Blé1 du blé en signe de Fécondité et d'Abondance
A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers
3 de l'huile en signe de Paix et TranquilitéHuille
Logotype de la Grande Loge des Régimes RectifiésLes blasons de l'Ordre

Grande Loge des Régimes Rectifiés

Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem

Charles de HundTableau de Charles de Hund

Les deux provinces rétablies de l'OrdreAuvergne Occitania

Vin2 du vin en signe de Joie et d'Allégresse
maçonnerie rectifiée mixte chrétienne
4 du sel en signe d'Hospitalité et d'AmitiéSel

L’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem n’est ni une obédience maçonnique ni une grande loge régissant divers rites, mais un ordre au sens plénier ; ce qui inclut deux caractéristiques essentielles : il s’agit d’une association de personnes vivant en communion de pensée après avoir fait des vœux solennels, soumises à des règles morales inspirées de la Règle de l’Ordre du Temple mais adaptées à leur état laïc, et d’un ensemble fortement hiérarchisé exigeant de ses membres une obédience absolue aux supérieurs visibles et invisibles de l’Ordre. C’est seulement dans ce dernier sens qu’il est possible d’utiliser le terme d’ « obédience » ; celui de Grande Loge des Régimes Rectifiés s’applique à l’organisme qui régit les quatre premiers grades allégoriques pour répondre à la règle maçonnique commune qui veut que les grades d’Apprenti, de Compagnon de Maître et de Maître Ecossais soient placés sous la juridiction d’une Grande Loge, à l’exclusion de tout autre grade.

Dans le système de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem, la Grande Loge des Regimes Rectfiés n’est qu’une émanation du Grand Chapitre Général duquel elle tire sa légitimité, le Maître de Loge (ou Vénérable Maître) ayant reçu de ce dernier, en tant que Commandeur de Maison, mandat pour diriger sa loge. Selon les usages de la Maçonnerie Rectifiée, l’installation d’une nouvelle loge se fait en deux temps : le Maître de Loge désigné par le Grand Maître National, après avis consultatif des Chevaliers Capitulaires, reçoit un « diplôme de concession » l’habilitant à prendre le vénéralat ad vitam de la loge allégorique ; le serment prêté entre les mains du Grand Maître National ou de son Vicaire précise qu’il doit « [s’]acquitter fidèlement et avec soumission des fonctions de Commandeur de Maison et du gouvernement qui [lui] a été accordé en cette qualité de la loge régulière, sous le titre distinctif N.N., établie et confirmée par le Chapitre Général, à la direction de laquelle Dieu et le Grand Supérieur de l’Ordre [l’]ont établi ; […] d’exécuter consciencieusement et scrupuleusement en tout et partout les lois qui [lui] ont été prescrites par le Saint Ordre […] » ; puis a lieu l’installation de la loge proprement dite, selon la Forme d’Installation des Loges Réunies et Rectifiées, qui voit tous les Officiers Dignitaires et les Frères fondateurs promettre, par la voix des Surveillants , « de remplir avec la fidélité la plus entière et la plus scrupuleuse exactitude les engagements [qu’ils ont] contractés envers [leurs] Supérieurs légitimes […] et envers le Vénérable constitué Maître inamovible de [la] loge », jurant, « de [se] conformer à tous les statuts et règlements reçus ou à recevoir d’eux. […] ».

Ainsi l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem inclut l’ensemble des grades, qu’ils soient allégoriques, chevaleresques ou cléricaux, de l’Apprenti maçon au Grand Prêtre des Templiers et Supérieur Inconnu de l’Ordre templier.

Les appellations d’ « Ordre Intérieur ou Saint Ordre » pour les grades chevaleresques et additionnels régis par le Grand Chapitre General, et de « Très Saint Ordre » pour les degrés du Cléricat Templier régis par le Grand Chapitre Clérical ne doivent pas être entendues comme autant d’ordres distincts mais comme une hiérarchie comprenant quatre branches constituant une structure pyramidale : la Franc-Maçonnerie allégorique, la branche chevaleresque, la branche cléricale, le tout étant couronné par le Haut Chapitre Clérical au sein duquel sont reçus les Supérieurs Inconnus ou Magni Sacerdotes Templariorum de la branche secrète de l’Ordre du Temple, Grands Pontifes de la Jérusalem céleste.

Au vu de tout ce qui précède, l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem doit être considérée comme un ordre maçonnico-chevaleresque, dans la tradition des grands ordres de chevalerie médiévaux, comme l’ont voulu ses inventeurs du XVIIIème siècle ; la « Formule de profession des Chevaliers Templiers réformés de l’Ordre » obligeant ses membres à « observer toute [leur] vie la règle qui a été donnée aux Frères Chevaliers du Temple par saint Bernard, abbé de Clairvaux, confirmée par notre saint père le pape Honorius second, dans tous ses points et articles applicables à l’état présent de l’Ordre et qui ne sont pas dispensés ; de vivre dans l’obéissance, sans rien de propre dans l’Ordre, et dans la chasteté spirituelle, c’est-à-dire dans la candeur de l’esprit et dans l’horreur de la séduction ».

Le terme d’ « Ecossais » est appliqué, au système de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem. S’agit-il, d’une référence à l’origine écossaise d’un système qui prit, en fait, naissance en Allemagne ?

Deux explications peuvent être avancées. L’une se réfère à la légende néo-templière qui rapporte qu’après la dissolution de l’Ordre du Temple et le supplice de son grand maître, Jacques de Molay, Pierre d’Aumont, grand maître provincial de l’Auvergne, deux commandeurs et cinq chevaliers, déguisés en maçons, débarquèrent dans l’île écossaise de Mull et y trouvèrent le grand commandeur d’Hampton-Court, George Harris et plusieurs autres frères avec lesquels ils résolurent de continuer l’Ordre. C’est le jour de la Saint-Jean d’Eté 1312 que, dans un chapitre solennel, Aumont, premier du nom, fut nommé grand maître. Pour se soustraire aux persécutions, les frères adoptèrent des symboles empruntés à l’architecture et se qualifièrent maçons libres ou francs-maçons.

Cette légende est le « mythe fondateur » de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem qui a toujours prétendu être l’Ordre du Temple « rétabli et renouvelé », perpétué secrètement « sous le voile et les allégories de la Franc-Maçonnerie ».

