie, tourne son attention en direction d’autres rites (le Rite Suédois, les frères Initiés de l’Asie ou « Ecole du Nord »). Ceci pourrait expliquer pourquoi le nouveau système ne progresse pas aussi vite qu’il aurait dû.

Mais il y a d’autres causes : dès 1785, avec les C.B.C.S lyonnais, il se met à s’intéresser au magnétisme. Le chirurgien Dutrech, disciple de Mesmer, magnétise à Lyon des sujets (essentiellement des femmes) qui, en état second, donnent réponse à toutes sortes de questions. On les appelle des crisiarques. La plus célèbre est la somnambule Gilberte Rochette. Willermoz organise la « Société des Initiés » [note], groupe ayant pour but l’étude de ces « manifestations ». Puis arrive « l’Agent Inconnu » [note]. Il s’agit de Marie-Louise de Vallière, chanoinesse de Remiremont, sœur d’Alexandre de Monspey, membre de la loge « La Bienfaisance », dont l’influence alla jusqu'à susciter en 1785, à la requête expresse de Willermoz devant le Directoire Provincial d’Auvergne, la substitution du mot sacré du premier grade par le nom Phaleg [note]. L’Agent Inconnu, prise de délires à thèmes mystiques pendant les séances de l’Ordre des Elus Cohens, communique avec l’au-delà dont elle écrit les messages [note]. Malgré quelques doutes émis par Willermoz en octobre 1788, la Société des Initiés persistera jusqu’en 1791, réunissant Willermoz et ses frères lyonnais et influençant leurs activités maçonniques.

En 1787 le nouveau système ne compte que quinze loges symboliques. En 1788 de nombreux maçons l’on quitté en particulier, toutes les loges et chapitres d’Alsace. Paris se détache de lui, et la deuxième province n’a guère qu’une centaine de membres.

Pendant la Révolution, Willermoz arrête toute activité maçonnique, s’occupe du clergé constitutionnel et de bienfaisance.

Après le passage de la tempête révolutionnaire, Willermoz, âgé, participe, surtout par ses conseils et ses lettres, au renouveau éphémère du R.E.R. De 1804 à 1809, il en élabore les rituels définitifs. Il continue à entretenir une importante correspondance maçonnique jusqu'à sa mort en 1824.

GLDRR : Galerie de Portraits : Jean-Baptiste Willermoz : Acte de décès

Si aujourd’hui il apparaît aux yeux de la plupart comme un grand réformateur de la maçonnerie, il a certainement été aussi un homme de son siècle, partagé entre les influences « modernistes » et de vaines fantasmagories. A la recherche constante d’un enseignement secret lié à un « Haut Ordre détenteur de la tradition initiatique primitive », il n’a pas eu une claire notion des rapports existant entre religion et initiation [note]. Pas toujours très avisé dans ses choix, jouet d’influences suspectes, il a profondément remanié les rituels du Rite Ecossais de Stricte Observance, n’en conservant pratiquement que le cadre institutionnel. Ainsi que l’a dit René Guénon, son exemple n’est pas à suivre [note] ; mais passionné par la maçonnerie, sa bonne foi et sa sincérité n’ont jamais été mises en doute.

Johann Wilhelm von Zinnendorf

Johann Wilhelm von Zinnendorf adhère d'abord au sytème du Chapitre de Clermont dans sa ville natale, puis "cherche" la vraie maçonnerie à Stockholm auprès d'Eckleff et à Londres. Il entre en 1764 dans la Stricte Observance sous le nom d'Ordre d'"Eques a lapide nigra" Chevalier à la Pierre Noire. Grand Maître de la Grande Loge Zu den drei Weltkugeln (Aux Trois Globes), il est le fondateur à Berlin en 1770 de la Grande Loge des francs-maçons d'Allemagne (Grosse Landesloge der Freimaurer von Deutschland), qui suit un rite élaboré par lui, inspiré d'Eckleff et rival de la Stricte Observance.

A l'origine il s'appelle Ellenberger et obtient son autre nom par adoption. Médecin et chirurgien aux armées, il est reçu maçon en 1754 et initié aux hauts grades écossais en 1758. Il a le mérite d'établir l'union entre les Trois Globes et la Stricte Observance. Il est Grand Maître de la première et un ardent partisant de la seconde ; mais en 1776, il renonce à la Stricte Observance et l'année suivante se retire des Trois Globes.


GLDRR : Eques a Penna Rubra GLDRR : Johann Joachim Christoph Bode ; Eques a Lilio Convallium GLDRR : Jean Auguste Starck ; Eques ab Aquila Fulva GLDRR : Adam Weishau
Chevalier au plumet rouge
l'esprit du XVIIème
Johann Joachim Christoph
Bode
1731 - 1793
Jean August
Starck
1741 - 1816
Adam Weishaupt
1748 - 1830
l'esprit du XVIIIème

Le Chevalier au plumet rouge et l'esprit du dix-sèptième

Encore aujourd'hui, Charles de Hund, fondateur de la Stricte Observance, est controversé. Mythomane pour les uns, loyal pour les autres, il n'attire que des jugements définitifs : les historiens se battent sur la légitimité et l'existence même de ceux qu'il désigne comme Supérieurs Inconnus de l'Ordre du Temple.

La littérature maçonnique ne distingue qu'avec difficulté l’histoire des faits et celle des idées. Leurs recherches n’utilisent pas les mêmes méthodes et n’ont pas la même fiabilité. L’enjeu des recherches sur Charles de Hund est de savoir si la Stricte Observance s’inscrit dans la continuité des Templiers : Continuité d’une tradition par une continuité des idées intellectuelles et/ou continuité factuelle de faits par une ininterruption de l’Ordre du Temple.

Si des Supérieurs Inconnus il y a, quelles consignes ont-ils données à Charles de Hund et quelles innovations s’est-il lui autoriser ? De ses premiers pas en maçonnerie, il ne ressort aucun document attestant des liens avec de tels supérieurs. Il est reçu maçon en 1742 puis à des grades écossais se terminant par un dit templier. Il n’a qu’une patente datant de 1751, mais elle est cryptée et encore indéchiffrée aujourd'hui, sinon 10 ans sans aucun manuscrit officialisant leur existence.

Souvent les biographies des maçons d’avant 1750 sont rédigées seulement sur les témoignages de leur protagoniste et de leur relation. Aujourd’hui, des informations extérieurs sont corrélées et apportent leur crédit comme par exemple les gazetins, rapports de police et autres journaux. Au temps des premières loges il n’y avait pas nécessairement de secrétaire donnant des attestations ni rédigeant les procès verbaux de loge.

Sans jamais les nommer, Charles de Hund désigne toujours les Supérieurs Inconnus comme des partisans de la maison Stuart. Y a-t-il Jacques III roi de Grande-Bretagne exilé en Italie espérant reconquérir le pouvoir ? Y a-t-il Charles-Edouard, son fils, capable lui de soulever une armée et rallier l’Ecosse contre la dynastie Hanovrienne ? Et puis, ces deux princes font-ils partis de la légendaire lignée des grands maîtres secrets de l’Ordre du Temple ?

Une première réponse fuyante est donnée par Charles-Edouard lui-même, après la mort de Charles de Hund au baron von Waechter venu l’enquêter sur leur rôle dans la transmission de l’héritage templier. D’un côte il ni son implication dans un ordre maçonnique, d’un autre il sous entend que son père puisse avoir des liens avec la maçonnerie, au moins il est prêt à valider les pouvoirs d’un successeur de l’Ordre du Temple.

Rappelons le décor de l’essor de la maçonnerie. En 1603 Jacques VI roi d’Ecosse devient roi d’Angleterre et d’Irlande. Après son décès en 1625, son fils Charles Ier lui succède mais une guerre civile le fait décapiter en 1649. Ensuite, après la république d’Olivier Cromwell, Charles I reprend possession des trois royaumes en 1660. Il décède en 1685 et est remplacé par son frère Jacques II qui est lui-même contesté et s’enfuit en France en 1688 à Saint-Germain-en-Laye avec ses nombreux partisans et sous la protection de Louis XIV.

Il meut en 1701, son fils Jacques III, reconnu roi, mais donc sans couronne, par la France tente plusieurs reconquêtes. En 1745, son fils Charles-Edouard prend la tête d’une armée. C’est un échec mais il cherche toujours le soutien des souverains d’Europe.

Voila donc le contexte politique de l’essor de la maçonnerie européenne. Deux temps : l’apparition des loges bleues ou symboliques des trois premiers grades mais aussi l’adjonction de hauts grades dans ce qui s’appellent des chapitres. Charles de Hund revendique là le plus important de ces grades pour l’époque conféré donc selon lui à Paris en janvier 1743 par de hauts dignitaires de cette mouvance jacobite et dans le sillage des Templiers.

[…]

En 1775, lors du convent de Brunswick, Hund interrogé sur ses réceptions aux hauts grades déclare avoir été fait Chevalier Templier par Kilmarnock en présence de Clifford. et avoir été présenté à un éventuel Grand Maître de l’Ordre peut-être le prétendant au trône d’Angleterre en personne. Waechter par son enquête a les affirmations de Charles-Edouard : ni lui ni son père étaient à Paris à cette époque, par contre Clifford et le jeune Kilmarnock y étaient sûrement.

Kilmarnock est le jeune fils James de William Boyd, quatrième comte de Kilmarnock fondateur et dirigeant de la Grand Loge d’Ecosse. Il a 17 ans en 1743 et est à Paris pour parfaire son éducation avec les exilés britanniques.

Hugh Clifford, né lui aussi en 1726, est le fils du baron Clifford de Chudleigh décédé en 1732. Il vit à Paris avec sa mère et ses frères et sœurs. Il fréquente les enfants du comte Charles Radcliffe of Derwentwater, ancien Grand Maître de la Grande Loge de Paris.

Alors les témoignages de l’initiation templière de Hund font mention à la fois de Kilmarnock, de Clifford et aussi d’un chevalier portant comme nom d’ordre Eques a penna rubra, chevalier au plumet rouge que Hund pense être Charles-Edouard Stuart.

Les faits qu’il affirme sont vrais : les deux jeunes Kilmarnock et Clifford sont à Paris en janvier 1743, qu’ils fréquentent un chevalier au plumet rouge pourquoi pas. Ce qu’il suppose : que ce dernier est le prétendant est peut-être une confusion de sa part entre la ressemblance frappante entre les deux jeunes Charles-Edouard et Jacques-Clément l’un des fils du comte Charles Radcliffe of Derwentwater.

Cette ressemblance a déjà été source de confusion, révélée dans la gazette de Londre, en 1745 quand une frégate anglaise intercepte un navire écossais transportant le comte et ses fils, les anglais ayant alors eu l’espoir d’avoir capturé le prétendant. Elle s’explique aussi par une ascendance commune.

Jacques-Clément né en 1727, lui aussi donc initié très jeune, est officier dans le régiment de Dillon depuis 1741, et est hébergé chez les Clifford à partir de 1746.

[...]

