Blé1 du blé en signe de Fécondité et d'Abondance
A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers
3 de l'huile en signe de Paix et TranquilitéHuille
Logotype de la Grande Loge des Régimes RectifiésLes blasons de l'Ordre

Grande Loge des Régimes Rectifiés

Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem

Charles de HundTableau de Charles de Hund

Les deux provinces rétablies de l'OrdreAuvergne Occitania

Vin2 du vin en signe de Joie et d'Allégresse
maçonnerie rectifiée mixte chrétienne
4 du sel en signe d'Hospitalité et d'AmitiéSel

L’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem n’est ni une obédience maçonnique ni une grande loge régissant divers rites, mais un ordre au sens plénier ; ce qui inclut deux caractéristiques essentielles : il s’agit d’une association de personnes vivant en communion de pensée après avoir fait des vœux solennels, soumises à des règles morales inspirées de la Règle de l’Ordre du Temple mais adaptées à leur état laïc, et d’un ensemble fortement hiérarchisé exigeant de ses membres une obédience absolue aux supérieurs visibles et invisibles de l’Ordre. C’est seulement dans ce dernier sens qu’il est possible d’utiliser le terme d’ « obédience » ; celui de Grande Loge des Régimes Rectifiés s’applique à l’organisme qui régit les quatre premiers grades allégoriques pour répondre à la règle maçonnique commune qui veut que les grades d’Apprenti, de Compagnon de Maître et de Maître Ecossais soient placés sous la juridiction d’une Grande Loge, à l’exclusion de tout autre grade.

Dans le système de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem, la Grande Loge des Regimes Rectfiés n’est qu’une émanation du Grand Chapitre Général duquel elle tire sa légitimité, le Maître de Loge (ou Vénérable Maître) ayant reçu de ce dernier, en tant que Commandeur de Maison, mandat pour diriger sa loge. Selon les usages de la Maçonnerie Rectifiée, l’installation d’une nouvelle loge se fait en deux temps : le Maître de Loge désigné par le Grand Maître National, après avis consultatif des Chevaliers Capitulaires, reçoit un « diplôme de concession » l’habilitant à prendre le vénéralat ad vitam de la loge allégorique ; le serment prêté entre les mains du Grand Maître National ou de son Vicaire précise qu’il doit « [s’]acquitter fidèlement et avec soumission des fonctions de Commandeur de Maison et du gouvernement qui [lui] a été accordé en cette qualité de la loge régulière, sous le titre distinctif N.N., établie et confirmée par le Chapitre Général, à la direction de laquelle Dieu et le Grand Supérieur de l’Ordre [l’]ont établi ; […] d’exécuter consciencieusement et scrupuleusement en tout et partout les lois qui [lui] ont été prescrites par le Saint Ordre […] » ; puis a lieu l’installation de la loge proprement dite, selon la Forme d’Installation des Loges Réunies et Rectifiées, qui voit tous les Officiers Dignitaires et les Frères fondateurs promettre, par la voix des Surveillants , « de remplir avec la fidélité la plus entière et la plus scrupuleuse exactitude les engagements [qu’ils ont] contractés envers [leurs] Supérieurs légitimes […] et envers le Vénérable constitué Maître inamovible de [la] loge », jurant, « de [se] conformer à tous les statuts et règlements reçus ou à recevoir d’eux. […] ».

Ainsi l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem inclut l’ensemble des grades, qu’ils soient allégoriques, chevaleresques ou cléricaux, de l’Apprenti maçon au Grand Prêtre des Templiers et Supérieur Inconnu de l’Ordre templier.

Les appellations d’ « Ordre Intérieur ou Saint Ordre » pour les grades chevaleresques et additionnels régis par le Grand Chapitre General, et de « Très Saint Ordre » pour les degrés du Cléricat Templier régis par le Grand Chapitre Clérical ne doivent pas être entendues comme autant d’ordres distincts mais comme une hiérarchie comprenant quatre branches constituant une structure pyramidale : la Franc-Maçonnerie allégorique, la branche chevaleresque, la branche cléricale, le tout étant couronné par le Haut Chapitre Clérical au sein duquel sont reçus les Supérieurs Inconnus ou Magni Sacerdotes Templariorum de la branche secrète de l’Ordre du Temple, Grands Pontifes de la Jérusalem céleste.

Au vu de tout ce qui précède, l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem doit être considérée comme un ordre maçonnico-chevaleresque, dans la tradition des grands ordres de chevalerie médiévaux, comme l’ont voulu ses inventeurs du XVIIIème siècle ; la « Formule de profession des Chevaliers Templiers réformés de l’Ordre » obligeant ses membres à « observer toute [leur] vie la règle qui a été donnée aux Frères Chevaliers du Temple par saint Bernard, abbé de Clairvaux, confirmée par notre saint père le pape Honorius second, dans tous ses points et articles applicables à l’état présent de l’Ordre et qui ne sont pas dispensés ; de vivre dans l’obéissance, sans rien de propre dans l’Ordre, et dans la chasteté spirituelle, c’est-à-dire dans la candeur de l’esprit et dans l’horreur de la séduction ».

Le terme d’ « Ecossais » est appliqué, au système de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem. S’agit-il, d’une référence à l’origine écossaise d’un système qui prit, en fait, naissance en Allemagne ?

Deux explications peuvent être avancées. L’une se réfère à la légende néo-templière qui rapporte qu’après la dissolution de l’Ordre du Temple et le supplice de son grand maître, Jacques de Molay, Pierre d’Aumont, grand maître provincial de l’Auvergne, deux commandeurs et cinq chevaliers, déguisés en maçons, débarquèrent dans l’île écossaise de Mull et y trouvèrent le grand commandeur d’Hampton-Court, George Harris et plusieurs autres frères avec lesquels ils résolurent de continuer l’Ordre. C’est le jour de la Saint-Jean d’Eté 1312 que, dans un chapitre solennel, Aumont, premier du nom, fut nommé grand maître. Pour se soustraire aux persécutions, les frères adoptèrent des symboles empruntés à l’architecture et se qualifièrent maçons libres ou francs-maçons.

Cette légende est le « mythe fondateur » de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem qui a toujours prétendu être l’Ordre du Temple « rétabli et renouvelé », perpétué secrètement « sous le voile et les allégories de la Franc-Maçonnerie ».

Le Maître Ecossais qui se présente au Noviciat séculier déclare venir « des Iles de l’Ecosse » où « il y a travaillé en tant que Franc-Maçon ». L’Extrait de l’histoire la plus récente de l’Ordre de 1312 à 1744, lue au grade de Chevalier, reprend les éléments de la légende ci-dessus : il précise, notamment, que pour « se soustraire à la poursuite et pour que l’Ordre ne fût pas découvert, Aumont proposa d’inventer et d’adopter, à la manière des maçons de métier, des signes et des mots secrets qui permissent [aux Frères] de communiquer et de se reconnaître ; et comme ils s’étaient, contre la volonté de leurs ennemi, proclamé libres et avaient adopté des coutumes étrangères, ils se déclarèrent Francs-Maçons et au début ils exercèrent vraiment ce métier ». C’est le successeur d’Aumont, Harris qui, en 1320, « ajouta au grade de Maître celui d’Ecossais pour que les descendants gardassent la mémoire de la renaissance de l’Ordre dans les îles écossaises. Le vrai Ordre commença avec le Noviciat [..] » Par « vrai Ordre », il faut entendre les grades chevaleresques proprement dits, celui de Maître Ecossais pouvant être considéré, par son contenu symbolique, comme relevant encore de la Maçonnerie allégorique, bien que rattaché à l’Ordre Intérieur.

L’influence du templarisme jacobite est la seconde explication de l’origine écossaise de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem. Il est tout à fait plausible que le baron de Hund ait tenu sa légitimité d’un Chapitre « templier » au sein duquel il aurait été reçu à Paris, en 1743, en présence d’un « Chevalier au plumet rouge », dont l’identité reste incertaine, et du Prétendant Charles-Edouard Stuart en personne. Il semble bien qu’il ait subsisté une branche « écossaise » de l’Ordre du Temple dont le Prétendant fut le grand maître. Par une lettre du 30 septembre 1745 (dont l’original n’a malheureusement pas été retrouvé) adressée d’Edimbourg par le duc de Perth à David lord Ogilvy, nous apprenons que « John, Comte de Mar, succéda à la Grande Maîtrise [du Temple] ; que, suite à sa démission, le Duc d’Athole assuma l’administration des affaires de l’Ordre comme Régent ; et, finalement, qu’en 1745, [le 24 septembre], le Prince Charles-Edouard Stuart fut élu à la haute charge de Grand Maître, au cours d’un Chapitre solennel tenu dans le Palais d’Holyrood ».

La lettre en question affirme qu’il a bien existé une survivance écossaise de l’Ordre du Temple, ne revêtant aucun caractère maçonnique ; c’est au sein de cet Ordre du Temple jacobite que fut reçu le baron de Hund, en 1743, par le comte William de Kilmarnock, grand maître des Maçons d’Ecosse (1742-1743), de l’entourage du Prétendant, et c’est de lui qu’il reçut une patente pour implanter et développer l’Ordre en Allemagne ; si le Prétendant lui-même assistait à cette cérémonie, ce ne pouvait être en 1743 comme grand maître de l’Ordre, mais tout laisse à penser qu’il ait joué à sa tête, avant son élection, un rôle purement honorifique, les souverains écossais ayant toujours accordé leur protection aux ordres chevaleresques et religieux.

Après la défaite de Culloden (1746), qui mit fin aux espoirs de restauration des Stuarts sur le trône d’Ecosse, l’Ordre du Temple « jacobite » put se perpétuer au sein des loges maçonniques stuartistes ; il devint alors un grade maçonnique et réapparaîtra « sous le voile et les allégories » de la Franc-Maçonnerie à la fin du XVIIIème siècle, pour devenir The Order of the Temple, plus connu sous le nom de Knights Templar (Chevaliers Templiers), qui bien que de nature purement chevaleresque n’est accessible qu’aux Frères de la Grande Loge d’Ecosse (et autres obédiences maçonniques qu’elle reconnaît).