Le Maître Ecossais qui se présente au Noviciat séculier déclare venir « des Iles de l’Ecosse » où « il y a travaillé en tant que Franc-Maçon ». L’Extrait de l’histoire la plus récente de l’Ordre de 1312 à 1744, lue au grade de Chevalier, reprend les éléments de la légende ci-dessus : il précise, notamment, que pour « se soustraire à la poursuite et pour que l’Ordre ne fût pas découvert, Aumont proposa d’inventer et d’adopter, à la manière des maçons de métier, des signes et des mots secrets qui permissent [aux Frères] de communiquer et de se reconnaître ; et comme ils s’étaient, contre la volonté de leurs ennemi, proclamé libres et avaient adopté des coutumes étrangères, ils se déclarèrent Francs-Maçons et au début ils exercèrent vraiment ce métier ». C’est le successeur d’Aumont, Harris qui, en 1320, « ajouta au grade de Maître celui d’Ecossais pour que les descendants gardassent la mémoire de la renaissance de l’Ordre dans les îles écossaises. Le vrai Ordre commença avec le Noviciat [..] » Par « vrai Ordre », il faut entendre les grades chevaleresques proprement dits, celui de Maître Ecossais pouvant être considéré, par son contenu symbolique, comme relevant encore de la Maçonnerie allégorique, bien que rattaché à l’Ordre Intérieur.

L’influence du templarisme jacobite est la seconde explication de l’origine écossaise de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem. Il est tout à fait plausible que le baron de Hund ait tenu sa légitimité d’un Chapitre « templier » au sein duquel il aurait été reçu à Paris, en 1743, en présence d’un « Chevalier au plumet rouge », dont l’identité reste incertaine, et du Prétendant Charles-Edouard Stuart en personne. Il semble bien qu’il ait subsisté une branche « écossaise » de l’Ordre du Temple dont le Prétendant fut le grand maître. Par une lettre du 30 septembre 1745 (dont l’original n’a malheureusement pas été retrouvé) adressée d’Edimbourg par le duc de Perth à David lord Ogilvy, nous apprenons que « John, Comte de Mar, succéda à la Grande Maîtrise [du Temple] ; que, suite à sa démission, le Duc d’Athole assuma l’administration des affaires de l’Ordre comme Régent ; et, finalement, qu’en 1745, [le 24 septembre], le Prince Charles-Edouard Stuart fut élu à la haute charge de Grand Maître, au cours d’un Chapitre solennel tenu dans le Palais d’Holyrood ».

La lettre en question affirme qu’il a bien existé une survivance écossaise de l’Ordre du Temple, ne revêtant aucun caractère maçonnique ; c’est au sein de cet Ordre du Temple jacobite que fut reçu le baron de Hund, en 1743, par le comte William de Kilmarnock, grand maître des Maçons d’Ecosse (1742-1743), de l’entourage du Prétendant, et c’est de lui qu’il reçut une patente pour implanter et développer l’Ordre en Allemagne ; si le Prétendant lui-même assistait à cette cérémonie, ce ne pouvait être en 1743 comme grand maître de l’Ordre, mais tout laisse à penser qu’il ait joué à sa tête, avant son élection, un rôle purement honorifique, les souverains écossais ayant toujours accordé leur protection aux ordres chevaleresques et religieux.

Après la défaite de Culloden (1746), qui mit fin aux espoirs de restauration des Stuarts sur le trône d’Ecosse, l’Ordre du Temple « jacobite » put se perpétuer au sein des loges maçonniques stuartistes ; il devint alors un grade maçonnique et réapparaîtra « sous le voile et les allégories » de la Franc-Maçonnerie à la fin du XVIIIème siècle, pour devenir The Order of the Temple, plus connu sous le nom de Knights Templar (Chevaliers Templiers), qui bien que de nature purement chevaleresque n’est accessible qu’aux Frères de la Grande Loge d’Ecosse (et autres obédiences maçonniques qu’elle reconnaît).

Cette influence stuartiste, donc écossaise, se retrouve dans l’Ordre Sublime des Chevaliers Elus, dont on suit les premières traces en France à partir de 1750 et qui, dans sa version templière dite de Quimper, se réfère explicitement à l’Ordre du Temple. Même s’il s’agit d’un grade d’Elu ou de vengeance, puisque le thème essentiel de la réception du candidat est la recherche de l’assassin de Maître Hiram (bien que la vulgate maçonnique parle toujours, en conformité avec le déroulement du rituel du grade de Maître, de trois assassins), l’Histoire de l’Ordre Sublime et neuf des questions du catéchisme – qui en comporte soixante-quatre – se réfèrent à la légende néo-templière et à la fondation de l’Ordre en 1118 : « [Des Templiers] pour éviter la persécution, se réfugièrent dans l’Ecosse où ils avaient des frères. Là, ils prirent le nom d’élus pour ne pas subir le même sort et pour éviter les calomnies [qui] avaient en France indisposé le vulgaire contre leur Ordre et servi de prétexte à leur destruction. » De plus les statuts mentionnent deux membres de l’Ordre Sublime qui paraissent être les mêmes que ceux donnés par l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem : le comte René-François de La Tour du Pin et le baron de Weigensac.

Cet Ordre Sublime des Chevaliers Elus était dans la mouvance des Ecossais stuartistes en exil et les sympathies jacobites de ses membres peuvent être largement prouvées. Si rien n’indique que le baron de Hund y ait été reçu, les références templières de l’histoire et du catéchisme de la version de Quimper ont pu être une source d’inspiration pour l’élaboration du « corpus » de la branche chevaleresque de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem et du Cléricat Templier.

La branche chevaleresque de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem ou Ordre Intérieur (encore appelé Saint Ordre) comportait, outre le Noviciat séculier ou militaire, cinq dignités donnant lieu chacune à une obligation différente : Chevalier du Temple ou Eques, Ecuyer (Armiger) ou Compagnon d’armes, Servant d’armes, Valet d’armes,Confrère Socius (Associé) ou Amicus (Ami) du Temple, et la qualité de Chevalier Profès, qui n’était pas un grade supplémentaire ou un grade secret, contrairement aux deux classes secrètes de Profès et de Grand Profès du Régime Ecossais Rectifié. On appelait Profès celui qui avait fait sa dernière Profession appelée majeure ; cette Profession était un acte libre et uniquement à la volonté de celui qui le faisait, par lequel il s’engageait irrévocablement envers l'Ordre, à en observer toutes les lois, règles et statuts, et à une obéissance entière envers ses supérieurs.