Source : André Kervella : Le baron de Hund et la stricte Observance, Editions La pierre philosophale 2016

Johann Joachim Christoph Bode

Poursuivant ses pérégrinations et rectifications Schubart se rend début 1765 à Hambourg. Il y trouve de nombreux maçons commerçants ou exercant des professions libérales qui sont tout heureux de se "rectifier" au Rite Ecossaisde Stricte Observance. Il y installe un chapitre templier qui fort d'abord de douze membres en compte vingt-neuf ou bout de six semaines. Il a la main particulièrement heureuse en recrutant Christophe Bode, profeseur de musique et de langues étrangères, connu comme auteur de lieds et traducteur de pièces françaises, anglaises et italiennes. Bode armé Eques à Lilio Convallium malgré sa roture, est bientôt nommé Procureur Général de l'Ordre de la province de Septimanie. Il est l'un des plus zélés prosélytes de la Stricte Observance.

Jean Auguste Starck

Le système du Cléricat Templier, coiffant les grades symboliques et chevaleresques est l’œuvre de Jean-Auguste Starck, professeur, publiciste, écrivain, ministre protestant, de religion luthérienne mais qui, le 8 février 1766, abjure le protestantisme en l’église Saint-Sulpice de Paris et embrasse la foi catholique ; ce qui ne l’empêche pas de finir ses jours prédicateur officiel de la cour protestante de Hesse-Darmstadt et premier membre du Consistoire. Son parcours à la fois religieux, maçonnique et littéraire le fait soupçonner de « crypto-catholicisme » et une querelle s’éleve en Allemagne de 1785 à 1789, à laquelle la Révolution française et les inquiétudes qu’elle suscite mettent fin.

Adam Weishaupt

Un mot doit être dit, pour éviter les confusions, sur un mouvement qui a un grand retentissement en Allemagne, celui des Illuminés de Bavière. Bien qu'étranger à la Franc-maçonnerie, il en prend la forme et s'infiltre dans les loges. Créé en 1776 à Ingolstadt en Bavière par Adam Weishaupt, professeur de droit, partisan du parti de l'Aufklärung, il s'agit tout à la fois d'une société d'enseignement, d'un institut d'éducation sociale et scientifique, d'un groupement d'entraide et de solidarité. Cette société joue un rôle important dans la campagne anticléricale et antimonastique qui se déroule à cette époque dans la catholique Bavière. Sa structure définitive lui est donnée à partir de 1779 par le baron de Knigge, membre de la Stricte Observance, et l'Ordre se développe en dehors de la Bavière. Mais ses déviations politiques autant que ses positions anti-religieuses le rendent suspect et motivent son interdiction par le Duc Electeur de Bavière en 1784. Les Illuminés se dispèrsent très rapidement. Leur activité se maintient pourtant en Saxe jusqu'en 1789 avec Bode.

L'esprit du dix-huitième siècle

Le XVIIIème siècle est, pas excellence, celui des sociétés secrètes et de l’Illuminisme. Aucun ne présente à cet égard une pareille fermentation et même une telle anarchie. C’est ce qui rend difficiles leur étude impartiale et la connaissance claire de leurs tendances véritables. En réalité, ces tendances sont multiples, et, comme il est normal, les diverses branches de l’ésotérisme reflètent la division des esprits de ce temps.

A côté du « chrétien exalté » qu’est Claude de Saint-Martin selon le témoignage de Joseph de Maistre, lui-même catholique fermement orthodoxe et théosophe passionné, il y aura Weishaupt qui, disciple de Rousseau, voudra renverser le trône et l’autel, il y aura des « philosophes » qui propageront dans les loges l’esprit de l’Encyclopédie , il y aura le duc de chartres, Philippe-Egalité, qui prétendra se servir du Grand-Orient dont il sera le grand maître.

Quel rapport y a-t-il, si ce n’est leur relations avec les sociétés secrètes, entre le royaliste Cazotte, le pieux Von Baader, le mystique Gichtel, le triste Sénancour, le savant physiognomoniste Lavater, et un Cagliostro ou un Anacharsis Clootz ?

Certains groupes s’occupaient d’alchimie, d’autre de mystique (est cela rapprochait du catholicisme les protestants allemands), d’autres conspiraient et, comme les Illuminés Bavarois de Weishaupt, concevaient « l’affreux complot d’éteindre en Europe le christianisme et la souveraineté », d’autres étudiaient le mesmérisme et le « magnétisme vital », d’autres s’occupaient surtout de bienfaisance, de secours mutuel et de bons dîners, d’autres subissaient l’influence de l’Encyclopédie ou celle de Rousseau et élaboraient cet état d’esprit jacobin dont feu Augustin Cochin a si lumineusement décelé la genèse dans ses travaux sue les Sociétés de Pensée. Ces diverses tendances et ces oppositions se révèlent d’ailleurs dans les discutions qui eurent lieu entre les divers rites de la Franc-Maçonnerie universelle, et au sein même de chaque rites en particulier, donnant lieu à de nombreuses compétitions, suscitant plusieurs convents qui essayèrent de remettre un peu d’unité, jusqu’au jour où, balayé per le grand orage révolutionnaire et vite reformé après la tourmente sur des bases moins complèxes, la Maçonnerie se limitant à un ou deux grands rites, prit, surtout en France et en Italie, sa figure actuelle et les tendances que tout le monde lui connaît.

Lyon était justement au milieu du XVIIIème siècle l’un des principaux centres de l’illuminisme et des sociétés secrètes, le confluent de tous les rites. Nous y retrouverons comme en un microcosme le résumé de toutes les tendances. Il y avait dans cette ville 16 loges dépendant du Grand-Orient et à peu près autant de « bâtardes » ou d’autres rites. Ce chiffre était le plus élevé de toute la France après celui de Paris.

Source : Jean-Baptiste Willermoz (1730 - 1824) Les Sommeils, étude de Emile Dermenghem, La Connaissance Paris 1926

Des Planches

Et encore quelques travaux énoncés lors des réunions (planches) par des maîtres sur des sujets symboliques. Elles révèlent par leur diversité toute l’ouverture et les attraits particuliers des sœurs et des frères

Note sur l'élaboration d'une Planche

Dès 1779 Ferdinand de Brunswick se rend compte du déclin de la Stricte Observance, les loges de l’Ordre sont généralement peu visitées ; beaucoup de frères n’envisagent l’organisation de Stricte Observance que comme ... un règlement imposé. Les travaux se font sans intelligence et manquent généralement de mobile vivifiant. Ce n'est plus que dans les occasions solennelles que des frères prenneent la parole, qu’il n'est plus observé la sévérité nécessaire lors des réceptions et des élections et que « d'ordinaire » le rang ou la fortune suffit pour toute recommandation.

Dans la même année le baron Von Knigge déclare en parlant de la Stricte Observance que : Le travail du perfectionnement moral est complètement négligé, aucun esprit de corps ne nous anime, comme on ne se réunit que rarement, que l’on se voit peu, ou du moins que l’on se réunit point amicalement et à cœur ouvert, on ne se connait pas et on n’a pas d’action sur les cœurs.

Notes sur l’élaboration des Planches :

Gestuelle des loges Allégoriques :

Les impressions de réception d’un apprenti ne sont jamais commentées.

Les planches doivent être préparées selon une démarche proprement maçonnique. Elles sont faites avec l’aide et sous le contrôle du Surveillant concerné ou d’un ancien. Il ne faut jamais perdre de vue que la réflexion développée au cours de la planche ou du morceau d’architecture doit se faire sur trois plans :

  • Celui de la spiritualité générale dans le cadre de la tradition judéo-chrétienne,
  • De la démarche maçonnique,
  • Et celui de la démarche personnelle de la sœur ou du frère.

Le Premier ou le Second Surveillant devront s’assurer de la qualité de la planche présentée avant sa lecture en loge. Ils auront alors la possibilité de proposer à la loge la candidature de la sœur ou du frère pour le grade supérieur ou de demander un autre travail si ce dernier est jugé insuffisant.

Les morceaux d’architecture présentés par les Maîtres devront toujours se situer dans un cadre maçonnique et dans la tradition historique et spirituelle de la maçonnerie. Ces travaux présenteront un intérêt réel pour l’instruction des sœurs et frères de la loge.

Á la demande du Vénérable Maître, les travaux présentés par les apprentis, les compagnons et les maîtres peuvent faire l’objet d’intervention des sœurs des frères pour apporter une pierre supplémentaire à l’édifice commun. En aucun cas des questions ne peuvent être posées à la sœur au frère ou ayant présenté son travail.

La lecture d’une planche tracée en loge :

  • Le Maître de loge fait quérir l’apprenti ou le compagnon ou le maître présentant sa planche traitant de la symbolique des loges Allégoriques par le Maître des Cérémonies, qui le ou la conduira devant le tapis de loge à l’Occident.
  • Il (Elle) se signe. Il (Elle) attend que le Maître de loge lui donne la parole.
  • Il (Elle) présente son travail avec la formule consacrée : Vénérable Maître et vous tous mes sœurs et frères en vos grades et qualités !
  • Puis, il (elle) donne lecture de sa planche tracée.
  • Á la fin de sa lecture, il (elle) fait le signe d’Ordre et attend les instructions du Maître de loge.
  • Le Maître de loge fait conduire par le Maître des Cérémonies la sœur le frère à sa place sur sa colonne, qui prend place sans saluer.

Les Maîtres restent à leur plateau s’ils en ont un.

Le frère Orateur ne donne pas de conclusions. Il est seulement le gardien des règles et intervient seulement en tant qu’Orateur lors du déroulement des rituels.

Tout est dit et pourtant, il apparaît que nous prenons les uns et les autres quelques libertés avec la construction d’une planche. Le but premier de faire une planche est d’utiliser les outils mis à notre disposition : le rituel en premier ainsi que les tapis, tableaux, et autres décorums.

Certains, prétendant connaitre le rituel par cœur, pensent qu’on peut passer à autre chose. C’est là l’erreur. Le rituel par son étude, par son décorticage, par son analyse des mots, des phrases, des idées doit nous permettre d’aller au fond de soi. Etudier la position d’un hiéroglyphe sur le tapis, faire des parallèles, voir des symétries, des oppositions permettent de rendre nos pensées plus claires ... pour les autres ... mais surtout pour soi. C’est la même démarche avec l’étude des sephirot que pratiquent les Kabbalistes. La Bible, comme la Thora juive sont des livres qui possèdent plusieurs niveaux de lecture possibles, avec plusieurs interprétations possibles. Ils nous ouvrent à « l’infini ». Ces livres supposés transmettre la parole de Dieu ne contiennent donc pas « la vérité » mais seulement un matériau de travail et d’interprétation. Une vie ne suffirait pas à leur étude et pour cette raison nous n’en ferons jamais le tour sauf à rester superficiel dans notre analyse.

Faire une planche s’apparente à un jeu, un art, une science permettant de décortiquer le sens réel ou supposé, on peut compter le nombre de lettres d’un mot, sa sonorité, jouer avec l’outil, le rapport avec l’environnement, aller ainsi de plus en plus loin en lui et donc en soi.