Cette influence stuartiste, donc écossaise, se retrouve dans l’Ordre Sublime des Chevaliers Elus, dont on suit les premières traces en France à partir de 1750 et qui, dans sa version templière dite de Quimper, se réfère explicitement à l’Ordre du Temple. Même s’il s’agit d’un grade d’Elu ou de vengeance, puisque le thème essentiel de la réception du candidat est la recherche de l’assassin de Maître Hiram (bien que la vulgate maçonnique parle toujours, en conformité avec le déroulement du rituel du grade de Maître, de trois assassins), l’Histoire de l’Ordre Sublime et neuf des questions du catéchisme – qui en comporte soixante-quatre – se réfèrent à la légende néo-templière et à la fondation de l’Ordre en 1118 : « [Des Templiers] pour éviter la persécution, se réfugièrent dans l’Ecosse où ils avaient des frères. Là, ils prirent le nom d’élus pour ne pas subir le même sort et pour éviter les calomnies [qui] avaient en France indisposé le vulgaire contre leur Ordre et servi de prétexte à leur destruction. » De plus les statuts mentionnent deux membres de l’Ordre Sublime qui paraissent être les mêmes que ceux donnés par l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : le comte René-François de La Tour du Pin et le baron de Weigensac.

Cet Ordre Sublime des Chevaliers Elus était dans la mouvance des Ecossais stuartistes en exil et les sympathies jacobites de ses membres peuvent être largement prouvées. Si rien n’indique que le baron de Hund y ait été reçu, les références templières de l’histoire et du catéchisme de la version de Quimper ont pu être une source d’inspiration pour l’élaboration du « corpus » de la branche chevaleresque de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem et du Cléricat Templier.

La branche chevaleresque de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem ou Ordre Intérieur (encore appelé Saint Ordre) comportait, outre le Noviciat séculier ou militaire, cinq dignités donnant lieu chacune à une obligation différente : Chevalier du Temple ou Eques, Ecuyer (Armiger) ou Compagnon d’armes, Servant d’armes, Valet d’armes,Confrère Socius (Associé) ou Amicus (Ami) du Temple, et la qualité de Chevalier Profès, qui n’était pas un grade supplémentaire ou un grade secret, contrairement aux deux classes secrètes de Profès et de Grand Profès du Régime Ecossais Rectifié. On appelait Profès celui qui avait fait sa dernière Profession appelée majeure ; cette Profession était un acte libre et uniquement à la volonté de celui qui le faisait, par lequel il s’engageait irrévocablement envers l'Ordre, à en observer toutes les lois, règles et statuts, et à une obéissance entière envers ses supérieurs.

L’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem, se voulant l’Ordre du Temple rétabli et renouvelé, se devait de reprendre les notions de noviciat et de profession, à l’imitation de tous les grands ordres de chevalerie médiévaux. Le rituel de réception au Noviciat militaire n’est pas encore de nature chevaleresque puisque le candidat, qui vient « des Iles de l’Ecosse », se présente avec son tablier de Maître Ecossais dont le Supérieur, en fin de réception, relèvera la partie droite pour la mettre dans la ceinture du côté gauche. Seul le rituel de Chevalier présente toutes les caractéristiques de réception dans un ordre de chevalerie. Le Novice quittera ses habits de Maçon pour revêtir une armure, « l’habit le plus digne d’un Chevalier ». Le serment prêté par le récipiendaire exige l’observance stricte de trois vœux : l’obéissance envers les Supérieurs de l’Ordre, le silence et l’observation des statuts incluant, notamment, « la charité chrétienne envers les pauvres et au premier chef envers les Frères du Temple et envers l’Ordre ». Après cette prestation de serment, le Célébrant lui remettra le casque, la cotte d’armes, l’épée, la croix et lui touchera trois fois les épaules avec le glaive de l’Ordre ; la cérémonie se termine par la remise du cordon rouge « avec le signe de la sainte croix formée par […] neuf nœuds en mémoire des neuf fondateurs de l’Ordre » et par l’anneau d’or passé au petit doigt de la main droite. Le nouveau Chevalier, avant la remise de l’anneau, aura reçu son nom d’Ordre (en latin) : Eques a (ou ab)…, son blason et sa devise.

Ce rituel chevaleresque n’est en rien comparable au mode de réception des chevaliers du Temple connu sous le titre : « C’est ainsi que l’on doit faire frère et recevoir au Temple » et qui fait partie de la Règle (articles 657 à 686 inclus). Il s’agissait d’un mode de réception dans un ordre monastique de chevaliers ayant précédemment reçu l’ « ordre de chevalerie » dans le siècle, exigeant de ses membres les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance.

La Profession majeure, qui donnait le titre de Chevalier Profès, voulait que le candidat observât « toute [sa] vie la règle qui a été donnée aux Frères Chevaliers du Temple par saint Bernard, abbé de Clairvaux, […] dans tous ses points et articles applicables à l’état présent de l’Ordre et qui ne sont pas dispensés ». Le Chevalier Profès portera dorénavant son anneau de chevalerie au petit doigt de la main gauche.

De tout ce qui précède, il s’avère que ces rituels chevaleresques sont propres aux « Chevaliers Templiers réformés de l’Ordre [Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem] », mais proches de ceux qui étaient alors pratiqués par les autres ordres de chevalerie religieux ou séculiers. Leurs rédacteurs ne pouvaient s’inspirer que d’un Ordre qui était à leur portée et cet Ordre ne pouvait être que l’Ordre Teutonique qui, de plus, était contemporain de l’Ordre du Temple. D’ailleurs, il y a de grandes similitudes entre les deux rituels, bien que chez les Teutoniques la réception d’un Chevalier-Profès se déroulât toujours au cours d’une messe solennelle. Après une année de noviciat avait lieu la profession : le candidat se présentait en cuirasses et en bottes sans éperons, le casque à visière à demi-fermée ; le grand maître frappait de son épée le récipiendaire de trois coups, deux sur les épaules et un sur la tête ; on lui attachait les éperons et on levait la visière de son casque. Après avoir quitté son armure et repris son habit noir, le prêtre officiant lui remettait le manteau et la croix de l’Ordre.

L’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem contemporain ne pratique que la réception au Noviciat séculier et au grade de Chevalier du Temple, complété par la Profession majeure, mais a conservé la mémoire des autres dignités puisque, le Novice est d’abord investi comme « Valet d’armes, Servant d’armes et Ecuyer ou Compagnon d’armes » avant d’être armé Chevalier ou Eques ; le mot de passe d’Ecuyer lui est communiqué avant qu’il n’aille « revêtir l’habit du Chevalier ».

Le titre de Socius et Amicus, ou Associé, Ami et Protecteur de l’Ordre, est conféré à ceux qui désirent être admis aux connaissances qu’il renferme et coopérer à son but, sans cependant être lié à ses règles comme les Chevaliers ; ils s’engagent, comme eux, à lui être utiles, à le protéger, autant qu’il dépendra d’eux, et au secret, mais sans s’assujettir à son régime. L’entrée dans cette classe n’est accordée qu’aux princes, aux personnes de haute naissance ou à ceux qui par leur état très distingué et par leur position personnelle sont à la portée de rendre des services importants à l’Ordre en général. L’admission d’un Confrère Socius est réglée par un rituel qui est propre à cette classe.

Ainsi, le Célébrant, au cours d’une cérémonie dont le rituel est celui pratiqué par les Templiers allemands du XVIIIème siècle, recevra le Novice dans la chevalerie du Temple suivant l’antique formule : « En l’honneur de Dieu, de Sainte Marie et de Saint Bernard, je te reçois Chevalier du Christ et du Temple de Salomon et t’admets à tous les bienfaits de l’Ordre, qui lui ont été faits dès le commencement et qui lui seront faits jusques à la fin ».

David souhaite construire une maison à JHVH, le Dieu d’Israël : un temple pour abriter l’arche d’alliance qui est elle-même appelée « la Demeure de JHVH » et où Dieu réside. Il fait venir l’arche depuis Qiryat Yearim où elle est gardée depuis 70 ans par les Gabaonites, dans le « Grand haut lieu », sur la montagne de Gabaon1, et la place sous une tente à Jérusalem. Mais JHVH n’accepte pas que ce soit David qui fasse construire le temple, car il a fait couler trop de sang.

Salomon, son fils, réalise son souhait : il commence la construction du Temple en 959 av. J.-C.2 dans la quatrième année de son règne. La construction dure sept ans. Hiram, roi de Tyr, en Phénicie, lui envoie du bois, des charpentiers et des tailleurs de pierre recrutés à Guébal-Byblos ; ses habitants, les Giblites, sont en relation commerciale fort ancienne avec l’Egypte et fournissent également des travailleurs expérimentés aux Egyptiens. De plus Salomon fait appel à Hiram-Abiff, maître bronzier.

Le Temple est décoré de deux colonnes placées à l’entrée: Booz au Nord, Jakin au Sud.

Il est construit selon un plan en trois parties : d’abord le porche (ulâm), situé derrière une double porte, puis la grande salle (hékâl) et enfin le Saint des Saints (debir), fermé par une porte et plongé dans l’obscurité, dans lequel repose l’arche d’alliance, qui est le lieu de manifestation de la Shekinah, présence réelle de Dieu sur terre.

Les trois premiers grades du rite de Stricte Observance, se rapportent à cette édification. Le Temple, placé dans l’enceinte du palais royal, est l’image du ciel fixé sur terre. C’est une image du Saint Palais ou Palais intérieur point d’origine des six directions3. Ces six directions permettent de définir n’importe quel point d’un espace en trois dimensions. Le tapis de loge sous le symbole du Temple de Salomon est, à la manière d’un mandala, une représentation du monde.