L’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem, se voulant l’Ordre du Temple rétabli et renouvelé, se devait de reprendre les notions de noviciat et de profession, à l’imitation de tous les grands ordres de chevalerie médiévaux. Le rituel de réception au Noviciat militaire n’est pas encore de nature chevaleresque puisque le candidat, qui vient « des Iles de l’Ecosse », se présente avec son tablier de Maître Ecossais dont le Supérieur, en fin de réception, relèvera la partie droite pour la mettre dans la ceinture du côté gauche. Seul le rituel de Chevalier présente toutes les caractéristiques de réception dans un ordre de chevalerie. Le Novice quittera ses habits de Maçon pour revêtir une armure, « l’habit le plus digne d’un Chevalier ». Le serment prêté par le récipiendaire exige l’observance stricte de trois vœux : l’obéissance envers les Supérieurs de l’Ordre, le silence et l’observation des statuts incluant, notamment, « la charité chrétienne envers les pauvres et au premier chef envers les Frères du Temple et envers l’Ordre ». Après cette prestation de serment, le Célébrant lui remettra le casque, la cotte d’armes, l’épée, la croix et lui touchera trois fois les épaules avec le glaive de l’Ordre ; la cérémonie se termine par la remise du cordon rouge « avec le signe de la sainte croix formée par […] neuf nœuds en mémoire des neuf fondateurs de l’Ordre » et par l’anneau d’or passé au petit doigt de la main droite. Le nouveau Chevalier, avant la remise de l’anneau, aura reçu son nom d’Ordre (en latin) : Eques a (ou ab)…, son blason et sa devise.

Ce rituel chevaleresque n’est en rien comparable au mode de réception des chevaliers du Temple connu sous le titre : « C’est ainsi que l’on doit faire frère et recevoir au Temple » et qui fait partie de la Règle (articles 657 à 686 inclus). Il s’agissait d’un mode de réception dans un ordre monastique de chevaliers ayant précédemment reçu l’ « ordre de chevalerie » dans le siècle, exigeant de ses membres les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance.

La Profession majeure, qui donnait le titre de Chevalier Profès, voulait que le candidat observât « toute [sa] vie la règle qui a été donnée aux Frères Chevaliers du Temple par saint Bernard, abbé de Clairvaux, […] dans tous ses points et articles applicables à l’état présent de l’Ordre et qui ne sont pas dispensés ». Le Chevalier Profès portera dorénavant son anneau de chevalerie au petit doigt de la main gauche.

De tout ce qui précède, il s’avère que ces rituels chevaleresques sont propres aux « Chevaliers Templiers réformés de l’Ordre [Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem] », mais proches de ceux qui étaient alors pratiqués par les autres ordres de chevalerie religieux ou séculiers. Leurs rédacteurs ne pouvaient s’inspirer que d’un Ordre qui était à leur portée et cet Ordre ne pouvait être que l’Ordre Teutonique qui, de plus, était contemporain de l’Ordre du Temple. D’ailleurs, il y a de grandes similitudes entre les deux rituels, bien que chez les Teutoniques la réception d’un Chevalier-Profès se déroulât toujours au cours d’une messe solennelle. Après une année de noviciat avait lieu la profession : le candidat se présentait en cuirasses et en bottes sans éperons, le casque à visière à demi-fermée ; le grand maître frappait de son épée le récipiendaire de trois coups, deux sur les épaules et un sur la tête ; on lui attachait les éperons et on levait la visière de son casque. Après avoir quitté son armure et repris son habit noir, le prêtre officiant lui remettait le manteau et la croix de l’Ordre.

L’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem contemporain ne pratique que la réception au Noviciat séculier et au grade de Chevalier du Temple, complété par la Profession majeure, mais a conservé la mémoire des autres dignités puisque, le Novice est d’abord investi comme « Valet d’armes, Servant d’armes et Ecuyer ou Compagnon d’armes » avant d’être armé Chevalier ou Eques ; le mot de passe d’Ecuyer lui est communiqué avant qu’il n’aille « revêtir l’habit du Chevalier ».

Le titre de Socius et Amicus, ou Associé, Ami et Protecteur de l’Ordre, est conféré à ceux qui désirent être admis aux connaissances qu’il renferme et coopérer à son but, sans cependant être lié à ses règles comme les Chevaliers ; ils s’engagent, comme eux, à lui être utiles, à le protéger, autant qu’il dépendra d’eux, et au secret, mais sans s’assujettir à son régime. L’entrée dans cette classe n’est accordée qu’aux princes, aux personnes de haute naissance ou à ceux qui par leur état très distingué et par leur position personnelle sont à la portée de rendre des services importants à l’Ordre en général. L’admission d’un Confrère Socius est réglée par un rituel qui est propre à cette classe.

Ainsi, le Célébrant, au cours d’une cérémonie dont le rituel est celui pratiqué par les Templiers allemands du XVIIIème siècle, recevra le Novice dans la chevalerie du Temple suivant l’antique formule : « En l’honneur de Dieu, de Sainte Marie et de Saint Bernard, je te reçois Chevalier du Christ et du Temple de Salomon et t’admets à tous les bienfaits de l’Ordre, qui lui ont été faits dès le commencement et qui lui seront faits jusques à la fin ».

David souhaite construire une maison à JHVH, le Dieu d’Israël : un temple pour abriter l’arche d’alliance qui est elle-même appelée « la Demeure de JHVH » et où Dieu réside. Il fait venir l’arche depuis Qiryat Yearim où elle est gardée depuis 70 ans par les Gabaonites, dans le « Grand haut lieu », sur la montagne de Gabaon1, et la place sous une tente à Jérusalem. Mais JHVH n’accepte pas que ce soit David qui fasse construire le temple, car il a fait couler trop de sang.

Salomon, son fils, réalise son souhait : il commence la construction du Temple en 959 av. J.-C.2 dans la quatrième année de son règne. La construction dure sept ans. Hiram, roi de Tyr, en Phénicie, lui envoie du bois, des charpentiers et des tailleurs de pierre recrutés à Guébal-Byblos ; ses habitants, les Giblites, sont en relation commerciale fort ancienne avec l’Egypte et fournissent également des travailleurs expérimentés aux Egyptiens. De plus Salomon fait appel à Hiram-Abiff, maître bronzier.

Le Temple est décoré de deux colonnes placées à l’entrée: Booz au Nord, Jakin au Sud.