J’entends dire que certains ne peuvent travailler que dans l’urgence, que trois jours suffisent à l’élaboration d’une planche. J’entends ! Mais une planche doit être pensée, rabâchée, retournée, décortiquée, dépiautée sinon elle ne permet pas d’obtenir le but recherché qui est de mieux se connaitre. Pour ce faire il est important qu’elle soit entreprise bien trois mois avant d’être présentée. Un mois avant cette présentation, elle doit être transmise aux Surveillants qui donnent alors un élan nouveau en ouvrant sur certaines pistes, zones d’ombres etc. Les Surveillants ne sont en effet pas seulement chargés d’une rituellie mais ont un rôle « d’éveilleur » par leur aide et donc de formation pour que la planche puisse répondre à ces différents plans.

Reprenons ce qui nous est dit :

Une planche se fait sur trois plans :

  • Le premier plan est celui de la spiritualité générale dans le cadre de la tradition judéo-chrétienne.
  • Bien sûr comme j’ai évoqué la Torah, nous pouvons travailler sur d’autres outils. S’il nous est demandé de travailler selon une spiritualité judéo-chrétienne c’est que, que nous le voulions ou non, nous sommes de cette tradition et comme il ne s’agit que d’un moyen de réflexion pourquoi ne pas l’accepter. La preuve de cela est dans le fait que le V.M. doit s’assurer que les travaux ne présentent pas un caractère politique ou religieux ! (article 44 des statuts de la Grande Loge des Régimes Rectifiés). La Bible ne doit donc pas être détournée de l’usage que nous devons en faire et c’est ce que nos détracteurs ne comprennent pas lorsqu’on nous accuse de ... religiosité pour rester poli.

  • Le second plan est celui la démarche maçonnique dont le maître mot est « spiritualité ».
  • Cette connaissance spirituelle de plus en plus élevée se fait en ayant la conscience permanente d’appartenir à un « tout » ordonné et évolutif. Cette prise de conscience se fait par la mise en situations successives favorables à cette prise de conscience. Il est dit que :

    C’est un ensemble de pratiques, au sein d’une même institution, destiné à rassembler ses membres, autour d’une même tradition, orientés vers le même objectif : l’accès à la notion de sacré et le perfectionnement de l’homme.

  • Enfin celui de la démarche personnelle de la sœur ou du frère.
  • Il ne s’agit nullement de faire une thérapie de groupe ! Ainsi s’il est possible d’évoquer le JE, son propre vécu, son expérience, ce n'est que pour l’utiliser en illustration d’une pensée, d’une démonstration. Cela ne pouvant se faire que dans la troisième partie de la planche au sein de la partie « la démarche personnelle de la sœur ou du frère. »

Même les Maitres, qui ont plus de liberté dans le choix des thèmes, doivent se contraindre à se situer comme il est dit « dans un cadre maçonnique et dans la tradition historique et spirituelle de la maçonnerie [...]

Ces travaux présentent ainsi un intérêt réel pour l’instruction des sœurs et frères de la loge.

Une planche sociétale peut faire évoluer une société mais ne fait pas se développer le maçon dans sa quête de spiritualité. Spiritualité qu’il convient de ne pas mélanger avec la religion. Une loge sociétale peut avoir des maçons tels que nous l’appréhendons. Il en est fort heureusement souvent ainsi. Notre spécificité, est d’être une loge travaillant pour l’élévation de l’individu et ce n’est qu’indirectement, en portant nos valeurs à l’extérieur que nous ferons un monde meilleur.

Notre spécificité est notre force ; nos visiteurs nous apprécient pour la qualité de nos travaux, nos différences. Restons-y donc attachés.

Chacun sa méthode pour gérer l’élaboration de sa planche même si comme je l’ai indiqué le cadre est dicté. Je pense cependant qu’il convient dans un premier temps, en partant du sujet donné, de collecter ses connaissances le concernant pour que notre travail futur ne se limite pas aux voies que nous allons découvrir. En un mot, ouvrir le maximum de portes quitte à les refermer si la voie apparait ultérieurement stérile.

Puis lisons notre rituel pour savoir où le sujet est évoqué, en se posant mille questions comme : Pourquoi en parle-t’on à ce moment-là ? De quoi parle t’on juste avant ? Et après ? Quel contexte ? Historiquement est ce que cela avait une portée différente ? La ponctuation donne-t-elle un sens particulier à la phrase ? Bref nous replaçons le sujet dans son environnement.

Ensuite nous pouvons utilement visiter également la Gestuelle, les Statuts et Règlements de l'Ordre.

Dans un autre temps, parcourons notre bibliothèque, nos notes passées et même Internet. Nous y découvrons parfois des pistes intéressantes, d’autres farfelues, d’autres choses intéressantes qui ne sont pas utiles pour la planche mais pour notre culture personnelle ... ou pour un prochain travail.

Chaque jour ensuite que ce soit au cours d’une promenade, d’un temps de repos, au détour d’une discussion amicale, d’une lecture, de l’écoute d’une chanson, nous restons aux aguets. De nombreuses choses, semblant venir de nulle part, comme amenées par le hasard, nous permettent de cheminer sur le sujet. Des idées nouvelles apparaissent, certaines évidences qui nous échappent. Ces prétendus hasards n’en sont pas, ils résultent du fait que nos sens à l’affut repèrent dans l’environnement ce qui devient « signes ».

Ainsi nous construisons notre planche : nous ajoutons, nous déplaçons un paragraphe, nous précisons, nous enlevons les redites, etc...

Certains maçons pour diverses raisons mais le plus souvent par crainte de décevoir leur sœurs et frères élaborent leur planche avec un apport massif de l’outil Internet ou pire travaillent à quatre mains. C’est une grave erreur. Hormis le fait que cela se « voit » ou « se sent », cela a surtout pour effet de ne pas aider le maçon à « grandir ». Et là, à quoi lui serviraient les réceptions futures ? Nous obtiendrions le même résultat en lui communiquant dés à présent la collection de tous nos rituels. C’est-à-dire que cela ne servirait à absolument rien. Comme le dit Oswald WIRTH : Ces voyages servent uniquement à celui qui les vit en esprit et en vérité, quant à celui qui les évite ou qui les envisage sous leur seule extériorité, il reste profane en dépit de toutes les connaissances dont il peut faire étalage.

C’est pour toutes ces raisons qu’une planche a besoin de maturité pour être utile. Si nous savions tout, nous pourrions faire une planche rapidement mais savoir tout est impossible puisque comme dit précédemment une vie ne suffit pas à aller au fond du sujet, au fond de soi encore moins. Une planche est faite pour celui qui l’écrit et accessoirement pour les sœurs et frères. C’est le cas lorsque le rédacteur en conclut que le thème de cette planche « lui a parlé », nous savons alors qu’il a bien travaillé et progressé sur sa voie.

Car je vous fais une confidence : Quel que ce soit le sujet proposé, quel qu’il soit, si nous le travaillons bien travaillé, il nous parle ! ... car nous nous parlons.

Je vous souhaite du fond du cœur que vous ressentiez cela, ainsi vous aurez contribué a ce que perdure la maçonnerie spiritualiste mais surtout vous aurez ce sentiment d’appartenance qui nous lie et qui nous fait dire. « Vivement que je retrouve mes sœurs et frères sur les colonnes jeudi prochain. »

L’assiduité en Franc-maçonnerie

Assidu(e) : du latin assiduus, c’est être constamment présent auprès de ; l’assiduité étant l’exactitude à se trouver là où l’on est appelé par ses fonction ou ses obligations. C’est aussi la qualité de celui qui pratique la ponctualité, l’exactitude, l’application des règles. Ainsi sont expliqués ces termes dans les dictionnaires et autres encyclopédies des langues française et italienne.

L’assiduité est un grand problème dans notre société actuelle, profane ou maçonnique. Elle est pourtant une part essentielle de notre vie quotidienne, de la réussite individuelle ou collective par sa fonction sur notre conscience. Alors, soyons honnêtes et parlons franc : est-ce si dur d’être assidu ?

Qui ou quoi démotive les différents composants de nos assemblées pour que certains trouvent des excuses, plus ou moins valables, pour ne pas être présents aux tenues ?

Mais chacun devrait balayer devant sa porte et essayer de voir en face les problèmes un par un. Les sœurs et frères du troisième grade font-ils en loge tout ce qui est nécessaire pour intéresser les apprentis et les compagnons ? Est-ce que certains ne se retranchent pas derrière un mur de certitudes et de connaissances acquises par de longues années de pratique, mur pourtant ferme sur sa base, mais fait de pierres mal taillées ou mal dégrossies? Il faut, de temps en temps, reprendre l’équerre et le fil à plomb, afin de remettre à niveau. Et ne pas se cacher derrière l’acacia pour accepter d’admettre après la tenue certaines faiblesses.

Il va de soi que dans la vie profane les excuses, diversement justifiées, sont acceptées par principe. Mais en loge, nous avons tous pris des engagements volontaires et personnels, sans contraintes ni obligations. Nous n’avons pas eu de couteau sous la gorge, mais une épée sur le cœur, pour accepter librement notre promesse d’être présent à chaque tenue; même si, lors de notre réception, tous les termes de la promesse faite en présence des membres de la loge ne furent pas immédiatement assimilés.

Il existe un catéchisme que le Maître de loge, assisté des Premier et Deuxième Surveillants, a à cœur de lire après l’ouverture des travaux. Il nous rappelle les bases essentielles de notre engagement personnel, que l’on soit apprenti, compagnon ou maître.

Notre conscience devrait être en éveil au début de chaque année maçonnique. Pensons à ceux qui ont une tenue tous les quinze jours, voire une par semaine, et qui doivent présenter un travail une fois sur deux ! Pensons à ceux qui sont sur les parvis du temple, avec le secret espoir d’être parmi les «élus», dont nous faisons partie. Ne nous fions pas trop à notre mémoire et prenons soin de noter les dates des tenues dans nos agendas.

Etre à l’heure est également important pour que les travaux débutent tôt. Beaucoup de sœurs et frères habitent loin et font des kilomètres pour que la loge soit juste et parfaite et brille de tous ses feux. Ne les pénalisons pas en les obligeant à rentrer trop tardivement chez eux !

Un franc-maçon n’est ni un simple mortel, ni un dieu non plus ! Ce qui le distingue des profanes, ce sont les principes qu’il acquiert par son travail assidu en loge; à savoir : se connaître soi-même, afin de dégrossir sa pierre brute ; apprendre le respect de soi-même et des autres, l’égalité et la fraternité entre membres de toutes obédiences, la solidarité qu’il exercera par sa présence assidue aux travaux en loge. Les critiques sont souvent constructives, lorsqu’elles sont honnêtement exposées, dans la vie profane comme maçonnique. Afin d’éviter la critique négative, l’assiduité et la persévérance sont les deux colonnes du métier du maçon de franche pierre. Si une tenue ne nous manque pas, si cela ne provoque pas en nous un sentiment d’insatisfaction, ne nous pousse pas à réfléchir sur nous-même, quel que soit notre grade, alors il nous faut revoir rapidement le rituel, le règlement intérieur de l’atelier et le catéchisme.

