Grande Loge des Régimes Rectifiés

Nous vous souhaitons de joyeuses fêtes

Hinc Nascitur Ordo


Des ouvrages publiés depuis la restauration de l'Ordre en 1995

Les hauts grades chevaleresques de la Stricte Observance Templière du dix-huitième siècle.
Ordre Illustre de la Stricte Observance Templière, Manuel d’Instruction
La Franc-maçonnerie Templière et ses grades allégoriques (du dix-septième siècle à nos jours)
Franc-maçonnerie Légende des fondations

Les hauts grades chevaleresques de la Stricte Observance Templière du dix-huitième siècle.

Vers le milieu du dix-huitième siècle, en plein siècle des lumières, apparut un ordre à prétention chevaleresque et templière, la Stricte Observance, prenant appui sur les trois premiers grades de la Franc-maçonnerie de métier. Son inventeur fut le baron de Hund qui consacra sa vie et sa fortune au développement de ce rite à la fois maçonnique et néo-templier dont le Régime Écossais Rectifié, à partir de 1782, fut l'héritier. Telle la lumière verte du soleil à son couchant, la Stricte Observance eut une existence éphémère mais elle n'en pose pas moins une série d'interrogations. Le baron de Hund fut-il une dupe, un mystificateur, ou reçut-il effectivement mission d'implanter l'Ordre en Allemagne, puis dans toute l'Europe? La Stricte Observance ne fut-elle qu'un rite maçonnique comme un autre mais s'affublant de défroques templières ou doit-on la considérer comme l'Ordre du Temple rétabli et renouvelé qui s'était perpétué secrètement sous le voile et les allégories de la Franc-maçonnerie ? A travers les rituels des hauts grades chevaleresques (Novice, Chevalier et Chevalier Profès, précédés par le grade d'Écossais vert) du Rite Ecossais de Stricte Observance et des documents originaux, dont certains sont publiés pour la première fois, et rassemblés par Pierre Girard-Augry qui, depuis plusieurs années, s'efforce de comprendre la chevalerie et l'institution chevaleresque de l'intérieur, le lecteur sera en mesure de se faire une opinion. La préface de Jean-Marie Auzanneau a le mérite de poser le problème des prétentions de la Stricte Observance au regard de ce que fut l'Ordre du Temple des douzième et treizième siècles et de proposer ainsi quelques clefs pour la lecture de cet ouvrage.

Pierre Girard-Augry
Dervy 1995

Ordre Illustre de la Stricte Observance Templière, Manuel d’Instruction

Ce Manuel d'Instruction, destiné à l'usage des frères de la troisième province de l'Ordre, dite d'Occitanie, permettra également aux profanes curieux de l'histoire du templarisme de se faire une idée aussi précise que possible de l'Ordre illustre de la Stricte Observance, également connu sous le nom de Stricte Observance. Après un bref historique, le rappel de quelques textes fondateurs de l'Ordre a pour seul but de mieux appréhender ce système maçonnique néo-templier qui prit naissance et se développa en plein siècle des lumières. Quant à la Stricte Observance actuelle, les statuts et règlements généraux, sans rien dévoiler des rituels pratiqués, précisent son organisation et soulignent sa spécificité. Complété par le " Manuel du Vénérable pour les six premiers grades ", l'ouvrage donne une vue d'ensemble sur ce régime maçonnique à vocation chevaleresque qui, depuis son origine, a voulu être l'Ordre du temple rétabli et renouvelé. »

Pierre Girard-Augry
Opéra 1997

La Franc-maçonnerie Templière et ses grades allégoriques (du dix-septième siècle à nos jours)

En publiant les rituels des grades allégoriques de la Stricte Observance du dix-huitième siècle, qui fut le parangon de cette Franc-maçonnerie templière qui devait inspirer tant de grades et de systèmes maçonniques, Pierre Girard-Augry a voulu non seulement compléter son précédent ouvrage sur les hauts grades chevaleresques, mais aussi montrer que ce régime maçonnique à vocation templière a constitué un système complet en lui-même. S'appuyant sur les trois grades symboliques de la Franc-maçonnerie bleue : Apprenti, Compagnon et Maître, la Stricte Observance dévoilait progressivement à ses membres le but ultime de l'Ordre, à savoir le rétablissement de l'Ordre des Templiers qu'elle prétendait reconstituer et renouveler en plein siècle des lumières. La Stricte Observance, en France, de 1773 à 1776 environ, a travaillé deux autres grades : le Chevalier de l'Epée ou de l'Orient et le Chevalier de l'Aigle Souverain de Rose-Croix, alors considérés comme des grades additionnels, mais de nouveau pratiqués au sein de la troisième province templière de l'Ordre, dite d'Occitanie. La présentation des différents rituels fait apparaître de nombreuses différences entre les textes de Lyon et ceux de Dresde arrêtés au Convent de Kohlo de 1772, différences qui ne sont pas sans soulever des questions d'importance : fidélité de la traduction en français des rituels allemands apportés par le baron von Weiler en 1775, détemplarisation et rectification , dès leur apport, par Jean-Baptiste Willermoz et ses associés, de rituels jugés trop templiers et trop éloignés des pratiques de la Franc-maçonnerie française et lyonnaise ? Toujours est-il que les textes proposés dans cet ouvrage, dont certains étaient jusqu'à présent inédits, font apparaître un système maçonnique fascinant qui ne saurait laisser indifférent le lecteur intéressé par l'histoire de l'Ordre du Temple et la légende néo-templière ou seulement soucieux de mieux comprendre les origines du Régime Ecossais Rectifié fixé au Convent de Wilhelmsbad de 1782.

Pierre Girard-Augry
Opéra 1999

Franc-maçonnerie Légende des fondations

La Franc-maçonnerie est-elle issue des anciennes loges de maçons du Moyen Age ? La réponse est non. Mais on a longtemps cru le contraire. Légende. Encore faut-il le démontrer. L'auteur de ce livre a interrogé les archives médiévales, comme le très ancien Livre des métiers de Paris, pour comprendre ce que signifiaient autrefois les chantiers et les confréries de la maçonnerie. Les textes britanniques qualifiés de fondateurs, il les a analysés avec minutie. C'est à une reconstitution du passé, depuis l'an mille jusqu'au commencement du dix-huitième siècle, qu'il nous invite. Les vraies origines de la Franc-maçonnerie sont à rechercher dans les milieux de militaires et intellectuels qui entouraient Jacques VI d'Écosse (Jacques Ier d'Angleterre) et son fils Charles, décapité en 1649 à l'issue d'une guerre civile. Cet ouvrage, rédigé dans un style vigoureux, s'achève là où commence La Passion écossaise du même auteur.

André Kervella
Opéra 1999
La passion écossaise
Réseaux maçonniques et mondains au siècle des lumières
Le mystère de la rose blanche. Francs-maçons et Templiers au dix-huitième siècle
Les rois Stuart et la Franc-maçonnerie

La passion écossaise

Il fallait bien qu'un jour l'histoire des origines de la Franc-maçonnerie en Écosse, en Angleterre et en France sorte du domaine du mythe ou du fantasme pour s'inscrire dans le quotidien de la conquête du pouvoir politique et religieux dans l'Angleterre du dix-septième et de la première moitié du dix-huitième siècle. Et démontrer qu'à l'origine l'initié écossais, qui peut du reste être breton ou français, est un conjuré jacobite aux seuls motifs opportunistes, œuvrant pour la restauration des Stuart sur le trône d'Angleterre. Quant à la Franc-maçonnerie anglaise, elle n'apparaît au tournant du siècle que pour faire pièce et, n'en déplaise aux fables andersoniennes - une des plus remarquables manipulations historiques jamais enregistrée, et qui jouit toujours d'une postérité vivace - son œcuménisme affiché masque nombre d'arrière-pensées très politiques. Il convient, en conséquence, de réécrire dictionnaires et encyclopédies, et de donner à " L'Art Royal " une acception inédite, car force est de constater qu'il n'existe aucune liaison entre de supposés maçons " opératifs " et quelques " spéculatifs " venus les phagocyter. Sans doute est-il moins glorieux pour l'Ordre maçonnique en général et pour les différents rites dits " écossais " de compter comme seuls ancêtres directs des activistes politiques antagonistes, plutôt que comme d'hypothétiques intellectuels branchés qui se seraient frottés à d'honorables tailleurs de pierre épris de symbolisme, mais les résultats de la recherche menée par André Kervella ne laissent aucun interstice où pourrait s'infiltrer la fable.

André Kervella
Opéra 1999

Réseaux maçonniques et mondains au siècle des lumières

En 1688-1689, le roi Jacques II Stuart est chassé des îles Britanniques par son gendre Guillaume d'Orange. Louis XIV lui offre un asile au château de Saint-Germain-en-Laye. À sa suite, sont de nombreux fidèles, dont un nombre significatif de francs-maçons. C'est alors qu'on peut dater dans la région parisienne l'apparition de la première loge qui attire à elle des sympathisants français, tandis que des sensibilisations individuelles se remarquent en province.D'année en année, une mode gagne les élites et les loges se multiplient. Quoique les principes maçonniques soient de réclamer l'éloignement des agitations sociales, ce sont les mondanités dont ces élites sont friandes qui en facilitent le développement.Outre les affinités politiques, il y a les salons littéraires, les bals, les jeux, les spectacles mais aussi et surtout certains Ordres dits de société qui, loin de faire concurrence à la Franc-maçonnerie, en sont l'antichambre ou le prolongement.L'auteur de Réseaux maçonniques et mondains démontre comment un réseau se forme, aux multiples maillages, aux pôles parfois contradictoires, comment il intègre des diplomates étrangers qui s'empressent parfois de faire école dans leur propre pays, comment il accueille les femmes dès les années 1730, donc bien plus tôt qu'on le croit, comment l'aristocratie française répugne à côtoyer les modestes bourgeois.Dans le décor, apparaissent des personnages aussi controversés que le comte de Clermont, les princes de Rohan, les frères de Louis XVI, et même Voltaire dont on ignorait à ce jour qu'il maçonnait en Champagne bien avant son affiliation à la prestigieuse loge parisienne des neuf sœurs.