Il est construit selon un plan en trois parties : d’abord le porche (ulâm), situé derrière une double porte, puis la grande salle (hékâl) et enfin le Saint des Saints (debir), fermé par une porte et plongé dans l’obscurité, dans lequel repose l’arche d’alliance, qui est le lieu de manifestation de la Shekinah, présence réelle de Dieu sur terre.

Les trois premiers grades du rite de Stricte Observance, se rapportent à cette édification. Le Temple, placé dans l’enceinte du palais royal, est l’image du ciel fixé sur terre. C’est une image du Saint Palais ou Palais intérieur point d’origine des six directions3. Ces six directions permettent de définir n’importe quel point d’un espace en trois dimensions. Le tapis de loge sous le symbole du Temple de Salomon est, à la manière d’un mandala, une représentation du monde.

Salomon réunissant en une seule personne l’autorité spirituelle et le pouvoir temporel y officie comme Roi et Prêtre Suprême ; vingt siècles plus tard, sur le même lieu, prend naissance l’Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon qui, en tant que chevaliers et moines, seront les derniers représentants occidentaux de l’union des deux pouvoirs royal et sacerdotal. Le maître de la loge maçonnique est installé dans la chaire du Roi Salomon4.

En 586 av. J.-C. Nabuchodonosor détruit le Temple et déporte à Babylone le peuple de Jérusalem. Mais, dès avant 586 av. J.-C., on perd la trace de l’arche. Elle est probablement cachée pour éviter qu’elle ne tombe entre les mains des envahisseurs babyloniens. On évoque le nom de Jérémie et la possibilité d’une cache dans le mont Nébo5. Le prophète Ezéchiel a une vision du Temple réédifié selon un plan idéal. En 538 av. J.-C., Cyrus l’Achéménide autorise les déportés à rentrer en Palestine. Sous la conduite de Josué et Zorobabel, et avec l’accord des prophètes Aggée et Zacharie, les Juifs reconstruisent le Temple ; mais, faute de moyens, il ne retrouvera jamais sa splendeur passée. Les grades de Maître Ecossais (ou Ecossais Vert) et de Chevalier de l’Epée (ou de l’Orient) se rapportent à cet épisode de l’histoire du Temple. L’arche d’alliance n’est plus présente dans le Saint des Saints, seule une dalle de pierre rappelle son emplacement. C’est la pierre shethiyah ou pierre fondamentale qui marque le « Centre du monde », point de chute de la pierre noire qui n’est pas sans rapport avec la lapsit exillis ou pierre issue des cieux de Wolfram von Eschenbach. En 168 av. J.-C., le Séleucide Antiochus Epiphane pille le Temple et y installe une idole. Il est de nouveau purifié en 164. C’est l’origine de la fête de la Dédicace. En 63 av. J.-C., les Romains prennent Jérusalem. Hérode devient roi et entreprend en 20 av. J.-C. des travaux considérables afin de lui redonner tout son faste. Ceux-ci durent jusqu’en 64 ap. J.-C. En 66 ap. J.-C., une insurrection des Juifs est écrasée par les Romains; en 70, Titus assiège les derniers défenseurs réfugiés dans le Temple. Au cours des combats un incendie éclate et le détruit totalement. Seuls furent sauvés et ramenés à Rome le chandelier à sept branches, la table des pains de proposition et les trompettes sacrées. Le Temple physique est détruit mais, selon la parole évangélique, il aura suffi de trois jours pour que le Christ, par sa résurrection, le reconstruise. Le grade de Chevalier de l’Aigle Souverain de Rose-Croix en développe le symbolisme.

En 638, le calife Omar occupe Jérusalem. En 687, Abd-el-Mélik fait édifier sur l’emplacement du Rocher la « mosquée d’Omar » ou coupole du Rocher. En 780 est achevée la mosquée el-Aqsa au sud de l’esplanade.

En 1099, les croisés s’emparent de Jérusalem ; ils transforment les mosquées en églises. La mosquée el-Aqsa devient le Templum Domini et figure sur les sceaux templiers et sur l’emblème de la IIIème province de l’Ordre. Les Templiers se voient attribuer la partie sud de la colline du temple6 qui comporte en particulier les fameuses « Ecuries de Salomon »7 Les grades de Novice, de Chevalier du Temple et de Chevalier Profès reprennent les rituels initiatiques chevaleresques de la branche « militaire ».

En 1187, après le désastre de Hattin, Saladin reprend la ville.

Le tableau de loge aux trois premiers grades se rapporte clairement à la vision idéale du Temple de Salomon qui, comme celui d’Ezéchiel8 comporte trois portes : l’une fermée située à l’Est, les deux autres ouvertes situées au Nord et au Sud. Cette image idéale du Temple renvoie à la notion de Jérusalem céleste qui doit descendre des cieux à la fin des temps et où Dieu réside9. Le Cléricat Templier avec les grades de Postulant, de Novice et de Chanoine se placent ici.

La Shekinah repose au cœur du Temple et elle est assimilée à une lumière10 « La ville peut se passer de l’éclat du soleil et de celui de la lune, car la gloire de Dieu l’a illuminée, et l’Agneau lui tient lieu de flambeau »11 La Shekinah est présence divine et selon la parole : « Lorsque deux ou trois seront rassemblés en mon nom Je serai au milieu d’eux »12.

Le Temple de Salomon est « Centre du Monde », représentation symbolique du cœur de la tradition juive et par là même de la tradition chrétienne, image du ciel sur la terre. Il est la représentation du centre spirituel de la chrétienté. Les « Gardiens de la Terre Sainte », ainsi que se nommaient les pauvres chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, en assurent la garde. De même que « le peuple juif est le corps et le sang du Christ »13 le Temple de Jérusalem est le Christ lui-même, selon la parole : « Détruisez ce Temple et en trois jours je le reconstruirai ». Si le Temple n’a jamais été reconstruit, c’est que le Christ lui-même est le Temple et que par sa résurrection il l’a réédifié pour l’éternité. C’est le cœur de l’homme qui doit l’accueillir. Le pire blasphème résiderait dans une volonté humaine de reconstruire un édifice de pierres sur l’emplacement du Temple. Il serait une négation de la divinité du Christ, la concrétisation du rejet de son message, un enfoncement dans la matérialité et, stricto sensu, un renversement anti-christique des valeurs. Le véritable travail consiste à tailler les pierres que nous sommes, pour leur permettre de prendre place dans l’édifice sacré qu’est le corps du Christ.