Et si, malgré cette relecture, aucune lumière ne jaillit avec un sentiment d’abandon, de culpabilisation, interrogeons-nous : notre place est-elle toujours en Franc-maçonnerie ? Mais si par le recul d’une mise en sommeil volontaire, l’on se rend compte qu’on a raté l’essentiel, alors c’est que l’on a toujours sa place en loge. Le temps ne compte pas pour un franc-maçon et seules la détermination et la volonté individuelle permettent de s’améliorer. Celui-là qui applique ces principes sera un exemple pour les autres. Le Maître de loge, les Surveillants et tous les maçons seront là pour l’aider. Chaque maçon doit avoir à cœur de répondre à ses questions, de participer à son apprentissage, quel que soit le grade. Un franc-maçon est libre de pensée et, s’il commet une erreur, le Maître ou le gardien de la constitution rectifiera et corrigera, sans agressivité ni méchanceté, car tous les maçons sont d’éternels apprentis.

Tous les membres de nos loges forment une chaîne d’union composée de maillons purs et sans taches, unis et solidaires. Si l’on rompt cette chaîne par manque d’assiduité, l’unité s’affaiblit et l’ensemble de la loge est momentanément désorganisé. Mais, tel le phénix, la loge, par solidarité, renaît de ses cendres, plus forte, plus unie.

Laissons nos métaux à la porte du temple, venons partager la joie, le plaisir fraternel au sein d’une loge juste et parfaite, forte de tous ses membres présents. Nous avons tous besoin les uns des autres, dans une fraternité sincère et chaleureuse. Et toutes les pierres d’un édifice jouent un rôle dans son édification, de la pierre de fondation à la clef de voûte.

Confortons-nous dans cette pensée et construisons ensemble le temple élevé à la gloire du Grand Architecte de l’Univers.

Ouvrez votre cœur à votre Maitre

Un cœur noble a aussi ses faiblesses mais trouver l’amour rend fier et conduit parfois à d’autres erreurs. Ouvrez votre cœur à votre Maître ; faites-lui part de vos pensées ; confiez-vous à son autorité et ainsi je ne doute pas que nos secrets, qui vous paraissent encore obscurs, feront place à la lumière et que vous connaîtrez le jour où vous serez triplement joyeux lorsque vous aurez atteint la plénitude de cette lumière. » Ces phrases se trouvent à la fin du discours de l’Orateur. L’apprenti vient de vivre sa réception...

« Un cœur noble a aussi ses faiblesses mais trouver l’amour rend fier et conduit parfois à d’autres erreurs.

Ouvrez votre cœur à votre Maître ; faites-lui part de vos pensées ; confiez-vous à son autorité et ainsi je ne doute pas que nos secrets, qui vous paraissent encore obscurs, feront place à la lumière et que vous connaîtrez le jour où vous serez triplement joyeux lorsque vous aurez atteint la plénitude de cette lumière. »

Ces phrases se trouvent à la fin du discours de l’Orateur. L’apprenti vient de vivre sa réception, dans l’émotion et la découverte d’une société nouvelle. L’Orateur a « apporté quelques explications », selon son expression. Il clôture son discours en parlant de percevoir les secrets, de lumière et d’une triple joie dans la plénitude de cette lumière. La fin de ce discours est flamboyante comme le bouquet d’un feu d’artifice, dans la perspective de lendemains qui chantent, au terme d’un voyage initiatique réservé au cœur noble qui trouve l’amour.

On remarque bien que l’on évoque des faiblesses, de la fierté et des erreurs, mais on ne s’y attarde pas tant l’envolée est enthousiaste. De fait, je me suis toujours demandé pourquoi trouver l’amour était associé à la fierté et à des erreurs, mais je n’avais jamais persisté dans une réflexion : après tout, il faut d’abord pour cela trouver l’amour et mon chemin spirituel est encore long…

Alors, puisqu’il n’est rien ici qui ne puisse nous donner lieu à réfléchir, scrutons le texte et essayons de dégager son enseignement.

Le libellé du sujet est long et je vais encore l’augmenter des deux phrases qui le précèdent : « Percevoir les secrets est une noble école de sagesse. Seul avec vos propres pensées, vous n’êtes sûr de rien ».

Ainsi, il est annoncé que l’enjeu de la démarche initiatique passe par percevoir les secrets, porteurs de sagesse. Les secrets découverts ouvrent la voie de la lumière.

Oui, mais voilà : seul avec vos propres pensées, vous n’êtes sûr de rien. Cette attitude recèle manifestement un danger d’égarement pour le cherchant et contient un avertissement que l’Orateur donne au nouveau reçu, au seuil de son parcours. (I). Mais, comme tout est dit dans le rituel d’Apprenti, il va s’employer à lui révéler l’antidote qui le mènera au bout de sa quête (II).

I) L’avertissement.

Tout d’abord, quand l’Orateur décrit le cherchant, celui qui est à l’école de la sagesse, il parle d’un cœur noble. Mais, qu’entend-on par noble ? Je ne serais pas de cette loge si je ne m’attachais pas aux définitions, et notamment celle du Littré. Est noble celui qui a rang et qualité au-dessus des roturiers, soit par la naissance, soit par les lettres du Prince. Mais, également, on est noble par la grandeur, l’élévation, la dignité, comme étant au-dessus du vulgaire.

Dans le rituel, ce mot est employé à plusieurs reprises.

Lors de la réception, le Second Surveillant enlève une première fois le bandeau du candidat qui découvre les épées tournées vers lui. Le Maître dit : « Voyez toutes ces épées pointées vers vous. Aucun de ces hommes nobles ne pourrait être apaisé s’il n’avait vengé avec votre sang un tel acte infâme. » On hésite sur le sens du mot noble ainsi placé : est-ce une référence à la distinction sociale, associée à l’épée ? Ou bien à une grandeur se faisant un devoir d’occire le traître ?

L’Orateur, pour sa part, répète le mot plusieurs fois : il nous dit que les portes ne doivent être ouvertes qu’à la vertu et aux réelles et nobles qualités du cherchant ; il parle de la noble école de sagesse et du cœur noble ; ce même cœur qui doit être imprégné du respect de ses devoirs par les trois coups frappés par le Maître.

La noblesse s’entend donc bien dans son sens moral et apparaît associé à une qualité d’être particulière, seule apte à entreprendre le chemin initiatique et à répondre à l’enseignement élevé que lui propose la Franc-maçonnerie.

Mais, cette qualité n’est pas à l’abri de piège et l’Orateur met en garde : trouver l’amour rend fier.

Au cours de la réception, l’apprenti a déjà eu un premier enseignement, donné en guise d’avertissement également, que toute grandeur sur terre disparaît comme la fumée de la flamme brillante qui l’a ébloui.

Grandeur/fumée, amour/fierté, autant de succession d’état élevé, puis de chute, comme un schéma qui serait peut-être destiné à se répéter.

Trouver l’amour pour un cœur noble, à l’aspiration haute, suggère que l’amour est à la mesure d’agapè, dans l’ouverture de soi et la douceur. Etre fier implique une notion d’enfermement, dans une singularité hautaine qui s’arroge une dignité supérieure à celle de ses semblables. Cette attitude éloigne assurément d’agapè, par un dérapage égotique qui tire gloire d’un état fait pour l’humilité. Comme si, en s’approchant de la réalisation, le combat contre ses propres ténèbres s’intensifiait, dans un défi à la mesure de l’élévation. L’Orateur est sage. Il parle en frère qui a parcouru un long chemin et qui sait que ceux qui nous y précèdent peuvent connaître de tels écueils, à des stades que nous ignorons. Ainsi, plus on avancerait et plus la lutte serait difficile, peut-être parce que, justement, on serait plus à même d’y faire face.

Et la cause identifiée de ce danger est d’être seul avec ses pensées. Alors, pour conjurer cette solitude pernicieuse, l’Orateur va révéler à l’apprenti l’antidote qui lui garantira de ne pas s’égarer hors de son chemin vers la lumière.

II) L’antidote.

« Ouvrez votre cœur à votre Maître ; faites-lui part de vos pensées ; confiez-vous à son autorité. »

Ouverture, partage, confiance : ce sont les trois mots-clés qui sortent de l’enfermement sur soi et nous tournent vers l’altérité. Et pas n’importe laquelle : celle de notre Maître.

Dans le catéchisme, nous savons que le Maître est celui qui porte l’équerre sur la poitrine ; celui qui, à l’instar du soleil, régit la loge et illumine les sœurs et frères. Il s’agit donc de notre Maître de loge. L’article 38 des Statuts de l’Ordre précise qu’il doit gouverner la loge avec douceur, prudence et fermeté et y faire respecter l’Ordre.

Ainsi, le Maître de loge est un référent, fiable et digne de recueillir les pensées profondes de ses sœurs et frères. Il représente la loge et on peut se confier à son autorité. Je me suis interrogée sur cette notion d’autorité. Bien sûr, par sa fonction, il exerce l’autorité au sein de la loge et, en corollaire, l’Ordre peut lui demander compte des dysfonctionnements. Mais, par la référence qu’il constitue, ne fait-il pas aussi autorité ? A ce stade, j’ai été troublée par cette idée de « faire autorité » qui s’accompagne d’une nécessaire légitimité.

Autant j’adhère sans difficulté à cette confiance à l’égard du Vénérable Maître de notre loge à laquelle je suis affiliée et il m’arrive de lui faire part de mes pensées, en me trouvant éclairée par ces échanges.

Autant je m’interroge quand je me considère exerçant cette fonction dans ma loge. Dans cette perspective, je me souviens d’abord que le Maître de loge ne sort pas de sa qualité de frère, qu’il n’a pas vocation à être un guru et qu’il ne s’inscrit pas dans une relation filiale. Chaque franc-maçon se distingue par sa manière de penser libre et volontaire, nous dit la réponse à la question 26 du catéchisme. Le Maître demeure alors dans une relation d’accompagnement fraternel et de transmission. Le Maître n’apporte pas la lumière mais, fonction et connexion obligent, il la reflète au prisme de ce qu’il est. Les Maîtres de loge se succèdent et chacun d’eux diffuse sa propre tonalité qui suscite différemment les sœurs et frères. On s’aperçoit de ce phénomène à chaque transmission de maillet.

Les échanges avec le Maître ont le mérite premier, pour la sœur ou le frère, de pouvoir exprimer son questionnement. En trouvant les mots pour évoquer ses interrogations, il va préciser sa pensée et la confronter, en saisissant peut-être un autre angle de vue pour nourrir sa réflexion et trouver à terme sa propre réponse.

Et puis, les échanges peuvent également permettre de tendre un miroir dans lequel la sœur ou le frère percevra une réalité de lui-même qu’il ne soupçonnait pas. Regarder le miroir est précieux, mais exigeant, car cela demande de la force et de l’humilité. L’être fragile cherchera à se soustraire à son reflet, par crainte d’un effondrement, allant même jusqu’à critiquer la main qui lui tend le miroir, dans une stratégie de diversion. L’être intègre acceptera la remise en cause qui lui permettra, par sa bonne volonté, de faire évoluer sa manière de vivre.