Salomon réunissant en une seule personne l’autorité spirituelle et le pouvoir temporel y officie comme Roi et Prêtre Suprême ; vingt siècles plus tard, sur le même lieu, prend naissance l’Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon qui, en tant que chevaliers et moines, seront les derniers représentants occidentaux de l’union des deux pouvoirs royal et sacerdotal. Le maître de la loge maçonnique est installé dans la chaire du Roi Salomon4.

En 586 av. J.-C. Nabuchodonosor détruit le Temple et déporte à Babylone le peuple de Jérusalem. Mais, dès avant 586 av. J.-C., on perd la trace de l’arche. Elle est probablement cachée pour éviter qu’elle ne tombe entre les mains des envahisseurs babyloniens. On évoque le nom de Jérémie et la possibilité d’une cache dans le mont Nébo5. Le prophète Ezéchiel a une vision du Temple réédifié selon un plan idéal. En 538 av. J.-C., Cyrus l’Achéménide autorise les déportés à rentrer en Palestine. Sous la conduite de Josué et Zorobabel, et avec l’accord des prophètes Aggée et Zacharie, les Juifs reconstruisent le Temple ; mais, faute de moyens, il ne retrouvera jamais sa splendeur passée. Les grades de Maître Ecossais (ou Ecossais Vert) et de Chevalier de l’Epée (ou de l’Orient) se rapportent à cet épisode de l’histoire du Temple. L’arche d’alliance n’est plus présente dans le Saint des Saints, seule une dalle de pierre rappelle son emplacement. C’est la pierre shethiyah ou pierre fondamentale qui marque le « Centre du monde », point de chute de la pierre noire qui n’est pas sans rapport avec la lapsit exillis ou pierre issue des cieux de Wolfram von Eschenbach. En 168 av. J.-C., le Séleucide Antiochus Epiphane pille le Temple et y installe une idole. Il est de nouveau purifié en 164. C’est l’origine de la fête de la Dédicace. En 63 av. J.-C., les Romains prennent Jérusalem. Hérode devient roi et entreprend en 20 av. J.-C. des travaux considérables afin de lui redonner tout son faste. Ceux-ci durent jusqu’en 64 ap. J.-C. En 66 ap. J.-C., une insurrection des Juifs est écrasée par les Romains; en 70, Titus assiège les derniers défenseurs réfugiés dans le Temple. Au cours des combats un incendie éclate et le détruit totalement. Seuls furent sauvés et ramenés à Rome le chandelier à sept branches, la table des pains de proposition et les trompettes sacrées. Le Temple physique est détruit mais, selon la parole évangélique, il aura suffi de trois jours pour que le Christ, par sa résurrection, le reconstruise. Le grade de Chevalier de l’Aigle Souverain de Rose-Croix en développe le symbolisme.

En 638, le calife Omar occupe Jérusalem. En 687, Abd-el-Mélik fait édifier sur l’emplacement du Rocher la « mosquée d’Omar » ou coupole du Rocher. En 780 est achevée la mosquée el-Aqsa au sud de l’esplanade.

En 1099, les croisés s’emparent de Jérusalem ; ils transforment les mosquées en églises. La mosquée el-Aqsa devient le Templum Domini et figure sur les sceaux templiers et sur l’emblème de la IIIème province de l’Ordre. Les Templiers se voient attribuer la partie sud de la colline du temple6 qui comporte en particulier les fameuses « Ecuries de Salomon »7 Les grades de Novice, de Chevalier du Temple et de Chevalier Profès reprennent les rituels initiatiques chevaleresques de la branche « militaire ».

En 1187, après le désastre de Hattin, Saladin reprend la ville.

Le tableau de loge aux trois premiers grades se rapporte clairement à la vision idéale du Temple de Salomon qui, comme celui d’Ezéchiel8 comporte trois portes : l’une fermée située à l’Est, les deux autres ouvertes situées au Nord et au Sud. Cette image idéale du Temple renvoie à la notion de Jérusalem céleste qui doit descendre des cieux à la fin des temps et où Dieu réside9. Le Cléricat Templier avec les grades de Postulant, de Novice et de Chanoine se placent ici.

La Shekinah repose au cœur du Temple et elle est assimilée à une lumière10 « La ville peut se passer de l’éclat du soleil et de celui de la lune, car la gloire de Dieu l’a illuminée, et l’Agneau lui tient lieu de flambeau »11 La Shekinah est présence divine et selon la parole : « Lorsque deux ou trois seront rassemblés en mon nom Je serai au milieu d’eux »12.

Le Temple de Salomon est « Centre du Monde », représentation symbolique du cœur de la tradition juive et par là même de la tradition chrétienne, image du ciel sur la terre. Il est la représentation du centre spirituel de la chrétienté. Les « Gardiens de la Terre Sainte », ainsi que se nommaient les pauvres chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, en assurent la garde. De même que « le peuple juif est le corps et le sang du Christ »13 le Temple de Jérusalem est le Christ lui-même, selon la parole : « Détruisez ce Temple et en trois jours je le reconstruirai ». Si le Temple n’a jamais été reconstruit, c’est que le Christ lui-même est le Temple et que par sa résurrection il l’a réédifié pour l’éternité. C’est le cœur de l’homme qui doit l’accueillir. Le pire blasphème résiderait dans une volonté humaine de reconstruire un édifice de pierres sur l’emplacement du Temple. Il serait une négation de la divinité du Christ, la concrétisation du rejet de son message, un enfoncement dans la matérialité et, stricto sensu, un renversement anti-christique des valeurs. Le véritable travail consiste à tailler les pierres que nous sommes, pour leur permettre de prendre place dans l’édifice sacré qu’est le corps du Christ.

Un « Centre Suprême » ou « Terre Sainte » est toujours protégé par une triple enceinte. Les Templiers furent appelés « gardiens de la Terre sainte »14 ce qui n’est pas sans rapport avec la « chevalerie du Saint -Graal ». L’édifice du Temple avait été conçu pour contenir l’arche d’alliance. L’arche elle-même était destinée à recevoir un certain nombre d’objets sacrés dont l’un était une coupe. Cette coupe contenait un objet d’origine non humaine15. La structure trinitaire de protection se dégage ici très nettement : d’abord le temple, puis l’arche, enfin la coupe.

Il est intéressant de noter que la construction est en rapport avec les métiers artisanaux, que l’arche, étant utilisée par l’armée d’Israël pour obtenir la victoire au combat16 peut se rapporter à la chevalerie17 et que la coupe, présente sur l’autel au cours du sacrifice de la sainte messe, est à mettre en relation avec le sacerdoce.

1. 1 Chroniques 21, 29.
2. Une ancienne tradition maçonnique des constructeurs écossais situe le début de la construction le 2 avril.
3. Sepher Ietsirah. On retrouve ce symbole sur certains sceaux templiers sous la forme de l’escarboucle ou étoile à six rayons. Ces six directions sont le septentrion, le ponant, le midi, le couchant, le zénith et le nadir.
4. Selon les Eglises chrétiennes orthodoxes tout baptisé dans le Christ est Prêtre, Prophète et Roi.
5. On trouve aussi le symbole de l’arche d’alliance dans la maçonnerie du Grand Chapitre de Clermont.
6. Le Temple de Salomon était le lieu de manifestation des influences spirituelles et l’Arche y jouait un rôle de « condensateur » (cf. René Guénon , L’erreur spirite , p. 58, Ed. Traditionnelles, 1984.) C’était un véritable centre de forces et sa situation géographique ne devait rien au hasard. En sachant cela, on mesure pleinement l’extrême importance du choix de ce lieu par les Templiers, aussi bien pour s’y établir que pour en incorporer le nom dans l’appellation de leur Ordre.
7. Cf. l’article « Les Templiers à Jérusalem », de Jehan de Ais in la revue Templarium n°1 avril-mai-juin 2002.
8. Cf. André Parrot, « Le Temple de Jérusalem » in Cahiers d’Archéologie Biblique n° 5, p.47, Ed. Delachaux & Niestlé.
9. Apocalypse de Jean 22, 3-5.
10. Cf. René Guénon, Le Roi du Monde, chap. III, p.23, Ed. Gallimard, 1985.
11. Apocalypse de Jean 21, 23.
12. Il remarquable de noter qu’une loge ne peut être ouverte que si trois Maîtres Maçons sont présents.
13. Paroles de Saint Bernard condamnant les massacres de Juifs en Europe.
14. Cf. René Guénon, Aperçus sur l’ésotérisme chrétien, p.50, Ed. Traditionnelles, 1988.
15. Cf. Visions d’Anne-Catherine Emmerich sur la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, t.1, p. 9 , Ed. Tequi, s.d.
16. 1 Samuel 4, 3.
17. La Shekinah dont le lieu de manifestation est l’Arche est l’équivalent à certains égards de la Shakti hindoue aspect féminin de la Divinité ; et l’on sait l’importance de l’élément féminin dans toute initiation chevaleresque.

Pour la chrétienté médiévale, Jérusalem fut le centre du monde, c’est-à-dire le centre de la tradition chrétienne, voire judéo-chrétienne, et le voyage à Jérusalem, vécu comme un pèlerinage, l’image du retour au centre. Si Jérusalem, la sainte Sion, est la ville sainte du judaïsme, elle est également celle du christianisme, par la continuité de l’un à l’autre, malgré les ruptures apparentes. La Terre sainte est aussi assimilée au Paradis terrestre des occidentaux, point de départ de la tradition judéo-chrétienne, d’où partent les quatre fleuves coulant vers les quatre points cardinaux, qui est également le « séjour d’immortalité » comme le rapporte la Genèse.