André Kervella
Véga 2008

Le mystère de la rose blanche. Francs-maçons et Templiers au dix-huitième siècle

Il existe aujourd'hui une Franc-maçonnerie templière, nul ne peut le nier. Le vocabulaire en témoigne ; des grades, des rites ou des protocoles sont déclarés templiers. Mais si cette présence de la thématique templière au sein de la fraternité maçonnique est incontestable, elle doit s'expliquer. A travers l'étude de textes souvent inédits et avec la même rigueur historique que pour ses précédents livres, André Kervella tente, dans cet ouvrage érudit, d'apporter des réponses à cette question. En précisant les dates, décrivant les milieux et cernant les personnages, il démonte les théories rocambolesques, met fin aux préjugés et nous permet de mieux comprendre cette période mouvementée de l'histoire maçonnique.

André Kervella
Véga 2009

Les rois Stuart et la Franc-maçonnerie

La Franc-maçonnerie moderne prend son essor au cours du dix-septième siècle, quand des Stuart exercent le pouvoir dans les trois royaumes de la Grande-Bretagne. Après 1689, elle se transforme sous l'effet d'une révolution qui les force à l'exil. Alors, deux tendances sont en rivalité plus ou moins vive. D'un côté sont donc les loges des précurseurs stuartistes ; d'un autre côté sont celles de leurs vainqueurs politiques, appelés hanovriens à partir de 1714. En appui sur des archives de l'époque, longtemps ignorées ou méconnues, cet ouvrage retrace les différentes étapes d'un parcours qui commence sous le règne de Jacques Ier (1603-1625) et s'achève avec la mort de Charles-Édouard (1788). En théorie, la politique est supposée absente des engagements maçonniques individuels ; en pratique, elle en détermine beaucoup. On le vérifie quand la plupart des rituels élaborés au fil des décennies empruntent à l'Ancien Testament des scènes d'exode, d'errance et de reconquête, pour les comparer précisément aux infortunes que subissent les Stuart et leurs partisans.

André Kervella
Ivoire Clair 2013
Franc-maçonnerie Faux débats Vrais enjeux
Le baron de Hund et la Stricte Observance


Franc-maçonnerie Faux débats Vrais enjeux

Depuis ses débuts, la Franc-maçonnerie suscite polémiques et controverses. Ses adversaires ne sont pas les seuls à s'exprimer ; dans ses propres rangs, des voix discordantes s'élèvent souvent. Les questions les plus litigieuses portent sur ses principes fondateurs, son organisation, ses secrets, les motivations de ses membres et avant tout de ses dirigeants. Sans omettre de rappeler comment les premières loges se sont formées en Grande Bretagne, avant de diffuser sur le continent européen et le reste du monde, André Kervella propose une mise au point sur la situation actuelle. Son objet est de confronter différents points de vue, selon qu'ils sont avancés par des universitaires, des journalistes, des auteurs de manuels de vulgarisation, des personnalités dont l'appartenance est connue, des responsables d'obédience qui recherchent la médiatisation à tout prix. Au gré des circonstances, ces points de vue alimentent une littérature du soupçon ou de l'encensement. Est-il possible de s'en dégager afin de discerner les véritables enjeux d'un engagement ? Est-il possible de concevoir une pratique de la fraternité qui transcende les querelles stériles ?

André Kervella
Ivoire Clair 2012

Le baron de Hund et la Stricte Observance

La Stricte Observance peut être considérée comme l’une des principales matrices du Régime Ecossais Rectifié (RER) actuellement pratiqué par de nombreuses loges maçonniques. Pourtant, les conditions dans lesquelles elle est apparue au milieu du dix-huitième siècle sont longtemps restées mystérieuses. Le personnage qui en a assuré le développement, le baron allemand Charles de Hund, a même été considéré au pire comme un imposteur, au mieux comme un naïf à l’imagination débordante.

Le présent ouvrage replace dans son contexte sociopolitique les évènements majeurs qui ont conduit ses membres à se prétendre héritiers des anciens chevaliers du Temple, sous l’autorité de Supérieurs Inconnus. Il révèle le rôle décisif joué par d’éminents francs-maçons dévoués à la cause des princes de la Maison Stuart, princes forcés à l’exil sur le continent après la Révolution survenue dans les Îles Britanniques en 1688-89. Il identifie notamment le chevalier au Soleil d’Or qui a donné au baron sa patente de légitimation, et qui, contrairement à la légende, ne fut ni Jacques III ni son fils Charles-Édouard.

Au fil des pages sont aussi révélées les circonstances dans lesquelles la Bulle papale In Eminenti contre les francs-maçons a été promulguée en 1738. Après cette date, le grade de Rose-Croix a été conçu et le premier chapitre fondé à Paris sous ce nom a été dirigé par le duc d’Antin, en 1741.

André Kervella
La Pierre Philosophale 2016

Des ouvrages complets

Mais encore dans cette rubrique d'autres ouvrages anciens et historiques accessibles dans leur integralité sur Internet et qui bien sûr intéressent l’histoire de l’Ordre et les Rites Ecossais de Stricte Observance et Rectifié.

La Nouvelle Atlandide
Traité de la réintégration des êtres dans leurs premières propriétés, vertus et puissance spirituelles et divines
De Conventu Generali Latomorum : Apud Aquas Wilhelminas Oratio
Le Tombeau de Jacques Molai

La Nouvelle Atlandide

en 1623 Francis Bacon édite un livre dont le nom est : La nouvelle Atlantide où il décrit des voyages, des îles mais aussi une maison salomonienne. C’est de cette aventure que naît l’idée d’un temple de Salomon avec une légende salomonienne et non plus une maison de Salomon. Notons que ce sont les Jésuites les premiers qui en 1682 ont l’idée de ce temple de Salomon au lieu de la maison salomonienne. Francis Bacon puise peut-être ses sources dans un ouvrage de 1618 dénommé la mythologie chrétienne

traduit en français et continué, édition 1702

Traité de la réintégration des êtres dans leurs premières propriétés, vertus et puissance spirituelles et divines

Le traité de la réintégration de Martinès de Pasqually constitue le texte fondateur du martinisme. Il pose un regard ésotérique sur les grands épisodes rapportés par la Bible. Il temoingne la nécessité d'un retour vers le divin : la réintégration dont il s'efforce de présenter les étapes à travers l'histoire de l'humanité. Il est l'un des textes fondamentaux de l'ésotérisme occidental, et plus particulièrement de l'illuminisme et de la théurgie.

JMV

De Conventu Generali Latomorum : Apud Aquas Wilhelminas Oratio

L'ouvrage de Jean-Pierre Beyerlé paru en 1782, porte un titre latin mais est entièrment en français. Il s'agit d'un examen critique des délibérations du convent de Wilhelmsbad. Cependant, c'est aussi une contestation du mode de convocation et de tout ce qui a précédé ce rassemblement, et c'est encore une réflexion sur ce que doit être la Franc-maçonnerie. Sur ces deux points, Beyerlé a des idées qu'il developpe fort bien.

Le Tombeau de Jacques Molai ou l’histoire secrète et abrégée des initiés anciens et modernes des Templiers, francs-maçons, illuminés, etc… Et recherche de leur influence dans la Révolution française, suivie de la Clef des loges.

Devises pour les tapisseries du Roy, où sont représentez les quatre Élémens et les quatre Saisons de l'année
Un mystique lyonnais et les secrets de la Franc-maçonnerie. Jean-Baptiste Willermoz 1730 - 1824

Devises pour les tapisseries du Roy, où sont représentez les quatre Élémens et les quatre Saisons de l'année

Il existe des similitudes frapantes entre certains tableaux de Loge des Rites Ecossais de Stricte Observance et Rectifiés et les tapisseries et devises présentés dans cet ouvrage de Charles Perrault du dix-septième siècle. On ne peut y voir qu'une même source d'inspitation. Déjà la devise du frontispice de cet ouvrage est celle là même que celle de la Grande Loge des Regimes Rectifiés : Hinc Nascitur Ordo. Au delà de la recherche des sources communes, nous vous présentons cet ouvrage déjà pour sa grande beauté.

Titre : « Devises pour les tapisseries du Roy, où sont représentez les quatre Élémens et les quatre Saisons de l'année », par Charles Perrault, François Charpentier et Jacques Cassagne, peintures de Jacques Bailly Auteur : Perrault, Charles (1628-1703). Auteur du texte Auteur : Charpentier, François (1620-1702). Auteur du texte Auteur : Cassagne, Jacques de (1636-1679). Auteur du texte Auteur : Bailly, Jacques (1629-1679). Enlumineur notice.date : 1601-1700 Sujet : Cassagne, Abbé Jacques. Sujet : Devises pour les tapisseries du roi. Sujet : Charpentier, François. Sujet : Perrault, Charles. Sujet : Devises pour les tapisseries du roi. Sujet : Tapisseries. Sujet : Pièces diverses. Type : manuscrit Langue : français Format : Parchemin. - 43 feuillets. - 400 × 265 mm. - Reliure maroquin vert Description : Mécénat : Cet ouvrage a été numérisé grâce à un don du Musée de la Chasse et de la Nature, Paris Description : Peintures à chaque feuillet du volume. Droits : domaine public Identifiant : ark:/12148/btv1b105278880 Source : Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Français 7819 Notice du catalogue : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc56651s Provenance : Bibliothèque nationale de France Date de mise en ligne : 07/03/2016

Un mystique lyonnais et les secrets de la Franc-maçonnerie. Jean-Baptiste Willermoz 1730 - 1824

Exploitant, notamment la richesse du fonds de la Bibliothèque Municipale de Lyon, Alice Joly trace un portrait précis et clair de Jean-Baptiste Willermoz, personnalité touchante et complexe dont elle restitue la vie entière à travers sa correspondance, ses amitiés, ses relations maçonniques et professionnelles. Devenu un classique en matière d'histoire maçonnique et d'illuminisme, ce livre était depuis longtemps recherché et introuvable.

Jean-Baptiste Willermoz ne se distingue pas de ses concitoyens, par son importance industrielle et sociale, mais par son application à connaitre les doctrines occultes et le rôle qu'il joua dans la Franc-maçonnerie. Initié à l'âge de vingt ans, il fréquenta tous les groupements maçonniques ou para-maçonniques de la fin du dix-huitième siècle, à la poursuite d'un dépôt secret de la Tradition.