L’ouverture dans la confiance, l’humilité et la bonne volonté vont imprimer une attitude intérieure dont l’exercice apparaît spirituellement juste. Elle sera le fruit d’une subtile synergie entre l’individu et le collectif, associant l’évolution de l’être et sa participation à l’œuvre de la communauté.

En s’ouvrant au Maître et en se confiant à son autorité, la sœur ou le frère se reconnaît membre de la loge que représente le Maître. Il est soutenu dans sa construction intérieure par le bénéfice de l’accompagnement et la sûreté de la transmission.

Dans le même temps, tel le rayon d’un cercle convergeant vers le centre, il se tourne vers la loge, en acquérant la conscience de sa place et de sa responsabilité. Il se prépare ainsi à y apporter le meilleur de lui-même, dans l’application des principes qu’il intègre pas à pas.

Par cet exercice, le la sœur ou le frère se met dans une juste disposition pour progresser sur le chemin de la lumière et la perception des secrets.

La construction spirituelle intérieure nécessite cette ouverture dans la confiance, cette humilité et cette bonne volonté dans un lien avec le divin ; un lien filial, cette fois, auquel on s’abandonne pour être guidé dans la lumière.

Percevoir les secrets est une noble école de sagesse. Mais, que serait la sagesse si elle ne se traduisait pas dans les actes par la justesse du discernement ? Quelle serait une lumière qui n’illuminerait pas les actions par la bienveillance de la fraternité ? Vaines assurément si on se contentait de pensées et de discours.

C’est donc à l’épreuve d’une vie en communauté, que ce soit dans une loge, dans l’Ordre ou dans la société profane, que nous sommes défiés à être ensemble, à œuvrer avec ce que nous sommes chacun et les uns par rapport aux autres. Nous sommes invités, avec discernement et fraternité, à poser des actes qui honorent le Principe, non pour en tirer de la fierté, mais pour avoir la joie de voir le Principe prendre forme sur le plan terrestre. La joie est un des fruits de l’Esprit, selon saint Paul. Alors, peut-être un jour, sera-t-on triplement joyeux par l’alignement du corps, de l’âme et de l’esprit, dans la plénitude de l’harmonie, en soi et ensemble.

Le Trivium au sein des arts libéraux

7 sciences libérales sont connues sous le nom des 7 arts libéraux sous la haute antiquité. Selon Martianus Capella (Vème siècle) ces arts libéraux se composent de sept arts qu’il développe dans l’ouvrage « les noces de Philologie et de Mercure ». Son but est de mieux interpréter la parole de Dieu, les évangiles, de découvrir les arcanes d’un Ordre universel afin que tout homme dans la Jérusalem terrestre puisse être à l’égal de l’homme qui vit dans la Jérusalem céleste.

C’est le dénommé Cassiodore (485-580) qui développe plus particulièrement le Trivium soit la triple voie avec la grammaire, la rhétorique et la dialectique. Puis le moine Boèce (672-713) développe ces arts en créant le contenu du Quadrivium.

L’empereur Charlemagne (742-814) en missionnant le moine anglais Alcuin (730-804) se sert des arts libéraux comme base pour définir un programme d’enseignement dans l’empire carolingien.

Ainsi au Moyen-âge ces sciences libérales forment les deux premiers cycles des études « universitaires » avec le Trivium (la grammaire, la rhétorique et la dialectique) et le Quadrivium (l’arithmétique, la géométrie, la musique et l’astronomie).

Dans la pensée chrétienne du haut Moyen-âge, selon Saint Augustin la connaissance des arts libéraux est considérée comme une étape préparatoire à l’étude de la théologie chrétienne et catholique. L’étude des textes sacrés ne peut que passer par cette connaissance des arts libéraux.

Il en faut pas perdre de vue que ces arts libéraux s’opposent aux arts mécaniques qui eux réclament une habilité manuelle et non intellectuelle.

Les constructeurs de cathédrale ont par ailleurs bien compris la portée de ces arts. Ils sont ainsi présent dans la cathédrale de Chartres au portail Ouest.

Notre Franc-maçonnerie trouve son fondement dans les arts mécaniques, ces arts mécaniques découlant de la Géométrie Euclidienne. Ainsi ces deux « arts » doivent être les moteurs de la pensée maçonnique.

Les arts libéraux se composent ainsi d’un Trivium et d’un Quadrivium. Pour nous en tenir qu’au Trivium , en préliminaire, sa définition peut être la suivante : « méthode systématique de la pensée critique utilisée pour déterminer les faits et certitudes parmi les informations reçues par les cinq sens : vue, son, goût, touché et odorat. » L’étymologie de ce mot vient du latin « Trivium » qui désigne l’endroit où trois chemins se rencontrent. Ainsi on peut en déduire que les arts du Trivium sont la fondation des arts du Quadrivium.

Les arts libéraux font très rapidement partie intégrante de l'art des constructeurs, eux-mêmes influençant le contenu de la connaissance de la Franc-maçonnerie.

Nous les trouvons dans divers manuscrit anglais des « corporations de maçons ».

Dans le manuscrit « Régius » (mentionné pour la première fois en 1670 dans un inventaire de la bibliothèque de John Theyer (1597-1673) nous découvrons les arts libéraux à la ligne 498 (traduction d’Edouard Mazet) dans « l’art des quatre couronnés ». Euclide est décrit comme celui qui enseigne le métier de géométrie pour toute la terre et il est dit que « par la céleste grâce de Dieu il institua les 7 sciences libérales ».

Dans le manuscrit Cooke dont on ne connaît pas la date précise de rédaction avant 1721, date à laquelle il appartenait à George Payne, Grand Maître de la Grande loge d’Angleterre, nous découvrons, à la ligne 41 (traduction du Professeur André Crepin ) : « Vous devez avoir à l’esprit qu’il y a sept sciences libérales et la science de la géométrie qui est la base de toutes les autres. »

Le manuscrit des « Old Charges » traduit par Edmond Mazet selon le texte de Mac Leod de 1583 reprend la même description des arts libéraux et le manuscrit « Grand Loge n°1 va nous apporter une information intéressante : « Abraham et Sara sa femme allèrent en Egypte et là il enseigna les 7 sciences aux égyptiens et il eut un élève s’appelant Euclide qui devient maître des toutes les 7 sciences » et plus tard un maçon zélé du nom de « Naymus Grecus » enseigna en « France » la science de la maçonnerie. Et l’homme qui le fit venir fut Charles Martel dit aussi Carolus Secundus (ou Charles le chauve ?)

Mais il est intéressant de noter que le manuscrit « Dumfries » (1710 ?) traduit par Jean-François Var donne une liste des arts libéraux un peu différente avec la théologie, la grammaire et la rhétorique, la musique, la logique, la géométrie et l’astronomie qui avec l’astrologie apprend à connaître le cours du soleil, la lune, les étoiles...

Mais voyons ensemble les définitions des arts du Trivium :

  • La grammaire apprend à parler correctement et à bien écrire (Manuscrit Cooke). Elle enseigne les mécanismes de la langue. Elle s'occupe de symboliser les choses.
  • La rhétorique enseigne à parler avec grâce et beauté (Manuscrit Cooke). C’est l'application du langage afin d'enseigner et persuader le lecteur et l'audience. La Rhétorique s'occupe de ce qui est communiqué des choses.
  • La dialectique enseigne à distinguer la vérité du faux et on l’appelle communément l’art de la sophistique( Manuscrit Cooke, époque de Socrate. C’est le mécanisme de la pensée et de l'analyse ; le processus d'identification des arguments fallacieux et affirmations. La Dialectique s'occupe de ce qui est connu des choses.

Dans une « application maçonnique » tirée de l’ouvrage : « The Trivium : The Liberal Arts of Logic, Grammar, and Rhetoric (2002), où Sister Miriam Joseph décrit le Trivium de la façon suivante ne pouvons-nous pas retenir sa définition : La Grammaire est l'art d'inventer des symboles et de les combiner entre eux afin d'exprimer la pensée ; la dialectique est l'art de la pensée ; et la rhétorique est l'art de communiquer la pensée entre les personnes ; l'adaptation du langage aux circonstances.

Il vous reste à découvrir le Quadrivium et ses quatre arts libéraux restants. A la fin de ce processus de travail vous serez peut-être, à l’égal d’Euclide un vrai Maître es-sciences...

Communications

Enfin pêlemêle, des communications courtes de sœurs et de frères émerveillés par leurs découvertes et désireux de les partager avec le plus grand nombre.

Grille de chiffrage de Stricte Observance
Voyage en Orient
Les tapis de loge noirs et blancs au dix-huitième siècle
Prière des Templiers en prison

Grille de chiffrage de Stricte Observance

P a1 g a2 n1 i1 s1 m1 o1 l
a b c d e f g h i k
-
l2 a3 y A'' u m2 o2 n2 t H
l m n o p q r s t u
-
a5 r1 r2 i2 s2
v w x y z

Trouvée dans un ouvrage, cette grille de chiffage est basée sur le même principe que la plupart des codes maçonniques : remplacement de chaque lettre de l'alphabet par un glyphe qui est toujours le même. Elle est particulière dans le sens où chaque glyphe est lui même une lettre accentuée ou pas d'un nombre. Nous avons reproduit le tableau de chiffrage de la même manière qu'il a été trouvé : deux lignes de 10 colonnes plus une de 5 (il manque le j confondu comme d'habitude avec le i). Cette disposition fait peut-être partie de la construction de ce code.

Gérard de Nerval : "Voyage en Orient" Histoire de la Reine du matin et de Soliman, Prince des Génies.Chapitre XII. Macbénach

[...] Le temps était bas, et le soleil, en pâlissant, avait vu la nuit sur la terre. Au bruit des manteaux sonnant l'appel sur les timbres d'airain, Adoniram, s'arrachant à ses pensées, traversa la foule des ouvriers rassemblés ; et pour présider à la paye il pénétra dans le temple, dont il entrouvrit la porte orientale, se plaçant lui-même au pied de la colonne Jakin.

GLDRR : Tapis Apprenti et Compagnon SOT Peinture sur toile cirée noire, XIXe siècle Collection de la Loge Modestia cum Libertate, Zurich

Des torches allumées sous le péristyle pétillaient en recevant quelques gouttes d'une pluie tiède, aux caresses de laquelle les ouvriers haletants offraient gaiement leur poitrine.

La foule était nombreuse ; et Adoniram, outre les comptables, avait à sa disposition des distributeurs préposés aux divers ordres. La séparation des trois degrés hiérarchiques s'opérait par la vertu d'un mot d'ordre qui remplaçait, en cette circonstance, les signes manuels dont l'échange aurait pris trop de temps. Puis le salaire était livré sur l'énoncé du mot de passe.

Le mot d'ordre des apprentis avait été précédemment JAKIN, nom d'une des colonnes de bronze ; le mot d'ordre des autres compagnons, BOOZ, nom de l'autre pilier ; le mot des maîtres JÉOVAH.

Classés par catégories et rangés à la file, les ouvriers se présentaient aux comptoirs, devant les intendants, présidés par Adoniram qui leur touchait la main, et à l'oreille de qui ils disaient un mot à voix basse. Pour ce dernier jour, le mot de passe avait été changé. L'apprenti disait TUBALKAÏN ; le compagnon, SCHIBBOLETH ; et le maître, GIBLIM.