Celui qui est réintégré dans le Paradis a désormais sa demeure dans le « Centre du Monde ». Le retour au centre est symbolisé par le pèlerinage qui est bien une pérégrination devant mener, après beaucoup d’épreuves, au Centre. Et le pèlerinage à Jérusalem est à la fois ce retour au centre, c’est-à-dire au centre de la tradition chrétienne, sur un plan horizontal, et, sur un plan vertical, dans une perspective eschatologique, le désir de voir la Jérusalem céleste descendre du ciel et se confondre, en quelque sorte, avec cette Jérusalem terrestre dont elle sera l’accomplissement.

A l’aube du XIème siècle, le pèlerinage individuel à Jérusalem, accompli et vécu comme un rite de pénitence, prendra une dimension de plus en plus collective. Mais, dans l’un et l’autre cas, le pèlerinage sera considéré comme marquant la crise définitive où le vieil homme se dépouille, créant ainsi une vie neuve. Le pèlerin se retrouve « comme né à nouveau et refait tout entier…, tous ses désirs comblés de cette vie terrestre ». Rite de pénitence par excellence, il sera vécu comme tel, après un dépouillement de tous les biens terrestres, le dernier bien étant la vie à laquelle le pèlerin devra même s’engager à renoncer sur le chemin qui mène au Centre, c’est-à-dire Dieu, « Principe et Fin » (Apocalypse 22, 13) de toutes choses. Le départ pour les Lieux saints ne se fera donc pas sans dépouillement préalable, l’exigence de pauvreté exigeant l’allégement du fardeau de la tentation à retrouver un jour ses richesses ou bien contraignant à ne plus revenir. La vie religieuse de l’occident verra dans l’acte de pèlerinage l’œuvre suprême de religion, individuelle au départ, puis de plus en plus collective.

Il s’agit, dans cet « esprit de croisade », d’une rencontre physique avec les lieux où s’est accompli le mystère de la Rédemption. Les troupes qui vont à Jérusalem reprennent la vieille marche des Hébreux pénétrant en Terre sainte. C’est un nouvel Exode vers cette Jérusalem terrestre, image imparfaite de la Jérusalem céleste, sur laquelle doit régner pour l’éternité le Roi des derniers jours issu de la semence de David. La route de Jérusalem devient la voie de l’accomplissement des Temps, œuvre collective de salut commun individuel, obligeant de se battre pour arriver à son terme. Dans l’extraordinaire attente de l’accomplissement du temps des nations selon Luc 21, 24, qui précède la première croisade prêchée par le pape Urbain II le 27 novembre 1095, espace et histoire se confondent, dont le mot « plénitude » est la réalisation même. Après quoi il n’est rien d’autre sinon la certitude de la parousie en cette sainte Cité où aura lieu l’avènement du Christ glorieux et où l’humanité, de l’orient comme de l’occident, doit se rejoindre pour l’exaltation suprême de son salut.

Dans cette perspective de la croisade, le symbolisme du voyage est à rapprocher de celui de la guerre et l’on se rend compte combien le but de ce pèlerinage, identifié symboliquement à la « Terre Sainte » ou « Terre des Vivants », peut prendre une dimension collective, accompagnée de signes et de prodiges se manifestant à ceux-là seuls qui ont vécu le dépouillement intégral ; ce qui explique qu’ils n’accompagneront que la croisade des pauvres et non celle des barons.

Si Jérusalem est bien le nombril, le centre de la terre, le lieu où s’est accompli le plus haut, le plus total mystère qui concerne l’univers chrétien et son salut, ce centre du monde est aussi le chœur de la tradition chrétienne, lui-même figuré par un vase qui n’est autre que celui que les légendes du Moyen Age occidental devaient désigner comme le Saint-Graal. Et tout centre suprême doit être gardé à partir de sa circonférence afin que puissent se déplacer, de la périphérie vers le centre, les individus et les foules qui participent de cette migration de l’occident vers l’orient. Telle sera la mission des grands ordres de chevalerie médiévaux nés des croisades, dont l’attribution est bien celle de « Gardiens de la Terre Sainte », et plus particulièrement des Templiers. « Chevalerie du Saint-Graal », « Gardiens de la Terre Sainte » sont des dénominations attachées à ceux dont la mission première est de protéger le Centre Suprême où sont détenus les secrets de la Tradition primordiale, adaptée aux conditions de temps et de lieu. Et lorsqu’une tradition particulière perd son rattachement au Centre, entendu sur un plan géographique et symbolique, ceux qui avaient pour mission de la défendre perdront, par le fait même, leur raison d’être. Tel fut le destin tragique des Templiers puisque vingt et un ans seulement séparent la perte définitive de la Terre sainte de l’abolition de l’Ordre en tant qu’organisation constituée.

Le Centre, la Terre Sainte, le pèlerinage et la croisade ne sont que les différentes facettes d’une même réalité ; le retour, individuel ou collectif, à l’Unité primordiale passant par une rencontre physique avec les lieux mêmes où la Tradition s’est manifestée et où s’opère la réintégration dans le Principe suprême, là où s’unifient tous les contraires, où se résolvent toutes les oppositions. Tout pèlerinage en Terre Sainte, vécu en mode héroïque, est l’ « alpha et l’oméga » du pèlerinage terrestre vers la Cité céleste.

Une noble école de sagesse

« Il n’est rien ici qui ne puisse vous donner lieu à réfléchir. Exercez-vous dans cet endroit, car percevoir les secrets est une noble école de sagesse. »

Enfin pêlemêle, des communications courtes de Sœurs et de Frères émerveillés par leurs découvertes et désireux de les partager avec le plus grand nombre.

Grille de Chiffrage S.O.T.
P a1 g a2 n1 i1 s1 m1 o1 l
a b c d e f g h i k
-
l2 a3 y A'' u m2 o2 n2 t H
l m n o p q r s t u
-
a5 r1 r2 i2 s2
v w x y z

Trouvée dans un ouvrage, cette grille de chiffage est basée sur le même principe que la plupart des codes maçonniques : remplacement de chaque lettre de l'alphabet par un glyphe qui est toujours le même. Elle est particulière dans le sens où chaque glyphe est lui même une lettre accentuée ou pas d'un nombre. Nous avons reproduit le tableau de chiffrage de la même manière qu'il a été trouvé : deux lignes de 10 colonnes plus une de 5 (il manque le j confondu comme d'habitude avec le i). Cette disposition fait peut-être partie de la construction de ce code.

Gérard de Nerval “ Voyage en Orient ” Histoire de la Reine du matin et de Soliman, Prince des Génies.Chapitre XII. Macbénach

[...] Le temps était bas, et le soleil, en pâlissant, avait vu la nuit sur la terre. Au bruit des manteaux sonnant l'appel sur les timbres d'airain, Adoniram, s'arrachant à ses pensées, traversa la foule des ouvriers rassemblés ; et pour présider à la paye il pénétra dans le temple, dont il entrouvrit la porte orientale, se plaçant lui-même au pied de la colonne Jakin.

Tapis Apprenti et Compagnon SOT Peinture sur toile cirée noire, XIXe siècle Collection de la Loge Modestia cum Libertate, ZurichTapis Apprenti et Compagnon SOT Peinture sur toile cirée noire, XIXe siècle Collection de la Loge Modestia cum Libertate, Zurich.

Des torches allumées sous le péristyle pétillaient en recevant quelques gouttes d'une pluie tiède, aux caresses de laquelle les ouvriers haletants offraient gaiement leur poitrine.

La foule était nombreuse ; et Adoniram, outre les comptables, avait à sa disposition des distributeurs préposés aux divers ordres. La séparation des trois degrés hiérarchiques s'opérait par la vertu d'un mot d'ordre qui remplaçait, en cette circonstance, les signes manuels dont l'échange aurait pris trop de temps. Puis le salaire était livré sur l'énoncé du mot de passe.

Le mot d'ordre des apprentis avait été précédemment JAKIN, nom d'une des colonnes de bronze ; le mot d'ordre des autres compagnons, BOOZ, nom de l'autre pilier ; le mot des maîtres JÉOVAH.

Classés par catégories et rangés à la file, les ouvriers se présentaient aux comptoirs, devant les intendants, présidés par Adoniram qui leur touchait la main, et à l'oreille de qui ils disaient un mot à voix basse. Pour ce dernier jour, le mot de passe avait été changé. L'apprenti disait TUBALKAÏN ; le compagnon, SCHIBBOLETH ; et le maître, GIBLIM.

Peu à peu la foule s'éclaircit, l'enceinte devint déserte, et les derniers solliciteurs s'étant retirés, l'on reconnut que tout le monde ne s'était pas présenté, car il restait encore de l'argent dans la caisse.

"Demain, dit Adoniram, vous ferez des appels afin de savoir s'il y a des ouvriers malades, ou si la mort en a visité quelques-uns."

Dès que chacun fut éloigné, Adoniram vigilant et zélé jusqu'au dernier jour, prit, suivant sa coutume, une lampe pour aller faire la ronde dans les ateliers déserts et dans les divers quartiers du temple, afin de s'assurer de l'exécution de ses ordres et de l'extinction des feux. Ses pas résonnaient tristement sur les dalles : une fois encore il contempla ses oeuvres, et s'arrêta longtemps devant un groupe de chérubins ailés, dernier travail du jeune Benoni.

"Cher enfant !" murmura-t-il avec un soupir.

Ce pèlerinage accompli, Adoniram se retrouva dans la grande salle du temple. Les ténèbres épaissies autour de sa lampe se déroulaient en volutes rougeâtres, marquant les hautes nervures des voûtes, et les parois de la salle, d'où l'on sortait par trois portes regardant le septentrion, le couchant et l'orient.

La première, celle du nord, était réservée au peuple ; la seconde livrait passage au roi et à ses guerriers ; la porte de l'Orient était celle des lévites ; les colonnes d'airain, Jakin et Booz, se distinguaient à l'extérieur de la troisième.