Il entretint correspondance ou amitié avec tous ceux qui comptaient dans le monde maçonnique ou occultiste : Joseph de Maistre, Louis Claude de Saint-Martin, Savalette de Langes, De Chefdebien, Bacon de la Chevalerie..., mais aussi Saint-Germain ou Cagliostro. Mais sa vie restera marquée par sa rencontre avec Martines de Pascually et les pratiques théurgiques de l'Ordre des Chevaliers Elus Cœns de l'Univers, dont il ne se détachera jamais. Dans sa quête d'Absolu, il rencontrera ensuite le système templier à travers l'Ordre Allemand de la Stricte Observance du Baron Charles de Hund dont il deviendra l'organisateur et le propagateur en France.

Fortement marqué par ces rencontres, désireux d'utiliser ces enseignements pour améliorer le bien-être de l'humanité, déçu par une certaine forme des maçonnerie, il entreprit de réformer la Franc-maçonnerie, en créant le Rite Ecossais Rectifié à travers lequel il transmettra, dans les degrés de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte et dans ceux de Profès, le dépôt sacré que lui avait donné Martines en l'adaptant à sa foi et à sa profonde croyance dans les vérités de la religion

Des Planches

Et encore quelques travaux énoncés lors des réunions (planches) par des maîtres sur des sujets symboliques. Elles révèlent par leur diversité toute l’ouverture et les attraits particuliers des sœurs et des frères

Note sur l'élaboration d'une Planche

Dès 1779 Ferdinand de Brunswick se rend compte du déclin de la Stricte Observance, les loges de l’Ordre sont généralement peu visitées ; beaucoup de frères n’envisagent l’organisation de Stricte Observance que comme ... un règlement imposé. Les travaux se font sans intelligence et manquent généralement de mobile vivifiant. Ce n'est plus que dans les occasions solennelles que des frères prenneent la parole, qu’il n'est plus observé la sévérité nécessaire lors des réceptions et des élections et que « d'ordinaire » le rang ou la fortune suffit pour toute recommandation.

Dans la même année le baron Von Knigge déclare en parlant de la Stricte Observance que : Le travail du perfectionnement moral est complètement négligé, aucun esprit de corps ne nous anime, comme on ne se réunit que rarement, que l’on se voit peu, ou du moins que l’on se réunit point amicalement et à cœur ouvert, on ne se connait pas et on n’a pas d’action sur les cœurs.

Notes sur l’élaboration des Planches :

Gestuelle des loges Allégoriques :

Les impressions de réception d’un apprenti ne sont jamais commentées.

Les planches doivent être préparées selon une démarche proprement maçonnique. Elles sont faites avec l’aide et sous le contrôle du Surveillant concerné ou d’un ancien. Il ne faut jamais perdre de vue que la réflexion développée au cours de la planche ou du morceau d’architecture doit se faire sur trois plans :

  • Celui de la spiritualité générale dans le cadre de la tradition judéo-chrétienne,
  • De la démarche maçonnique,
  • Et celui de la démarche personnelle de la sœur ou du frère.

Le Premier ou le Second Surveillant devront s’assurer de la qualité de la planche présentée avant sa lecture en loge. Ils auront alors la possibilité de proposer à la loge la candidature de la sœur ou du frère pour le grade supérieur ou de demander un autre travail si ce dernier est jugé insuffisant.

Les morceaux d’architecture présentés par les Maîtres devront toujours se situer dans un cadre maçonnique et dans la tradition historique et spirituelle de la maçonnerie. Ces travaux présenteront un intérêt réel pour l’instruction des sœurs et frères de la loge.

Á la demande du Vénérable Maître, les travaux présentés par les apprentis, les compagnons et les maîtres peuvent faire l’objet d’intervention des sœurs des frères pour apporter une pierre supplémentaire à l’édifice commun. En aucun cas des questions ne peuvent être posées à la sœur au frère ou ayant présenté son travail.

La lecture d’une planche tracée en loge :

  • Le Maître de loge fait quérir l’apprenti ou le compagnon ou le maître présentant sa planche traitant de la symbolique des loges Allégoriques par le Maître des Cérémonies, qui le ou la conduira devant le tapis de loge à l’Occident.
  • Il (Elle) se signe. Il (Elle) attend que le Maître de loge lui donne la parole.
  • Il (Elle) présente son travail avec la formule consacrée : Vénérable Maître et vous tous mes sœurs et frères en vos grades et qualités !
  • Puis, il (elle) donne lecture de sa planche tracée.
  • Á la fin de sa lecture, il (elle) fait le signe d’Ordre et attend les instructions du Maître de loge.
  • Le Maître de loge fait conduire par le Maître des Cérémonies la sœur le frère à sa place sur sa colonne, qui prend place sans saluer.

Les Maîtres restent à leur plateau s’ils en ont un.

Le frère Orateur ne donne pas de conclusions. Il est seulement le gardien des règles et intervient seulement en tant qu’Orateur lors du déroulement des rituels.

Tout est dit et pourtant, il apparaît que nous prenons les uns et les autres quelques libertés avec la construction d’une planche. Le but premier de faire une planche est d’utiliser les outils mis à notre disposition : le rituel en premier ainsi que les tapis, tableaux, et autres décorums.

Certains, prétendant connaitre le rituel par cœur, pensent qu’on peut passer à autre chose. C’est là l’erreur. Le rituel par son étude, par son décorticage, par son analyse des mots, des phrases, des idées doit nous permettre d’aller au fond de soi. Etudier la position d’un hiéroglyphe sur le tapis, faire des parallèles, voir des symétries, des oppositions permettent de rendre nos pensées plus claires ... pour les autres ... mais surtout pour soi. C’est la même démarche avec l’étude des sephirot que pratiquent les Kabbalistes. La Bible, comme la Thora juive sont des livres qui possèdent plusieurs niveaux de lecture possibles, avec plusieurs interprétations possibles. Ils nous ouvrent à « l’infini ». Ces livres supposés transmettre la parole de Dieu ne contiennent donc pas « la vérité » mais seulement un matériau de travail et d’interprétation. Une vie ne suffirait pas à leur étude et pour cette raison nous n’en ferons jamais le tour sauf à rester superficiel dans notre analyse.

Faire une planche s’apparente à un jeu, un art, une science permettant de décortiquer le sens réel ou supposé, on peut compter le nombre de lettres d’un mot, sa sonorité, jouer avec l’outil, le rapport avec l’environnement, aller ainsi de plus en plus loin en lui et donc en soi.

J’entends dire que certains ne peuvent travailler que dans l’urgence, que trois jours suffisent à l’élaboration d’une planche. J’entends ! Mais une planche doit être pensée, rabâchée, retournée, décortiquée, dépiautée sinon elle ne permet pas d’obtenir le but recherché qui est de mieux se connaitre. Pour ce faire il est important qu’elle soit entreprise bien trois mois avant d’être présentée. Un mois avant cette présentation, elle doit être transmise aux Surveillants qui donnent alors un élan nouveau en ouvrant sur certaines pistes, zones d’ombres etc. Les Surveillants ne sont en effet pas seulement chargés d’une rituellie mais ont un rôle « d’éveilleur » par leur aide et donc de formation pour que la planche puisse répondre à ces différents plans.

Reprenons ce qui nous est dit :

Une planche se fait sur trois plans :

  • Le premier plan est celui de la spiritualité générale dans le cadre de la tradition judéo-chrétienne.
  • Bien sûr comme j’ai évoqué la Torah, nous pouvons travailler sur d’autres outils. S’il nous est demandé de travailler selon une spiritualité judéo-chrétienne c’est que, que nous le voulions ou non, nous sommes de cette tradition et comme il ne s’agit que d’un moyen de réflexion pourquoi ne pas l’accepter. La preuve de cela est dans le fait que le V.M. doit s’assurer que les travaux ne présentent pas un caractère politique ou religieux ! (article 44 des statuts de la Grande Loge des Régimes Rectifiés). La Bible ne doit donc pas être détournée de l’usage que nous devons en faire et c’est ce que nos détracteurs ne comprennent pas lorsqu’on nous accuse de ... religiosité pour rester poli.

  • Le second plan est celui la démarche maçonnique dont le maître mot est « spiritualité ».
  • Cette connaissance spirituelle de plus en plus élevée se fait en ayant la conscience permanente d’appartenir à un tout ordonné et évolutif. Cette prise de conscience se fait par la mise en situations successives favorables à cette prise de conscience. Il est dit que :

    C’est un ensemble de pratiques, au sein d’une même institution, destiné à rassembler ses membres, autour d’une même tradition, orientés vers le même objectif : l’accès à la notion de sacré et le perfectionnement de l’homme.

  • Enfin celui de la démarche personnelle de la sœur ou du frère.
  • Il ne s’agit nullement de faire une thérapie de groupe ! Ainsi s’il est possible d’évoquer le JE, son propre vécu, son expérience, ce n'est que pour l’utiliser en illustration d’une pensée, d’une démonstration. Cela ne pouvant se faire que dans la troisième partie de la planche au sein de la partie « la démarche personnelle de la sœur ou du frère. »

Même les Maitres, qui ont plus de liberté dans le choix des thèmes, doivent se contraindre à se situer comme il est dit « dans un cadre maçonnique et dans la tradition historique et spirituelle de la maçonnerie » [...]

Ces travaux présentent ainsi un intérêt réel pour l’instruction des sœurs et frères de la loge.

Une planche sociétale peut faire évoluer une société mais ne fait pas se développer le maçon dans sa quête de spiritualité. Spiritualité qu’il convient de ne pas mélanger avec la religion. Une loge sociétale peut avoir des maçons tels que nous l’appréhendons. Il en est fort heureusement souvent ainsi. Notre spécificité, est d’être une loge travaillant pour l’élévation de l’individu et ce n’est qu’indirectement, en portant nos valeurs à l’extérieur que nous ferons un monde meilleur.

Notre spécificité est notre force ; nos visiteurs nous apprécient pour la qualité de nos travaux, nos différences. Restons-y donc attachés.

Chacun sa méthode pour gérer l’élaboration de sa planche même si comme je l’ai indiqué le cadre est dicté. Je pense cependant qu’il convient dans un premier temps, en partant du sujet donné, de collecter ses connaissances le concernant pour que notre travail futur ne se limite pas aux voies que nous allons découvrir. En un mot, ouvrir le maximum de portes quitte à les refermer si la voie apparait ultérieurement stérile.