Peu à peu la foule s'éclaircit, l'enceinte devint déserte, et les derniers solliciteurs s'étant retirés, l'on reconnut que tout le monde ne s'était pas présenté, car il restait encore de l'argent dans la caisse.

"Demain, dit Adoniram, vous ferez des appels afin de savoir s'il y a des ouvriers malades, ou si la mort en a visité quelques-uns."

Dès que chacun fut éloigné, Adoniram vigilant et zélé jusqu'au dernier jour, prit, suivant sa coutume, une lampe pour aller faire la ronde dans les ateliers déserts et dans les divers quartiers du temple, afin de s'assurer de l'exécution de ses ordres et de l'extinction des feux. Ses pas résonnaient tristement sur les dalles : une fois encore il contempla ses œuvres, et s'arrêta longtemps devant un groupe de chérubins ailés, dernier travail du jeune Benoni.

"Cher enfant !" murmura-t-il avec un soupir.

Ce pèlerinage accompli, Adoniram se retrouva dans la grande salle du temple. Les ténèbres épaissies autour de sa lampe se déroulaient en volutes rougeâtres, marquant les hautes nervures des voûtes, et les parois de la salle, d'où l'on sortait par trois portes regardant le septentrion, le couchant et l'orient.

La première, celle du nord, était réservée au peuple ; la seconde livrait passage au roi et à ses guerriers ; la porte de l'Orient était celle des lévites ; les colonnes d'airain, Jakin et Booz, se distinguaient à l'extérieur de la troisième.

Avant de sortir par la porte de l'occident, la plus rapprochée de lui, Adoniram jeta la vue sur le fond ténébreux de la salle, et son imagination frappée des statues nombreuses qu'il venait de contempler évoque dans les ombres le fantôme de Tubal-Kaïn. Son œil fixe essaya de percer les ténèbres ; mais la chimère grandit en s'effaçant, atteignit les combles du temple et s'évanouit dans les profondeurs des murs, comme l'ombre portée d'un homme éclairé par un flambeau qui s'éloigne. Un cri plaintif sembla résonner sous les voûtes.

Alors Adoniram se détourna s'apprêtant à sortir. Soudain une forme humaine se détacha du pilastre, et d'un ton farouche lui dit :
"Si tu veux sortir, livre-moi le mot de passe des maîtres."

Adoniram était sans armes ; objet du respect de tous, habitué à commander d'un signe, il ne songeait pas même à défendre sa personne sacrée.

"Malheureux ! répond-il en reconnaissant le compagnon Méthousaël, éloigne-toi ! Tu seras reçu parmi les maîtres quand la trahison et le crime seront honorés ! Fuis avec tes complices avant que la justice de Soliman atteigne vos têtes."

Méthousaël l'entend, et lève d'un bras vigoureux son marteau, qui retombe avec fracas sur le crâne d'Adoniram. L'artiste chancelle étourdi, par un mouvement instinctif, il cherche une issue à la seconde porte, celle du Septentrion. Là se trouvait le Syrien Phanor, qui lui dit :
"Si tu veux sortir, livre-moi le mot de passe des maîtres !
- Tu n'as pas sept années de campagne ! répliqua d'une voix éteinte Adonirm.
- Le mot de passe !
- Jamais !"

Phanor, le maçon, lui enfonça son ciseau dans le flanc ; mais il ne put redoubler, car l'architecte du temple, réveillé par la douleur, vola comme un trait jusqu'à la porte d'Orient, pour échapper à ses assassins.

C'est là qu'Amrou le Phénicien, compagnon parmi les charpentiers, l'attendait pour lui crier à son tour :
"Si tu veux passer, livre-moi le mot de passe des maîtres.
- Ce n'est pas ainsi que je l'ai gagné, articula avec peine Adoniram épuisé ; demande-le à celui qui t'envoie."

Comme il s'efforçait de s'ouvrir un passage, Amrou lui plongea la pointe de son compas dans le cœur.

C'est en ce moment que l'orage éclata, signalé par un grand coup de tonnerre.

Adoniram était gisant sur le pavé, et son corps couvrait trois dalles. A ses pieds s'étaient réunis les meurtriers, se tenant par la main.
"Cet homme était grand, murmura Phanor.
- Il n'occupera pas dans la tombe un plus vaste espace que toi, dit Amrou.
- Que son sang retombe sur Soliman Ben-Daoud !
- Gémissons sur nous-mêmes, répliqua Méthousaël, nous possédons le secret du roi. Anéantissons la preuve du meurtre ; la pluie tombe ; la nuit est sans clarté ; Éblis nous protège. Entraînons ces restes loin de la ville, et confions-les à la terre."

Ils enveloppèrent donc le corps dans un long tablier de peau blanche, et, le soulevant dans leurs bras, ils descendirent sans bruit au bord du Cédron, se dirigeant vers un tertre solitaire situé au-delà du chemin de Béthanie. Comme ils y arrivaient, troublés et le frisson dans le cœur, ils se virent tout à coup en présence d'une escorte de cavaliers. Le crime est craintif, ils s'arrêterent ; les gens qui fuient sont timides... et c'est alors que la reine de Saba passa en silence devant des assassins épouvantés qui traînaient les restes de son époux Adoniram.

Ceux-ci allèrent plus loin et creusèrent un trou dans la terre qui recouvrit le corps de l'artiste. Après quoi Méthousaël, arrachant une jeune tige d'accacia, la planta dans le sol fraîchement labouré sous lequel reposait la victime.

Pendant ce temps-là, Balkis fuyait à travers les vallées ; la foudre déchirait les cieux, et Soliman dormait.

Sa plaie était plus cruelle, car il devait se réveiller.

[...]

le bruit du meurtre d'Adoniram s'étant répandu, le peuple soulevé demanda justice, et le roi ordonna que neuf maîtres justifiassent de la mort de l'artiste, en retrouvant son corps.

GLDRR : Tranenteppich aus der Arbeit der Meisterloge 19 Jh wachstuch bemalt Bayreuth DFM SOT Tapis de maitre WEIMAR

Il s'était passé dix-sept jours : les perquisitions aux alentours du temple avaient été stériles, et les maîtres parcouraient en vain les campagnes. L'un d'eux, accablé par la chaleur, ayant voulu, pour gravir plus aisément, s'accrocher à un rameau d'acacia d'où venait de s'envoler un oiseau brillant et inconnu, fut surpris de s'apercevoir que l'arbuste entier cédait sous sa main, et ne tenait point à la terre. Elle était récemment fouillée, et le maître étonné appela ses compagnons.

Aussitôt les neuf creusèrent avec leurs ongles et constatèrent la forme d'une fosse. Alors l'un d'eux dit à ses frères :
"Les coupables sont peut-être des félons qui auront voulu arracher à Adoniram le mot de passe des maîtres. De crainte qu'ils n'y soient parvenus, ne serait-il pas prudent de le changer ?
- Quel mot adopterons-nous ? objecta un autre.
- Si nous retrouvons là notre maître, repartit un troisième, la première parole qui sera prononcée par l'un de nous servira de mot de passe ; elle éternisera le souvenir de crime et du serment que nous faisons ici de le venger, nous et nos enfants, sur ses meurtriers, et leur postérité la plus reculée."

Le serment fut juré ; leurs mains s'unirent sur la fosse, et ils se reprirent à fouiller avec ardeur.

Le cadavre ayant été reconnu, un des maîtres le prit par un doigt, et la peau lui resta à la main ; il en fut de même pour un second ; un troisième le saisit par le poignet de la manière dont les maîtres en usent envers le compagnon, et la peau se sépara encore ; sur quoi il s'écria : MAKBÉNACH, qui signifie : LA CHAIR QUITTE LES OS.

Sur-le-champ ils convinrent que ce mot serait dorénavant le mot de maître et le cri de ralliement des vengeurs d'Adoniram, et la justice de Dieu a voulu que ce mot ait, durant des siècles, ameuté les peuples contre la lignée des rois.

Phanor, Amrou et Méthousaël avaient pris la fuite ; mais reconnus pour de faux frères, ils périrent de la main des ouvriers, dans les États de Maaca, roi du pays de Geth, où ils se cachaient sous les noms de Sterkin, d'Oterfut et de Hoben.

Néanmoins, les corporations, par une inspiration secrète, continuèrent toujours à poursuivre leur vengeance déçue, sur Abiram, ou le meurtrier... Et la postérité d'Adoniram resta sacrée pour eux ; car longtemps après ils juraient encore par les fils de la veuve, ainsi désignaient-ils les descendants d'Adoniram et de la reine de Saba. [...]

Les tapis de loge noirs et blancs au dix-huitième siècle.

GLDRR : Tapis de loge Dresde Rituel d'Apprenti GLDRR : Tapis de loge SO Compagnon Muséum Sckloss

Le blanc sur le noir dérive de la pratique de dessiner un tapis avec de la craie sur un sol « de bistro » sombre ; le noir sur blanc dériverait de la pratique d’y mettre une couche de sable blanc et de dessiner dedans avec le doigt les figures, qui font apparaître le sol sombre en dessous. Cette méthode de représenter le tapis de loge est probablement la plus ancienne.

⇦ Extrait du tapis de loge Dresde Rituel d'Apprenti :

Extrait du tapis de loge de Stricte Observance. Compagnon Muséum Sckloss ⇨






Prière des Templiers en prison

Prière des Templiers en prison composée en 1310 par le frère Aymeri de Limoges
pour assurer la défense de ceux de ses frères
emprisonnés en l'abbaye Sainte Geneviève.

Que la grâce du Saint-Esprit nous assiste. Que Marie, Etoile de la mer, nous conduise au port du salut. Amen.

Seigneur Jésus, Christ saint, Père éternel et Dieu tout-puissant, sage Créateur, Dispensateur bienveillant et Ami révéré, humble et pieux Rédempteur, Sauveur clément et miséricordieux, je Te prie humblement et Te requiers de m’éclairer, de me délivrer et de me protéger , avec tous les frères de Temple et tout Ton peuple chrétien qui est dans la confusion et dans l’angoisse de l’avenir. Accorde-nous, Seigneur, en qui sont et de qui viennent toutes les vertus, bienfaits, dons et grâces du Saint-Esprit, accorde nous de connaitre la vérité et la justice, la faiblesse et l’infirmité de notre chair, d’accepter la véritable humilité, afin que nous puissions mépriser ce triste monde et ses souillures, les vains plaisirs, l’orgueil et toutes les misères, de n’aspirer qu’aux biens célestes, de travailler humblement au maintien de nos vœux et de Tes commandements.