Avant de sortir par la porte de l'occident, la plus rapprochée de lui, Adoniram jeta la vue sur le fond ténébreux de la salle, et son imagination frappée des statues nombreuses qu'il venait de contempler évoque dans les ombres le fantôme de Tubal-Kaïn. Son oeil fixe essaya de percer les ténèbres ; mais la chimère grandit en s'effaçant, atteignit les combles du temple et s'évanouit dans les profondeurs des murs, comme l'ombre portée d'un homme éclairé par un flambeau qui s'éloigne. Un cri plaintif sembla résonner sous les voûtes.

Alors Adoniram se détourna s'apprêtant à sortir. Soudain une forme humaine se détacha du pilastre, et d'un ton farouche lui dit :
"Si tu veux sortir, livre-moi le mot de passe des maîtres."

Adoniram était sans armes ; objet du respect de tous, habitué à commander d'un signe, il ne songeait pas même à défendre sa personne sacrée.

"Malheureux ! répond-il en reconnaissant le compagnon Méthousaël, éloigne-toi ! Tu seras reçu parmi les maîtres quand la trahison et le crime seront honorés ! Fuis avec tes complices avant que la justice de Soliman atteigne vos têtes."

Méthousaël l'entend, et lève d'un bras vigoureux son marteau, qui retombe avec fracas sur le crâne d'Adoniram. L'artiste chancelle étourdi, par un mouvement instinctif, il cherche une issue à la seconde porte, celle du Septentrion. Là se trouvait le Syrien Phanor, qui lui dit :
"Si tu veux sortir, livre-moi le mot de passe des maîtres !
- Tu n'as pas sept années de campagne ! répliqua d'une voix éteinte Adonirm.
- Le mot de passe !
- Jamais !"

Phanor, le maçon, lui enfonça son ciseau dans le flanc ; mais il ne put redoubler, car l'architecte du temple, réveillé par la douleur, vola comme un trait jusqu'à la porte d'Orient, pour échapper à ses assassins.

C'est là qu'Amrou le Phénicien, compagnon parmi les charpentiers, l'attendait pour lui crier à son tour :
"Si tu veux passer, livre-moi le mot de passe des maîtres.
- Ce n'est pas ainsi que je l'ai gagné, articula avec peine Adoniram épuisé ; demande-le à celui qui t'envoie."

Comme il s'efforçait de s'ouvrir un passage, Amrou lui plongea la pointe de son compas dans le coeur.

C'est en ce moment que l'orage éclata, signalé par un grand coup de tonnerre.

Adoniram était gisant sur le pavé, et son corps couvrait trois dalles. A ses pieds s'étaient réunis les meurtriers, se tenant par la main.
"Cet homme était grand, murmura Phanor.
- Il n'occupera pas dans la tombe un plus vaste espace que toi, dit Amrou.
- Que son sang retombe sur Soliman Ben-Daoud !
- Gémissons sur nous-mêmes, répliqua Méthousaël, nous possédons le secret du roi. Anéantissons la preuve du meurtre ; la pluie tombe ; la nuit est sans clarté ; Éblis nous protège. Entraînons ces restes loin de la ville, et confions-les à la terre."

Ils enveloppèrent donc le corps dans un long tablier de peau blanche, et, le soulevant dans leurs bras, ils descendirent sans bruit au bord du Cédron, se dirigeant vers un tertre solitaire situé au-delà du chemin de Béthanie. Comme ils y arrivaient, troublés et le frisson dans le coeur, ils se virent tout à coup en présence d'une escorte de cavaliers. Le crime est craintif, ils s'arrêterent ; les gens qui fuient sont timides... et c'est alors que la reine de Saba passa en silence devant des assassins épouvantés qui traînaient les restes de son époux Adoniram.

Ceux-ci allèrent plus loin et creusèrent un trou dans la terre qui recouvrit le corps de l'artiste. Après quoi Méthousaël, arrachant une jeune tige d'accacia, la planta dans le sol fraîchement labouré sous lequel reposait la victime.

Pendant ce temps-là, Balkis fuyait à travers les vallées ; la foudre déchirait les cieux, et Soliman dormait.

Sa plaie était plus cruelle, car il devait se réveiller.

[...]

le bruit du meurtre d'Adoniram s'étant répandu, le peuple soulevé demanda justice, et le roi ordonna que neuf maîtres justifiassent de la mort de l'artiste, en retrouvant son corps.

Tranenteppich aus der Arbeit der Meisterloge 19 Jh wachstuch bemalt Bayreuth DFM SOT Tapis de maitre WEIMARTranenteppich aus der Arbeit der Meisterloge 19 Jh wachstuch bemalt Bayreuth DFM SOT Tapis de maitre WEIMAR.

Il s'était passé dix-sept jours : les perquisitions aux alentours du temple avaient été stériles, et les maîtres parcouraient en vain les campagnes. L'un d'eux, accablé par la chaleur, ayant voulu, pour gravir plus aisément, s'accrocher à un rameau d'acacia d'où venait de s'envoler un oiseau brillant et inconnu, fut surpris de s'apercevoir que l'arbuste entier cédait sous sa main, et ne tenait point à la terre. Elle était récemment fouillée, et le maître étonné appela ses compagnons.

Aussitôt les neuf creusèrent avec leurs ongles et constatèrent la forme d'une fosse. Alors l'un d'eux dit à ses frères :
"Les coupables sont peut-être des félons qui auront voulu arracher à Adoniram le mot de passe des maîtres. De crainte qu'ils n'y soient parvenus, ne serait-il pas prudent de le changer ?
- Quel mot adopterons-nous ? objecta un autre.
- Si nous retrouvons là notre maître, repartit un troisième, la première parole qui sera prononcée par l'un de nous servira de mot de passe ; elle éternisera le souvenir de crime et du serment que nous faisons ici de le venger, nous et nos enfants, sur ses meurtriers, et leur postérité la plus reculée."

Le serment fut juré ; leurs mains s'unirent sur la fosse, et ils se reprirent à fouiller avec ardeur.

Le cadavre ayant été reconnu, un des maîtres le prit par un doigt, et la peau lui resta à la main ; il en fut de même pour un second ; un troisième le saisit par le poignet de la manière dont les maîtres en usent envers le compagnon, et la peau se sépara encore ; sur quoi il s'écria : MAKBÉNACH, qui signifie : LA CHAIR QUITTE LES OS.

Sur-le-champ ils convinrent que ce mot serait dorénavant le mot de maître et le cri de ralliement des vengeurs d'Adoniram, et la justice de Dieu a voulu que ce mot ait, durant des siècles, ameuté les peuples contre la lignée des rois.

Phanor, Amrou et Méthousaël avaient pris la fuite ; mais reconnus pour de faux frères, ils périrent de la main des ouvriers, dans les États de Maaca, roi du pays de Geth, où ils se cachaient sous les noms de Sterkin, d'Oterfut et de Hoben.

Néanmoins, les corporations, par une inspiration secrète, continuèrent toujours à poursuivre leur vengeance déçue, sur Abiram, ou le meurtrier... Et la postérité d'Adoniram resta sacrée pour eux ; car longtemps après ils juraient encore par les fils de la veuve, ainsi désignaient-ils les descendants d'Adoniram et de la reine de Saba. [...]


Tapis de Loge Dresde Rituel d'Apprenti Tapis de Loge Dresde Rituel d'Apprenti
Tapise de Loge SOT Compagnon Muséum Sckloss Tapise de Loge SOT Compagnon Muséum Sckloss
Les tapis noir et blanc de Loge au 18ième siècle.

Le blanc sur le noir dérive de la pratique de dessiner un tapis avec de la craie sur un sol « de bistro » sombre ; le noir sur blanc dériverait de la pratique d’y mettre une couche de sable blanc et de dessiner dedans avec le doigt les figures, qui font apparaître le sol sombre en dessous. Cette méthode de représenter le tapis de Loge est probablement la plus ancienne.

Lettres

La Franc-Maçonnerie fondamentale n'a pas essentiellement d'autre but que la connaissance de l'homme et de la nature ; étant fondée sur le Temple de Salomon, elle ne peut pas être étrangère à la science de l'Homme, puisque tous les sages qui ont existés depuis sa fondation ont reconnu que ce fameux Temple n'a existé lui-même dans l'univers que pour être le type universel de l'homme général dans ses états passés, présents et futurs, et le tableau figuré de sa propre histoire.

Lettre du 20 janvier 1780 de Jean-Baptiste Willermoz au Duc de Brunswick


Nous nous fixons sur la base de la maçonnerie qui est le Temple de Jérusalem, parce que ce temple fameux est le type universel de la vrai science de l'homme, substitué, à cause de sa perfection, à tous les types ou symboles qui l'avaient précédé. Ce temple est miraculeux.

Lettre du 30 mai 1780 de Jean-Baptiste Willermoz au Duc de Brunswick


J'admets comme vous une union ternaire dans le composé de l'homme actuel, savoir : esprit, âme et corps matériel terrestre, ainsi que la grande supériorité du premier et la grande infériorité du troisième. Vous admetez dans la deuxième puissance ou âme une grande vertu et force magique, dont je ne comprends pas la valeur ni même les effets.