Puis lisons notre rituel pour savoir où le sujet est évoqué, en se posant mille questions comme : Pourquoi en parle-t’on à ce moment-là ? De quoi parle t’on juste avant ? Et après ? Quel contexte ? Historiquement est ce que cela avait une portée différente ? La ponctuation donne-t-elle un sens particulier à la phrase ? Bref nous replaçons le sujet dans son environnement.

Ensuite nous pouvons utilement visiter également la Gestuelle, les Statuts et Règlements de l'Ordre.

Dans un autre temps, parcourons notre bibliothèque, nos notes passées et même Internet. Nous y découvrons parfois des pistes intéressantes, d’autres farfelues, d’autres choses intéressantes qui ne sont pas utiles pour la planche mais pour notre culture personnelle ... ou pour un prochain travail.

Chaque jour ensuite que ce soit au cours d’une promenade, d’un temps de repos, au détour d’une discussion amicale, d’une lecture, de l’écoute d’une chanson, nous restons aux aguets. De nombreuses choses, semblant venir de nulle part, comme amenées par le hasard, nous permettent de cheminer sur le sujet. Des idées nouvelles apparaissent, certaines évidences qui nous échappent. Ces prétendus hasards n’en sont pas, ils résultent du fait que nos sens à l’affut repèrent dans l’environnement ce qui devient « signes ».

Ainsi nous construisons notre planche : nous ajoutons, nous déplaçons un paragraphe, nous précisons, nous enlevons les redites, etc...

Certains maçons pour diverses raisons mais le plus souvent par crainte de décevoir leur sœurs et frères élaborent leur planche avec un apport massif de l’outil Internet ou pire travaillent à quatre mains. C’est une grave erreur. Hormis le fait que cela se « voit » ou « se sent », cela a surtout pour effet de ne pas aider le maçon à « grandir ». Et là, à quoi lui serviraient les réceptions futures ? Nous obtiendrions le même résultat en lui communiquant dés à présent la collection de tous nos rituels. C’est-à-dire que cela ne servirait à absolument rien. Comme le dit Oswald WIRTH : Ces voyages servent uniquement à celui qui les vit en esprit et en vérité, quant à celui qui les évite ou qui les envisage sous leur seule extériorité, il reste profane en dépit de toutes les connaissances dont il peut faire étalage.

C’est pour toutes ces raisons qu’une planche a besoin de maturité pour être utile. Si nous savions tout, nous pourrions faire une planche rapidement mais savoir tout est impossible puisque comme dit précédemment une vie ne suffit pas à aller au fond du sujet, au fond de soi encore moins. Une planche est faite pour celui qui l’écrit et accessoirement pour les sœurs et frères. C’est le cas lorsque le rédacteur en conclut que le thème de cette planche « lui a parlé », nous savons alors qu’il a bien travaillé et progressé sur sa voie.

Car je vous fais une confidence : Quel que ce soit le sujet proposé, quel qu’il soit, si nous le travaillons bien travaillé, il nous parle ! ... car nous nous parlons.

Je vous souhaite du fond du cœur que vous ressentiez cela, ainsi vous aurez contribué a ce que perdure la maçonnerie spiritualiste mais surtout vous aurez ce sentiment d’appartenance qui nous lie et qui nous fait dire. « Vivement que je retrouve mes sœurs et frères sur les colonnes jeudi prochain. »

L’assiduité en Franc-maçonnerie

Assidu(e) : du latin assiduus, c’est être constamment présent auprès de ; l’assiduité étant l’exactitude à se trouver là où l’on est appelé par ses fonction ou ses obligations. C’est aussi la qualité de celui qui pratique la ponctualité, l’exactitude, l’application des règles. Ainsi sont expliqués ces termes dans les dictionnaires et autres encyclopédies des langues française et italienne.

L’assiduité est un grand problème dans notre société actuelle, profane ou maçonnique. Elle est pourtant une part essentielle de notre vie quotidienne, de la réussite individuelle ou collective par sa fonction sur notre conscience. Alors, soyons honnêtes et parlons franc : est-ce si dur d’être assidu ?

Qui ou quoi démotive les différents composants de nos assemblées pour que certains trouvent des excuses, plus ou moins valables, pour ne pas être présents aux tenues ?

Mais chacun devrait balayer devant sa porte et essayer de voir en face les problèmes un par un. Les sœurs et frères du troisième grade font-ils en loge tout ce qui est nécessaire pour intéresser les apprentis et les compagnons ? Est-ce que certains ne se retranchent pas derrière un mur de certitudes et de connaissances acquises par de longues années de pratique, mur pourtant ferme sur sa base, mais fait de pierres mal taillées ou mal dégrossies? Il faut, de temps en temps, reprendre l’équerre et le fil à plomb, afin de remettre à niveau. Et ne pas se cacher derrière l’acacia pour accepter d’admettre après la tenue certaines faiblesses.

Il va de soi que dans la vie profane les excuses, diversement justifiées, sont acceptées par principe. Mais en loge, nous avons tous pris des engagements volontaires et personnels, sans contraintes ni obligations. Nous n’avons pas eu de couteau sous la gorge, mais une épée sur le cœur, pour accepter librement notre promesse d’être présent à chaque tenue; même si, lors de notre réception, tous les termes de la promesse faite en présence des membres de la loge ne furent pas immédiatement assimilés.

Il existe un catéchisme que le Maître de loge, assisté des Premier et Deuxième Surveillants, a à cœur de lire après l’ouverture des travaux. Il nous rappelle les bases essentielles de notre engagement personnel, que l’on soit apprenti, compagnon ou maître.

Notre conscience devrait être en éveil au début de chaque année maçonnique. Pensons à ceux qui ont une tenue tous les quinze jours, voire une par semaine, et qui doivent présenter un travail une fois sur deux ! Pensons à ceux qui sont sur les parvis du temple, avec le secret espoir d’être parmi les « élus », dont nous faisons partie. Ne nous fions pas trop à notre mémoire et prenons soin de noter les dates des tenues dans nos agendas.

Etre à l’heure est également important pour que les travaux débutent tôt. Beaucoup de sœurs et frères habitent loin et font des kilomètres pour que la loge soit juste et parfaite et brille de tous ses feux. Ne les pénalisons pas en les obligeant à rentrer trop tardivement chez eux !

Un franc-maçon n’est ni un simple mortel, ni un dieu non plus ! Ce qui le distingue des profanes, ce sont les principes qu’il acquiert par son travail assidu en loge; à savoir : se connaître soi-même, afin de dégrossir sa pierre brute ; apprendre le respect de soi-même et des autres, l’égalité et la fraternité entre membres de toutes obédiences, la solidarité qu’il exercera par sa présence assidue aux travaux en loge. Les critiques sont souvent constructives, lorsqu’elles sont honnêtement exposées, dans la vie profane comme maçonnique. Afin d’éviter la critique négative, l’assiduité et la persévérance sont les deux colonnes du métier du maçon de franche pierre. Si une tenue ne nous manque pas, si cela ne provoque pas en nous un sentiment d’insatisfaction, ne nous pousse pas à réfléchir sur nous-même, quel que soit notre grade, alors il nous faut revoir rapidement le rituel, le règlement intérieur de l’atelier et le catéchisme.

Et si, malgré cette relecture, aucune lumière ne jaillit avec un sentiment d’abandon, de culpabilisation, interrogeons-nous : notre place est-elle toujours en Franc-maçonnerie ? Mais si par le recul d’une mise en sommeil volontaire, l’on se rend compte qu’on a raté l’essentiel, alors c’est que l’on a toujours sa place en loge. Le temps ne compte pas pour un franc-maçon et seules la détermination et la volonté individuelle permettent de s’améliorer. Celui-là qui applique ces principes sera un exemple pour les autres. Le Maître de loge, les Surveillants et tous les maçons seront là pour l’aider. Chaque maçon doit avoir à cœur de répondre à ses questions, de participer à son apprentissage, quel que soit le grade. Un franc-maçon est libre de pensée et, s’il commet une erreur, le Maître ou le gardien de la constitution rectifiera et corrigera, sans agressivité ni méchanceté, car tous les maçons sont d’éternels apprentis.

Tous les membres de nos loges forment une chaîne d’union composée de maillons purs et sans taches, unis et solidaires. Si l’on rompt cette chaîne par manque d’assiduité, l’unité s’affaiblit et l’ensemble de la loge est momentanément désorganisé. Mais, tel le phénix, la loge, par solidarité, renaît de ses cendres, plus forte, plus unie.

Laissons nos métaux à la porte du temple, venons partager la joie, le plaisir fraternel au sein d’une loge juste et parfaite, forte de tous ses membres présents. Nous avons tous besoin les uns des autres, dans une fraternité sincère et chaleureuse. Et toutes les pierres d’un édifice jouent un rôle dans son édification, de la pierre de fondation à la clef de voûte.

Confortons-nous dans cette pensée et construisons ensemble le temple élevé à la gloire du Grand Architecte de l’Univers.

Ouvrez votre cœur à votre Maitre

Un cœur noble a aussi ses faiblesses mais trouver l’amour rend fier et conduit parfois à d’autres erreurs. Ouvrez votre cœur à votre Maître ; faites-lui part de vos pensées ; confiez-vous à son autorité et ainsi je ne doute pas que nos secrets, qui vous paraissent encore obscurs, feront place à la lumière et que vous connaîtrez le jour où vous serez triplement joyeux lorsque vous aurez atteint la plénitude de cette lumière. » Ces phrases se trouvent à la fin du discours de l’Orateur. L’apprenti vient de vivre sa réception...

Un cœur noble a aussi ses faiblesses mais trouver l’amour rend fier et conduit parfois à d’autres erreurs.

Ouvrez votre cœur à votre Maître ; faites-lui part de vos pensées ; confiez-vous à son autorité et ainsi je ne doute pas que nos secrets, qui vous paraissent encore obscurs, feront place à la lumière et que vous connaîtrez le jour où vous serez triplement joyeux lorsque vous aurez atteint la plénitude de cette lumière. »

Ces phrases se trouvent à la fin du discours de l’Orateur. L’apprenti vient de vivre sa réception, dans l’émotion et la découverte d’une société nouvelle. L’Orateur a « apporté quelques explications », selon son expression. Il clôture son discours en parlant de percevoir les secrets, de lumière et d’une triple joie dans la plénitude de cette lumière. La fin de ce discours est flamboyante comme le bouquet d’un feu d’artifice, dans la perspective de lendemains qui chantent, au terme d’un voyage initiatique réservé au cœur noble qui trouve l’amour.