Très Saint Seigneur Jésus-Christ, par le mérite de Tes vertus, que Ta grâce nous accorde, puissions-nous échapper au diable rugissant, à tous nos ennemis, à leurs embûches et à leurs œuvres. Ô notre Rédempteur et défenseur, ceux que par Ta passion et Ton humilité tu enchaînes au bois de la croix, les rachetant par Ta miséricorde, protège-les, protège-nous. Par Ta sainte croix et par son signe, puissions-nous triompher de l’ennemi et de ses embûches. Protège Ta sainte Eglise, éclaire ses prélats, ses docteurs et ses recteurs, avec tout Ton peuple chrétien ; qu’ils proclament et accomplissent Ton service et Ta volonté d’un cœur pur, humble et pieux ; que leur piété soit pure et exigeante ! Qu’ils enseignent le peuple et l’éclairent par le bon exemple. Puissions-nous, pour notre part, accomplir humblement les œuvres d’humilité, à Ton exemple et à celui des saints apôtres et des élus. Puissions-nous considérer de quoi nous sommes faits, ce que nous sommes et ce que nous serons, ce que nous faisons et devons faire pour avoir la vie conduisant aux joies du paradis. Daigne éclairer et convertir ceux qui n’ont pas été revivifiés par l’eau et l’Esprit-Saint, afin qu’ils obéissent à Ta sainte loi et reçoivent les sacrements de la sainte Eglise, et qu’ils gardent ensuite Ta sainte foi . Seigneur, donne à Ton peuple chrétien la soif et la possession de cette Terre sainte où Tu es né dans le dénuement, où Ta sainte miséricorde nous a rachetés, où Tes exemples et Tes miracles nous ont instruits… Daigne faire en sorte que nous la libérions par Ta Grâce et la possédions ! Que nous remplissions Tes saints services et volonté !

Dieu miséricordieux, T religion, qui est celle du Temple du Christ, a été fondée en concile général et en l’honneur de la sainte et glorieuse Vierge Marie Ta mère, par le bienheureux Bernard, Ton saint confesseur, élu à cette fin par la sainte Eglise romaine. C’est lui qui, avec d’autres prud’hommes, l’enseigna et lui confia sa mission. Or, la voici prisonnière et captive du Roi de France pour une injuste cause. Veuille la délivrer et la protéger, par la prière de la sainte et glorieuse Vierge Marie Ta mère et de la cour céleste . Seigneur, Toi qui es la vérité, qui sais que nous sommes innocents, fais-nous libérer, afin que nous tenions humblement nos vœux et Tes commandements, dans l’accomplissement de Ton saint service et de Ta volonté. Ces mensonges iniques lancés contre nous par pressions et tribulation (exauce nos prières !), tout ce que nous avons souffert, la condamnation pour nos corps, les propos qui nous ont été rapportés de la part de Monseigneur le pape, la prison perpétuelle que nous vaut l’infirmité de notre chair, puissions –nous n’avoir plus à endurer cela, malgré les calomnies qui pèsent si douloureusement sur nos consciences ! Protège-nous, Seigneur, avec tout Ton peuple chrétien ; apprends-nous à T’obeir. Donne à Philippe, notre roi, qui est petit-fils de Saint Louis, Ton saint confesseur, de mériter comme lui, par sa vie parfaite et ses mérites, la paix en son royaume et la concorde entre les siens, les rois, princes, barons et chevaliers. Que tous ceux qui ont été désignés pour faire garder la justice y veillent selon Tes commandements, l’accomplissent, souffrent et conservent entre eux et pour tout le peuple chrétien la paix et la lumière. Donne-leur de reconquérir avec nous la Terre-Sainte, et d’accomplir Ton saint service et Tes saints ouvrages ; accorde à tous nos parents, bienfaiteurs et prédécesseurs, à nos frères vivants et défunts la vie et le repos éternels.

Toi qui vis et règnes, étant Dieu, par tous les siècles des siècles. Amen.

De moi-même je ne suis pas digne de prier : mais que Ta miséricorde et Ton abaissement, que la bienheureuse et glorieuse Vierge Marie, Ta mère et notre avocate, que toute la Cour céleste intercèdent pour nous et nous obtiennent cette grâce.

Amen.

Sainte Marie, Mère de Dieu, Mère très pieuse, pleine de gloire, sainte Mère de Dieu, Mère toujours vierge et précieuse….. Ô Marie, salut des infirmes, consolatrice de ceux qui espèrent en Vous, triomphatrice du mal et refuge des pécheurs repentants, conseillez-nous, défendez-nous. Défendez Votre religion, qui a été fondée par Votre saint et cher confesseur le bienheureux Bernard avec d’autres prud’hommes institués par la sainte Eglise romaine ; c’est en votre honneur, ö très sainte et glorieuse, qu’elle s’est répandue. Nous vous en prions humblement, obtenez-nous la libération de Votre religion et de ses biens, avec l’intercession des anges, des archanges, des prophètes, des évangélistes, des apôtres, des martyrs, des confesseurs, des vierges elles-mêmes – en dépit des calomnies qui, Vous le savez, nous sont jetées à la face - ; que nos adversaires reviennent à la vérité et à la charité ! Puissions-nous, nous-mêmes, observer Vos vœux et les commandements de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Votre fils, qui est notre défenseur, créateur, rédempteur, sauveur miséricordieux et très aimé.

Lui qui vit et règne, étant Dieu, par tous les siècles des siècles. Amen.

Prions. Dieu tout-puissant et éternel, qui nous as donné au bienheureux Louis, Roi de France et Ton saint confesseur, la grâce, les mérites, l’humilité, la chasteté, la justice et la charité, selon l’intercession de la bienheureuse et glorieuse Vierge Marie Ta Mère, que tant il aimait ; Toi qui as donné la paix à son règne, accorde-nous, Seigneur, par son intercession, la paix et le conseil ; délivre et conserve dans la vérité, malgré les calomnies, notre religion fondée en l’honneur de la sainte et glorieuse Vierge Marie Ta mère, afin qu’en cette Terre-Sainte où Ta miséricorde et Ton amour nous ont rachetés, nous accomplissions Ton saint service et Ta volonté, et qu’ensemble, avec notre Roi et les siens unis dans les mêmes mérites, nous accédions enfin aux félicités du paradis.

Toi qui, étant Dieu, vis et règnes par les siècles des siècles. Amen.

Dieu tout-puissant et éternel, qui tant aimas le bienheureux Jean l’Evangéliste, Ton apôtre, et le laissas reposer sur Ton cœur à la Cène ; qui lui révélas les célestes secrets, et, de la croix où Tu gisais pour le salut du monde, le recommandas à ta Sainte Mère et Vierge, en l’honneur de qui notre religion a été fondée, délivre et conserve celle-ci par Ta sainte miséricorde ; et de même que Tu nous sais innocents des crimes qu’on nous impute, de même accorde-nous d’observer nos vœux et Tes commandements dans l’humilité et dans l’amour, afin qu’au terme d’une vie méritoire, nous parvenions aux félicités du Paradis.

Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.

Dieu Tout-Puissant et éternel qui as illuminé le bienheureux Georges, ton preux chevalier et saint martyr, par son amour et par la glorieuse et bienheureuse Vierge Marie, Ta très sainte Mère, en l’honneur de qui fut fondée notre religion, daigne la délivrer et préserver avec nous, afin que nous observions humblement nos vœux et Tes commandements, et possédions la vie par laquelle nous mériterons d’accéder aux félicités du Paradis. Toi qui, étant Dieu, vis et règnes par les siècles des siècles.

Amen.

Pierre Girad Augry
Le bréviaire des Templiers
Baudry Editions 2003
Le fil aplomb et la perpendiculaire
Les quatres phases concomitantes de notre vie spirituelle
Desiderata
Nuit d’Agapes ; Banquet night

Le fil aplomb et la perpendiculaire

GLDRR : Grande Loge des Régimes Rectifiés : Le fil aplomb vu par un maçon opératif GLDRR : Grande Loge des Régimes Rectifiés : La perpandiculaire vu par un maçon opératif
Le fil aplomb.

Le fil aplomb sert à contrôler la verticalité. Il est composé d’un plomb ou peson, d’une ficelle ou cordelette appelée le fouet, d’un carré dénommé le chas qui est de même diamètre que le peson. Le fouet est enroulé parfois autour d’un touret ou noix et sa baguette d’axe est appelée maîtresse. Y a-t-il un rapport entre la maîtresse, le fouet, le chas, la baguette et la noix ? A chacun d’en juger… En mettant le doigt sur le fouet et le chas, le maçon presse plus ou moins avec son doigt pour faire descendre le plomb, puis pose le chas contre la paroi ; alors il observe si le plomb érafle la pierre. C’est ce petit coup de vent entre la paroi et le plomb qui va donner la verticalité. Il faut avoir un sérieux coup d’œil et une bonne dextérité pour maîtriser les aplombs.

Il faut savoir que chez les bâtisseurs le fruit et les faux aplombs sont toujours calculés par rapport à la verticalité.

Certains fil à plombs très pointus servent aussi à reporter les axes et les tracés sur le sol. Je suis assez convaincu que certain maîtres maçons, qui avaient l’art de la science de l’eau, s’en servaient aussi pour implanter leurs bâtiments par rapport aux sources. Les croix sur les bords des chemins sont posées sur le croisement des courants d’eau et de courants sacrés ; on pourrait dire la même chose pour les églises ou les cathédrales, mais cela est un autre sujet.

La règle à plomber ou perpendiculaire.

La règle à plomber ou perpendiculaire est un instrument dont on ne sert plus aujourd’hui. Elle porte sur son plat le tracé de l’axe longitudinal. Un fil à plomb est fixé en tête de la règle dont le cordeau descend devant l’axe tracé de la règle si celle-ci est d’aplomb. Il unit la rectitude de la règle et la verticalité de l’aplomb. Les maçons pouvaient s’en servir lors de la pose de la pierre de taille pour tracer un trait vertical. C’est un peu notre niveau à bulle d’aujourd’hui quand on le met verticalement. C’est un outil intéressant tout comme le niveau, car on doit aussi l’utiliser sur deux plans à la fois. […]












Les quatres phases concomitantes de notre vie spirituelle

La vie spirituelle peut se définir essentiellement comme renoncement au moi et au monde (aspect négatif) et comme "union à Dieu" (aspect positif). On peut y distinguer quatre phases : métanoïa, catharsis, apatheïa et théôsis dans un ordre hirarchiquement ascendant, mais ces quatres phases doivent être considérées comme concomitantes plutôt que comme successives, ou encore comme des "dominantes" dans les diverses étapes de la vie spirituelle ; c'est dire, par exemple, qu'il n'y a pas de métanoïa sans un commencement de de catharsis ou de théôsis, et vice versa.

  • Métanoïa = conversion = retournement : l'âme ayant perçu un commencement de Lumière divine se détourne sous l'action de la Grâce - en intention tout au moins - de l'égo et du monde. Phase initiale où la "dominante" est la métanoïa. C'est une "orientation nouvelle" : l'âme se tourne vers le Soleil spirituel. c'est l'entrée dans la Voie, mais il reste toute la route à parcourir.
  • Catharsis = purification = mortification des passions et du désir. l'âme "orientée" doit se purifier de tous les obstacles à l'accomplissement et à l'épanouisement de la Vie Divine en elle, ce qui correspondra aux deux aspects suivants : apatheïa et théôsis.
  • Apatheïa = apaisement = contentement. L'âme, libérée de l'égo et des passions, est dans l'état de pureté, de virginité, de passivité parfaite (matéria prima) pour recevoir le Fiat Lux, le Verbe Illuminateur et Transformateur qui veut s'incarner en elle ; c'est le mystère de l'incarnation et de la "Transsubstanciation" : "Ceci est mon Corps."
  • Théôsis = divinisation : l'âme, entièrement dépouillée, n'est plus elle-même car elle est "transformée" en Dieu.
Traité VII.10 Alchimie spirituelles,
Introduction à l'ésotérisme chétien,
abbé Henri Stéphane.