Lettre du 20 mai 1782 de Jean-Baptiste Willermoz à Hangwitz

Desiderata

Poème de Max Ehrmann 1927
(Une traduction possible :)

Reste calme au milieu du bruit et de l’impatience et souviens-toi de la paix qui découle du silence.
Autant que tu le peux, mais sans te renier, sois en bons termes avec tout le monde.
Dis ce que tu penses, clairement, simplement ; et écoute les autres, même les sots et les ignorants ; eux aussi ont quelque chose à dire.
Evite les gens grossiers et violents ils ne sont que tourments pour l’esprit.
Si tu te compares aux autres, tu risques de devenir vaniteux ou amer, il y aura toujours quelqu’un de plus grand ou de plus petit que toi.
Sois fier de ce que tu as fait et de ce que tu veux faire. Aime ton métier, même s’il est humble ; c’est un bien précieux en notre époque trouble. Sois prudent dans tes affaires, car on pourrait te jouer de vilains tours. Mais que ceci ne te rende pas aveugle à ce qu’il y a de beau ; bien des gens luttent pour un idéal et, partout sur la Terre, on fait preuve de courage.
Sois toi-même, surtout dans tes affections.
Fuis par-dessus tout le cynisme en amour, car il persiste même après avoir desséché ton cœur et désenchanté ton âme.
Permets-toi de t’enrichir de l’expérience des ans, te défaisant progressivement de tes puérilités. Affermis-toi pour faire face aux malheurs de la vie.
Mais ne te détruis pas par une imagination maladive ; bien des peurs prennent naissance dans la fatigue et la solitude.
Malgré la saine discipline qui s’impose, sois bon envers toi-même.
Tu es un enfant de l’univers, tout comme les arbres et les étoiles : tu as le droit d’être ici. Et même si cela n’est pas clair en toi, sois assuré que tout se passe dans l’univers selon ses règles propres.
Par conséquent, sois en paix avec ton Dieu, quelle que soit en toi son image. Et par-delà tes peines et tes aspirations, au milieu de la confusion de la vie, sois en paix avec ton âme.
Dis-toi qu’en dépit de ses faussetés, de ses ingratitudes, de ses rêves brisés, le monde est tout de même merveilleux.
Répands la bonne humeur. Et tâche d’être heureux.

Que la grâce du Saint-Esprit nous assiste. Que Marie, Etoile de la mer, nous conduise au port du salut. Amen.

Seigneur Jésus, Christ saint, Père éternel et Dieu tout-puissant, sage Créateur, Dispensateur bienveillant et Ami révéré, humble et pieux Rédempteur, Sauveur clément et miséricordieux, je Te prie humblement et Te requiers de m’éclairer, de me délivrer et de me protéger , avec tous les frères de Temple et tout Ton peuple chrétien qui est dans la confusion et dans l’angoisse de l’avenir. Accorde-nous, Seigneur, en qui sont et de qui viennent toutes les vertus, bienfaits, dons et grâces du Saint-Esprit, accorde nous de connaitre la vérité et la justice, la faiblesse et l’infirmité de notre chair, d’accepter la véritable humilité, afin que nous puissions mépriser ce triste monde et ses souillures, les vains plaisirs, l’orgueil et toutes les misères, de n’aspirer qu’aux biens célestes, de travailler humblement au maintien de nos vœux et de Tes commandements.

Très Saint Seigneur Jésus-Christ, par le mérite de Tes vertus, que Ta grâce nous accorde, puissions-nous échapper au diable rugissant, à tous nos ennemis, à leurs embûches et à leurs œuvres. Ô notre Rédempteur et défenseur, ceux que par Ta passion et Ton humilité tu enchaînes au bois de la croix, les rachetant par Ta miséricorde, protège-les, protège-nous. Par Ta sainte croix et par son signe, puissions-nous triompher de l’ennemi et de ses embûches. Protège Ta sainte Eglise, éclaire ses prélats, ses docteurs et ses recteurs, avec tout Ton peuple chrétien ; qu’ils proclament et accomplissent Ton service et Ta volonté d’un cœur pur, humble et pieux ; que leur piété soit pure et exigeante ! Qu’ils enseignent le peuple et l’éclairent par le bon exemple. Puissions-nous, pour notre part, accomplir humblement les œuvres d’humilité, à Ton exemple et à celui des saints apôtres et des élus. Puissions-nous considérer de quoi nous sommes faits, ce que nous sommes et ce que nous serons, ce que nous faisons et devons faire pour avoir la vie conduisant aux joies du paradis. Daigne éclairer et convertir ceux qui n’ont pas été revivifiés par l’eau et l’Esprit-Saint, afin qu’ils obéissent à Ta sainte loi et reçoivent les sacrements de la sainte Eglise, et qu’ils gardent ensuite Ta sainte foi . Seigneur, donne à Ton peuple chrétien la soif et la possession de cette Terre sainte où Tu es né dans le dénuement, où Ta sainte miséricorde nous a rachetés, où Tes exemples et Tes miracles nous ont instruits… Daigne faire en sorte que nous la libérions par Ta Grâce et la possédions ! Que nous remplissions Tes saints services et volonté !

Dieu miséricordieux, T religion, qui est celle du Temple du Christ, a été fondée en concile général et en l’honneur de la sainte et glorieuse Vierge Marie Ta mère, par le bienheureux Bernard, Ton saint confesseur, élu à cette fin par la sainte Eglise romaine. C’est lui qui, avec d’autres prud’hommes, l’enseigna et lui confia sa mission. Or, la voici prisonnière et captive du Roi de France pour une injuste cause. Veuille la délivrer et la protéger, par la prière de la sainte et glorieuse Vierge Marie Ta mère et de la cour céleste . Seigneur, Toi qui es la vérité, qui sais que nous sommes innocents, fais-nous libérer, afin que nous tenions humblement nos vœux et Tes commandements, dans l’accomplissement de Ton saint service et de Ta volonté. Ces mensonges iniques lancés contre nous par pressions et tribulation (exauce nos prières !), tout ce que nous avons souffert, la condamnation pour nos corps, les propos qui nous ont été rapportés de la part de Monseigneur le pape, la prison perpétuelle que nous vaut l’infirmité de notre chair, puissions –nous n’avoir plus à endurer cela, malgré les calomnies qui pèsent si douloureusement sur nos consciences ! Protège-nous, Seigneur, avec tout Ton peuple chrétien ; apprends-nous à T’obeir. Donne à Philippe, notre roi, qui est petit-fils de Saint Louis, Ton saint confesseur, de mériter comme lui, par sa vie parfaite et ses mérites, la paix en son royaume et la concorde entre les siens, les rois, princes, barons et chevaliers. Que tous ceux qui ont été désignés pour faire garder la justice y veillent selon Tes commandements, l’accomplissent, souffrent et conservent entre eux et pour tout le peuple chrétien la paix et la lumière. Donne-leur de reconquérir avec nous la Terre-Sainte, et d’accomplir Ton saint service et Tes saints ouvrages ; accorde à tous nos parents, bienfaiteurs et prédécesseurs, à nos frères vivants et défunts la vie et le repos éternels.

Toi qui vis et règnes, étant Dieu, par tous les siècles des siècles. Amen.

De moi-même je ne suis pas digne de prier : mais que Ta miséricorde et Ton abaissement, que la bienheureuse et glorieuse Vierge Marie, Ta mère et notre avocate, que toute la Cour céleste intercèdent pour nous et nous obtiennent cette grâce.

Amen.

Sainte Marie, Mère de Dieu, Mère très pieuse, pleine de gloire, sainte Mère de Dieu, Mère toujours vierge et précieuse….. Ô Marie, salut des infirmes, consolatrice de ceux qui espèrent en Vous, triomphatrice du mal et refuge des pécheurs repentants, conseillez-nous, défendez-nous. Défendez Votre religion, qui a été fondée par Votre saint et cher confesseur le bienheureux Bernard avec d’autres prud’hommes institués par la sainte Eglise romaine ; c’est en votre honneur, ö très sainte et glorieuse, qu’elle s’est répandue. Nous vous en prions humblement, obtenez-nous la libération de Votre religion et de ses biens, avec l’intercession des anges, des archanges, des prophètes, des évangélistes, des apôtres, des martyrs, des confesseurs, des vierges elles-mêmes – en dépit des calomnies qui, Vous le savez, nous sont jetées à la face - ; que nos adversaires reviennent à la vérité et à la charité ! Puissions-nous, nous-mêmes, observer Vos vœux et les commandements de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Votre fils, qui est notre défenseur, créateur, rédempteur, sauveur miséricordieux et très aimé.

Lui qui vit et règne, étant Dieu, par tous les siècles des siècles. Amen.

Prions. Dieu tout-puissant et éternel, qui nous as donné au bienheureux Louis, Roi de France et Ton saint confesseur, la grâce, les mérites, l’humilité, la chasteté, la justice et la charité, selon l’intercession de la bienheureuse et glorieuse Vierge Marie Ta Mère, que tant il aimait ; Toi qui as donné la paix à son règne, accorde-nous, Seigneur, par son intercession, la paix et le conseil ; délivre et conserve dans la vérité, malgré les calomnies, notre religion fondée en l’honneur de la sainte et glorieuse Vierge Marie Ta mère, afin qu’en cette Terre-Sainte où Ta miséricorde et Ton amour nous ont rachetés, nous accomplissions Ton saint service et Ta volonté, et qu’ensemble, avec notre Roi et les siens unis dans les mêmes mérites, nous accédions enfin aux félicités du paradis.

Toi qui, étant Dieu, vis et règnes par les siècles des siècles. Amen.

Dieu tout-puissant et éternel, qui tant aimas le bienheureux Jean l’Evangéliste, Ton apôtre, et le laissas reposer sur Ton cœur à la Cène ; qui lui révélas les célestes secrets, et, de la croix où Tu gisais pour le salut du monde, le recommandas à ta Sainte Mère et Vierge, en l’honneur de qui notre religion a été fondée, délivre et conserve celle-ci par Ta sainte miséricorde ; et de même que Tu nous sais innocents des crimes qu’on nous impute, de même accorde-nous d’observer nos vœux et Tes commandements dans l’humilité et dans l’amour, afin qu’au terme d’une vie méritoire, nous parvenions aux félicités du Paradis.

Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.

Dieu Tout-Puissant et éternel qui as illuminé le bienheureux Georges, ton preux chevalier et saint martyr, par son amour et par la glorieuse et bienheureuse Vierge Marie, Ta très sainte Mère, en l’honneur de qui fut fondée notre religion, daigne la délivrer et préserver avec nous, afin que nous observions humblement nos vœux et Tes commandements, et possédions la vie par laquelle nous mériterons d’accéder aux félicités du Paradis. Toi qui, étant Dieu, vis et règnes par les siècles des siècles.