On remarque bien que l’on évoque des faiblesses, de la fierté et des erreurs, mais on ne s’y attarde pas tant l’envolée est enthousiaste. De fait, je me suis toujours demandé pourquoi trouver l’amour était associé à la fierté et à des erreurs, mais je n’avais jamais persisté dans une réflexion : après tout, il faut d’abord pour cela trouver l’amour et mon chemin spirituel est encore long…

Alors, puisqu’il n’est rien ici qui ne puisse nous donner lieu à réfléchir, scrutons le texte et essayons de dégager son enseignement.

Le libellé du sujet est long et je vais encore l’augmenter des deux phrases qui le précèdent : Percevoir les secrets est une noble école de sagesse. Seul avec vos propres pensées, vous n’êtes sûr de rien.

Ainsi, il est annoncé que l’enjeu de la démarche initiatique passe par percevoir les secrets, porteurs de sagesse. Les secrets découverts ouvrent la voie de la lumière.

Oui, mais voilà : seul avec vos propres pensées, vous n’êtes sûr de rien. Cette attitude recèle manifestement un danger d’égarement pour le cherchant et contient un avertissement que l’Orateur donne au nouveau reçu, au seuil de son parcours. (I). Mais, comme tout est dit dans le rituel d’Apprenti, il va s’employer à lui révéler l’antidote qui le mènera au bout de sa quête (II).

I) L’avertissement.

Tout d’abord, quand l’Orateur décrit le cherchant, celui qui est à l’école de la sagesse, il parle d’un cœur noble. Mais, qu’entend-on par noble ? Je ne serais pas de cette loge si je ne m’attachais pas aux définitions, et notamment celle du Littré. Est noble celui qui a rang et qualité au-dessus des roturiers, soit par la naissance, soit par les lettres du Prince. Mais, également, on est noble par la grandeur, l’élévation, la dignité, comme étant au-dessus du vulgaire.

Dans le rituel, ce mot est employé à plusieurs reprises.

Lors de la réception, le Second Surveillant enlève une première fois le bandeau du candidat qui découvre les épées tournées vers lui. Le Maître dit : Voyez toutes ces épées pointées vers vous. Aucun de ces hommes nobles ne pourrait être apaisé s’il n’avait vengé avec votre sang un tel acte infâme. On hésite sur le sens du mot noble ainsi placé : est-ce une référence à la distinction sociale, associée à l’épée ? Ou bien à une grandeur se faisant un devoir d’occire le traître ?

L’Orateur, pour sa part, répète le mot plusieurs fois : il nous dit que les portes ne doivent être ouvertes qu’à la vertu et aux réelles et nobles qualités du cherchant ; il parle de la noble école de sagesse et du cœur noble ; ce même cœur qui doit être imprégné du respect de ses devoirs par les trois coups frappés par le Maître.

La noblesse s’entend donc bien dans son sens moral et apparaît associé à une qualité d’être particulière, seule apte à entreprendre le chemin initiatique et à répondre à l’enseignement élevé que lui propose la Franc-maçonnerie.

Mais, cette qualité n’est pas à l’abri de piège et l’Orateur met en garde : trouver l’amour rend fier.

Au cours de la réception, l’apprenti a déjà eu un premier enseignement, donné en guise d’avertissement également, que toute grandeur sur terre disparaît comme la fumée de la flamme brillante qui l’a ébloui.

Grandeur/fumée, amour/fierté, autant de succession d’état élevé, puis de chute, comme un schéma qui serait peut-être destiné à se répéter.

Trouver l’amour pour un cœur noble, à l’aspiration haute, suggère que l’amour est à la mesure d’agapè, dans l’ouverture de soi et la douceur. Etre fier implique une notion d’enfermement, dans une singularité hautaine qui s’arroge une dignité supérieure à celle de ses semblables. Cette attitude éloigne assurément d’agapè, par un dérapage égotique qui tire gloire d’un état fait pour l’humilité. Comme si, en s’approchant de la réalisation, le combat contre ses propres ténèbres s’intensifiait, dans un défi à la mesure de l’élévation. L’Orateur est sage. Il parle en frère qui a parcouru un long chemin et qui sait que ceux qui nous y précèdent peuvent connaître de tels écueils, à des stades que nous ignorons. Ainsi, plus on avancerait et plus la lutte serait difficile, peut-être parce que, justement, on serait plus à même d’y faire face.

Et la cause identifiée de ce danger est d’être seul avec ses pensées. Alors, pour conjurer cette solitude pernicieuse, l’Orateur va révéler à l’apprenti l’antidote qui lui garantira de ne pas s’égarer hors de son chemin vers la lumière.

II) L’antidote.

Ouvrez votre cœur à votre Maître ; faites-lui part de vos pensées ; confiez-vous à son autorité.

Ouverture, partage, confiance : ce sont les trois mots-clés qui sortent de l’enfermement sur soi et nous tournent vers l’altérité. Et pas n’importe laquelle : celle de notre Maître.

Dans le catéchisme, nous savons que le Maître est celui qui porte l’équerre sur la poitrine ; celui qui, à l’instar du soleil, régit la loge et illumine les sœurs et frères. Il s’agit donc de notre Maître de loge. L’article 38 des Statuts de l’Ordre précise qu’il doit gouverner la loge avec douceur, prudence et fermeté et y faire respecter l’Ordre.

Ainsi, le Maître de loge est un référent, fiable et digne de recueillir les pensées profondes de ses sœurs et frères. Il représente la loge et on peut se confier à son autorité. Je me suis interrogée sur cette notion d’autorité. Bien sûr, par sa fonction, il exerce l’autorité au sein de la loge et, en corollaire, l’Ordre peut lui demander compte des dysfonctionnements. Mais, par la référence qu’il constitue, ne fait-il pas aussi autorité ? A ce stade, j’ai été troublée par cette idée de « faire autorité » qui s’accompagne d’une nécessaire légitimité.

Autant j’adhère sans difficulté à cette confiance à l’égard du Vénérable Maître de notre loge à laquelle je suis affiliée et il m’arrive de lui faire part de mes pensées, en me trouvant éclairée par ces échanges.

Autant je m’interroge quand je me considère exerçant cette fonction dans ma loge. Dans cette perspective, je me souviens d’abord que le Maître de loge ne sort pas de sa qualité de frère, qu’il n’a pas vocation à être un guru et qu’il ne s’inscrit pas dans une relation filiale. Chaque franc-maçon se distingue par sa manière de penser libre et volontaire, nous dit la réponse à la question 26 du catéchisme. Le Maître demeure alors dans une relation d’accompagnement fraternel et de transmission. Le Maître n’apporte pas la lumière mais, fonction et connexion obligent, il la reflète au prisme de ce qu’il est. Les Maîtres de loge se succèdent et chacun d’eux diffuse sa propre tonalité qui suscite différemment les sœurs et frères. On s’aperçoit de ce phénomène à chaque transmission de maillet.

Les échanges avec le Maître ont le mérite premier, pour la sœur ou le frère, de pouvoir exprimer son questionnement. En trouvant les mots pour évoquer ses interrogations, il va préciser sa pensée et la confronter, en saisissant peut-être un autre angle de vue pour nourrir sa réflexion et trouver à terme sa propre réponse.

Et puis, les échanges peuvent également permettre de tendre un miroir dans lequel la sœur ou le frère percevra une réalité de lui-même qu’il ne soupçonnait pas. Regarder le miroir est précieux, mais exigeant, car cela demande de la force et de l’humilité. L’être fragile cherchera à se soustraire à son reflet, par crainte d’un effondrement, allant même jusqu’à critiquer la main qui lui tend le miroir, dans une stratégie de diversion. L’être intègre acceptera la remise en cause qui lui permettra, par sa bonne volonté, de faire évoluer sa manière de vivre.

L’ouverture dans la confiance, l’humilité et la bonne volonté vont imprimer une attitude intérieure dont l’exercice apparaît spirituellement juste. Elle sera le fruit d’une subtile synergie entre l’individu et le collectif, associant l’évolution de l’être et sa participation à l’œuvre de la communauté.

En s’ouvrant au Maître et en se confiant à son autorité, la sœur ou le frère se reconnaît membre de la loge que représente le Maître. Il est soutenu dans sa construction intérieure par le bénéfice de l’accompagnement et la sûreté de la transmission.

Dans le même temps, tel le rayon d’un cercle convergeant vers le centre, il se tourne vers la loge, en acquérant la conscience de sa place et de sa responsabilité. Il se prépare ainsi à y apporter le meilleur de lui-même, dans l’application des principes qu’il intègre pas à pas.

Par cet exercice, le la sœur ou le frère se met dans une juste disposition pour progresser sur le chemin de la lumière et la perception des secrets.

La construction spirituelle intérieure nécessite cette ouverture dans la confiance, cette humilité et cette bonne volonté dans un lien avec le divin ; un lien filial, cette fois, auquel on s’abandonne pour être guidé dans la lumière.

Percevoir les secrets est une noble école de sagesse. Mais, que serait la sagesse si elle ne se traduisait pas dans les actes par la justesse du discernement ? Quelle serait une lumière qui n’illuminerait pas les actions par la bienveillance de la fraternité ? Vaines assurément si on se contentait de pensées et de discours.

C’est donc à l’épreuve d’une vie en communauté, que ce soit dans une loge, dans l’Ordre ou dans la société profane, que nous sommes défiés à être ensemble, à œuvrer avec ce que nous sommes chacun et les uns par rapport aux autres. Nous sommes invités, avec discernement et fraternité, à poser des actes qui honorent le Principe, non pour en tirer de la fierté, mais pour avoir la joie de voir le Principe prendre forme sur le plan terrestre. La joie est un des fruits de l’Esprit, selon saint Paul. Alors, peut-être un jour, sera-t-on triplement joyeux par l’alignement du corps, de l’âme et de l’esprit, dans la plénitude de l’harmonie, en soi et ensemble.

Communications

Enfin pêlemêle, des communications courtes de sœurs et de frères émerveillés par leurs découvertes et désireux de les partager avec le plus grand nombre.