Desiderata

Reste calme au milieu du bruit et de l’impatience et souviens-toi de la paix qui découle du silence.
Autant que tu le peux, mais sans te renier, sois en bons termes avec tout le monde.
Dis ce que tu penses, clairement, simplement ; et écoute les autres, même les sots et les ignorants ; eux aussi ont quelque chose à dire.
Evite les gens grossiers et violents ils ne sont que tourments pour l’esprit.
Si tu te compares aux autres, tu risques de devenir vaniteux ou amer, il y aura toujours quelqu’un de plus grand ou de plus petit que toi.
Sois fier de ce que tu as fait et de ce que tu veux faire. Aime ton métier, même s’il est humble ; c’est un bien précieux en notre époque trouble. Sois prudent dans tes affaires, car on pourrait te jouer de vilains tours. Mais que ceci ne te rende pas aveugle à ce qu’il y a de beau ; bien des gens luttent pour un idéal et, partout sur la Terre, on fait preuve de courage.
Sois toi-même, surtout dans tes affections.
Fuis par-dessus tout le cynisme en amour, car il persiste même après avoir desséché ton cœur et désenchanté ton âme.
Permets-toi de t’enrichir de l’expérience des ans, te défaisant progressivement de tes puérilités. Affermis-toi pour faire face aux malheurs de la vie.
Mais ne te détruis pas par une imagination maladive ; bien des peurs prennent naissance dans la fatigue et la solitude.
Malgré la saine discipline qui s’impose, sois bon envers toi-même.
Tu es un enfant de l’univers, tout comme les arbres et les étoiles : tu as le droit d’être ici. Et même si cela n’est pas clair en toi, sois assuré que tout se passe dans l’univers selon ses règles propres.
Par conséquent, sois en paix avec ton Dieu, quelle que soit en toi son image. Et par-delà tes peines et tes aspirations, au milieu de la confusion de la vie, sois en paix avec ton âme.
Dis-toi qu’en dépit de ses faussetés, de ses ingratitudes, de ses rêves brisés, le monde est tout de même merveilleux.
Répands la bonne humeur. Et tâche d’être heureux.

Poème de Max Ehrmann 1927
(Une traduction possible)

Nuit d’Agapes ; Banquet night

Le moment venu, le roi Salomon déclarait
A ses ouvriers qu'il voyait tailler la pierre :
Nous allons mettre en commun, l'ail, le vin et le pain,
Et festoyer tous ensemble. Je descendrai de mon trône,
Et tous les frères devront venir à ces agapes,
En tant que Compagnons, ni plus, ni moins !

Qu'on envoie promptement une chaloupe à Hiram de Tyr,
Lui qui assure l'abattage et le transport sur les flots
De nos arbres si beaux. Dites-lui, que les Frères et moi
Désirons parler avec nos Frères qui naviguent sur les mers,
Et que nous seront heureux de les rencontrer à ces agapes,
En tant que Compagnons, ni plus, ni moins !

Qu'on porte aussi le message à Hiram Abib,
Le Grand Maître des forges et des mines :
Moi-même et les Frères, nous aimerions qu'il soit possible
Que lui-même et ses Frères viennent à ces agapes,
Portant riches décors ou simples vêtures,
En tant que Compagnons, ni plus, ni moins !

Dieu a assigné à chacun sa place : au cèdre majestueux,
A la modeste hysope, et au mûrier sauvage, au figuier
Et à l'aubépine... mais cela n'est pas une raison suffisante
Pour reprocher à un homme, de n'avoir pas réussi à être,
Ce à quoi il n'était pas nécessairement destiné !
Et à propos de notre Temple, je maintiens et j'affirme :
Nous ne sommes que des Compagnons, ni plus, ni moins !

Ainsi il ordonna, et ainsi il fut fait.
Et les Coupeurs de Bois, et les Maçons de Marque,
Avec les simples matelots de la flotte de Sidon,
Et les amiraux du Royal Arche,
Vinrent s'asseoir et se réjouir à ces agapes,
En tant que Compagnons, ni plus, ni moins !

Dans les carrières, il fait encore plus chaud que dans les forges d'Hiram,
Nul n'y est à l'abri du fouet du gardien.
Le plus souvent, il neige sur la passe du Liban,
Et le vent souffle toujours, au large de la baie de Jaffa.
Mais quand le moment est venu, le messager apporte
L'ordre du roi Salomon : alors oublie tout le reste
Que tu sois Frère parmi les mendiants, l'ami des rois
Ou l'égal des princes, oublie tout cela !
Seulement Compagnon ! et oublie tout le reste.
Once in so often, King Solomon said,
Watching his quarrymen drill the stone,
We will club our garlic and wine and bread
And banquet together beneath my Throne,
And all the Brethren shall come to that mess
As Fellow-Craftsmen - no more and no less.

Send a swift shallop to Hiram of Tyre,
Felling and floating our beautiful trees,
Say that the Brethren and I desire
Talk with our Brethren who use the seas.
And we shall be happy to meet them at mess
As Fellow-Craftsmen - no more and no less.

Carry this message to Hiram Abif
Excellent master of forge and mine :
I and the Brethren would like it if
He and the Brethren will come to dine
(Garments from Bozrah or morning-dress)
As Fellow-Craftsmen - no more and no less.

God gave the Hyssop and Cedar their place
Also the Bramble, the Fig and the Thorn
But that is no reason to black a man's face
Because he is not what he hasn't been born.
And, as touching the Temple, I hold and profess
We are Fellow-Craftsmen - no more and no less.

So it was ordered and so it was done,
And the hewers of wood and the Masons of Mark,
With foc'sle hands of Sidon run
And Navy Lords from the Royal Ark,
Came and sat down and were merry at mess
As Fellow-Craftsmen - no more and no less.

The Quarries are hotter than Hiram's forge,
No one is safe from the dog-whip's reach.
It's mostly snowing up Lebanon gorge,
And it's always blowing off Joppa beach;
But once in so often, the messenger brings
Solomon's mandate : "Forget these things!
Brother to Beggars and Fellow to Kings,
Companion of Princes - forget these things!
Fellow-Craftsmen, forget these things!

Rudyard Kipling
La fidélité par l'amour, la valeur par l'honneur, le parjure par la vengeance

La fidélité par l'amour, la valeur par l'honneur, le parjure par la vengeance

Et Pippin regarda le vieillard dans les yeux, car sa fierté était étrangement aiguillonnée par le dédain et la suspicion perceptibles dans cette voix froide. « Un aussi grand seigneur des Hommes trouvera sans doute peu de service chez un hobbit, un Semi-Homme de la Comté du Nord, tel qu'il est, je l'offrirai toutefois en paiement de ma dette » Écartant vivement le pan de son manteau gris, Pippin tira sa petite épée et la déposa aux pieds de Denethor.

Un pâle sourire passa sur le visage du vieillard comme le reflet d'un froid soleil un soir d'hiver, mais il courba la tête et tendit la main, abandonnant les fragments du cor. « Donnez-moi cette arme ! » Dit-il.

Pippin l'éleva et la lui présenta par la garde. « D'où cela vient-il ? Demanda Denethor. Maintes et maintes années ont passé dessus. C'est assurément une lame forgée par les vôtres dans le lointain passé ? »

« Elle vient des tertres qui s'étendent le long des frontières de mon pays, dit Pippin. Mais seuls des êtres mauvais y résident à présent, et je n'aimerais pas en dire davantage à leur sujet. »

« Je vois que d'étranges histoires sont tissées autour de vous, dit Denethor, et il se voit une fois de plus que l'apparence peut tromper sur un Homme ou un Semi-Homme. J'accepte votre service. Car vous ne vous laissez pas démonter par les paroles, et votre discours est chevaleresque et courtois, tout étrange qu'il puisse paraître pour nous autres gens du Sud. Or, dans les jours qui viennent, nous allons avoir besoin de tous les gens chevaleresques, grands ou petits. Jurez-moi maintenant fidélité ! »

« Prenez la garde de l'épée, dit Gandalf, et répétez les paroles du Seigneur, si vous êtes résolu là-dessus. »

« Je le suis », dit Pippin.

Le vieillard posa l'épée sur ses genoux, Pippin mit la main sur la garde et dit lentement après Denethor:

« Je jure ici d'être fidèle au Gondor et au Seigneur et Intendant du royaume, de les servir, de parler et d'observer le silence, d'agir et de laisser faire, de venir et d'aller, en temps d'abondance ou de disette, de paix ou de guerre, dans la vie et dans la mort, dès ce moment et jusqu'à ce que mon seigneur me délie, que la mort me prenne ou que le monde périsse. Ainsi parle-je, moi, Peregrïn fils de Paladin de la Comté des Semi-Hommes. »

« Et je l'entends, moi, Denethor fils d'Ecthelion, Seigneur de Gondor, Intendant du Puissant Roi, je ne l'oublierai pas et je ne manquerai pas de récompenser ce qui est donné : la fidélité par l'amour, la valeur par l'honneur, le parjure par la vengeance » L'épée fut alors rendue à Pippin, qui la remit au fourreau.

[...]

« Menez le Seigneur Mithrandir au logement préparé pour lui, dit Denethor, et son compagnon pourra demeurer avec lui pour le moment, s'il le désire. Mais que l'on sache que je lui ai maintenant fait jurer fidélité à mon service, il sera désormais connu sous le nom de Peregrïn fils de Paladin, et il saura les mots de passe mineurs [...] »

Le Seigneur des anneaux,
Troisème Partie : Le Retour du Roi,
Livre V, Chapitre Premier : Minas Tirith.

Une noble école de sagesse

Il n’est rien ici qui ne puisse vous donner lieu à réfléchir. Exercez-vous dans cet endroit, car percevoir les secrets est une noble école de sagesse.

Nous vous proposons dans cette rubrique quelques ouvrages qui, ayant retenu notre attention, intéressent l’histoire de l’Ordre, de la Grande Loge des Régimes Rectifiés et la maçonnerie en générale. Nous vous donnons leurs références et leur quatrième de couverture.

Vous trouverez aussi une galerie de portraits de personnages ayant participé à l’histoire de l’Ordre et de sa Grande Loge réalisés par des Sœurs et des frères de la Grande Loge des Régimes Rectifiés.

Et encore quelques travaux énoncés lors des réunions (planches) par des maîtres sur des sujets symboliques. Ils révèlent par leur diversité toute l’ouverture et les attraits particuliers des Sœurs et des frères.

Enfin pêlemêle, des communications courtes de Sœurs et de frères émerveillés par leurs découvertes et désireux de les partager avec le plus grand nombre.