Un « Centre Suprême » ou « Terre Sainte » est toujours protégé par une triple enceinte. Les Templiers furent appelés « gardiens de la Terre sainte »14 ce qui n’est pas sans rapport avec la « chevalerie du Saint -Graal ». L’édifice du Temple avait été conçu pour contenir l’arche d’alliance. L’arche elle-même était destinée à recevoir un certain nombre d’objets sacrés dont l’un était une coupe. Cette coupe contenait un objet d’origine non humaine15. La structure trinitaire de protection se dégage ici très nettement : d’abord le temple, puis l’arche, enfin la coupe.

Il est intéressant de noter que la construction est en rapport avec les métiers artisanaux, que l’arche, étant utilisée par l’armée d’Israël pour obtenir la victoire au combat16 peut se rapporter à la chevalerie17 et que la coupe, présente sur l’autel au cours du sacrifice de la sainte messe, est à mettre en relation avec le sacerdoce.

1. 1 Chroniques 21, 29.
2. Une ancienne tradition maçonnique des constructeurs écossais situe le début de la construction le 2 avril.
3. Sepher Ietsirah. On retrouve ce symbole sur certains sceaux templiers sous la forme de l’escarboucle ou étoile à six rayons. Ces six directions sont le septentrion, le ponant, le midi, le couchant, le zénith et le nadir.
4. Selon les Eglises chrétiennes orthodoxes tout baptisé dans le Christ est Prêtre, Prophète et Roi.
5. On trouve aussi le symbole de l’arche d’alliance dans la maçonnerie du Grand Chapitre de Clermont.
6. Le Temple de Salomon était le lieu de manifestation des influences spirituelles et l’Arche y jouait un rôle de « condensateur » (cf. René Guénon , L’erreur spirite , p. 58, Ed. Traditionnelles, 1984.) C’était un véritable centre de forces et sa situation géographique ne devait rien au hasard. En sachant cela, on mesure pleinement l’extrême importance du choix de ce lieu par les Templiers, aussi bien pour s’y établir que pour en incorporer le nom dans l’appellation de leur Ordre.
7. Cf. l’article « Les Templiers à Jérusalem », de Jehan de Ais in la revue Templarium n°1 avril-mai-juin 2002.
8. Cf. André Parrot, « Le Temple de Jérusalem » in Cahiers d’Archéologie Biblique n° 5, p.47, Ed. Delachaux & Niestlé.
9. Apocalypse de Jean 22, 3-5.
10. Cf. René Guénon, Le Roi du Monde, chap. III, p.23, Ed. Gallimard, 1985.
11. Apocalypse de Jean 21, 23.
12. Il remarquable de noter qu’une loge ne peut être ouverte que si trois Maîtres Maçons sont présents.
13. Paroles de Saint Bernard condamnant les massacres de Juifs en Europe.
14. Cf. René Guénon, Aperçus sur l’ésotérisme chrétien, p.50, Ed. Traditionnelles, 1988.
15. Cf. Visions d’Anne-Catherine Emmerich sur la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, t.1, p. 9 , Ed. Tequi, s.d.
16. 1 Samuel 4, 3.
17. La Shekinah dont le lieu de manifestation est l’Arche est l’équivalent à certains égards de la Shakti hindoue aspect féminin de la Divinité ; et l’on sait l’importance de l’élément féminin dans toute initiation chevaleresque.

Pour la chrétienté médiévale, Jérusalem fut le centre du monde, c’est-à-dire le centre de la tradition chrétienne, voire judéo-chrétienne, et le voyage à Jérusalem, vécu comme un pèlerinage, l’image du retour au centre. Si Jérusalem, la sainte Sion, est la ville sainte du judaïsme, elle est également celle du christianisme, par la continuité de l’un à l’autre, malgré les ruptures apparentes. La Terre sainte est aussi assimilée au Paradis terrestre des occidentaux, point de départ de la tradition judéo-chrétienne, d’où partent les quatre fleuves coulant vers les quatre points cardinaux, qui est également le « séjour d’immortalité » comme le rapporte la Genèse.

Celui qui est réintégré dans le Paradis a désormais sa demeure dans le « Centre du Monde ». Le retour au centre est symbolisé par le pèlerinage qui est bien une pérégrination devant mener, après beaucoup d’épreuves, au Centre. Et le pèlerinage à Jérusalem est à la fois ce retour au centre, c’est-à-dire au centre de la tradition chrétienne, sur un plan horizontal, et, sur un plan vertical, dans une perspective eschatologique, le désir de voir la Jérusalem céleste descendre du ciel et se confondre, en quelque sorte, avec cette Jérusalem terrestre dont elle sera l’accomplissement.

A l’aube du XIème siècle, le pèlerinage individuel à Jérusalem, accompli et vécu comme un rite de pénitence, prendra une dimension de plus en plus collective. Mais, dans l’un et l’autre cas, le pèlerinage sera considéré comme marquant la crise définitive où le vieil homme se dépouille, créant ainsi une vie neuve. Le pèlerin se retrouve « comme né à nouveau et refait tout entier…, tous ses désirs comblés de cette vie terrestre ». Rite de pénitence par excellence, il sera vécu comme tel, après un dépouillement de tous les biens terrestres, le dernier bien étant la vie à laquelle le pèlerin devra même s’engager à renoncer sur le chemin qui mène au Centre, c’est-à-dire Dieu, « Principe et Fin » (Apocalypse 22, 13) de toutes choses. Le départ pour les Lieux saints ne se fera donc pas sans dépouillement préalable, l’exigence de pauvreté exigeant l’allégement du fardeau de la tentation à retrouver un jour ses richesses ou bien contraignant à ne plus revenir. La vie religieuse de l’occident verra dans l’acte de pèlerinage l’œuvre suprême de religion, individuelle au départ, puis de plus en plus collective.

Il s’agit, dans cet « esprit de croisade », d’une rencontre physique avec les lieux où s’est accompli le mystère de la Rédemption. Les troupes qui vont à Jérusalem reprennent la vieille marche des Hébreux pénétrant en Terre sainte. C’est un nouvel Exode vers cette Jérusalem terrestre, image imparfaite de la Jérusalem céleste, sur laquelle doit régner pour l’éternité le Roi des derniers jours issu de la semence de David. La route de Jérusalem devient la voie de l’accomplissement des Temps, œuvre collective de salut commun individuel, obligeant de se battre pour arriver à son terme. Dans l’extraordinaire attente de l’accomplissement du temps des nations selon Luc 21, 24, qui précède la première croisade prêchée par le pape Urbain II le 27 novembre 1095, espace et histoire se confondent, dont le mot « plénitude » est la réalisation même. Après quoi il n’est rien d’autre sinon la certitude de la parousie en cette sainte Cité où aura lieu l’avènement du Christ glorieux et où l’humanité, de l’orient comme de l’occident, doit se rejoindre pour l’exaltation suprême de son salut.