Grille de chiffrage de Stricte Observance
Voyage en Orient
Les tapis de loge noirs et blancs au dix-huitième siècle
Prière des Templiers en prison

Grille de chiffrage de Stricte Observance

P a1 g a2 n1 i1 s1 m1 o1 l
a b c d e f g h i k
-
l2 a3 y A'' u m2 o2 n2 t H
l m n o p q r s t u
-
a5 r1 r2 i2 s2
v w x y z

Trouvée dans un ouvrage, cette grille de chiffage est basée sur le même principe que la plupart des codes maçonniques : remplacement de chaque lettre de l'alphabet par un glyphe qui est toujours le même. Elle est particulière dans le sens où chaque glyphe est lui même une lettre accentuée ou pas d'un nombre. Nous avons reproduit le tableau de chiffrage de la même manière qu'il a été trouvé : deux lignes de 10 colonnes plus une de 5 (il manque le j confondu comme d'habitude avec le i). Cette disposition fait peut-être partie de la construction de ce code.

Gérard de Nerval : "Voyage en Orient" Histoire de la Reine du matin et de Soliman, Prince des Génies.Chapitre XII. Macbénach

[...] Le temps était bas, et le soleil, en pâlissant, avait vu la nuit sur la terre. Au bruit des manteaux sonnant l'appel sur les timbres d'airain, Adoniram, s'arrachant à ses pensées, traversa la foule des ouvriers rassemblés ; et pour présider à la paye il pénétra dans le temple, dont il entrouvrit la porte orientale, se plaçant lui-même au pied de la colonne Jakin.

Des torches allumées sous le péristyle pétillaient en recevant quelques gouttes d'une pluie tiède, aux caresses de laquelle les ouvriers haletants offraient gaiement leur poitrine.

La foule était nombreuse ; et Adoniram, outre les comptables, avait à sa disposition des distributeurs préposés aux divers ordres. La séparation des trois degrés hiérarchiques s'opérait par la vertu d'un mot d'ordre qui remplaçait, en cette circonstance, les signes manuels dont l'échange aurait pris trop de temps. Puis le salaire était livré sur l'énoncé du mot de passe.

Le mot d'ordre des apprentis avait été précédemment JAKIN, nom d'une des colonnes de bronze ; le mot d'ordre des autres compagnons, BOOZ, nom de l'autre pilier ; le mot des maîtres JÉOVAH.

Classés par catégories et rangés à la file, les ouvriers se présentaient aux comptoirs, devant les intendants, présidés par Adoniram qui leur touchait la main, et à l'oreille de qui ils disaient un mot à voix basse. Pour ce dernier jour, le mot de passe avait été changé. L'apprenti disait TUBALKAÏN ; le compagnon, SCHIBBOLETH ; et le maître, GIBLIM.

Peu à peu la foule s'éclaircit, l'enceinte devint déserte, et les derniers solliciteurs s'étant retirés, l'on reconnut que tout le monde ne s'était pas présenté, car il restait encore de l'argent dans la caisse.

"Demain, dit Adoniram, vous ferez des appels afin de savoir s'il y a des ouvriers malades, ou si la mort en a visité quelques-uns."

Dès que chacun fut éloigné, Adoniram vigilant et zélé jusqu'au dernier jour, prit, suivant sa coutume, une lampe pour aller faire la ronde dans les ateliers déserts et dans les divers quartiers du temple, afin de s'assurer de l'exécution de ses ordres et de l'extinction des feux. Ses pas résonnaient tristement sur les dalles : une fois encore il contempla ses œuvres, et s'arrêta longtemps devant un groupe de chérubins ailés, dernier travail du jeune Benoni.

"Cher enfant !" murmura-t-il avec un soupir.

Ce pèlerinage accompli, Adoniram se retrouva dans la grande salle du temple. Les ténèbres épaissies autour de sa lampe se déroulaient en volutes rougeâtres, marquant les hautes nervures des voûtes, et les parois de la salle, d'où l'on sortait par trois portes regardant le septentrion, le couchant et l'orient.

La première, celle du nord, était réservée au peuple ; la seconde livrait passage au roi et à ses guerriers ; la porte de l'Orient était celle des lévites ; les colonnes d'airain, Jakin et Booz, se distinguaient à l'extérieur de la troisième.

Avant de sortir par la porte de l'occident, la plus rapprochée de lui, Adoniram jeta la vue sur le fond ténébreux de la salle, et son imagination frappée des statues nombreuses qu'il venait de contempler évoque dans les ombres le fantôme de Tubal-Kaïn. Son œil fixe essaya de percer les ténèbres ; mais la chimère grandit en s'effaçant, atteignit les combles du temple et s'évanouit dans les profondeurs des murs, comme l'ombre portée d'un homme éclairé par un flambeau qui s'éloigne. Un cri plaintif sembla résonner sous les voûtes.

Alors Adoniram se détourna s'apprêtant à sortir. Soudain une forme humaine se détacha du pilastre, et d'un ton farouche lui dit :
"Si tu veux sortir, livre-moi le mot de passe des maîtres."

Adoniram était sans armes ; objet du respect de tous, habitué à commander d'un signe, il ne songeait pas même à défendre sa personne sacrée.

"Malheureux ! répond-il en reconnaissant le compagnon Méthousaël, éloigne-toi ! Tu seras reçu parmi les maîtres quand la trahison et le crime seront honorés ! Fuis avec tes complices avant que la justice de Soliman atteigne vos têtes."

Méthousaël l'entend, et lève d'un bras vigoureux son marteau, qui retombe avec fracas sur le crâne d'Adoniram. L'artiste chancelle étourdi, par un mouvement instinctif, il cherche une issue à la seconde porte, celle du Septentrion. Là se trouvait le Syrien Phanor, qui lui dit :
"Si tu veux sortir, livre-moi le mot de passe des maîtres !
- Tu n'as pas sept années de campagne ! répliqua d'une voix éteinte Adonirm.
- Le mot de passe !
- Jamais !"

Phanor, le maçon, lui enfonça son ciseau dans le flanc ; mais il ne put redoubler, car l'architecte du temple, réveillé par la douleur, vola comme un trait jusqu'à la porte d'Orient, pour échapper à ses assassins.

C'est là qu'Amrou le Phénicien, compagnon parmi les charpentiers, l'attendait pour lui crier à son tour :
"Si tu veux passer, livre-moi le mot de passe des maîtres.
- Ce n'est pas ainsi que je l'ai gagné, articula avec peine Adoniram épuisé ; demande-le à celui qui t'envoie."

Comme il s'efforçait de s'ouvrir un passage, Amrou lui plongea la pointe de son compas dans le cœur.

C'est en ce moment que l'orage éclata, signalé par un grand coup de tonnerre.

Adoniram était gisant sur le pavé, et son corps couvrait trois dalles. A ses pieds s'étaient réunis les meurtriers, se tenant par la main.
"Cet homme était grand, murmura Phanor.
- Il n'occupera pas dans la tombe un plus vaste espace que toi, dit Amrou.
- Que son sang retombe sur Soliman Ben-Daoud !
- Gémissons sur nous-mêmes, répliqua Méthousaël, nous possédons le secret du roi. Anéantissons la preuve du meurtre ; la pluie tombe ; la nuit est sans clarté ; Éblis nous protège. Entraînons ces restes loin de la ville, et confions-les à la terre."

Ils enveloppèrent donc le corps dans un long tablier de peau blanche, et, le soulevant dans leurs bras, ils descendirent sans bruit au bord du Cédron, se dirigeant vers un tertre solitaire situé au-delà du chemin de Béthanie. Comme ils y arrivaient, troublés et le frisson dans le cœur, ils se virent tout à coup en présence d'une escorte de cavaliers. Le crime est craintif, ils s'arrêterent ; les gens qui fuient sont timides... et c'est alors que la reine de Saba passa en silence devant des assassins épouvantés qui traînaient les restes de son époux Adoniram.

Ceux-ci allèrent plus loin et creusèrent un trou dans la terre qui recouvrit le corps de l'artiste. Après quoi Méthousaël, arrachant une jeune tige d'accacia, la planta dans le sol fraîchement labouré sous lequel reposait la victime.

Pendant ce temps-là, Balkis fuyait à travers les vallées ; la foudre déchirait les cieux, et Soliman dormait.

Sa plaie était plus cruelle, car il devait se réveiller.

[...]

le bruit du meurtre d'Adoniram s'étant répandu, le peuple soulevé demanda justice, et le roi ordonna que neuf maîtres justifiassent de la mort de l'artiste, en retrouvant son corps.

Il s'était passé dix-sept jours : les perquisitions aux alentours du temple avaient été stériles, et les maîtres parcouraient en vain les campagnes. L'un d'eux, accablé par la chaleur, ayant voulu, pour gravir plus aisément, s'accrocher à un rameau d'acacia d'où venait de s'envoler un oiseau brillant et inconnu, fut surpris de s'apercevoir que l'arbuste entier cédait sous sa main, et ne tenait point à la terre. Elle était récemment fouillée, et le maître étonné appela ses compagnons.

Aussitôt les neuf creusèrent avec leurs ongles et constatèrent la forme d'une fosse. Alors l'un d'eux dit à ses frères :
"Les coupables sont peut-être des félons qui auront voulu arracher à Adoniram le mot de passe des maîtres. De crainte qu'ils n'y soient parvenus, ne serait-il pas prudent de le changer ?
- Quel mot adopterons-nous ? objecta un autre.
- Si nous retrouvons là notre maître, repartit un troisième, la première parole qui sera prononcée par l'un de nous servira de mot de passe ; elle éternisera le souvenir de crime et du serment que nous faisons ici de le venger, nous et nos enfants, sur ses meurtriers, et leur postérité la plus reculée."

Le serment fut juré ; leurs mains s'unirent sur la fosse, et ils se reprirent à fouiller avec ardeur.

Le cadavre ayant été reconnu, un des maîtres le prit par un doigt, et la peau lui resta à la main ; il en fut de même pour un second ; un troisième le saisit par le poignet de la manière dont les maîtres en usent envers le compagnon, et la peau se sépara encore ; sur quoi il s'écria : MAKBÉNACH, qui signifie : LA CHAIR QUITTE LES OS.

Sur-le-champ ils convinrent que ce mot serait dorénavant le mot de maître et le cri de ralliement des vengeurs d'Adoniram, et la justice de Dieu a voulu que ce mot ait, durant des siècles, ameuté les peuples contre la lignée des rois.

Phanor, Amrou et Méthousaël avaient pris la fuite ; mais reconnus pour de faux frères, ils périrent de la main des ouvriers, dans les États de Maaca, roi du pays de Geth, où ils se cachaient sous les noms de Sterkin, d'Oterfut et de Hoben.