Amen.

Prière des Templiers en prison,
composée en 1310 par le frère Aymeri de Limoges
pour assurer la défense de ceux de ses frères
emprisonnés en l'abbaye Sainte Geneviève.

Pierre Girad Augry
Le bréviaire des Templiers
Baudry Editions 2003
Grande Loge des Régimes Rectifiés : Le fil aplomb vu par un maçon opératif
Le fil aplomb et la perpendiculaire.
Les outils de la Loge vus par un maçon opératif.

Le fil aplomb.

Le fil aplomb sert à contrôler la verticalité. Il est composé d’un plomb ou peson, d’une ficelle ou cordelette appelée le fouet, d’un carré dénommé le chas qui est de même diamètre que le peson. Le fouet est enroulé parfois autour d’un touret ou noix et sa baguette d’axe est appelée maîtresse. Y a-t-il un rapport entre la maîtresse, le fouet, le chas, la baguette et la noix ? A chacun d’en juger… En mettant le doigt sur le fouet et le chas, le maçon presse plus ou moins avec son doigt pour faire descendre le plomb, puis pose le chas contre la paroi ; alors il observe si le plomb érafle la pierre. C’est ce petit coup de vent entre la paroi et le plomb qui va donner la verticalité. Il faut avoir un sérieux coup d’œil et une bonne dextérité pour maîtriser les aplombs.

Il faut savoir que chez les bâtisseurs le fruit et les faux aplombs sont toujours calculés par rapport à la verticalité.

Certains fil à plombs très pointus servent aussi à reporter les axes et les tracés sur le sol. Je suis assez convaincu que certain maîtres maçons, qui avaient l’art de la science de l’eau, s’en servaient aussi pour implanter leurs bâtiments par rapport aux sources. Les croix sur les bords des chemins sont posées sur le croisement des courants d’eau et de courants sacrés ; on pourrait dire la même chose pour les églises ou les cathédrales, mais cela est un autre sujet.

La règle à plomber ou perpendiculaire.

La règle à plomber ou perpendiculaire est un instrument dont on ne sert plus aujourd’hui. Elle porte sur son plat le tracé de l’axe longitudinal. Un fil à plomb est fixé en tête de la règle dont le cordeau descend devant l’axe tracé de la règle si celle-ci est d’aplomb. Il unit la rectitude de la règle et la verticalité de l’aplomb. Les maçons pouvaient s’en servir lors de la pose de la pierre de taille pour tracer un trait vertical. C’est un peu notre niveau à bulle d’aujourd’hui quand on le met verticalement. C’est un outil intéressant tout comme le niveau, car on doit aussi l’utiliser sur deux plans à la fois. […]

Grande Loge des Régimes Rectifiés : La perpandiculaire vu par un maçon opératif

Et Pippin regarda le vieillard dans les yeux, car sa fierté était étrangement aiguillonnée par le dédain et la suspicion perceptibles dans cette voix froide. « Un aussi grand seigneur des Hommes trouvera sans doute peu de service chez un hobbit, un Semi-Homme de la Comté du Nord, tel qu'il est, je l'offrirai toutefois en paiement de ma dette » Écartant vivement le pan de son manteau gris, Pippin tira sa petite épée et la déposa aux pieds de Denethor.

Un pâle sourire passa sur le visage du vieillard comme le reflet d'un froid soleil un soir d'hiver, mais il courba la tête et tendit la main, abandonnant les fragments du cor. « Donnez-moi cette arme ! » Dit-il.

Pippin l'éleva et la lui présenta par la garde. « D'où cela vient-il ? Demanda Denethor. Maintes et maintes années ont passé dessus. C'est assurément une lame forgée par les vôtres dans le lointain passé ? »

« Elle vient des tertres qui s'étendent le long des frontières de mon pays, dit Pippin. Mais seuls des êtres mauvais y résident à présent, et je n'aimerais pas en dire davantage à leur sujet. »

« Je vois que d'étranges histoires sont tissées autour de vous, dit Denethor, et il se voit une fois de plus que l'apparence peut tromper sur un Homme ou un Semi-Homme. J'accepte votre service. Car vous ne vous laissez pas démonter par les paroles, et votre discours est chevaleresque et courtois, tout étrange qu'il puisse paraître pour nous autres gens du Sud. Or, dans les jours qui viennent, nous allons avoir besoin de tous les gens chevaleresques, grands ou petits. Jurez-moi maintenant fidélité ! »

« Prenez la garde de l'épée, dit Gandalf, et répétez les paroles du Seigneur, si vous êtes résolu là-dessus. »

« Je le suis », dit Pippin.

Le vieillard posa l'épée sur ses genoux, Pippin mit la main sur la garde et dit lentement après Denethor:

« Je jure ici d'être fidèle au Gondor et au Seigneur et Intendant du royaume, de les servir, de parler et d'observer le silence, d'agir et de laisser faire, de venir et d'aller, en temps d'abondance ou de disette, de paix ou de guerre, dans la vie et dans la mort, dès ce moment et jusqu'à ce que mon seigneur me délie, que la mort me prenne ou que le monde périsse. Ainsi parle-je, moi, Peregrïn fils de Paladin de la Comté des Semi-Hommes. »

« Et je l'entends, moi, Denethor fils d'Ecthelion, Seigneur de Gondor, Intendant du Puissant Roi, je ne l'oublierai pas et je ne manquerai pas de récompenser ce qui est donné : la fidélité par l'amour, la valeur par l'honneur, le parjure par la vengeance » L'épée fut alors rendue à Pippin, qui la remit au fourreau.

[...]

« Menez le Seigneur Mithrandir au logement préparé pour lui, dit Denethor, et son compagnon pourra demeurer avec lui pour le moment, s'il le désire. Mais que l'on sache que je lui ai maintenant fait jurer fidélité à mon service, il sera désormais connu sous le nom de Peregrïn fils de Paladin, et il saura les mots de passe mineurs [...] »

Le Seigneur des anneaux,
Troisème Partie : Le Retour du Roi,
Livre V, Chapitre Premier : Minas Tirith.

Nuit d’Agapes ; Banquet night
Rudyard Kipling

Le moment venu, le roi Salomon déclarait
A ses ouvriers qu'il voyait tailler la pierre :
Nous allons mettre en commun, l'ail, le vin et le pain,
Et festoyer tous ensemble. Je descendrai de mon trône,
Et tous les frères devront venir à ces agapes,
En tant que Compagnons, ni plus, ni moins !

Qu'on envoie promptement une chaloupe à Hiram de Tyr,
Lui qui assure l'abattage et le transport sur les flots
De nos arbres si beaux. Dites-lui, que les Frères et moi
Désirons parler avec nos Frères qui naviguent sur les mers,
Et que nous seront heureux de les rencontrer à ces agapes,
En tant que Compagnons, ni plus, ni moins !

Qu'on porte aussi le message à Hiram Abib,
Le Grand Maître des forges et des mines :
Moi-même et les Frères, nous aimerions qu'il soit possible
Que lui-même et ses Frères viennent à ces agapes,
Portant riches décors ou simples vêtures,
En tant que Compagnons, ni plus, ni moins !

Dieu a assigné à chacun sa place : au cèdre majestueux,
A la modeste hysope, et au mûrier sauvage, au figuier

Et à l'aubépine... mais cela n'est pas une raison suffisante
Pour reprocher à un homme, de n'avoir pas réussi à être,
Ce à quoi il n'était pas nécessairement destiné !
Et à propos de notre Temple, je maintiens et j'affirme :
Nous ne sommes que des Compagnons, ni plus, ni moins !

Ainsi il ordonna, et ainsi il fut fait.
Et les Coupeurs de Bois, et les Maçons de Marque,
Avec les simples matelots de la flotte de Sidon,
Et les amiraux du Royal Arche,
Vinrent s'asseoir et se réjouir à ces agapes,
En tant que Compagnons, ni plus, ni moins !

Dans les carrières, il fait encore plus chaud que dans les forges d\'Hiram,
Nul n'y est à l'abri du fouet du gardien.
Le plus souvent, il neige sur la passe du Liban,
Et le vent souffle toujours, au large de la baie de Jaffa.
Mais quand le moment est venu, le messager apporte
L'ordre du roi Salomon : alors oublie tout le reste !
Que tu sois Frère parmi les mendiants, l'ami des rois
Ou l'égal des princes, oublie tout cela !
Seulement Compagnon ! et oublie tout le reste.

Rudyard Kipling
Les quatres phases concomitantes de notre vie spirituelle.

La vie spirituelle peut se définir essentiellement comme renoncement au moi et au monde (aspect négatif) et comme "union à Dieu" (aspect positif). On peut y distinguer quatre phases : métanoïa, catharsis, apatheïa et théôsis dans un ordre hirarchiquement ascendant, mais ces quatres phases doivent être considérées comme concomitantes plutôt que comme successives, ou encore comme des "dominantes" dans les diverses étapes de la vie spirituelle ; c'est dire, par exemple, qu'il n'y a pas de métanoïa sans un commencement de de catharsis ou de théôsis, et vice versa.

  • Métanoïa = conversion = retournement : l'âme ayant perçu un commencement de Lumière divine se détourne sous l'action de la Grâce - en intention tout au moins - de l'égo et du monde. Phase initiale où la "dominante" est la métanoïa. C'est une "orientation nouvelle" : l'âme se tourne vers le Soleil spirituel. c'est l'entrée dans la Voie, mais il reste toute la route à parcourir.
  • Catharsis = purification = mortification des passions et du désir. l'âme "orientée" doit se purifier de tous les obstacles à l'accomplissement et à l'épanouisement de la Vie Divine en elle, ce qui correspondra aux deux aspects suivants : apatheïa et théôsis.
  • Apatheïa = apaisement = contentement. L'âme, libérée de l'égo et des passions, est dans l'état de pureté, de virginité, de passivité parfaite (matéria prima) pour recevoir le Fiat Lux, le Verbe Illuminateur et Transformateur qui veut s'incarner en elle ; c'est le mystère de l'incarnation et de la "Transsubstanciation" : "Ceci est mon Corps."
  • Théôsis = divinisation : l'âme, entièrement dépouillée, n'est plus elle-même car elle est "transformée" en Dieu.