Dans cette perspective de la croisade, le symbolisme du voyage est à rapprocher de celui de la guerre et l’on se rend compte combien le but de ce pèlerinage, identifié symboliquement à la « Terre Sainte » ou « Terre des Vivants », peut prendre une dimension collective, accompagnée de signes et de prodiges se manifestant à ceux-là seuls qui ont vécu le dépouillement intégral ; ce qui explique qu’ils n’accompagneront que la croisade des pauvres et non celle des barons.

Si Jérusalem est bien le nombril, le centre de la terre, le lieu où s’est accompli le plus haut, le plus total mystère qui concerne l’univers chrétien et son salut, ce centre du monde est aussi le chœur de la tradition chrétienne, lui-même figuré par un vase qui n’est autre que celui que les légendes du Moyen Age occidental devaient désigner comme le Saint-Graal. Et tout centre suprême doit être gardé à partir de sa circonférence afin que puissent se déplacer, de la périphérie vers le centre, les individus et les foules qui participent de cette migration de l’occident vers l’orient. Telle sera la mission des grands ordres de chevalerie médiévaux nés des croisades, dont l’attribution est bien celle de « Gardiens de la Terre Sainte », et plus particulièrement des Templiers. « Chevalerie du Saint-Graal », « Gardiens de la Terre Sainte » sont des dénominations attachées à ceux dont la mission première est de protéger le Centre Suprême où sont détenus les secrets de la Tradition primordiale, adaptée aux conditions de temps et de lieu. Et lorsqu’une tradition particulière perd son rattachement au Centre, entendu sur un plan géographique et symbolique, ceux qui avaient pour mission de la défendre perdront, par le fait même, leur raison d’être. Tel fut le destin tragique des Templiers puisque vingt et un ans seulement séparent la perte définitive de la Terre sainte de l’abolition de l’Ordre en tant qu’organisation constituée.

Le Centre, la Terre Sainte, le pèlerinage et la croisade ne sont que les différentes facettes d’une même réalité ; le retour, individuel ou collectif, à l’Unité primordiale passant par une rencontre physique avec les lieux mêmes où la Tradition s’est manifestée et où s’opère la réintégration dans le Principe suprême, là où s’unifient tous les contraires, où se résolvent toutes les oppositions. Tout pèlerinage en Terre Sainte, vécu en mode héroïque, est l’ « alpha et l’oméga » du pèlerinage terrestre vers la Cité céleste.

Galerie de Portraits

Voici une galerie de portraits de personnalités ayant contribuées à histoire de l'Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem et aux rites de Stricte Observance et Ecossais Rectifiés. Vous trouverez le détail de la participation de chacun au fur et à mesure de notre rédaction.

Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Jean Théophile Désaguliers Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Friedrich August Rutowski Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Frédéric II de PrusseVoir le Tableau Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Ludwig Erbprinz von Hessen-Darmstadt
Jean Théophile
Désaguliers
1683 - 1744
Friedrich August
Rutowski
1702 - 1764
Friedrich II
de Prusse
1712 - 1786
Ludwig Erbprinz
von Hessen-Darmstadt
1719 - 1790
Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Chevalier au plumet rouge Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Ferdinand de Brunswick Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Charles de HundCharles de Hund Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Carl Fredrik Eckleff
Chevalier
au plumet rouge
Ferdinand
de Brunswick
1721 - 1792
Charles de
Hund
1722 - 1776
Carl Fredrik
Eckleff
1723 - 1786
Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Jean-Baptiste Willermoz Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Johann Wilhelm Kellner Zinnendorf Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Johann Joachim Christoph Bode Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Johann Chistian Schubart
Jean-Baptiste
Willermoz
1730 - 1824
Johann Wilhelm Kellner
Zinnendorf
1731 - 1782
Johann Joachim Christoph
Bode
1731 - 1793
Johann Christian
Schubart von Kleefeld
1734 - 1787
Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Levin von Geusau Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Adolf Friedrich Herzog von Mecklenburg-Strelitz Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Anne Amélie de BrunswickVoir le Tableau Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Jean Auguste Starck
Levin
von Geusau
1734 - 1808
Adolf Friedrich Herzog
von Mecklenburg-Strelitz
1738 - 1794
Anne Amélie
de Brunswick
1739 - 1807
Jean Auguste
Starck
1741 - 1816
Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Carl Ludwig Friedrich grossherzog von Mecklenburg-Strelit Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Louis Claude de Saint Martin Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Amschel Mayer<br>Rothschild Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Charles de Hesse-Kassel
Carl Ludwig Friedrich
grossherzog von Mecklenburg-Strelit
1741 - 1816
Louis Claude
de Saint-Martin
1743 - 1803
Amschel Mayer
Rothschild
1744 – 1812
Charles
de Hesse-Cassel
1744 - 1836
Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Adam Weishaupt Rite de Stricte Observance et Rite Ecossais Rectifié Personnalités historiques : Freiherr Adolph Franz Friedrich Ludwig Knigge<br>1752 - 179
Adam
Weishaupt
1748 - 1830
Freiherr Adolph Franz
Friedrich Ludwig Knigge
1752 - 1796

Selon la légende fondatrice de l’Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem, l’année de référence est celle de la restauration de l’Ordre du Temple par Aumont Premier savoir 1312, que l’on retranche de l’ère vulgaire.

Par exemple :
Nous sommes en - 1312
Nous sommes donc en .

Légende

Lorsqu'en 1307 la persécution de Philippe le Bel, roi de France, commença contre notre Ordre. Aumont, qui avait vieilli au service de l'Ordre et qui fut d'une grande itelligence, était Maître de la Province d'Auvergne.

Philippe ne put le supporter car il s'était toujours opposé, de toutes ses forces, à toutes ses attaques. La vigilance d'Aumont fut tenue en éveil par la grande amitié qui liait le roi et le nouveau pape. Alors qu'il se rendait pour cette raison, à Paris, il apprit l'arrestation qui eut lieu le 13 octobre. Il put avec les principaux commandeurs qui l'accompagnaient, prendre la fuite en Normandie où il se crut en sûreté. Mais quand il apprit que le pape ClémentClément V avait installé des tribunaux dans toutes les provinces du royaume, qui furent erigés en tribunaux ecclésiastiques, car ils furent tenus par les prélats qu'il avait nommés, avec les représentants du roi, contre notre Ordre, tout en utilisant la torture, il abandonna les vêtements de l'Ordre et se rendit, comme maçon, dans différentes parties du royaume où il n'était pas connu pour observer quelle tournure prendraient les évènements.