Néanmoins, les corporations, par une inspiration secrète, continuèrent toujours à poursuivre leur vengeance déçue, sur Abiram, ou le meurtrier... Et la postérité d'Adoniram resta sacrée pour eux ; car longtemps après ils juraient encore par les fils de la veuve, ainsi désignaient-ils les descendants d'Adoniram et de la reine de Saba. [...]

Les tapis de loge noirs et blancs au dix-huitième siècle.

Le blanc sur le noir dérive de la pratique de dessiner un tapis avec de la craie sur un sol de bistro sombre ; le noir sur blanc dériverait de la pratique d’y mettre une couche de sable blanc et de dessiner dedans avec le doigt les figures, qui font apparaître le sol sombre en dessous. Cette méthode de représenter le tapis de loge est probablement la plus ancienne.

⇦ Extrait du tapis de loge Dresde Rituel d'Apprenti :

Extrait du tapis de loge de Stricte Observance. Compagnon Muséum Sckloss ⇨






Prière des Templiers en prison

Prière des Templiers en prison composée en 1310 par le frère Aymeri de Limoges
pour assurer la défense de ceux de ses frères
emprisonnés en l'abbaye Sainte Geneviève.

Que la grâce du Saint-Esprit nous assiste. Que Marie, Etoile de la mer, nous conduise au port du salut. Amen.

Seigneur Jésus, Christ saint, Père éternel et Dieu tout-puissant, sage Créateur, Dispensateur bienveillant et Ami révéré, humble et pieux Rédempteur, Sauveur clément et miséricordieux, je Te prie humblement et Te requiers de m’éclairer, de me délivrer et de me protéger , avec tous les frères de Temple et tout Ton peuple chrétien qui est dans la confusion et dans l’angoisse de l’avenir. Accorde-nous, Seigneur, en qui sont et de qui viennent toutes les vertus, bienfaits, dons et grâces du Saint-Esprit, accorde nous de connaitre la vérité et la justice, la faiblesse et l’infirmité de notre chair, d’accepter la véritable humilité, afin que nous puissions mépriser ce triste monde et ses souillures, les vains plaisirs, l’orgueil et toutes les misères, de n’aspirer qu’aux biens célestes, de travailler humblement au maintien de nos vœux et de Tes commandements.

Très Saint Seigneur Jésus-Christ, par le mérite de Tes vertus, que Ta grâce nous accorde, puissions-nous échapper au diable rugissant, à tous nos ennemis, à leurs embûches et à leurs œuvres. Ô notre Rédempteur et défenseur, ceux que par Ta passion et Ton humilité tu enchaînes au bois de la croix, les rachetant par Ta miséricorde, protège-les, protège-nous. Par Ta sainte croix et par son signe, puissions-nous triompher de l’ennemi et de ses embûches. Protège Ta sainte Eglise, éclaire ses prélats, ses docteurs et ses recteurs, avec tout Ton peuple chrétien ; qu’ils proclament et accomplissent Ton service et Ta volonté d’un cœur pur, humble et pieux ; que leur piété soit pure et exigeante ! Qu’ils enseignent le peuple et l’éclairent par le bon exemple. Puissions-nous, pour notre part, accomplir humblement les œuvres d’humilité, à Ton exemple et à celui des saints apôtres et des élus. Puissions-nous considérer de quoi nous sommes faits, ce que nous sommes et ce que nous serons, ce que nous faisons et devons faire pour avoir la vie conduisant aux joies du paradis. Daigne éclairer et convertir ceux qui n’ont pas été revivifiés par l’eau et l’Esprit-Saint, afin qu’ils obéissent à Ta sainte loi et reçoivent les sacrements de la sainte Eglise, et qu’ils gardent ensuite Ta sainte foi . Seigneur, donne à Ton peuple chrétien la soif et la possession de cette Terre sainte où Tu es né dans le dénuement, où Ta sainte miséricorde nous a rachetés, où Tes exemples et Tes miracles nous ont instruits… Daigne faire en sorte que nous la libérions par Ta Grâce et la possédions ! Que nous remplissions Tes saints services et volonté !

Dieu miséricordieux, T religion, qui est celle du Temple du Christ, a été fondée en concile général et en l’honneur de la sainte et glorieuse Vierge Marie Ta mère, par le bienheureux Bernard, Ton saint confesseur, élu à cette fin par la sainte Eglise romaine. C’est lui qui, avec d’autres prud’hommes, l’enseigna et lui confia sa mission. Or, la voici prisonnière et captive du Roi de France pour une injuste cause. Veuille la délivrer et la protéger, par la prière de la sainte et glorieuse Vierge Marie Ta mère et de la cour céleste . Seigneur, Toi qui es la vérité, qui sais que nous sommes innocents, fais-nous libérer, afin que nous tenions humblement nos vœux et Tes commandements, dans l’accomplissement de Ton saint service et de Ta volonté. Ces mensonges iniques lancés contre nous par pressions et tribulation (exauce nos prières !), tout ce que nous avons souffert, la condamnation pour nos corps, les propos qui nous ont été rapportés de la part de Monseigneur le pape, la prison perpétuelle que nous vaut l’infirmité de notre chair, puissions –nous n’avoir plus à endurer cela, malgré les calomnies qui pèsent si douloureusement sur nos consciences ! Protège-nous, Seigneur, avec tout Ton peuple chrétien ; apprends-nous à T’obeir. Donne à Philippe, notre roi, qui est petit-fils de Saint Louis, Ton saint confesseur, de mériter comme lui, par sa vie parfaite et ses mérites, la paix en son royaume et la concorde entre les siens, les rois, princes, barons et chevaliers. Que tous ceux qui ont été désignés pour faire garder la justice y veillent selon Tes commandements, l’accomplissent, souffrent et conservent entre eux et pour tout le peuple chrétien la paix et la lumière. Donne-leur de reconquérir avec nous la Terre-Sainte, et d’accomplir Ton saint service et Tes saints ouvrages ; accorde à tous nos parents, bienfaiteurs et prédécesseurs, à nos frères vivants et défunts la vie et le repos éternels.

Toi qui vis et règnes, étant Dieu, par tous les siècles des siècles. Amen.

De moi-même je ne suis pas digne de prier : mais que Ta miséricorde et Ton abaissement, que la bienheureuse et glorieuse Vierge Marie, Ta mère et notre avocate, que toute la Cour céleste intercèdent pour nous et nous obtiennent cette grâce.

Amen.

Sainte Marie, Mère de Dieu, Mère très pieuse, pleine de gloire, sainte Mère de Dieu, Mère toujours vierge et précieuse….. Ô Marie, salut des infirmes, consolatrice de ceux qui espèrent en Vous, triomphatrice du mal et refuge des pécheurs repentants, conseillez-nous, défendez-nous. Défendez Votre religion, qui a été fondée par Votre saint et cher confesseur le bienheureux Bernard avec d’autres prud’hommes institués par la sainte Eglise romaine ; c’est en votre honneur, ö très sainte et glorieuse, qu’elle s’est répandue. Nous vous en prions humblement, obtenez-nous la libération de Votre religion et de ses biens, avec l’intercession des anges, des archanges, des prophètes, des évangélistes, des apôtres, des martyrs, des confesseurs, des vierges elles-mêmes – en dépit des calomnies qui, Vous le savez, nous sont jetées à la face - ; que nos adversaires reviennent à la vérité et à la charité ! Puissions-nous, nous-mêmes, observer Vos vœux et les commandements de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Votre fils, qui est notre défenseur, créateur, rédempteur, sauveur miséricordieux et très aimé.

Lui qui vit et règne, étant Dieu, par tous les siècles des siècles. Amen.

Prions. Dieu tout-puissant et éternel, qui nous as donné au bienheureux Louis, Roi de France et Ton saint confesseur, la grâce, les mérites, l’humilité, la chasteté, la justice et la charité, selon l’intercession de la bienheureuse et glorieuse Vierge Marie Ta Mère, que tant il aimait ; Toi qui as donné la paix à son règne, accorde-nous, Seigneur, par son intercession, la paix et le conseil ; délivre et conserve dans la vérité, malgré les calomnies, notre religion fondée en l’honneur de la sainte et glorieuse Vierge Marie Ta mère, afin qu’en cette Terre-Sainte où Ta miséricorde et Ton amour nous ont rachetés, nous accomplissions Ton saint service et Ta volonté, et qu’ensemble, avec notre Roi et les siens unis dans les mêmes mérites, nous accédions enfin aux félicités du paradis.

Toi qui, étant Dieu, vis et règnes par les siècles des siècles. Amen.

Dieu tout-puissant et éternel, qui tant aimas le bienheureux Jean l’Evangéliste, Ton apôtre, et le laissas reposer sur Ton cœur à la Cène ; qui lui révélas les célestes secrets, et, de la croix où Tu gisais pour le salut du monde, le recommandas à ta Sainte Mère et Vierge, en l’honneur de qui notre religion a été fondée, délivre et conserve celle-ci par Ta sainte miséricorde ; et de même que Tu nous sais innocents des crimes qu’on nous impute, de même accorde-nous d’observer nos vœux et Tes commandements dans l’humilité et dans l’amour, afin qu’au terme d’une vie méritoire, nous parvenions aux félicités du Paradis.

Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.

Dieu Tout-Puissant et éternel qui as illuminé le bienheureux Georges, ton preux chevalier et saint martyr, par son amour et par la glorieuse et bienheureuse Vierge Marie, Ta très sainte Mère, en l’honneur de qui fut fondée notre religion, daigne la délivrer et préserver avec nous, afin que nous observions humblement nos vœux et Tes commandements, et possédions la vie par laquelle nous mériterons d’accéder aux félicités du Paradis. Toi qui, étant Dieu, vis et règnes par les siècles des siècles.

Amen.