Traité VII.10 Alchimie spirituelles,
Introduction à l'ésotérisme chétien,
abbé Henri Stéphane.


Rituels de Stricte Observance : Le marteau Rituels de Stricte Observance : Le marteau
Marteau ou Maillet.

En langue Allemande, Hammer signifie Marteau, Holz Hammer signifie maillet en bois. Les rituels de Stricte Observance parlent de Hammer soit de marteaux en fer et non en bois. La Loge « Modestia com Libertate » de ZURICH possède un exemplaire de ce marteau de loge que nous présentons ci-contre.

Le deuxième concile de Constantinople

Le deuxième concile de Constantinople est un concile œcuménique convoqué en 553 par l'empereur Justinien dans un contexte bien précis, celui du monophysisme. Pour essayer de se rallier les monophysites, Justinien souhaite anathématiser trois évêques se rattachant à l'école théologique d'Antioche, dont les monophysites considèrent les écrits comme nestoriens : Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr et Ibas d'Édesse. On se réfère à ces écrits par l'expression des « Trois Chapitres ».

Monophysisme : Hérésie du moine copte Eutychès pour qui « la nature humaine avait cessé d’exister comme telle dans le Christ en étant assumée par sa personne divine de Fils de Dieu » (C.E.C. 467). Dans le Credo, de l’Église catholique, les chrétiens affirment leur foi en Jésus Christ « vrai Dieu et vrai homme ».

Les monophysites affirment que Jésus Christ n’a qu’une seule nature et qu’elle est divine, cette dernière ayant absorbé sa nature humaine. Cette doctrine a été condamnée comme hérétique lors du concile de Chalcédoine en 451, Selon ce concile, Jésus-Christ est à la fois vrai Dieu et vrai homme en « une seule personne et deux natures, sans confusion ».

On appelle parfois encore « monophysites » les Églises qui ont été rejetées par celles qui ont accepté le concile de Chalcédoine. Il est préférable de les appeler « nonchalcédoniennes » ou mieux « orthodoxes orientales » (copte, syrienne orthodoxe, arménienne…)

Après de nombreuses péripéties, le pape Vigile finit par reconnaître ses décisions. Son successeur Pélage Ier fait de même, mais, en 557, l'évêque d'Aquilée rejette les conclusions du concile et se constitue en patriarcat d'Aquilée, autocéphale et indépendant de Rome et de Constantinople (schisme des Trois Chapitres).

Les quatorze anathématismes du concile :

  • 1er anathématisme : si quelqu'un ne confesse pas que la nature ou substance divine est une et consubstantielle en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; qu'il soit anathème.
  • 2e anathématisme : si quelqu'un ne confesse pas dans le Verbe de Dieu deux naissances, l'une incorporelle par laquelle il est né du Père avant tous les siècles, l'autre selon laquelle il est né dans les derniers temps de la vierge Marie, Mère de Dieu ; qu'il soit anathème.
  • 3e anathématisme : si quelqu'un dit que ce n'est pas le même Christ-Dieu-Verbe, né de la femme, qui a fait des miracles et qui a souffert ; qu'il soit anathème.
  • 4e anathématisme : si quelqu'un ne confesse pas que la chair a été substantiellement unie à Dieu le Verbe et qu'elle était animée par une âme raisonnable et intellectuelle ; qu'il soit anathème.
  • 5e anathématisme : si quelqu'un dit qu'il y a deux substances ou deux personnes en Notre-Seigneur Jésus-Christ, et qu'il ne faut en adorer qu'une seule, comme l'ont écrit follement Théodore et Nestorius ; qu'il soit anathème.
  • 6e anathématisme : si quelqu'un ne confesse pas que la sainte Vierge est véritablement et réellement Mère de Dieu, qu'il soit anathème.
  • 7e anathématisme : si quelqu'un ne veut pas reconnaître que les deux natures ont été unies en Jésus-Christ, sans diminution, sans confusion, mais que par ces deux natures il entende deux personnes ; qu'il soit anathème.
  • 8e anathématisme : si quelqu'un ne confesse pas que les deux natures ont été unies en Jésus-Christ en une seule personne ; qu'il soit anathème.
  • 9e anathématisme : si quelqu'un dit que nous devons adorer Jésus-Christ en deux natures, ce qui serait introduire deux adorations que l'on rendrait séparément à Dieu le Verbe et séparément aussi à l'homme ; et qu'il n'adore pas par une seule adoration le Verbe de Dieu incarné avec sa propre chair, ainsi que l'Église l'a appris dès le commencement par tradition ; qu'il soit anathème.
  • 10e anathématisme : si quelqu'un nie que Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui a été crucifié dans sa chair, soit vrai Dieu, Seigneur de gloire, l'un de la Trinité ; qu'il soit anathème.
  • 11e anathématisme : si quelqu'un n'anathématise pas Arius, Eunomius, Macédonius, Apollinaire, Nestorius, Eutychès, Origène, avec tous leurs écrits impies ; qu'il soit anathème.
  • 12e anathématisme : si quelqu'un défend l'impie Théodore de Mopsueste ; qu'il soit anathème.
  • 13e anathématisme : si quelqu'un défend les écrits impies de Théodoret, qu'il soit anathème.
  • 14e anathématisme : si quelqu'un défend la lettre que l'on dit avoir été écrite par Ibas à Maris ; qu'il soit anathème.
CodeD B NervalL F Blanc
sur NoirM D C
LettresLF DésidérataJ O PrièreP G-A
Fil
AplombD P, R d L
Un peu de lumièreL F
Nuit
d'agapesM D C
4 phasesD B
Marteau
MailletA et D B
ConstantinopleD B


Selon la légende fondatrice de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem, l’année de référence est celle de la restauration de l’Ordre du Temple par Aumont Premier savoir 1312, que l’on retranche de l’ère vulgaire.

Par exemple :
Nous sommes en - 1312
Nous sommes donc en .

Légende

Lorsqu'en 1307 la persécution de Philippe le Bel, roi de France, commença contre notre Ordre. Aumont, qui avait vieilli au service de l'Ordre et qui fut d'une grande itelligence, était Maître de la Province d'Auvergne.

Philippe ne put le supporter car il s'était toujours opposé, de toutes ses forces, à toutes ses attaques. La vigilance d'Aumont fut tenue en éveil par la grande amitié qui liait le roi et le nouveau pape. Alors qu'il se rendait pour cette raison, à Paris, il apprit l'arrestation qui eut lieu le 13 octobre. Il put avec les principaux commandeurs qui l'accompagnaient, prendre la fuite en Normandie où il se crut en sûreté. Mais quand il apprit que le pape ClémentClément V avait installé des tribunaux dans toutes les provinces du royaume, qui furent erigés en tribunaux ecclésiastiques, car ils furent tenus par les prélats qu'il avait nommés, avec les représentants du roi, contre notre Ordre, tout en utilisant la torture, il abandonna les vêtements de l'Ordre et se rendit, comme maçon, dans différentes parties du royaume où il n'était pas connu pour observer quelle tournure prendraient les évènements.

Mais comme la réputation de l'Ordre se dégradait de plus en plus, il prit, en 1310, la décision de se rendre, avec les commandeurs et cinq chevaliers, en Irlande, car il s'appelait maintenant Mabeignac. Mais comme quelques commissaires avaient été déjà envoyés l'année précédente, contre les intérêts de notre Ordre, en Angleterre et comme un concile fut tenu par Robert Winkelfey, dont le pape fut l'instigateur, et que nos frères furent, comme en France, arrêtés et maltraités (car déjà en 1307 ils avaient écrit au roi EdouardIl s'agit soit d'Edouard Ier (1239-1307), roi d'Angleterre de 1272 à 1307, soit d'Edouard II (1284-1327), roi d'Angleterre de 1307 à 1327, fils du précédent sans avoir obtenu satisfaction), Aumont ne se sentit pas très en sûreté en Irlande, car déjà en 1310 les commissaires apostoliques y avaient créé des tribunaux. Il prit ainsi la fuit en 1311 pour l'île de Mull où il rencontra Georgium Harris.Georges Harris

[...]

Comme l'Ordre fut interdit dans le monde chrétien, les Frères qui s'étaient réfugiés à Mull décidèrent qu'il devait se perpétuer. En 1312, à la Saint-Jean d'été, ils tinrent un chapitre et AmanumAumont devint leur Grand Maître, mais pour qu'ils pussent se soustraire à la poursuite et pour que l'Ordre ne fût pas découvert, Aumont proposa d'inventer et d'adopter, à la manière des maçons de métier, des signes et des mots secrets qui leur permissent de communiquer et de se reconnaître ; et comme ils s'étaient, contre la volonté de leur ennemis, proclamés libres et avaient adopté des coutumes étrangères, ils se déclarèrent Francs-Maçons et au début ils exercèrent vraiment ce métier.

[...]

Tapis Apprenti et Compagnon SOT Peinture sur toile cirée noire, XIXe siècle Collection de la Loge Modestia cum Libertate, Zurich
Tranenteppich aus der Arbeit der Meisterloge 19 Jh wachstuch bemalt Bayreuth DFM SOT Tapis de maitre WEIMAR
Tapis de Loge Dresde Rituel d'Apprenti
Tapise de Loge SOT Compagnon Muséum Sckloss
Rituels de Stricte Observance : Le marteau
Le livre des jeux, sous-titré le livre des échecs, dés et tables. Bibliothèque du monastère de l'Escurial.