Mais comme la réputation de l'Ordre se dégradait de plus en plus, il prit, en 1310, la décision de se rendre, avec les commandeurs et cinq chevaliers, en Irlande, car il s'appelait maintenant Mabeignac. Mais comme quelques commissaires avaient été déjà envoyés l'année précédente, contre les intérêts de notre Ordre, en Angleterre et comme un concile fut tenu par Robert Winkelfey, dont le pape fut l'instigateur, et que nos frères furent, comme en France, arrêtés et maltraités (car déjà en 1307 ils avaient écrit au roi EdouardIl s'agit soit d'Edouard Ier (1239-1307), roi d'Angleterre de 1272 à 1307, soit d'Edouard II (1284-1327), roi d'Angleterre de 1307 à 1327, fils du précédent sans avoir obtenu satisfaction), Aumont ne se sentit pas très en sûreté en Irlande, car déjà en 1310 les commissaires apostoliques y avaient créé des tribunaux. Il prit ainsi la fuit en 1311 pour l'île de Mull où il rencontra Georgium Harris.Georges Harris

[...]

Comme l'Ordre fut interdit dans le monde chrétien, les Frères qui s'étaient réfugiés à Mull décidèrent qu'il devait se perpétuer. En 1312, à la Saint-Jean d'été, ils tinrent un chapitre et AmanumAumont devint leur Grand Maître, mais pour qu'ils pussent se soustraire à la poursuite et pour que l'Ordre ne fût pas découvert, Aumont proposa d'inventer et d'adopter, à la manière des maçons de métier, des signes et des mots secrets qui leur permissent de communiquer et de se reconnaître ; et comme ils s'étaient, contre la volonté de leur ennemis, proclamés libres et avaient adopté des coutumes étrangères, ils se déclarèrent Francs-Maçons et au début ils exercèrent vraiment ce métier.

[...]

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Johann Wolfgang von Goethe, le plus grand poëte de l'Allemagne, est initié en 1780 à la Loge Amalia zu den drei RoseAmalia aux Trois Roses de Weimar, où plus tard il amene son ami Wieland. Il appartient aussi à la Stricte Observance et à l'Ordre des Illuminés. Sa pensée n'est qu'une aspitation à la Lumière. Sa vie durant il poursuit avec passion la quête de la vérité, la compréhension de la nature en essayant d'y situer le phénomène humain. toute son oeuvre, dont le sommet est Faust, est d'une inspiration hautement initiatique et maçonnique.

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John Theophilus Desaguliers est ministre de l'Eglise anglicane, ami de Newton, menmbre de la Royale Society, Grand Maître de la Grande Loge de Londres en 1719. Il joue un rôle capital dans la rédaction et l'adoption des Constitutions, bien que le seul nom de son ami James Anderson y apparaisse.


En 1738, le compte de Rutowsky fonde à Dreste les trois Loges Aux Trois Aigles Blancs, Aux Trois Epées et Aux Trois Cygnes. En 1741, la Loge Aux Trois Compas voit le jour à Leipzig et la Loge Au Soleil à Bayreuth. D'autres Loges sont contituées dans la plupart des grandes villes allemandes. Suivant la coutume de la bonne société de cette époque, les Loges portent des noms français et les travaux se font en langue française.

Comme partout en Europe, les premières Loge modernes allemandes sont d'origine britanique, leur implantation est favorisée par l'alliance entre l'Angleterre et Hanovre, lorque le prince Electeur George monte sur le trône britannique et que des relations commerciales très suivies s'établissent entre les deux pays. En 1733, le comte de Strathmore, Grand Maître de la Grande Loge de Londres, octroie à onze maçons allemands bon frères, une délégation pour établir une Loge à Hambourg. Ils ne font usages de ces pouvoirs. C'est néanmoins à Hambourg qu'est fondée le 6 décembre 1737 la première Loge moderne allemande, sous la direction de Karl Ludwig Sarry, fonctionnaire prussien, fils d'un protestant français émigré. En 1740, son Vénérable, Mathias Albrecht Lüttmann, la fait inscrire à la Grande Loge de Londres et est lui-même désigné comme Grand Maître Provincial pour Hambourg et la Basse-Saxe. En 1741, la loge prend le nom d'Absalom, complété plus tard en Absalon aux Trois Orties (Absalon zu den drei Nesseln).


▸ Le 14 août 1738, une délégation de cette première Loge allemende Absalom conduite par son Vénérable, le baron von Oberg, a l'honneur d'initier à Brunswick le prince héritier de Prusse, le future Frédéric II. Ce dernier ouvre ensuite, dans son château de Rheinberg, une loge privée, qui est à l'origine de la maçonnerie en Prusse. Ce haut patronnage est d'une importance considérable pour l'essor de la Franc-Maçonnerie en Allemagne.


En 1738, le compte de Rutowsky fonde à Dreste les trois Loges Aux Trois Aigles Blancs, Aux Trois Epées et Aux Trois Cygnes. En 1741, la Loge Aux Trois Compas voit le jour à Leipzig et la Loge Au Soleil à Bayreuth. D'autres Loges sont contituées dans la plupart des grandes villes allemandes. Suivant la coutume de la bonne société de cette époque, les Loges portent des noms français et les travaux se font en langue française. Le 24 juin 1744, la Loge Aux Trois Globes de Berlin prend le nom de Grande Loge Mère Royale Aux Trois Globes. Le détail de l'histoire de la Franc-Maçonnerie allemande doit dès lors être examiné dns la création et le développement des Grandes Loges de ce pays [...]



▸ Le système de hauts grades né en Allemange, le plus important par son influence sur le développement de la maçonnerie européenne, est la Stricte Observance, son fondateur est le baron Karl Gotthelf von Hund und Altengrottkau. Reçu franc-maçon à Francfort, il séjourne longtemps à Paris où il est initié aux grades écossais. En 1751, il fonde dans sa propriété à Kittlitz une loge dans laquelle il introduit un nouveau système de hauts grades enseignant que l'Ordre des Francs-Maçons n'est qu'une association faisant suite à l'Ordre du Temple, et destinée à en perpétuer l'existence et dirigée par des "Supérieurs Inconnus". Hund lui-même déclare avoir été admis à Paris dans l'Ordre du Temple par le "chevalier au plumet rouge", chef suprème de ces Supérieurs Inconnus, qui n'est autre peut-être que le Prétendant Charles-Edouard Stuart. Certains voient là une innovation des Jésuites. [...]