Pierre Girad Augry
Le bréviaire des Templiers
Baudry Editions 2003
Traduction = Trahison
Les quatres phases concomitantes de notre vie spirituelle
Desiderata
Nuit d’Agapes ; Banquet night

Traduction = Trahison

Dans ma Bible il est écrit : Où manque le savoir, le zèle n’est pas bon. C’est le début du verset 2 chapitre 19 des Proverbes. Ma Bible est celle de Jérusalem, Les éditions du Cerf, 1999. Cette traduction est elle correcte ? Certainement ! Elle est traduite en français sous la direction de l’Ecole biblique de Jérusalem. Toutefois J’en ai une autre, La Bible nouvelle traduction, Bayard 2005, je lis : Ne rien savoir n’est pas bon. Il y a une différence, du coup je cherche d’autres versions de ce proverbe :

  • Jérusalem : Où manque le savoir, le zèle n’est pas bon.
  • Bayard : Ne rien savoir n’est pas bon.
  • Semeur : Dans un désir irréfléchi, il n’y a rien de bon.
  • Second : Le manque de science n'est bon pour personne.
  • Rabbinat : Etre dépourvu d'un esprit réfléchi est un mal.
  • Crampon : L'ignorance de l'âme n'est pas bonne.
  • Osty : Sans la science, le zèle n’est pas bon.
  • Chouraqui : Sans pénétration, même le répit n’est pas un bien.

Voilà quelques exemples pêchés de-ci de-là. Et dans le texte original en hébreux cela donne : גַּם בְּלֹא-דַעַת נֶפֶשׁ לֹא-טוֹב , de droite à gauche bien sûr, ce qui traduit mot à mot donne : bonne ; pas ; âme ; connaissance ; pas de ; aussi où remis de gauche à droite : Aussi pas de connaissance âme pas bonne.

Ainsi comme le disait ma professeur d’hébreux : Traduction = Trahison.

Les quatres phases concomitantes de notre vie spirituelle

La vie spirituelle peut se définir essentiellement comme renoncement au moi et au monde (aspect négatif) et comme « union à Dieu » (aspect positif). On peut y distinguer quatre phases : métanoïa, catharsis, apatheïa et théôsis dans un ordre hirarchiquement ascendant, mais ces quatres phases doivent être considérées comme concomitantes plutôt que comme successives, ou encore comme des « dominantes » dans les diverses étapes de la vie spirituelle ; c'est dire, par exemple, qu'il n'y a pas de métanoïa sans un commencement de de catharsis ou de théôsis, et vice versa.

  • Métanoïa = conversion = retournement : l'âme ayant perçu un commencement de Lumière divine se détourne sous l'action de la Grâce - en intention tout au moins - de l'égo et du monde. Phase initiale où la dominante est la métanoïa. C'est une « orientation nouvelle » : l'âme se tourne vers le Soleil spirituel. c'est l'entrée dans la Voie, mais il reste toute la route à parcourir.
  • Catharsis = purification = mortification des passions et du désir. l'âme « orientée » doit se purifier de tous les obstacles à l'accomplissement et à l'épanouisement de la Vie Divine en elle, ce qui correspondra aux deux aspects suivants : apatheïa et théôsis.
  • Apatheïa = apaisement = contentement. L'âme, libérée de l'égo et des passions, est dans l'état de pureté, de virginité, de passivité parfaite (matéria prima) pour recevoir le Fiat Lux, le Verbe Illuminateur et Transformateur qui veut s'incarner en elle ; c'est le mystère de l'incarnation et de la « Transsubstanciation » : Ceci est mon Corps.
  • Théôsis = divinisation : l'âme, entièrement dépouillée, n'est plus elle-même car elle est « transformée » en Dieu.
Traité VII.10 Alchimie spirituelles,
Introduction à l'ésotérisme chétien,
abbé Henri Stéphane.

Desiderata

Reste calme au milieu du bruit et de l’impatience et souviens-toi de la paix qui découle du silence.
Autant que tu le peux, mais sans te renier, sois en bons termes avec tout le monde.
Dis ce que tu penses, clairement, simplement ; et écoute les autres, même les sots et les ignorants ; eux aussi ont quelque chose à dire.
Evite les gens grossiers et violents ils ne sont que tourments pour l’esprit.
Si tu te compares aux autres, tu risques de devenir vaniteux ou amer, il y aura toujours quelqu’un de plus grand ou de plus petit que toi.
Sois fier de ce que tu as fait et de ce que tu veux faire. Aime ton métier, même s’il est humble ; c’est un bien précieux en notre époque trouble. Sois prudent dans tes affaires, car on pourrait te jouer de vilains tours. Mais que ceci ne te rende pas aveugle à ce qu’il y a de beau ; bien des gens luttent pour un idéal et, partout sur la Terre, on fait preuve de courage.
Sois toi-même, surtout dans tes affections.
Fuis par-dessus tout le cynisme en amour, car il persiste même après avoir desséché ton cœur et désenchanté ton âme.
Permets-toi de t’enrichir de l’expérience des ans, te défaisant progressivement de tes puérilités. Affermis-toi pour faire face aux malheurs de la vie.
Mais ne te détruis pas par une imagination maladive ; bien des peurs prennent naissance dans la fatigue et la solitude.
Malgré la saine discipline qui s’impose, sois bon envers toi-même.
Tu es un enfant de l’univers, tout comme les arbres et les étoiles : tu as le droit d’être ici. Et même si cela n’est pas clair en toi, sois assuré que tout se passe dans l’univers selon ses règles propres.
Par conséquent, sois en paix avec ton Dieu, quelle que soit en toi son image. Et par-delà tes peines et tes aspirations, au milieu de la confusion de la vie, sois en paix avec ton âme.
Dis-toi qu’en dépit de ses faussetés, de ses ingratitudes, de ses rêves brisés, le monde est tout de même merveilleux.
Répands la bonne humeur. Et tâche d’être heureux.

Poème de Max Ehrmann 1927
(Une traduction possible)

Nuit d’Agapes ; Banquet night

Le moment venu, le roi Salomon déclarait
A ses ouvriers qu'il voyait tailler la pierre :
Nous allons mettre en commun, l'ail, le vin et le pain,
Et festoyer tous ensemble. Je descendrai de mon trône,
Et tous les frères devront venir à ces agapes,
En tant que Compagnons, ni plus, ni moins !

Qu'on envoie promptement une chaloupe à Hiram de Tyr,
Lui qui assure l'abattage et le transport sur les flots
De nos arbres si beaux. Dites-lui, que les Frères et moi
Désirons parler avec nos Frères qui naviguent sur les mers,
Et que nous seront heureux de les rencontrer à ces agapes,
En tant que Compagnons, ni plus, ni moins !

Qu'on porte aussi le message à Hiram Abib,
Le Grand Maître des forges et des mines :
Moi-même et les Frères, nous aimerions qu'il soit possible
Que lui-même et ses Frères viennent à ces agapes,
Portant riches décors ou simples vêtures,
En tant que Compagnons, ni plus, ni moins !

Dieu a assigné à chacun sa place : au cèdre majestueux,
A la modeste hysope, et au mûrier sauvage, au figuier
Et à l'aubépine... mais cela n'est pas une raison suffisante
Pour reprocher à un homme, de n'avoir pas réussi à être,
Ce à quoi il n'était pas nécessairement destiné !
Et à propos de notre Temple, je maintiens et j'affirme :
Nous ne sommes que des Compagnons, ni plus, ni moins !

Ainsi il ordonna, et ainsi il fut fait.
Et les Coupeurs de Bois, et les Maçons de Marque,
Avec les simples matelots de la flotte de Sidon,
Et les amiraux du Royal Arche,
Vinrent s'asseoir et se réjouir à ces agapes,
En tant que Compagnons, ni plus, ni moins !

Dans les carrières, il fait encore plus chaud que dans les forges d'Hiram,
Nul n'y est à l'abri du fouet du gardien.
Le plus souvent, il neige sur la passe du Liban,
Et le vent souffle toujours, au large de la baie de Jaffa.
Mais quand le moment est venu, le messager apporte
L'ordre du roi Salomon : alors oublie tout le reste
Que tu sois Frère parmi les mendiants, l'ami des rois
Ou l'égal des princes, oublie tout cela !
Seulement Compagnon ! et oublie tout le reste.
Once in so often, King Solomon said,
Watching his quarrymen drill the stone,
We will club our garlic and wine and bread
And banquet together beneath my Throne,
And all the Brethren shall come to that mess
As Fellow-Craftsmen - no more and no less.

Send a swift shallop to Hiram of Tyre,
Felling and floating our beautiful trees,
Say that the Brethren and I desire
Talk with our Brethren who use the seas.
And we shall be happy to meet them at mess
As Fellow-Craftsmen - no more and no less.

Carry this message to Hiram Abif
Excellent master of forge and mine :
I and the Brethren would like it if
He and the Brethren will come to dine
(Garments from Bozrah or morning-dress)
As Fellow-Craftsmen - no more and no less.

God gave the Hyssop and Cedar their place
Also the Bramble, the Fig and the Thorn
But that is no reason to black a man's face
Because he is not what he hasn't been born.
And, as touching the Temple, I hold and profess
We are Fellow-Craftsmen - no more and no less.

So it was ordered and so it was done,
And the hewers of wood and the Masons of Mark,
With foc'sle hands of Sidon run
And Navy Lords from the Royal Ark,
Came and sat down and were merry at mess
As Fellow-Craftsmen - no more and no less.

The Quarries are hotter than Hiram's forge,
No one is safe from the dog-whip's reach.
It's mostly snowing up Lebanon gorge,
And it's always blowing off Joppa beach;
But once in so often, the messenger brings
Solomon's mandate : Forget these things!
Brother to Beggars and Fellow to Kings,
Companion of Princes - forget these things!
Fellow-Craftsmen, forget these things!

Rudyard Kipling

Une noble école de sagesse

Il n’est rien ici qui ne puisse vous donner lieu à réfléchir. Exercez-vous dans cet endroit, car percevoir les secrets est une noble école de sagesse.

Nous vous proposons dans cette rubrique quelques ouvrages qui, ayant retenu notre attention, intéressent l’histoire de l’Ordre, de la Grande Loge des Régimes Rectifiés et la maçonnerie en générale. Nous vous donnons leurs références et leur quatrième de couverture.

Vous trouverez aussi une galerie de portraits de personnages ayant participé à l’histoire de l’Ordre et de sa Grande Loge réalisés par des sœurs et des frères de la Grande Loge des Régimes Rectifiés.

Et encore quelques travaux énoncés lors des réunions (planches) par des maîtres sur des sujets symboliques. Ils révèlent par leur diversité toute l’ouverture et les attraits particuliers des sœurs et des frères.

Enfin pêlemêle, des communications courtes de Sœurs et de frères émerveillés par leurs découvertes et désireux de les partager avec le plus grand nombre.