Les Grandes Loges allemandes : leur nombre élevé est dû à la parcellisation des Etats allemands ainsi qu'à la création en Allemagne de nombreux système maçonniques pendant le XVIIIème siecle. La Grande Loge Royale Aux Trois Globes est constituée à l'origine par la Loge de Berlin et les ateliers qu'elle a fondés à Meiningen, Francfort-sur-l'Oder, Breslau et Halle. Elle créé en outre deux autres ateliers à Berlin : Eintracht en 1754 et Aux Trois Colombes en 1760. En 1766, elle adopte le rite de Stricte Observance. En 1772 elle prend le titre de Grande Loge Mère Nationale, lorsque le prince Frédéric Auguste de Brunswick reçoit la Grande Maîtrise, qu'il conserve jusqu'en 1799.

▸ La même année 1772, l'oncle du prince, le duc Ferdinand de Brunswick, est mommé Grand Maître de la Stricte Observance. Ferdinand de Brunswick Lüneburg-Wolfenbüttel est initié à la Loge Aux Trois Globles en 1740, Maître à Breslau en 1764, Grand Maître Provincial anglais pour ses Etats la même année. En 1771 il adhère à la Stricte Observance, dont il devient donc en 1772, au Convent de Kohlo, le Grand Maître. En 1782, il préside le Convent de Wilhelmsbad, qui marque la fin de la Stricte Observance, et devient le Grand Maître Général du nouveau système des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte. En 1783, il entre également dans l'Ordre des Illuminés.


En 1756, Carl Fredrik Eckleff, membre de la Loge Saint-Edouard, de Stockholm, donne à la Maçonnerie suédoise l'essentiel de son caractère strictement chrétien en créant, avec six autres titulaires de hauts grades français et allemands la première Loge ecossaise de Saint-André, L'Innocente. En 1759, il constitue le Chapitre Illuminé de Stockholm, qui contient déjà en substance l'organisation du Rite Suédois.


▸ Johann Wilhelm von Zinnendorf adhère d'abord au sytème du Chapitre de Clermont dans sa ville natale, puis "cherche" la vraie maçonnerie à Stockholm auprès d'Eckleff et à Londres. Il entre en 1764 dans la Stricte Observance sous le nom d'Ordre d'"Eques a lapide nigraChevalier à la Pierre Noire". Grand Maître de la Grande Loge Zu den drei Weltkugeln (Aux Trois Globes), il est le fondateur à Berlin en 1770 de la Grande Loge des Francs-Maçons d'Allemagne (Grosse Landesloge der Freimaurer von Deutschland), qui suit un rite élaboré par lui, inspiré d'Eckleff et rival de la Stricte Observance.

▸A l'origine il s'appelle Ellenberger et obtient son autre nom par adoption. Médecin et chirurgien aux armées, il est reçu maçon en 1754 et initié aux hauts grades écossais en 1758. Il a le mérite d'établir l'union entre les Trois Globes et la Stricte Observance. Il est Grand Mâitre de la première et un ardent partisant de la seconde ; mais en 1776, il renonce à la Stricte Observance et l'année suivante se retire des Trois Globes.


Poursuivant ses pérégrinations et rectifications Schubart se rend début 1765 à Hambourg. Il y trouve de nombreux maçons commerçants ou exercant des professions libérales qui sont tout heureux de se "rectifier" au rite de Stricte Observance. Il y installe un chapitre Templier qui fort d'abord de douze membres en compte vingt-neuf ou bout de six semaines. Il a la main particulièrement heureuse en recrutant Christophe Bode, profeseur de musique et de langues étrangères, connu comme auteur de lieds et traducteur de pièces françaises, anglaises et italiennes. Bode armé Eques à Lilio Convallium malgré sa roture, est bientôt nommé Procureur Général de l'Ordre de la Province de Septimanie. Il est l'un des plus zélés prosélytes de la Stricte Observance.


Concepteur du plan econnomique de la Stricte Observance...


Généralement nommé Levin Von Geusau Maître d’ordre de la Grande Loge et est avec von Hund à Paris en 1742...


Eques ab Annulo Equestri Adolf Friedrich Herzog von Mecklenburg-Strelitz 1738-1794. Menbre de la Stricte Observance Templière...



Le système du Cléricat Templier, coiffant les grades symboliques et chevaleresques est l’œuvre de Jean-Auguste Starck, professeur, publiciste, écrivain, ministre protestant, de religion luthérienne mais qui, le 8 février 1766, abjure le protestantisme en l’église Saint-Sulpice de Paris et embrasse la foi catholique ; ce qui ne l’empêche pas de finir ses jours prédicateur officiel de la cour protestante de Hesse-Darmstadt et premier membre du Consistoire. Son parcours à la fois religieux, maçonnique et littéraire le fait soupçonner de « crypto-catholicisme » et une querelle s’éleve en Allemagne de 1785 à 1789, à laquelle la Révolution française et les inquiétudes qu’elle suscite mettent fin.






Un mot doit être dit, pour éviter les confusions, sur un mouvement qui a un grand retentissement en Allemagne, celui des Illuminés de Bavière. Bien qu'étranger à la Franc-Maçonnerie, il en prend la forme et s'infiltre dans les Loges. Créé en 1776 à Ingolstadt en Bavière par Adam Weishaupt, professeur de droit, partisan du parti de l'Aufklärung, il s'agit tout à la fois d'une société d'enseignement, d'un institut d'éducation sociale et scientifique, d'un groupement d'entraide et de solidarité. Cette société joue un rôle important dans la campagne anticléricale et antimonastique qui se déroule à cette époque dans la catholique Bavière. Sa structure définitive lui est donnée à partir de 1779 par le baron de Knigge, membre de la Stricte Observance, et l'Ordre se développe en dehors de la Bavière. Mais ses déviations politiques autant que ses positions anti-religieuses le rendent suspect et motivent son interdiction par le Duc Electeur de Bavière en 1784. Les Illuminés se dispèrsent très rapidement. Leur activité se maintient pourtant en Saxe jusqu'en 1789 avec Bode.